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mardi 17 mai 2011

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Hommage de la Bibliothèque
nationale de Fance à Simha Arom,
le 9 juin.

Simha Arom, spécialiste des musiques d'Afrique centrale, a fait don de ses archives sonores à la Bibliothèque nationale de France. Celle-ci lui rend hommage par une journée d'étude le jeudi 9 juin 2011, en sa présence.Directeur de recherches émérite au CNRS, chevalier des Arts et des Lettres, Prix international de la Fondation Fyssen (2008), Simha Arom fut responsable du département ethnomusicologique au Laboratoire de Langues et Civilisations à Tradition Orale (LACITO). Auteur d'une dizaine d'ouvrages, de très nombreux articles, sa thèse sur les polyphonies et les polyrythmies instrumentales d'Afrique centrale est une pierre angulaire de l'ethnomusicologie contemporaine. L'Anthologie de la musique des Pygmées Aka qu'il a publiée en 1978 lui a valu le Prix du Président de la République de l'Académie Charles-Cros.

La fanfare de Bangui, itinéraire enchanté d'un ethnomusicologue (Les empêcheurs de penser en rond / La Découverte) est son dernier livre édité (2009).

En même temps qu'une méthode d'enregistrement et d'analyse exceptionnelle, le travail de Simha Arom représente un témoignage sonore capital sur un patrimoine musical unique en voie de disparition au fur et à mesure que l'Afrique s'urbanise et que les populations pygmées sont contraintes à l'assimilation.

La journée sera modérée par Denis-Constant Martin ; y participeront : Geneviève Dournon, Susanne Fürniss, Pierre-Laurent Aimard, Frank Alvarez-Pereyre, Julien André, Luc Bouquiaux, Gilles Cantagrel, Jean Khalfa, Fabien Lévy, Olivier Tourny, Polo Vallejo.

Des films de Simha Arom et des extraits de ses archives sonores ponctueront cette journée, qui se concluera par un concert du groupe Gamako.

Journée réalisée en partenariat avec CNRS Images, la Société française d'ethnomusicologie, les éditions La Découverte et FRANCE MUSIQUE.

De 10h00 à 18h, Bibliothèque nationale de France, Site François-Mitterrand-Tolbiac, Hall Est, Petit Auditorium. Entrée libre dans la limite des places disponibles.

mardi 17 mai 2011

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Mahler à l'honneur une deuxième
année de suite pour le centenaire de
sa mort

Le monde de la musique célèbre mercredi 18 mai le centenaire de la mort du compositeur autrichien Gustav Mahler (1860-1911), un an après le 150e anniversaire de sa naissance, un compositeur connu de son vivant surtout en tant que chef d'orchestre, avant d'être salué comme un maillon entre le romantisme du XIXe siècle et l'ère moderne.

Admiré aujourd'hui comme l'un des compositeurs les plus importants, il a notamment influencé ses compatriotes Alban Berg et Arnold Schönberg et le Russe Dimitri Chostakovitch.

Né en 1860 à Kalischt, dans la Bohême de l'Empire austro-hongrois des Habsbourg (aujourd'hui Kaliste en République tchèque), dans une famille d'aubergistes, il rejoint le conservatoire de Vienne à l'âge de 15 ans et y étudie le piano et la composition.

Disciple du compositeur autrichien Anton Bruckner, il embrasse la carrière de chef d'orchestre, devenant avec ses prestations aux opéras de Budapest puis Hambourg l'un des plus renommés de son temps. En 1897 vient la consécration comme directeur artistique de l'Opéra de Vienne. Mahler y innove avec une forme plus moderne de mise en scène des opéras et s'assure les meilleurs chanteurs de l'époque.

Dix ans plus tard, sur fond de tensions internes et de tendances antisémites, Gustav Mahler, juif converti au catholicisme, quitte aux côtés de sa femme Alma Vienne pour New York, où il dirigera le Metropolitan Opera puis l'orchestre philharmonique de la ville.

Il revient à Vienne, malade, en 1911 et décède dans la capitale impériale peu après.

Mahler laisse derrière lui une œuvre concentrée sur les lieder — « Le Chant de la terre » (1908) — et les symphonies — neuf plus une dixième inachevée — ce qui en fait un habitué des répertoires des grands orchestres, mais à partir de la seconde moitié du XXe siècle seulement.

