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dimanche 15 mai 2011

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« L'Enlèvement au Sérail » à l'Opéra
National du Rhin

 

dimanche 15 mai 2011

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Le Festival de Salzbourg et
l'Orchestre philharmonique de Berlin
divorcent

Le Festival de musique et d'opéra de Pâques de Salzbourg et le prestigieux Orchestre philharmonique de Berlin dirigé par le Britannique Sir Simon Rattle divorceront à partir de 2013, après 45 ans de vie commune, a annoncé samedi le directeur-gérant du Festival de Pâques, le Britannique Peter Alward, dans un communiqué.

Selon lui, le Festival n'a pas été en mesure de donner suite à la revendication de l'Orchestre philharmonique de Berlin d'assurer dorénavant quatre représentations d'opéra au lieu de deux aujourd'hui, ce qui, à l'initiative du Philharmonique, a provoqué la rupture.

Sir Simon Rattle et ses musiciens joueront à partir de 2013 pendant les fêtes de Pâques à Baden-Baden (sud-ouest de l'Allemagne), dont l'Opéra, qui a acquis une stature internationale au cours des dernières années, avait déjà tenté de débaucher le Philharmonique de Berlin en 2009. Dans un communiqué, l'Orchestre philharmonique de Berlin a précisé que la décision en faveur de Baden-Baden avait été prise « au cours d'une assemblée générale ».

Peter Alward a précisé que ce divorce n'entraînait pas de changement pour la programmation du Festival en 2012, l'Orchestre philharmonique de Berlin donnant deux représentations de « Carmen », du compositeur français Georges Bizet, mis en scène par la chorégraphe britannique Aletta Collins.

En revanche, le Festival de Pâques de Salzbourg doit donc trouver un nouveau partenaire orchestral pour 2013, notamment pour la nouvelle mise en scène prévue de « Parsifal », du compositeur allemand Richard Wagner. Si « Parsifal » ne pouvait être joué en 2013, Peter Alward envisage d'exiger du Philharmonique de Berlin « une compensation financière », car la préparation de l'opéra, notamment les contrats avec le metteur en scène et avec les chanteurs, ainsi que la réalisation des décors, a déjà commencé.

Pour le maire social-démocrate de Salzbourg, Heinz Schaden, il s'agit « d'une rupture de contrat » de la part de la phalange berlinoise et de Sir Simon Rattle, des musiciens de l'orchestre étant membres du conseil de surveillance du Festival. « Au cours de la réunion du conseil de surveillance à Pâques, les représentants de l'Orchestre philharmonique n'ont soufflé mot de leur départ », a-t-il souligné.

L'Orchestre philharmonique de Berlin avait joué un rôle-clé dans la création en 1967 du Festival de Pâques de Salzbourg par le chef d'orchestre autrichien Herbert von Karajan, qui était à l'époque l'inamovible chef d'orchestre de la formation berlinoise.

Pour le Festival d'été de Salzbourg en août, l'autre grande manifestation culturelle de la ville natale de Wolfgang Amadeus Mozart, l'Orchestre philharmonique de Berlin est seulement l'une des formations invitées, jouant traditionnellement les deux derniers concerts, sans lien structurel avec le Festival.

 

  dimanche 15 mai 2011

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Bob Dylan dément toute censure
lors de ses deux concerts en Chine

Le chanteur américain Bob Dylan a démenti toute censure du gouvernement chinois lors de ses concerts en avril, dans un message consultable sur son site officiel samedi.

Légende du rock, le chanteur est connu pour un répertoire engagé qui en a fait l'icône de la contestation dans les années 1960.

Il est monté pour la première fois sur scène en Chine les 6 et 8 avril, à Pékin et Shanghai, sans interpréter l'un de ses titres mythiques « Blowin' in the Wind » qui est une ode à la liberté des peuples, alimentant des spéculations autour d'une possible censure des autorités chinoises.

Dans un message intitulé « A mes fans », le chanteur assure qu'« avant toute chose, nous n'avons jamais été interdit de jouer en Chine ».

« Pour ce qui est de la censure, le gouvernement chinois avait demandé le nom des chansons que j'avais l'intention d'interpréter (...) Si des chansons, vers ou paroles ont été censurées, personne ne m'en a rien dit et nous avons joué toutes les chansons que nous avions l'intention de jouer », dit-il.

L'étape chinoise faisait partie d'une tournée de commémoration des 50 ans de scène du chanteur, dont le premier grand concert remonte au 11 avril 1961.

Bob Dylan dément aussi que le public des deux concerts chinois ait été peu nombreux et composé principalement d'expatriés.

« Ce n'est pas vrai. Il n'y a qu'à vérifier (...), ce sont principalement des jeunes Chinois qui sont venus. Très peu d'expatriés, et quand bien même, principalement venus de Hong Kong, pas de Pékin. Sur 13.000 places, nous en avons eu 12.000 payantes, le reste étant offert à des orphelinats », dit-il.

Quant au choix de chanter des titres de ses 4 ou 5 derniers disques plutôt que certains standards de ses débuts, il s'explique facilement selon lui: « C'était des jeunes et mon sentiment, c'est qu'ils ne connaissaient de toute façon pas mes premières chansons ».

 

dimanche 15 mai 2011

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Retour de la chanson engagée à
gauche

« Je suis communiste », « Rue Roger Salengro », « Identité nationale »...: A un an de la présidentielle, la chanson politique, clairement marquée à gauche, fait un retour en force, quittant le registre de la contestation pour exprimer un vrai désir d'alternance.

Au moment où la gauche célèbre les 30 ans du 10 mai 1981, Cyril Mokaiesh, 26 ans, chante qu'« il est communiste à ce qu'il paraît » à la façon d'un bras d'honneur aux valeurs du CAC-40: « Ca les perdra de mondialiser l'injustice/de s'en asperger de bénéfices... ».

Sur un air de musette, Juliette replonge dans la nostalgie de son enfance dans une banlieue rouge: « On était coco/enfant de Thorez et Jacques Duclos/Enfant de la rue Roger Salengro ».

Alex Beaupain, 37 ans, offre, lui, à la génération Mitterrand une jolie madeleine de Proust (« Au départ, au départ/un homme, une rose à la main/Elkabbach au placard/La Bastille et la pluie qui vient... »).

