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dimanche 8 mai 2011

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Jane Rhodes est morte

La cantatrice française Jane Rhodes est décédée samedi matin à l'âge de 82 ans, a annoncé à l'AFP son époux, le chef d'orchestre Roberto Benzi.

Jane Rhodes est décédée à l'hôpital américain de Neuilly où elle était hospitalisée depuis une quinzaine de jours notamment en raison de troubles neurologiques.

Née en 1929 à Paris, elle avait débuté dans l'art lyrique vers l'âge de 25 ans.

 

« Son rôle le plus célèbre a été sans aucun doute Carmen à l'opéra de Paris, où j'étais moi-même au pupitre, en novembre 1959, en présence du général de Gaulle », a raconté M. Benzi, qui est devenu son mari sept ans plus tard.

Avec une tessiture qui naviguait entre soprano et mezzo-soprano, la cantatrice, célébrée aussi pour sa beauté, a joué des rôles des deux types, et notamment incarné Marguerite dans la Damnation de Faust de Berlioz, chanté Tosca de Puccini et Salomé de Richard Strauss.

dimanche 8 mai 2011

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Il y a 30 ans, Bob Marley rendait
les armes

Bob Marley, le « pape du reggae » aux plus de 200 millions d'albums vendus dans le monde, est mort le 11 mai 1981 à Miami, il y a 30 ans, occasion de rendre hommage à celui qui continue, génération après génération, de faire vibrer la planète.

Les rastafaris de Zambie se rassembleront à Lusaka pour un grand concert nocturne afin de « célébrer la vie » de leur idôle, devenue le « porte-voix des défavorisés » de la planète, dont la musique, dit à l'AFP Brian Chengela, directeur de Jah Entertainment, « continue, par sa force, de maintenir une unité qui transcende les croyances, les races, les couleurs, les frontières et les cultures ».

Concerts, émissions de radios ou télévisées sont également prévus en France où France Ô diffusera le concert « Live at The Rainbow » et le documentaire « The Wailers : Catch a fire », plongée dans les coulisses de cet enregistrement (Catch a fire) en 1972.

En 1977, Bob Marley s'était produit avec son groupe, The Wailers, au Rainbow Theatre de Londres, un concert mythique pendant lequel il avait interprété les morceaux de l'album qu'il venait d'enregistrer dans la capitale britannique (« I Shot the Sheriff », « Lively Up Yourself », « Get Up, Stand Up », « Jamming », « No Woman No Cry », « Exodus » et « War »).

Deux livres paraissent en français à cette occasion: « Bob Marley, Les secrets de toutes ses chansons 1962-1981 », de Maureen Sheridan (éditions Hors Collection), journaliste spécialiste du reggae, à la tête de sa propre maison de disques en Jamaïque et « Bob Marley, destin d'une âme rebelle » (Flammarion) de Francis Dordor, journaliste aux Inrockuptibles.

Ce livre rassemble des interviews des proches de Bob Marley, Bunny Wailer, Peter Tosh, Chris Blackwell, « Family Man » Barrett, Sly Dunbar, son manager Don Taylor ou Cindy Breakspeare, témoignant de la vie de l'artiste en butte au cynisme de l'industrie musicale et soumis à la violence de l'île, devenue indépendante en 1962.

Trente ans après sa mort prématurée, suite à un cancer généralisé, Robert Nesta Marley, reste pour beaucoup de ses adeptes et de jeunes qui découvrent la musique de leurs parents ou grands-parents, la super star venue d'un pays pauvre, symbole de la contestation universelle, d'émancipation et de liberté.

Sa voix, sa spiritualité, qui s'inscrivaient dans la mouvance rastafari lui valant souvent d'être désigné comme l'apôtre du cannabis, est devenue celle des défavorisés à travers la planète. Notamment en Afrique, rappellent les musiciens Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoli, où Bob Marley avait prédit que le reggae reviendrait comme à sa « source ».

Bob Marley est né le 6 février 1945 à Rhoden Hall près de Nine Miles, dans la paroisse de Saint Ann (Jamaïque), d'une mère jamaïcaine et d'un père anglais, officier de marine, qu'il n'a pas connu.

Il a grandi dans le ghetto de Trenchtown à Kingston. En 1962, il enregistre son premier titre « Judge Not » et fonde peu de temps après avec Peter Tosh et Bunny Wailer, le groupe « The Wailers ».

En 1966, il part travailler aux Etats-Unis pour des raisons économiques. Il fera, plus tard, une rencontre décisive avec Mortimer Planno, rasta jamaïcain d'origine cubaine qui lui transmettra une partie de sa culture rasta.

De retour en Jamaïque, à la fin des années 60, il signe avec le label Island et sort avec les Wailers ses premiers albums au début des années 70, « Catch a fire » et « Burnin » en 1973. En 1974, il enregistre son premier album solo « Natty dread ». Les albums s'enchaîneront jusqu'à la fin (Rastaman Vibration en 1976, Exodus en 1977, Survival 1979, Uprising, 1980).