« Mon heure viendra! », disait-il. Il faudra attendre les années 1960 et 70 pour que les chefs d'orchestre Leonard Bernstein et Bernard Haitink imposent ses œuvres.

A la même époque, le metteur en scène italien Luchino Visconti a immortalisé auprès du grand public l'Adagietto de la 5e Symphonie dans son film « Mort à Venise » (1971).

Parmi les concerts organisés en hommage au compositeur, l'Orchestre philharmonique de Vienne, sous la baguette de l'Italien Daniele Gatti, interprétera mercredi au Staatsoper la 9e symphonie.

A Paris, jusqu'au 29 mai, le Musée d'Orsay consacre une exposition à la vie du musicien.

La chaîne de télévision franco-allemande Arte diffuse deux documentaires, « Mahler, autopsie d'un génie » d'Andy Sommer le 18 et « Alles Walzer. A chacun son bal », le 29. La clôture du Festival international Mahler, qui se tient du 17 au 29 mai à Leipzig (est de l'Allemagne), où Mahler a passé deux ans, sera également retransmise par la chaîne.

La ville tchèque de Jihlava, où a grandi le jeune Mahler, organise pendant un mois des festivités.

Enfin, le prestigieux Festival de Salzbourg a mis au programme cet été une série de concerts dédiés à Mahler, dont l'un dirigé par le compositeur et chef d'orchestre français Pierre Boulez.

mardi 17 mai 2011

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Toulouse: Rio Loco garde un
accent mexicain et révèle en France
Calle 13

Le festival Rio Loco de Toulouse (15-19 juin) gardera une forte tonalité mexicaine avec Lila Downs et Los Lobos, malgré l'annulation de l'année du Mexique en France, et révèlera au public français le groupe portoricain Calle 13, extrêmement populaire en Amérique latine.

Alors que Rio Loco était chaque année consacré aux différentes expressions musicales d'un pays (Afrique du Sud en 2010), la programmation de la 17e édition, dévoilée lundi, table sur « un grand mix des musiques du monde » sans fil directeur, si ce n'est de faire découvrir des artistes.

La chanteuse Lila Downs posera une voix mezzo-soprano sur le répertoire populaire mexicain, comme la « Cucaracha ». Elle chante aussi bien en espagnol, en anglais ou dans des langues indiennes (mixtèque, zapotèque) les titres qu'elle écrit sur les inégalités sociales.

L'édition 2011 s'annonce éclectique et dansante, avec de la samba angolaise (Bonga), de la rumba congolaise (Staff Benda Bilili), du rock éthiopien (Getatchew Mekuria), du maloya réunionais (Nathalie Natiembé), le vallenato colombien (Anibal Velasquez) ou du Reggaeton portoricain (Calle 13).

Calle 13 est à l'Amérique latine ce que Zebda ou Iam sont à la France, se hasarde le patron du festival Hervé Bordier, pour expliquer l'aura de ce groupe de reggaeton -un rap latino torride- qui déchaîne les passions sur le continent américain, comme ses pairs Daddy Yankee ou Don Omar.

Rio Loco accueillera aussi sur les berges de la Garonne Los Lobos, groupe de rock tex-mex fondé dans les années 1970, qui s'était fait connaître en France avec La « Bamba », chanson du film du même nom retraçant la vie de Ritchie Valens.

Mi-février, les organisateurs de Rio Loco ont dû revoir la programmation après l'incident diplomatique lié à la détention au Mexique d'une jeune femme française, Florence Cassez. Initialement, 133 artistes mexicains étaient attendus à Toulouse pour ce festival qui attire chaque année 100.000 personnes.

mardi 17 mai 2011

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Les films de la semaine

« La Conquête » de Xavier Durringer avec Denis Podalydès et Florence Pernel (1h45, France) - Présentée au festival de Cannes, le 18 mai, hors compétition, cette fiction vraie, écrite par l'historien Patrick Rotman, relate la marche vers le pouvoir du candidat Sarkozy entre 2003 et 2007. Denis Podalydès y incarne un candidat, futur président de la République, plus vrai que nature. A ses côtés, Florence Pernel joue le rôle de l'ex-épouse Cécilia, Hippolyte Girardot interprétant Claude Guéant, aujourd'hui ministre de l'Intérieur, et Samuel Labarthe celui de Dominique de Villepin.

A l'entendre, Denis Podalydès s'est glissé avec une grande facilité dans son rôle pourtant « pas anodin »: « On m'a mis du cirage noir pour me faire une petite tête sarkozyenne et ça m'a galvanisé ».