La jeune Melissmel réécrit la Marseillaise (« Entendez vous dans nos campagnes/mugir nos pauvres de faim, de froid... l'impôt se rie des malheureux »). En vieux baroudeur, Bernard Lavilliers s'en prend au débat sur « l'identité nationale » entre une salsa et un « blues d'Angola ».

« En 2007, les artistes ont fait leur retour en politique, souvent contre la candidature de Nicolas Sarkozy », analyse Didier Varrod, animateur radio et spécialiste de la chanson française. Cali et Yannick Noah chantaient pour Ségolène Royal. Nicolas Sarkozy fêtait quand même sa victoire avec Mireille Mathieu, Faudel, Enrico Macias et Gilbert Montagné.

« Mais aujourd'hui, la politique revient aussi dans les textes même des chansons », poursuit M. Varrod, auteur d'un documentaire « Chantons de gauche à droite ». Et ce retour se fait par le côté gauche, comme souvent au pays de la la Carmagnole et du Temps des Cerises.

Ces chanteurs ne veulent pas être pris au premier degré: « C'est une chanson de provocation plutôt que d'adhésion », explique à l'AFP Cyril Mokaiesh.

« Lors d'une soirée entre amis, je défendais des valeurs de gauche, j'évoquais la mondialisation, et un copain m'a lancé :  mais toi, tu es communiste... », se souvient-il, racontant la naissance de sa chanson.

« Quand on parle d'humanité, soit on est considéré comme un Bisounours, soit comme un dangereux gauchiste », soupire ce jeune homme imprégné de Léo Ferré.

Après deux albums intimistes, Alex Beaupain a éprouvé le besoin « de parler un peu de politique et de social, mais en passant par la chanson d'amour », sans se prendre pour un chanteur engagé : « Je ne suis ni rappeur, ni rockeur. Ce genre d'emportement m'irait mal ».

Et cela donne « Au départ, au départ », parallèle entre la vie de couple et la gauche au pouvoir en 1981, 1988 et 1997. Point commun ? Les désillusion finales : « L'amour, c'est comme la politique. Ca commence par des espoirs et cela finit par une cohabitation », explique-t-il à l'AFP.

Les verra-t-on autour d'un candidat de gauche en 2012 ? Cyril Mokaiesh n'a pas rappelé pour l'instant les comités locaux du PCF qui l'ont contacté.

« L'entourage de Martine Aubry m'a invité à passer la voir le 10 mai à Solférino. Je n'y suis pas allé », explique Alex Beaupain qui ne s'engagera en 2012 que « s'il y a le feu ».

Mais leurs refrains disent quelque chose des attentes d'un certain électorat, assure M. Varrod, rédacteur en chef du magazine Serge : « Ils évoquent des symboles forts d'une gauche utopique dont on dit qu'elle ne peut pas revenir au pouvoir. Les politiques devraient être vigilants ». Serge a d'ailleurs prévu de faire écouter ces chansons aux candidats à l'Elysée. Premier sur le gril : François Hollande.

dimanche 15 mai 2011

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Soleil, Solex et rock'n roll réunis
pour trois jours à Rennes

Des milliers d'amateurs de musique et de Solex sont réunis à Rennes ce week-end pour la 44e édition du festival étudiant Rock'n Solex, qui met à l'honneur dans la décontraction le rock et le mythique deux-roues.

Entamé jeudi sur le campus de Rennes avec un concert du slameur Abd Al Malik et l'électro de Chinese Man, le festival se clôt dimanche avec les épreuves « techniques », après notamment celles de vitesse, qui ont vu certains Solex bricolés dépasser les 80 km/h.

L'épreuve reine, avec 150 équipes venues de toute la France, reste la course d'endurance au cours de laquelle il faut effectuer le maximum de tours de circuit en six heures non-stop, avec changements de pilotes. Le tout sans se prendre au sérieux.

« Quand on a envie de ne faire rien d'utile, Rock'n Solex est un bon moyen de s'amuser avec des copains », résume Ivan Bernez, capitaine de l'une des équipes en lice, Orange Mécanique Pressée.

« On a aucune idée de qui gagne. On sait que le Solex marche et c'est ça qui compte. On s'amuse bien, c'est ça le principal », sourit-il au bord de la piste.

Le rassemblement affiche toutes les extravagances autour des Solex, repeints en rose ou en doré: telle équipe en arbore un d'une longueur démesurée, telle autre un engin transformé en WC mobile.

Créé en 1967, Rock'n Solex revendique être le plus vieux festival étudiant de France et le plus important rassemblement de Solex de l'univers.

Vendu à sept millions d'exemplaires entre sa création en 1946 et l'arrêt de sa production en 1988, le Solex à essence reste prisé par des milliers de nostalgiques dont beaucoup, comme à Rennes, n'étaient pas nés lors de son retrait du marché.

« Le Solex était un peu le véhicule du peuple parce qu'il ne coûtait pas très cher. Tous le monde en avait, même des personnes avec des faibles revenus », rappelle Xavier Pierrot, le directeur de course.

dimanche 15 mai 2011

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Les plus grands noms de la danse
l'an prochain au Théâtre National de
Chaillot

Des grands noms de la danse contemporaine se disputent l'ultime saison de l'actuelle direction au Théâtre National de Chaillot, avec une création mondiale de l'artiste américaine Trisha Brown en ouverture.

La chorégraphe Dominique Hervieu, qui dirige ce théâtre depuis juin 2008, laissera la place en juillet à l'actuel directeur du Centre chorégraphique national - Ballet de Lorraine, Didier Deschamps. Elle prendra les rênes de la Maison de la Danse et de la Biennale de la Danse de Lyon.

Pour sa création mondiale, le 5 octobre, Trisha Brown a choisi « d'explorer et de développer des idées autour de la sculpture, de la calligraphie et de corps noués ». Cette chorégraphie sera accompagnée, le même soir, par une première européenne, « Les yeux et l'âme », mis en scène en 2010, qui s'inspire des parties dansées de l'opéra « Pygmalion » de Rameau. Au même programme, figurent deux reprises, le solo « Watermotor » et « Opal Loop » pour lequel Trisha Brown a demandé à l'artiste japonaise Fujiko Nakaya, « sculpteuse de brume », de donner une matière à sa danse.