« Idole », « génie », « référence », le nom de Bob Marley suscite une réaction quasi unanime parmi les adeptes du reggae. « Bien sûr qu'il me parle », s'exclame Aasiya Folly, 25 ans. « Comme je suis en partie Antillaise, j'ai baigné dedans ».

Dans le salon Capi Locks Center, dans le 10e arrondissement de Paris, où elle se fait coiffer, la jeune femme est enthousiaste : « A chaque fois que j'écoute un album que j'ai depuis des années, je découvre quelque chose de nouveau, dans sa musique et dans ses textes ».

Pour elle comme pour d'autres il est à classer au rang des icônes, au même titre que Michael Jackson, Elvis ou John Lennon. Sa force ? Rassembler autour de thèmes fédérateurs.

« Ses textes sont remplis de sujets de société, de sentiments, de luttes », rappelle Christian Baur, un Danois de 31 ans, étudiant en littérature et DJ. « Quand il parle de ce que c'est qu'être noir, je me sens concerné, même si je suis blanc. »

« Les courants apparus depuis les années 1950, comme le punk ou le rock sont toujours là », explique Anne Petiau, sociologue et chercheuse à la Sorbonne pour expliquer la pérennité du Reggae, toujours là lui aussi. Ils répondent « à des besoins profonds, une religiosité et un imaginaire. Ils peuvent représenter des modèles de conduite importants pour les jeunes ».

Comme Che Guevara, Bob Marley est devenu l'une de ces figures que les jeunes exhibent avec fierté sur leurs vêtements. Dans sa boutique Artmur Freestyle, aux Puces parisiennes de Clignancourt, Brice Coudin, 28 ans, personnalise tee-shirts et chaussures pour ses clients.

Des citations de chansons la plupart du temps, dont la plus demandée « One love ». Plus traditionnelle, son effigie affublée d'un joint ou d'une feuille de cannabis. Une image souvent jugée trop caricaturale.

Pierre Mestche, 45 ans, a vraiment découvert Bob Marley « sur le tard », il y a une quinzaine d'années. « La marijuana, tout ça, c'est du folklore. Ce n'est pas une obligation de fumer pour apprécier Bob Marley », souligne Pierre, gérant de Patate Record, disquaire spécialisé du 11ème arrondissement.

Autre symbole de la culture de Bob Marley, les dreadlocks, dont la signification va bien au-delà d'une simple question de look. « Aucun juste ne passera de lame sur sa tête. C'est ce que dit la Bible », explique Joseph « Doc Capillo », propriétaire du salon Capi Locks Center. « Même si aujourd'hui beaucoup de gens posent des dreadlocks par mode ».

Une mode et un style plus facile à adopter aujourd'hui, selon son employé Irvin Germain, 30 ans : « les préjugés sont moins forts, la société évolue ». Mais Bob Marley, « ça ne s'arrête pas là ».

Le culte est entretenu aussi bien par les jeunes que par les adultes. « Ils continuent à écouter les musiques de leur jeunesse parce qu'elles ont un fort pouvoir évocateur et les ramènent à leurs souvenirs », analyse Anne Petiau.

Aujourd'hui, le reggae reprend les mêmes messages, mais s'il a su évoluer, avec par exemple un courant plus électronique, le dance hall.

« Il faut vivre avec son temps », s'exclame Alex, 25 ans, employé de Patate Record. Bob Marley « vendra toujours, c'est un classique, surtout pour faire découvrir le reggae à des potes. Mais c'est la musique des ménagères en Jamaïque, comme si ici on écoutait du Julio Iglesias. Le reggae est tellement large, Bob Marley en est une petite partie ».

dimanche 8 mai 2011

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Placido Domingo chante un
Oreste en forme d'adieux à
Washington

A 70 ans, il grimpe aux échelles, il se roule par terre et sa voix fait encore trembler la salle: Placido Domingo est Oreste dans « Iphigénie en Tauride », une prestation aux allures d'adieux à l'opéra de Washington, que le ténor espagnol a dirigé pendant 15 ans.

Visiblement fatigué mais ravi, Placido Domingo a eu droit a une longue ovation vendredi soir sur la scène du Washington National Opera (WNO), dont il quittera le 30 juin les fonctions de directeur général qu'il assurait depuis 2003 (il était directeur musical depuis 1996).

Pour marquer le coup, le ténor chante pendant huit soirs le rôle d'Oreste dans l'opéra de Gluck créé à Paris en 1779. En alternance, et jusqu'au 27 mai, mais cette fois comme chef d'orchestre, il dirige l'opéra de Donizetti, Don Pasquale.

Le rôle d'Oreste, écrit à l'origine pour un baryton mais adapté à sa voix de ténor, boucle la boucle pour Placido Domingo, qui avait cru entamer une carrière de baryton à l'âge de 18 ans, avant que l'opéra de Mexico ne lui explique qu'il avait en fait une voix de ténor...