L'acteur, qui jouait Richard II l'été dernier à Avignon, a surtout perçu le poids de la solitude et de l'isolement dans « la magistrature suprême ». A propos du président, il dit : « il n'aime pas ça. Il m'a dit : je n'aime pas le pouvoir mais j'aime l'exercer ».

« Le Gamin au vélo » , de Jean-Pierre et Luc Dardenne avec Cécile de France et Thomas Doret (Luc et Jean-Pierre Dardenne, 1h27, France) - « Le Gamin au vélo » , présenté dimanche à Cannes en compétition, est la course folle de Cyril qui cherche son père, parti sans laisser d'adresse. Avant de déserter, il a même vendu son vélo.

Mais l'abandon n'est que le début de l'histoire des cinéastes belges, déjà deux fois Palme d'or à Cannes avec « Rosetta » et « l'Enfant ». Ils racontent comment le gamin (Thomas Doret) est sauvé par la coiffeuse Samantha (Cécile de France), qu'il croise pendant la quête effrénée de son père (Jérémie Renier). Témoin de la détresse de l'enfant, elle va retrouver son vélo et la prendre sous son aile les week-ends. Le film est centré sur l'histoire familiale.

« Into eternity » de Michael Madsen, Documentaire (1h15, Danemark) - « Into Eternity », film danois sur l'enfouissement périlleux des déchets nucléaires, tente de répondre à la question : comment avertissez-vous des gens dans 100.000 ans de la présence de déchets nucléaires périlleusement enfouis sous leurs pieds ? Ce film documentaire a remporté le Grand Prix du Festival international du Film d'Environnement.

« Pirate des Caraïbes : La fontaine de jouvence » (3D) (Pirates of the Carabbean : On stranger tides) de Rob Marshall avec Johnny Depp et Penelope Cruz (2h20, USA) - Dans « Pirates des Caraïbes », parti en quête de la « Fontaine de Jouvence », Jack Sparrow, pirate sans foi ni loi aux yeux noyés de khôl, croise son double féminin, Angelica, ressurgie de son passé sous les traits de Penelope Cruz, et son père, le Rolling Stones Keith Richards.

Mis en concurrence par le réalisateur Rob Marshall avec un corsaire de la couronne britannique et les troupes du roi d'Espagne, Sparrow doit encore affronter les zombies de son redoutable ennemi, le capitaine Barbe Noire et une communauté de sirènes sculpturales et venimeuses, dont une, interprétée par la jeune actrice française Astrid Bergès-Frisbey, séduit un missionnaire précédemment épargné par Angelica.

Depp arbore les hardes hippie-chic et les bijoux gothiques qui ont fait succès car, explique-t-il, « Jack Sparrow est de ces personnages que le public ne veut pas voir changer et moi non plus ».

« Une folle envie » de Bernard Jeanjean (avec Clovis Cornillac et Olivia Bonamy, Marianne Denicourt - 1h20, France)

Yann (Clovis Cornillac, qu'on a vu l'an dernier dans la comédie policière « Protéger et servir ») et Rose (Marianne Denicourt) sont jeunes, ils s'aiment et veulent avoir un enfant. Neuf mois plus tard, toujours aucun bébé à l'horizon. Ils font alors preuve de beaucoup d'imagination et essayent tout et n'importe quoi.

mardi 17 mai 2011

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Festival de Cannes, 6e jour : les
Dardenne et Brad Pitt, rois de la
Croisette

Les frères Dardenne séduisent encore et toujours - Au bras d'Angeline Jolie, Brad Pitt, star au grand cœur - DSK fait le buzz et toutes les conversations.

- Palmarès - Encensés par la presse à Cannes, les réalisateurs belges Jean-Pierre et Luc Dardenne, avec « Le gamin au vélo », chamboulent le palmarès possible presque à mi-parcours. Le Nouvel Observateur, Télérama et Studio Ciné Live considèrent les deux frères comme des candidats de plein droit à une troisième palme, tandis que La Croix, Positif, Le Parisien, L'Humanité, Les InrocKuptibles, Ouest-France et L'Express ont aimé leur film passionnément avec trois étoiles. Le Figaro, lui, n'a vraiment pas aimé.

Pour la presse française et étrangère, « The Artist » de Michel Hazanavicius, « Habemus Papam » de Nanni Moretti et « Polisse » de Maïwenn restent d'excellents challengers. Les critiques de TechniKart accordent le Grand Prix à « The Artist » et le prix de la mise en scène à « Footnote » de Joseph Cedar.