Une trilogie de William Forsythe, dont une création avec les danseurs de The Forsythe Company, et deux reprises « Artifact », entré dans la légende de la danse du XXè siècle, et « Impressing the Czar », ballet-fleuve pour plus de 30 danseurs, avec le Ballet royal de Flandre, figurent aussi au programme dans le cadre du Festival d'automne.

Une autre première mondiale sera proposée en janvier par l'un des meneurs de la chorégraphie anglaise Russel Maliphant avec un ballet inspiré par les sculptures d'Auguste Rodin.

Le chorégraphe libano-québecois Wajdi Mouawad et le Japonais Saburo Teshigawara participeront à cette saison, comme Carolyn Carlson qui offrira sa vision de la déesse sumérienne Inanna.

Les jeunes virtuoses du cirque Eloize présenteront une fresque urbaine « iD » pendant les fêtes de fin d'année.

La pièce du metteur en scène Vincent Macaigne, « Au moins j'aurai laissé un beau cadavre » d'après « Hamlet » de Shakespeare, créé au Festival d'Avignon, figure au programme théâtral comme celle du Polonais Krysztof Warlikowski, « Contes africains », d'après Shakespeare.

Les mélomanes pourront voir et entendre « La jeune fille et la mort » de Schubert dans une chorégraphie de Thomas Lebrun et « Le sacre du printemps » de Stravinsky chorégraphié par Jean-Claude Gallotta.

Pour la saison 2010-2011, les salles de Chaillot ont connu un taux de remplissage de 90%, avec une augmentation du nombre de places vendues de 29%.

dimanche 15 mai 2011

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Boris Charmatz va convier
machines et enfants pour le festival
d'Avignon

Le chorégraphe Boris Charmatz « artiste associé » du Festival d'Avignon 2011 convie des machines et des enfants dans la cour d'honneur du Palais des Papes où il va présenter sa nouvelle création « Enfant » à l'ouverture de la 65ème édition, prévue du 6 au 26 juillet.

« Il faut des gestes exceptionnels, j'ai eu envie d'ouvrir la porte, de ne pas m'enfermer avec trois copains dans un studio », explique le directeur du Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne qui emmène un joueur de cornemuse, neuf danseurs et 27 enfants pour cette chorégraphie centrée sur « l'inertie, le poids et le sommeil ».

Pour cette édition qui met la danse à l'honneur, sont programmés une dizaine de danseurs chorégraphes, dont la Belge Anne Teresa De Keersmaeker, l'Américaine Meg Stuart, Rachid Ouramdane ou Xavier Leroy, avec une installation d'objets chorégraphiques de la compagnie Forsythe et une exposition consacrée à Jérôme Bel.

Avignon a souvent ouvert ses scènes aux chorégraphes, à commencer par Maurice Béjart qui y fit scandale en 1966 avec son « Boléro ».

« Il s'agit autour de Boris Charmatz de relancer une interrogation sur la danse et sur le corps, même si le festival d'Avignon reste un festival de théâtre », a souligné le directeur du Festival, Vincent Baudriller, au cours d'une conférence de présentation à Rennes.

Charmatz « appartient à un mouvement important qui interroge la relation avec le spectateur et le poids de la tradition », a-t-il dit.

Sa dernière création, « Levée des conflits », sera présentée sur un terrain de foot du stade avignonnais de Bagatelle, où le fondateur du festival, Jean Vilar, avait coutume de se rendre, parfois en compagnie de son comédien vedette Gérard Philippe pour jouer avec l'équipe locale.

Fidèle à l'idée de « transmission » qui anime son « Musée de la danse » à Rennes, Boris Charmatz va aussi proposer en Avignon une « école d'art », avec des ateliers, des rencontres, des expositions et des « batailles », conçues comme un duo/duel de danseurs ou d'acteurs.

Au total, le Festival offre une quarantaine de spectacles, dont les deux tiers inédits. L'Italien Romeo Castellucci qui devait présenter sa dernière création à Avignon a finalement déprogrammé le spectacle qui « ne correspondait pas à ce qu'il cherchait », a indiqué vendredi Vincent Baudriller.

 

dimanche 15 mai 2011

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Guédiguian revient à Marseille avec
un film engagé, généreux et remuant

Marseille, le monde ouvrier, l'engagement, la famille et les copains: après un détour par le polar et le film historique, Robert Guédiguian revient au cinéma de ses débuts avec « Les neiges du Kilimandjaro », chaleureusement applaudi samedi à Cannes, entre rires et larmes.

« Comme en 1997 avec Marius et Jeannette, j'ai eu envie de faire le point », explique le cinéaste. « Sur ce quartier où je suis né, l'Estaque, et sur les pauvres gens qui y habitent, regarder là où j'ai commencé à regarder le monde et voir comment il est aujourd'hui », dit-il.

A l'usine, le syndicaliste Michel (Jean-Pierre Darroussin) tire au sort le nom des ouvriers qui vont être licenciés dans un plan social. Il a mis son nom dans l'urne parce qu'il n'y a pas de raison, il n'a « jamais aimé les privilèges ».

Réaction de sa femme Marie-Claire, interprétée par la lumineuse Ariane Ascaride, qui hérite d'un mari chômeur: « il y a des jours où c'est fatigant de vivre avec un héros », dit-elle, un sourire en coin.

Il est vrai que Michel, homme de conviction, voue une passion quasi-équivalente à Jean Jaurès et à Superman. « Je voulais être justicier », explique-t-il avec autodérision devant une BD de son enfance.

Plongeant dans sa nouvelle vie de « pré-retraité », il passe un temps joyeux avec ses petits enfants, sirote un pastaga aux barbecues entre copains, profite du soleil sur la mer. Le cinéaste croque au passage de délicieuses petites scènes du quotidien, comme sa leçon aux « petits » sur la manière de manger des sardines.

Mais Michel émet des doutes. « Qu'est-ce qu'on penserait de nous ? », demande-t-il à sa compagne, évoquant la vision qu'ils avaient du monde à l'âge de vingt ans. « On est devenus bourgeois », constate-t-il : « On va à la mer le dimanche, on est propriétaires, on regarde la télévision ».