- L'homme du jour - Brad Pitt, à l'affiche de « L'Arbre de vie », requiem attachant pour un enfant défunt et ode symphonique à la vie signé du mystérieux Terrence Malick, a fait se pâmer la Croisette, distribuant des autographes sans se faire prier, allant de son propre chef à la rencontre des milliers d'admirateurs comblés qui l'attendaient au pied des marches.

« Les films que j'aime vraiment sont les bonnes comédies vraiment drôles -j'adore ça- et ceux qui font réfléchir au sens de la vie. S'il me reste un nombre limité de films à tourner, je veux choisir ceux qui transmettent un message », a confié la star, très disponible pendant la conférence de presse. A propos de la réligion, au cœur du film, Brad Pitt, également co-producteur de « L'Arbre de vie », n'a pas hésité à évoquer sa propre enfance: « J'ai grandi avec l'idée que Dieu s'occupe de tout. Les gens trouvent dans la religion quelque chose d'inspirant. A titre individuel, j'y vois quelque chose d'étouffant et d'étroit ».

- Le buzz du jour - L'affaire du directeur du FMI Dominique Strauss-Kahn, incarcéré à New York sous le coup de sept chefs d'accusation, dont acte sexuel criminel et tentative de viol et de séquestration, a été de toutes les conversations ou presque sur la Croisette. Son impact n'a pas épargné la bulle cannoise et cinéastes, critiques ou encore scénaristes, de toutes nationalités, regardent avec surprise la réalité de ce fait divers politico-judiciaire dépasser la fiction, avec d'autant plus d'intérêt pour une corporation professionnelle friande de scénarii. Nombreux sont ceux qui prédisent déjà un projet cinématographique. Dans les files d'attente pour accéder aux projections, on commente à tout-va et on s'échange les derniers développements comme les jeux de mots. Dès dimanche, l'affaire a d'ailleurs été baptisée « Festival de Kahn ». Pour le deuxième jour consécutif, les téléviseurs du palais normalement dévolus à TV Festival, diffusent régulièrement les chaînes d'infos.

- Sur les marches: Luc Besson, Isabelle Huppert, Gwen Stefani, Mick Jagger, Emir Kusturica, Henry Hopper, Charlotte Rampling, Sara Forestier, Vincent Pérez et Karine Silla, Elsa Zylberstein, Nathalie Baye, Alexandre Desplat et l'équipe du film « L'Arbre de vie » avec en tête d'affiche Sean Penn et Brad Pitt qui a monté les marches avec Angelina Jolie devant la foule des grands soirs. Le réalisateur Terrence Malick ne s'est montré ni à la conférence de presse, ni sur les marches et ni à la projection.

mardi 17 mai 2011

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« Impardonnables » de Téchiné,
film inclassable tourné à Venise

Le cinéaste français André Téchiné est revenu lundi sur la Croisette avec « Impardonnables », un film d'action introspectif qui échappe aux genres, adapté d'un roman de Philippe Djian et tourné à Venise avec André Dussollier et Carole Bouquet.

Francis, un écrivain en mal d'inspiration, a quitté Paris. Il cherche un appartement pour écrire son prochain roman et rencontre Judith, responsable d'une agence immobilière, qui insiste pour lui faire visiter une maison dans l'île isolée de Sant'Erasmo.

« Je signe tout de suite si vous venez vivre avec moi », dit-il à la belle, qui, immédiatement, se met à saigner du nez comme chaque fois qu'elle vit des émotions fortes.

Quelques instants plus tôt, il lui avait glissé: « Jamais de tisane, ça rend amoureux », lors de leur première rencontre à l'agence. « Déjà que le charme opère... » Le public rit souvent mais l'intrigue complexe entre les personnages n'a rien de léger.

Outre ce couple « en perpétuel déplacement, un peu vagabonds tous les deux », selon le cinéaste, font irruption une ancienne maîtresse de Judith, détective privé alcoolique (Adriana Asti), la fille imprévisible de Francis (Mélanie Thierry) et un ancien taulard inquiétant (Mauro Conte).

Interrogé sur le titre, choisi par Djian, M. Téchiné juge que ses personnages « ne sont pas plus impardonnables que le commun des mortels, puisque c'est notre sort commun. C'est d'ailleurs ce qui les rend tout à fait solidaires » entre eux, explique-t-il à l'AFP.