La transition n'est pas évidente mais il est bien entouré. Jusqu'au soir où deux hommes armés font irruption chez eux, les frappant et leur dérobant leurs cartes bleues. Le désarroi est encore plus fort quand Michel comprend que l'agression a été organisée par un jeune ouvrier licencié le même jour que lui. Le sol se dérobe sous ses pieds, les repères volent en éclats.

Dans l'épreuve, Michel devient, comme l'explique à l'AFP le comédien qui l'incarne, « un homme qui se sent responsable de la culpabilité des autres ». Choqué par la « transgression » inimaginable de son agresseur, Michel prend la liberté d'assumer ses convictions jusqu'au bout, quitte à choquer son entourage.

Ses enfants ne le comprennent pas. « Ils ont été confrontés à une société de crise qui oblige à un certain individualisme, cela déteint sur leur compréhension du monde », explique Ariane Ascaride.

Ce film, qualifié « d'amour et de combat » par Gérard Meylan, fidèle comédien de l'univers Guédiguian, interpelle le public, selon Ariane Ascaride, qui pose la question: « Et vous, qu'est-ce que vous faîtes ? ».

dimanche 15 mai 2011

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Festival de Cannes: un pirate star
sur les marches et un premier film
scandale

Le Captain Jack Sparrow, alias Johnny Depp, enflamme les marches - « Polisse » de Maïwenn, film préféré des critiques - En compétition, « Michael », film glacial, clinique et déroutant sur un pédophile, fait le buzz. .

Palmarès - Au 4e jour, la compétition entre dans le vif du sujet et les paris sont ouverts. Selon le classement quotidien de l'édition locale du Film Français, « Polisse » de Maïwenn arrive en tête des films palmables. Première, Studio Ciné Live, Le Journal du Dimanche et L'Express sont d'ores et déjà conquis. Le Figaro, Le Parisien, Ouest France ont aimé passionnément. Les Cahiers du Cinéma et Le Monde ont préféré « Habemus Papam ».

Côté presse étrangère, le film britannique « We need to talk about Kevin » signé Lynne Ramsay, avec Tilda Swinton, tient toujours la corde avec nombre de notes excellentes. En deuxième position, « Habemus Papam ». « Sleeping Beauty » de l'Australienne Julia Leigh, thriller érotique et intrigant, perd son avance au profit de « Polisse ».

Le couple du jour - Leurs fans les ont acclamés et peu importe si « Pirates des Caraïbes » n'est pas en compétition: à l'applaudimètre, Penelope Cruz et Johnny Depp ont, sans surprise, tout raflé. Dans ce 4e volet dévoilé en sélection officielle, et en avant-première mondiale sur la Croisette, le flamboyant Captain Jack Sparrow part en quête de la fontaine de jouvence et croise son double féminin, la belle Angelica (Penelope Cruz). Tant que les scénarios se tiennent et que ses enfants continuent de rire, Depp, 47 ans, ne voit aucune raison de rengainer son épée.

Le buzz du jour - « Michael », premier long métrage du réalisateur autrichien Markus Schleinzer, est-il le film scandale de la compétition officielle ? Ce long métrage clinique et glacial décrypte la relation entre un pédophile et sa jeune victime. Des critiques veulent absolument y reconnaître le calvaire de Natascha Kampusch, cette jeune femme autrichienne séquestrée pendant 8 ans par Wolfgang Priklopil.

Le réalisateur s'en défend avec fermeté et revendique « une histoire totalement originale ». Dans son film qui peut mettre mal à l'aise, Markus Schleinzer s'est attaché à disséquer les pensées d'un criminel, kidnappeur d'un enfant d'une dizaine d'années, en insistant à l'écran sur leurs rapports ambigus.

Une belle bousculade s'est déroulée à l'entrée de la projection, au point qu'une séance supplémentaire a été ajoutée au dernier moment pour répondre à l'intérêt des festivaliers.

dimanche 15 mai 2011

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Julie Gayet, actrice et désormais productrice, à Cannes pour Bonsaï

 

L'actrice française Julie Gayet a endossé depuis trois ans le costume de productrice, un nouveau rôle qui lui vaut d'être sélectionnée à Cannes pour Un certain regard avec « Bonsaï », un film chilien sur l'amour, la littérature et la botanique, présenté samedi soir.

« Je me présente en disant Julie Gayet comédienne mais pas que comédienne, je produis aussi ».

Elle se plait, en tant qu'actrice, à fréquenter différents univers et registres, du film populaire et grand public (« Delphine 1 - Yvan 0 » de Dominique Farrugia) à celui plus pointu (« Un Baiser s'il vous plait » d'Emmanuel Mouret ou « Clara et moi » d'Arnaud Viard).

Elle a choisi d'élargir encore son horizon en créant, avec Nadia Turincev, Rouge International, une petite structure qui a déjà produit trois longs métrages, « Fix me » du Palestinien Raed Andoni, « Huit fois debout » du Français Xabi Molia et donc « Bonsaï » du Chilien Cristian Jimenez, en lice dans la sélection Un certain regard.

C'était « une suite logique » à son travail de comédienne, dit-elle. « Je n'ai jamais lu de scénarios uniquement pour mon rôle mais pour l'univers d'un metteur en scène, ce qui est raconté ».

« Je suis très admirative des artistes, des créateurs, des auteurs qui ont un univers, un œil, une façon de filmer, une pensée », poursuit-elle, évoquant son plaisir de « plonger dans leur univers et de pouvoir les aider car souvent, ils peuvent être loin du côté administratif, formel ».

Suivre l'écriture, le tournage, le montage, toutes les étapes d'un film et trouver la personne qui va correspondre pour tous les postes, sont également deux aspects de ce nouveau travail qui la passionne et lui a fait découvrir des choses sur elle-même.

« J'ai appris que je pouvais être autoritaire et que j'aimais ça », plaisante-t-elle, ajoutant: « J'ai toujours eu beaucoup de mal à dire non et aujourd'hui, je n'ai plus d'états d'âme, je suis très claire ».

Les trois films produits par Rouge International ont un point commun: ils tournent autour de personnages à la recherche d'eux-mêmes. Un hasard ? Non, car Julie Gayet et son associée s'intéressent à la question du doute.

Il « fait avancer, on manque de doute dans cette société, personne n'ose dire qu'il doute mais en fait, c'est cela qui fait avancer les artistes: on doute tous », affirme l'actrice qui fait partie cette année du jury de la Cinéfondation et des courts métrages.

Pour autant, « ce n'est pas un critère avec lequel on dirait: on ne prend que des films comme ça. Ce qui intéresse également Rouge International, c'est l'humour, la distance, la poésie ».

Des éléments que l'on retrouve dans Bonsaï, l'histoire d'un premier amour post-adolescent réunissant Emilia et Julio, couple dévoreur de littérature.

Le film effectue d'incessants va-et-vient entre ce chapitre fondateur de la vie du jeune homme et sa vie, quelques années plus tard, où on le retrouve passionné par l'art du bonsaï et aux prises avec l'écriture d'un livre profondément inspiré de son histoire avec Emilia.

« J'avais très envie de faire ce film à la fois sur la littérature, l'amour et... les bonsaï », raconte Julie Gayet.

La comédienne sent peu à peu qu'elle gagne ses galons dans son nouveau métier. Elle a « l'impression d'une plus grande légitimité, que les gens se rendent compte que c'est sérieux »

Actrice, productrice, rêve-t-elle maintenant de réaliser ? « Pas du tout », répond-elle.

dimanche 15 mai 2011

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Emmanuel Duparcq et David André lauréats du prix Albert Londres 2011

 

Le prix Albert Londres 2011 a été attribué samedi à Tunis à Emmanuel Duparcq (AFP-Islamabad) pour l'écrit et au réalisateur David André, auteur du film « Une peine infinie », pour l'audiovisuel.

Parmi les 50 candidatures présentées les 23 membres du jury ont élu Emmanuel Duparcq, 37 ans, auteur de plusieurs reportages au Pakistan et en Afghanistan, au troisième tour de scrutin.

Entré à l'Agence France Presse en 1999 après des études d'histoire et de journalisme, Emmanuel Duparcq a été correspondant en Afghanistan en 2005, puis en Côte d'Ivoire, et en Irak, avant de s'installer au Pakistan en 2010.

Sa série de reportages, dont aucun n'a été effectué au sein des forces armées occidentales, décrit de l'intérieur le système de soutien et les réseaux des talibans qui, moribonds en 2005, ont aujourd'hui infiltré les deux-tiers de l'Afghanistan et des régions entières du Pakistan.

« Je souhaite dédier ce prix à nos deux confrères de France Télévision, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier qui sont retenus en otage en Afghanistan depuis 501 jours, sans oublier tous mes collègues de l'AFP et plus particulièrement nos journalistes afghans et pakistanais », a dit Emmanuel Duparcq.

« C'est un honneur et un grand bonheur qui rejaillit sur toutes les équipes de l'AFP », a estimé Emmanuel Hoog, pdg de l'AFP. « Le prix Albert Londres qui consacre le travail remarquable d'Emmanuel Duparcq vient au moment même où l'actualité internationale depuis six mois n'a jamais été aussi exceptionnelle. Les reportages ont été écrits en français et diffusés dans le monde entier. Accompagnés de photos et de vidéos, ils témoignent d'un accélérateur formidable de notre production multimédia ».

David André, réalisateur indépendant, a été récompensé, parmi les 35 candidatures proposées pour l'audiovisuel, pour son film de 80 minutes diffusé sur France 2 intitulé « Une peine infinie, histoire d'un condamné à mort ».

Il est revenu, en 2009, dans l'Oklahoma, dix ans après l'exécution dans cet Etat du sud des Etats-Unis de Sean Sellers, condamné à mort à seize ans pour un triple meurtre.

Interrogeant le procureur, les gardiens, la famille, le bourreau, il découvre que les protagonistes du drame ne peuvent oublier. Ils ont, eux aussi, été condamnés à « une peine infinie ».

L'association Albert Londres a choisi cette année Tunis pour remettre son prix afin de « marquer son amitié et sa solidarité avec des médias libres appelés à naître, condition essentielle de la démocratie, et célébrer, avec eux, ce droit inaliénable à la liberté d'expression ».

dimanche 15 mai 2011

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Emir Kusturica : « Cannes, seule
scène mondiale pour le cinéma des
petits pays »

Le Festival de Cannes « est la seule scène qui permet aux réalisateurs des petits pays d'entrer dans le cinéma mondial », a estimé le cinéaste serbe Emir Kusturica, après avoir été fait chevalier de la Légion d'honneur, vendredi. « Cannes est la place de la bataille pour la diversité culturelle. La France représente l'idée de la diversité culturelle. C'est ici que je suis entré dans le monde du cinéma. Cette médaille est très importante pour moi et ma famille. Je vais continuer à faire des films! », a ajouté Emir Kusturica lors d'une réception en son honneur et en présence du leader des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik, venu spécialement sur la Croisette.

Palmé deux fois à Cannes pour « Papa est en voyage d'affaires » (1985) et « Underground » (1995), Emir Kusturica préside le jury Un Certain Regard dans le cadre de la sélection officielle du 64e Festival de Cannes.

 

dimanche 15 mai 2011

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La révolution égyptienne s'exporte
à Cannes autour du film « 18 Jours »

Une pétition en circulation depuis début mai, qui a recueilli un peu plus de 300 signatures, dénonce la présence parmi les participants de deux réalisateurs qui ont travaillé pour le président déchu Hosni Moubarak.

Sherif Arafa et Marwan Hamed - cinéaste réputé et estimé, qui a signé notamment « L'Immeuble Yacoubian » - se voient notamment reprocher d'avoir « collaboré avec le régime en réalisant gratuitement des publicités pour la campagne présidentielle de Hosni Moubarak en 2005 ou pour le Parti national démocratique », alors au pouvoir.

Alors que le film doit être projeté mercredi lors de la journée d'hommage à l'Egypte, premier pays invité par le Festival, l'une des stars du cinéma égyptien, Amr Waked, 38 ans, acteur du film de Marwan Hamed, a prévenu de son absence.