« A la fin, ils sont quand même largement pardonnés par le regard que j'essaie de porter sur eux », ajoute-t-il lors d'un paisible entretien sur la terrasse ensoleillée d'un grand hôtel cannois.

Sur le choix de Venise, très compliqué en termes de tournage, il dit avoir voulu que « la ville surgisse d'une façon tout à fait accidentelle ».

« C'est essentiellement ce qui se noue, se dénoue, ce qui les rapproche, les éloigne, que j'essaye de capter », affirme le cinéaste.

« Mais j'espère que l'enchantement de la ville reste présent », poursuit-il, ajoutant: « Venise c'est un espace enchanté, c'est pour ça que l'écrivain y va. Mais en même temps, il faut que cet enchantement arrive à faire bon ménage avec la violence du monde. Même à Venise, elle est là et les personnages sont aussi confrontés à ça ».

Sortie en France le 24 août.

mardi 17 mai 2011

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« L'Apollonide », ou la vie au bordel
entre copines

On vit au bordel comme dans un pensionnat de jeunes filles avec « L'Apollonide, souvenirs de la maison close », troisième film français en compétition lundi à Cannes, visite sociologique et picturale dans l'univers de la prostitution.

Baignée d'une lumière empruntée aux tableaux d'Ingres ou de Degas, la maison parisienne du quartier de l'Opéra, en pleine réforme haussmanienne, abrite une douzaine de belles que visitent au soir tombé des consommateurs de passage et quelques réguliers qui y ont noué des attaches.

Le réalisateur Bertrand Bonello s'introduit dans ce monde clos sur le point de basculer au tournant du 19e siècle, alors qu'apparaissent l'électricité et les premières voies du métro: « On sait d'emblée que la maison va fermer et on l'accompagne », résumait-il lundi devant la presse.

Solidaires et bonnes amies, les pensionnaires n'y sont pas maltraitées: Madame (Noémie Lvovsky) prodigue de judicieux conseils et veille à leur santé, elles se préparent en riant entre copines, nouant les corsets des unes et maquillant les autres, même si la plupart sont prisonnières de leurs dettes qui les enchaînent à la maison sans grand espoir d'en sortir.

Vivant à moitié nues comme les odalisques des Orientalistes, les filles boivent le champagne sur les genoux des visiteurs, plus toujours très verts pour les plus assidus et pas toujours bienveillants pour les plus jeunes.

L'une des filles, surnommée la « Femme au sourire », se fait d'ailleurs salement esquinter le sien au canif par un pervers qu'elle pensait être un ami de cœur.

Ne serait-ce l'irruption de cette violence, tout est doux et paisible dans cet univers étouffant, sourd à la marche extérieure du monde qui ne rentre que par bouffées, au travers des contacts avec la préfecture.

Bonello, dont c'est le cinquième film, a réuni un casting d'actrices pour la plupart méconnues, à l'exception de Hafsia Herzi, 24 ans, déjà primée à la Mostra de Venise et aux César (Meilleur espoir) pour sa prestation dans « La Graine et le mulet ».

« On était comme en famille », a-t-elle expliqué à propos de la nudité. « C'est difficile à expliquer mais il n'y a pas eu de pudeur, on en rigolait. On était toutes dans le même cas et on n'aurait pas fait le film si on avait eu un problème avec ça ».

Le plus difficile, a jugé Bonello, « était de déterminer l'ambiance des salons: je voulais absolument éviter le côté un peu folklore, Moulin Rouge, qui m'aurait ramené à des choses que je déteste au cinéma. Quand on commence à feutrer à peu près tout, ça donne un côté presque église qui ne marche plus avec une maison close ».

Le cinéaste défend également son parti pris d'hyper-esthétisme, des costumes aux décors -pratiquement que des scènes d'intérieur- avec une photo signée de son épouse, Josée Deshaies, soucieuse de réalisme dans la restitution de l'époque.

« On peut avoir un objet esthétique et parler de la prostitution, ce n'est pas antinomique », estime-t-il.

Son film s'achève sur des images de prostituées contemporaines postées aux portes de Paris: nostalgie des maisons closes disparues ? Il a refusé d'entrer dans ce débat.

mardi 17 mai 2011

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« 17 filles » ou comment autant de
lycéennes décident d'être enceintes

Une lycéenne tombe enceinte et seize de ses copines décident d'en faire autant : le film « 17 filles » de Delphine et Muriel Coulin, tourné à Lorient, s'intéresse à une adolescence sans perspectives dans un lieu où l'immense horizon invite à l'aventure.