Dans un email adressé vendredi à Thierry Frémaux, Délégué général du Festival, Amr Waked explique que « la présence d'artistes (...) qui ne se sont pas encore réconciliés avec le peuple m'empêche (de participer) car je ne peux ignorer les implications politiques d'une telle association », écrit-il.

« Beaucoup sont en colère en Egypte et attendent au minimum des excuses, c'est légitime. Les gens du cinéma prétendent ignorer cette colère », a-t-il expliqué samedi à l'AFP.

Pourtant, tient à préciser l'acteur - qui jouait dans « Syriana » avec George Clooney - il avait adhéré avec enthousiasme à ce projet: « Marwan Hamed est un réalisateur talentueux, il n'a rien d'un traître à la révolution et nous avons tous travaillé gratuitement ».

Contacté samedi par l'AFP, Thierry Frémaux n'avait pas réagi en début de soirée.

« Si 18 Jours avait été montré en compétition je l'aurais soutenu à fond. Mais pas comme un instrument de célébration de la révolution. Ca n'a rien d'émotionnel, ni d'intégriste. Mais je choisirai toujours la cause du peuple », a-t-il conclu.

Yousry Nasrallah, l'un des réalisateurs et des initiateurs du projet joint par l'AFP parle lui d'un « mauvais procès fait à l'ensemble du processus de démocratisation. Certains ont peut-être commis des erreurs, mais ils ont changé », martèle-t-il en rappelant que « L'Immeuble Yacoubian tourné en 2006 est loin d'être un film pro-Moubarak ». « Marwan était présent dès le 25 janvier (le 1er jour) Place Tharir », haut lieu de la révolution au Caire.

Pour Nasrallah, cette polémique « risque surtout de diviser le camp des démocrates dont on a tellement besoin face à la montée des intégristes. Ca rappelle les pires moments des purges et des chasses aux sorcières de l'histoire. C'est contre-productif et pas très joli ».

Au départ, ces dix courts-métrages devaient être mis en ligne gratuitement sur YouTube: c'est en l'entendant évoquer ce projet - mettre en images 10 visions personnelles de la révolution - que Thierry Frémaux a contacté Yousri Nasrallah pour lui proposer une projection sur la Croisette.

« Justement, il n'y avait aucune visée commerciale », souligne Karim Boutros-Ghali, signataire de la pétition, qui dirige une société de post-production au Caire et à Paris. « Mais ainsi, on instrumentalise la révolution » estime-t-il. « Les autorités du cinéma chez nous sont toujours celles de l'ancien régime ».

Le producteur du film Fadi Fahim voit quant à lui dans toute cette controverse l'expression d'une « jalousie » de la part de ceux qui n'en sont pas: « Croyez-moi, ceux qui protestent aujourd'hui auraient tous accouru pieds nus si l'Ancien régime les avait appelés ».

dimanche 15 mai 2011

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Les musées en fête pour la nuit
dans toute l'Europe

La septième édition de la Nuit européenne des musées se déroule dans quarante pays membres du Conseil de l'Europe et plus de 3.200 musées européens ont annoncé leur participation à cette manifestation.

Du Château de Versailles avec sa façade illuminée par un bestaire inspiré de ses décors, au musée archéologique de Cimiez (Nice) où l'on pourra découvrir des sarcophages à la lampe de poche, l'ambiance sera à la découverte et à l'amusement.

A Paris, la Cité des Sciences et de l'Industrie propose une performance d'artistes acrobates qui réaliseront une grande fresque murale sur un panneau vertical.

Le Palais des Beaux-Arts de Lille sort ses quatre momies égyptiennes, arrivées en France en 1908 et récemment passées au scanner à des fins scientifiques. Tandis que le musée de Bernay (Eure) propose « une introduction poétique au thème de l'amour ».

A Lens (Pas-de-Calais), le Louvre organise une visite du chantier - sur réservation - de sa future antenne, qui commence à prendre forme, en vue de son ouverture fin 2012. Et au musée des Beaux-Arts de Quimper (Finistère), une Crieuse publique déclamera les messages des visiteurs.

L'ensemble du programme est disponible sur le portail de l'opération. (nuitdesmusees.culture.fr).

L'an dernier, près de 3.000 musées dans 39 pays, dont 1.200 en France, avaient participé à la Nuit des musées, créée en 2005 par le ministère français de la Culture.

Dans l'Hexagone, la Nuit des musées avait attiré environ 2 millions de visiteurs en 2010 - soit un doublement en cinq ans, selon le ministère. Un tiers était âgé de 12 ans à 25 ans, un pourcentage plus élevé que pendant le reste de l'année, souligne le ministère de la Culture. Le cadre nocturne est l'élément le plus attractif pour 54% des visiteurs, (57% pour les jeunes de 10 à 25 ans), selon une enquête réalisée auprès du public lors de l'édition 2009.

La gratuité est également incitative (34% des visiteurs disent que c'est le facteur qui les a le plus motivés), surtout pour les jeunes (41%). Et elle l'est encore plus pour les personnes qui ne fréquentent pas habituellement les musées (49%).

Le programme proposé par les musées ce soir-là est également souvent cité (36% des visiteurs).

Interrogés sur ce qu'ils ont « particulièrement apprécié » dans cette manifestation, les visiteurs citent à près de 50% « le fait de découvrir le musée dans un cadre vivant ». 46% ont aimé « assister à une animation originale ». Et 35% sont satisfaits d'avoir « acquis de nouvelles connaissances ».

Le succès grandissant de la Nuit des musées « ne doit pas faire oublier une réalité beaucoup plus contrastée », a relativisé la CGT-Culture, dans un communiqué. « Il y a encore beaucoup à faire, au-delà d'une seule démarche événementielle, pour ouvrir les musées en grand à tous les publics, pour faire progresser la démocratisation culturelle », a estimé le syndicat.

La CGT-Culture estime en outre que « la situation est aujourd'hui quasi intenable » dans les musées nationaux. « Faute d'effectifs suffisants, les musées ouverts gratuitement samedi soir sont menacés au quotidien de fermetures partielles ou occasionnelles, et de privatisations de missions essentielles », selon la CGT.

Ils ne seront « bientôt plus en capacité d'accueillir les publics dans des conditions acceptables », estime le syndicat.

dimanche 15 mai 2011

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L'Allemagne accueille l'Eurovision,
ses excentricités et ses divas d'un
soir

Rendez-vous incontournable du kitsch et de l'extravagance, marquée à jamais par les Suédois d'Abba, la finale de l'Eurovision va départager samedi en Allemagne 25 candidats: un Français et une Allemande sont favoris.

Samedi vers 19h00 GMT, quand retentira l'hymne de l'Eurovision, le Te-Deum composé au 17e siècle par Marc-Antoine Charpentier, plus de 120 millions de téléspectateurs devraient être au rendez-vous.

Le Concours Eurovision de la chanson premier, un des événements les plus regardés de la planète avec une diffusion dans plus de 40 pays, se déroule cette année à Düsseldorf (ouest de l'Allemagne), la règle voulant que le pays vainqueur soit organisateur l'année suivante.

Car c'est une jeune lycéenne de 19 ans, Lena, qui était repartie avec le trophée 2010 et avait permis à l'Allemagne de l'emporter pour la première fois depuis vingt-huit ans. Les Allemands misent à nouveau sur la jeune fille, devenue star dans son pays. Elle viendra sur la scène de l'Esprit Arena, le grand stade de Düsseldorf, avec « Taken by a stranger ».

Mais les parieurs ont pour favori Amaury Vassili, candidat de la France, cinq fois victorieuse. Avec sa chanson en langue corse « Sognu », le ténor de 21 ans, adepte de pop lyrique, tentera de mettre un terme à 34 ans de disette pour son pays qui n'a pas remporté l'Eurovision depuis « L'oiseau et l'enfant », par Marie Myriam.

La dernière victoire en langue française, seconde langue officielle de la compétition, remonte à 1988 avec Céline Dion qui, bien que Canadienne, représentait la Suisse.

La liste définitive des 25 candidats ne devait être connue que vendredi soir à l'issue des demi-finales. Comme chaque année, nombreux seront les téléspectateurs qui crieront au scandale face à un vote marqué par la logique des solidarités régionales.

La 56e édition de l'Eurovision, un spectacle qui vit notamment participer Julio Iglesias en 1970, comprendra aussi sa part de folklore, comme il se doit.

Au panthéon des loufoqueries ? Lors des demi-finales 2008, une dinde en peluche était venue chanter « Irlande douze points » — rots et flatulences compris — pour le compte de ce pays.

Autre cuvée historique, la Finlande avait décroché en 2006 son premier titre grâce à un groupe de Heavy Metal déguisé en monstres sanguinolents. Sans oublier l'édition 1985 où l'animatrice suédoise avait perdu sa jupe sur le plateau... avant de révéler qu'il s'agissait d'un gag préparé.

Parmi les insolites de l'édition 2011 figure déjà la candidature... du Qatar. Mais l'émirat du Golfe s'est vu refuser sa participation.

Les animateurs devront pour leur part jongler avec seize langues chantées. Certains pays lui facilitent induscutablement la tâche: l'Arménie avc « Boom-boom », la Norvège avec « Haba-haba », la Finlande avec « Da da dam », Israël avec « Ding dong »...

L'interprète de cette dernière chanson sera Dana International, la transsexuelle qui l'avait emporté en 1998 et choqué les extrémistes israéliens.

Alors qui deviendra le nouveau groupe Abba, dont le triomphe en 1974 a marqué la génération patte d'eph et cols pelles à tarte, et surtout constitué un des rares succès commerciaux de l'Eurovision ? Réponse vers 22h00 GMT à l'issue d'un vote combinant suffrage populaire et jurys professionnels. A moins que le destin ne s'en mêle. En 1969, quatre candidats étaient arrivés ex-aequo.

dimanche 15 mai 2011

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L'Europe en crise se tourne vers la
chanson le temps de l'Eurovision

D'exubérance, il en sera d'ailleurs question avec les jumeaux irlandais de « Jedward ». Cheveux blonds décolorés dressés droit sur la tête, John et Edward Grimes, 19 ans, pourraient permettre à l'Irlande de décrocher son huitième trophée — un record — et le premier depuis 1996.

« Et le gagnant est... » A quelques heures de la finale de l'Eurovision en Allemagne, l'Europe se tourne samedi vers ses stars de la chanson et leur exubérance pour oublier ses crises politique et économique.

A Düsseldorf (ouest) où se tient la 56e édition du concours Eurovision de la chanson, l'enthousiasme gagnait peu à peu les fans tandis que la pression montait pour les 25 candidats retenus pour la finale.

Celle-ci débutera vers 19H00 GMT par le mythique hymne de l'Eurovision, composé au 17e siècle par Marc-Antoine Charpentier.

Le vainqueur devrait être proclamé vers 22H00 GMT. La compétition, retransmise dans plus de 40 pays, devrait attirer plus de 100 millions de téléspectateurs de l'Atlantique à l'Oural, mais aussi en Australie ou aux Etats-Unis. Dans le stade de Düsseldorf, antre de l'équipe de foot locale, 35.000 spectateurs sont attendus.

« Je suis un grand fan de l'Eurovision », explique à l'AFP l'Irlandais Keats, 27 ans. « C'est la première fois que je viens suivre l'événement en direct, jusqu'ici je suivais ça à la télévision », ajoute le jeune homme, trèfles verts dessinés sur les joues.

La Finlande sera la première à monter sur scène et c'est la Georgie qui refermera le bal avant le vote du public par téléphone et sms. Le jury professionnel, dont le vote compte pour moitié, s'est déjà prononcé vendredi soir mais les résultats sont tenus secrets jusqu'à samedi.

La France passera en 11e position, entre la Russie et l'Italie qui fait son grand retour après 14 ans d'absence.

« C'est fantastique! Ce concours rassemble l'Europe et rapproche les pays. C'est pour ça que je suis venu à la musique, pour rassembler les gens », s'exclame Lee Ryan, 27 ans, du groupe « Blue » qui représente le Royaume-Uni.

Avec sa chanson « I can » (« Je peux »), le « boy band » britannique a impressionné les experts de la chanson et les fans lors des 86 répétitions.