L'idée est venue aux sœurs cinéastes, dont c'est le premier long métrage de fiction, en lisant le journal : Une petite ville américaine dont le lycée avait connu cette situation inédite en 2008.

« En lisant ça, on a été étonnées mais, curieusement, on a aussi ressenti une familiarité immédiate », se souvient Delphine, la cadette, sept ans de moins que Muriel qui a déjà fait du documentaire.

« C'était une ville de 100.000 habitants, comme Lorient. Au bord de l'Atlantique, même si c'est de l'autre côté. Et dont les activités principales sont la pêche et le port de commerce, avec une activité industrielle en déclin », illustre-t-elle dans un entretien à l'AFP.

« Ce sont des villes où on dit qu'il n'y a pas d'avenir, mais où il y a un horizon, celui de l'océan, immense, avec des gens qui partent, un appel vers ailleurs », ajoute-t-elle. « Ce qui nous a intéressé, c'est cette tension entre la vie étriquée qu'on leur propose » et le rêve suscité par le grand large.

Mais aussi les thèmes de prédilection des sœurs Coulin, qui partagent tout de la conception à la direction d'acteurs, sans répartition des rôles : le corps, la féminité, la désillusion.

Pour leur casting, elles ont rencontré 600 filles, surtout à Lorient mais aussi à Paris. La plupart n'avait jamais tourné.

Six de leurs actrices sont présentes à Cannes où elles ont vu le film terminé pour la première fois, dans le cadre de la Semaine de la Critique.

Heureux présage ? Parmi les débutantes, deux jeunes actrices ont déjà joué dans une Palme d'or : Roxane Duran qui a un rôle mémorable dans « Le ruban blanc » de Michael Haneke et Louise Grinberg, principale protagoniste de « 17 filles », qui avait quelques répliques dans « Entre les murs » de Laurent Cantet.

Pour créer une cohésion dans le groupe, trois semaines de répétition ont précédé le tournage estival. « On a tourné dans l'ordre du film et on a bien fait parce qu'elles ont pris de l'assurance et changé d'attitude au fil des semaines », note Muriel.

Filmé à hauteur d'adolescente, bien que le point de vue des adultes soit présent, le film risque de nourrir de nombreux débats, notamment auprès de parents. « Etre politiquement incorrectes, ça nous plaît beaucoup, surtout si ca crée une discussion », affirme Delphine.

Les filles enceintes « fument, continuent à boire pendant leur grossesse », souligne Muriel, affirmant que les médecins consultés leur ont raconté que c'était souvent le cas. « Ce sont des adolescentes, qui bravent le danger ».

Pas encore de date de sortie, mais le film des sœurs Coulin a déjà un distributeur. Le même que les frères Dardenne, qui présentaient dimanche leur « Gamin au vélo » en compétition. Sans doute encore un signe encourageant.

mardi 17 mai 2011

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Terrence Mallick invisible pour
présenter son « Arbre de vie »

Le réalisateur américain Terrence Mallick est resté invisible lundi à Cannes où son très attendu « Arbre de Vie » avec Brad Pitt a reçu un accueil mélangé de la part de la presse.

« Terrence est au-delà de la timidité », a justifié en conférence de presse l'un des producteurs du film, Bill Pohlard.

« En outre il ne veut pas discuter de son film, il souhaite que le public le reçoive comme un poème et que chacun puisse l'interpréter comme il le veut ».

Le réalisateur s'est fait représenter à Cannes par ses producteurs et ses acteurs, Brad Pitt et Jessica Chastain. En revanche, Sean Penn, qui apparaît brièvement et sans prononcer un mot à l'écran, ne devrait rallier la Croisette qu'en fin de journée.

« Il se trouvait à Haïti où il travaille avec les ONG et où le nouveau président vient d'être élu », selon Pohlard. « Il devrait nous rejoindre plus tard », a-t-il assuré.

A 67 ans, Terrence Malick est un cinéaste rare: « L'Arbre de vie » est son cinquième film, déjà espéré l'an passé, mais dont les producteurs ont estimé qu'il n'était pas alors suffisamment prêt.