En coulisses, un expert du concours notait que depuis le mariage royal de William et Kate fin avril, « tout le monde est amoureux » du Royaume-Uni, ce qui pourrait apporter un « bonus » aux quatre jeunes hommes.

Mais depuis deux mois, le préféré des maisons de paris s'avère le candidat de la France, dont le compteur reste, depuis 34 ans, bloqué à cinq victoires. Amaury Vassili, ténor de 21 ans au physique de jeune premier, ne dissimule pas une certaine pression.

« On espère tellement cette victoire que ça serait dommage d'avoir passé tout notre temps sur la première marche (dans les paris des bookmakers) et de finir sur la deuxième ou même un peu plus bas », explique-t-il à l'AFP.

Des vétérans de l'Eurovision relèvent toutefois qu'il est rare que le favori l'emporte dans ce concours qui rivalise de kitsch et d'extravagances vestimentaires.

D'exubérance, il en sera d'ailleurs question avec les jumeaux irlandais de « Jedward ». Cheveux blonds décolorés dressés droit sur la tête, John et Edward Grimes, 19 ans, pourraient permettre à l'Irlande de décrocher son huitième trophée — un record — et le premier depuis 1996.

Au palmarès des loufoqueries, les Moldaves de Zdob Si Zdub — un casse-tête de prononciation pour les présentateurs — arriveront sur scène avec un chapeau conique afin, disent-ils, de capter les énergies cosmiques. Candidats en 2005 avec « Mamie fait de la batterie », ils reviennent avec « So lucky » (« Si heureux »).

Au total, 43 candidats se sont présentés au concours 2011 et 25 retenus pour la finale, dont 16 représentants d'un pays de l'Union européenne. La France, l'Italie, la Grande-Bretagne, l'Espagne, et l'Allemagne sont automatiquement qualifiés car ce sont les plus gros contributeurs financiers du spectacle.

dimanche 15 mai 2011

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L'Azerbaïdjan remporte la 56e
édition de l'Eurovision

L'Azerbaïdjan remporte la 56e édition de l'Eurovision

Le Français Amaury Vassili, ténor de 21 ans au physique de jeune premier et favori des bookmakers, n'a obtenu que la 15° place. La France a décroché sa cinquième et dernière victoire en 1977.

L'Azerbaïdjan a pour la première fois de son histoire remporté samedi la 56e édition du concours Eurovision de la chanson, un des spectacles télévisés les plus suivis au monde.

Au stade de Düsseldorf (ouest de l'Allemagne), le duo Ell et Nikki s'est imposé avec sa chanson « Running scared » (La peur au ventre) avec 221 points devant l'Italie (189 points) et la Suède (181 points). L'Azerbaïdjan succède à l'Allemagne, vainqueur l'année dernière.

A plus de 5.500 km de la ville des bords du Rhin, Bakou, capitale de l'Azerbaïdjan, a explosé de joie à l'annonce des résultats intervenue en pleine nuit, peu avant 3h30 locales. Sous une pluie battante, les Azéris, entassés dans les voitures, ont entamé un concert de klaxons.

« C'est une superbe victoire », s'enflammait un étudiant, Alim Mamedov.

Ce pays musulman du Caucase, ancienne république de l'URSS, qui participait à l'Eurovision pour la quatrième fois seulement, organisera donc la prochaine édition en 2012.

Remarqué durant les répétitions, le duo composé de Nigar Jamal et Eldar Gasimov a résumé simplement sa victoire inédite: « Notre rêve est devenu réalité! ».

« Je n'arrive pas à y croire! Je crois que nous allons pleurer, à la maison », a ajouté Nikki, le chanteur dans un anglais parfait. « J'ai du mal à imaginer ce que les gens ressentent là-bas à la maison », s'est encore exclamé le jeune interprète de 20 ans, multipliant les « Nous vous aimons, nous vous aimons tous ! » adressés au public.

Au milieu des quelques fans azéris ivres de bonheur et arborant fièrement le drapeau national, le duo, tout de blanc vêtu, a été vivement applaudi lors de la conférence de presse finale.

Avec son refrain entraînant, sa chanson pop a rassemblé le plus de voix dans un vote composé pour moitié d'un jury de professionnels et de téléspectateurs appelés à se prononcer par téléphone ou sms. La chanteuse, cheveux longs roux, a commencé le chant à l'âge de cinq ans et vit aujourd'hui entre Londres et Bakou.

Eldar Gasimov a participé à de nombreux festivals de musique en Azerbaïdjan et en Russie.

Le spectacle, entamé à 19H00 GMT précise, a été mené tambour battant, avec ses robes bariolées, des coiffures extravagantes comme celle du duo irlandais de Jedward, cheveux blonds oxygénés dressés sur la tête, ou les interminables bonnets pointus du groupe moldave. Plus de 100 millions de téléspectateurs devraient encore avoir été au rendez-vous de ce concours annuel créé en 1956 et désormais retransmis dans plus de 40 pays, jusqu'en Australie et aux Etats-Unis.

Le cru 2011 restera marqué par la jeunesse des candidats. La plupart ont à peine 20 ans et n'ont pas connu le temps où l'Europe était divisée en deux blocs idéologiques. Depuis la chute du Mur de Berlin en 1989, les anciens pays de l'Est sont entrés en force dans la compétition. La Russie l'avait emporté il y a trois ans. Comme tous les ans, le vote aura également été marqué par une solidarité régionale. Chypre a ainsi accordé 12 points — le nombre maximum de points qu'il est possible d'accorder — à la Grèce tandis que la Russie les a donnés à l'Azerbaïdjan.

Le Français Amaury Vassili, ténor de 21 ans au physique de jeune premier et favori des bookmakers, n'a obtenu que la 15° place. La France a décroché sa cinquième et dernière victoire en 1977.

La Suisse a terminé à la dernière place de la finale. Quant à la représentante allemande, Lena, qui rêvait d'offrir une deuxième titre d'affilée à son pays, elle a terminé dixième.

Loin du monde de la chanson, l'Azerbaïdjan, peuplé de neuf millions d'habitants, est d'une importance stratégique pour les grandes puissances en raison de ses ressources énergétiques.

L'opposition dénonce un manque de démocratie et de liberté d'expression en Azerbaïdjan.


©Musicologie.org 2011

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