Symphonie chorale et ode à l'univers de 2h18, « The Tree of life » (en VO) raconte la vie d'une famille américaine au Texas dans les années 50, avec un père dominateur pétri de religion - « oppresseur » même, estime Brad Pitt qui l'incarne -, et une mère tendre, aimante et généreuse (Jessica Chastain) qui tente de donner confiance à ses trois fils.

La fin de la projection presse lundi matin a été accueillie par quelques sifflets et huées et autant d'applaudissements.

mardi 17 mai 2011

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cancans de Cannes

Jamel Debbouze: « niquer les barrières ! » - Parrainée par Jamel Debbouze, l'usine de films amateurs que Michel Gondry a inaugurée au Centre Pompidou, s'installe de façon permanente à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis): le comédien-humoriste et le cinéaste l'ont annoncé lundi à Cannes. Ces studios de cinéma accessibles à tous proposent aux visiteurs de tourner leur propres films en famille ou entre amis.

Avec le soutien de la Commission du Film d'Ile-de-France et de la ville d'Aubervilliers, qui a mis à disposition une ancienne fabrique d'allumettes, cette « usine de films » devient ainsi pérenne et s'adresse désormais aux jeunes et aux habitants de banlieue. « L'objectif est d'initier un large public à la magie du 7e art », souligne Michel Gondry.

Pour Jamel Debbouze, c'est l'occasion de « niquer les barrières psychologiques ». « Avant pour faire du cinéma, il fallait être fils ou cousin de Claude Berry! Cette usine de films amateurs, qui se veut libre et désordonnée, est une initiative formidable et même une révolution culturelle. On va découvrir de nouvelles images et de nouveaux talents », s'est réjoui l'humoriste.

« Visions sociales », l'autre festival de cinéma - A contre-courant des paillettes et du glamour de la Croisette, « Visions Sociales », 9e festival de cinéma de la Caisse centrale d'activités sociales (CCAS) du personnel des industries électriques et gazières, bat son plein jusqu'au 22 mai au Château des mineurs de La Napoule.

Autour d'une programmation pointue abordant les problèmes sociaux, ce festival est libre d'accès, sans réservation, sans invitation dans la limite des places disponibles (programme complet:
https://www.ccas-visions-sociales.org/ ). La marraine 2011 est la comédienne Clotilde Hesme.

Bardot, fan de Bébel - Sauf surprise de dernière minute, Brigitte Bardot ne sera pas à Cannes mardi soir pour l'hommage qui sera rendu par le Festival de Cannes à Jean-Paul Belmondo, en simultané sur France 2. Toutefois, la star a fait part à Nice Matin de son amour pour « L'As des As »: « Il est unique. Je l'aime de tout mon cœur. Une chose nous rapproche aussi, ce sont ses cannes et mes béquilles! Je l'adore et c'est pour de vrai. Personne ne pourra lui succéder! ».

Retour bruyant de Téchiné sur la Croisette - Le cinéaste André Téchiné, venu à Cannes pour présenter « Impardonnables » à la Quinzaine des réalisateurs, avait oublié l'ambiance de fête permanente sur la Croisette.

« J'avais complètement oublié, ça fait longtemps que je n'étais pas venu à Cannes, qu'il y avait du bruit toute la nuit », a-t-il confié à l'AFP. « Toute la nuit des percussions, de la musique... Jusqu'à huit heures du matin. Cette hystérie-là, j'avais un peu oublié. »

Michèle Laroque, son « brillantissime divorce » à l'écran - La comédienne et humoriste Michèle Laroque va porter à l'écran son dernier one-woman show, « Mon brillantissime divorce ». Elle l'a confié lors d'une table ronde organisée par Le Film français, à la Plage des Palmes. « Je privilégie aujourd'hui mes projets français », a assuré la productrice, qui vient de faire un film aux Etats-Unis avec Matthew Modine. Egalement sur ses tablettes, un long métrage français en forme de road-movie signé Michel Boujenah, avec Line Renaud.

Angelina Jolie, joaillière - Accompagnant Brad Pitt à Cannes, Angelina Jolie en profite pour faire la promotion de sa ligne de bijoux en collaboration avec la maison Robert Procop. De facture assez classique, les premières pièces, exposées dans une galerie d'art de Monaco jusqu'à jeudi, seront aussi à ses poignets et à son cou sur le tapis rouge. Une partie des bénéfices de cette ligne, qui met à l'honneur les émeraudes de Colombie, sera consacrée à son association qui vient en aide aux enfants victimes de guerre.


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