Dans cette production de l'opéra d'Oviedo (Espagne), le rôle n'est pas de tout repos pour un septuagénaire, opéré qui plus est l'an dernier d'un cancer du côlon. Il arrive sur scène enchaîné par des gardes qui le jettent à terre, avant d'être sacrifié aux dieux par sa propre sœur, Iphigénie. Se reconnaissant in extremis, frère et sœur trouvent le courage d'échapper à leur destin et de triompher de leurs oppresseurs.

S'il quitte la direction du WNO, qui ne lui a toujours pas trouvé de remplaçant (le Français Philippe Auguin a été nommé directeur musical l'an dernier), Placido Domingo n'a guère l'intention de quitter la scène.

« Je chante tant que je le peux. Pourquoi puis-je encore chanter ? C'est un grand mystère pour moi », a-t-il déclaré au Washington Post quelques jours avant la représentation, tout en laissant entendre que ses adieux définitifs à la scène risquaient d'arriver sans prévenir.

« Je pense qu'un jour j'aurai la sensation que c'est terminé. Je dirai au public 'Mesdames et messieurs, c'était ma dernière représentation d'opéra' ».

En plus d'un demi-siècle de carrière, Placido Domingo s'est produit plus de 3.500 fois en public et a chanté 134 rôles, un record que ne lui conteste aucun autre ténor.

Ses dernières semaines à la tête de la formation américaine sont un véritable feu d'artifice pour le chanteur madrilène, invité d'honneur samedi du bal de l'opéra organisé dans les murs de l'ambassade de Chine. Mardi, il était récompensé par l'Atlantic Council, un centre de réflexion de Washington, en présence du vice-président Joe Biden, qui n'a pu résister à un clin d'œil à l'actualité juste après l'élimination d'Oussama Ben Laden par un commando de soldats d'élite américains.

« Placido Domingo est probablement le seul homme qui pourrait chanter leurs louanges comme il convient », a lancé M. Biden.

Ce Grand d'Espagne n'en a pas pour autant fini avec les Etats-Unis: il reste directeur de l'opéra de Los Angeles jusqu'en 2013.

dimanche 8 mai 2011

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Warner Music Group vendu au
milliardaire Len Blavatnik pour
3,3 milliards

Le mythique label musical, coté à New York, a une capitalisation boursière de plus de 700 millions de dollars et a dégagé un chiffre d'affaires de près de trois milliards de dollars sur son dernier exercice, mais il accumulait les pertes et surtout, ployait sous une dette de 1,9 milliard de dollars.

La major américaine du disque Warner Music, dont le catalogue comprend des artistes comme Metallica, Green Day, REM, ou encore Frank Sinatra, a annoncé vendredi qu'elle tombait dans l'escarcelle du milliardaire russo-américain Len Blavatnik pour 3,3 milliards de dollars.

Le mythique label musical, coté à New York, a une capitalisation boursière de plus de 700 millions de dollars et a dégagé un chiffre d'affaires de près de trois milliards de dollars sur son dernier exercice, mais il accumulait les pertes et surtout, ployait sous une dette de 1,9 milliard de dollars.

Len Blavatnik, par l'intermédiaire de sa holding Access Industries, va verser en cash 8,25 dollars par titre aux actionnaires et reprendre toute la dette du groupe, ce qui valorise l'opération à 3,3 milliards de dollars.

Ancien administrateur de Warner Music entre 2004 et 2008, il détenait déjà 2% du capital.

Cet industriel et philanthrope né en Russie a immigré aux Etats-Unis en 1978 et acquis la nationalité américaine en 1984. Diplômé des prestigieuses universités Columbia et Harvard, il détient des intérêts dans les matières premières et la chimie, les médias, l'immobilier, les technologies et la distribution.

Warner Music était jusqu'alors contrôlé à 56% par trois sociétés d'investissement en capitaux propres: Thomas H. Lee Partners, Bain Capital et Providence Equity Partners, auquel s'ajoutait l'homme d'affaires canadien Edgar Bronfman.

Ce dernier avait racheté l'entreprise à Time Warner en 2004 pour 2,6 milliards de dollars, et en était depuis le PDG.

L'opération devrait être finalisée au troisième trimestre. Approuvée par le conseil d'administration et les actionnaires principaux, elle doit encore recevoir le feu vert des autorités de la concurrence, mais les analystes ne s'attendent pas à une opposition de leur part.

« Nous pensons que cette transaction représente une chance exceptionnelle de maximiser la valeur (de Warner Music) qui sert au mieux les intérêts des actionnaires, des fans de musique, de nos artistes et des gens merveilleux de cette entreprise », a commenté M. Bronfman.

Len Blavatnik a pour sa part salué dans WMG « une entreprise formidable avec un héritage fort (...) et un vivier d'artistes exceptionnels ».

« L'industrie musicale est à un point d'inflexion où l'adoption des technologies numériques gagne de la vitesse » et Warner Music « est bien positionné pour saisir l'opportunité que cela représente pour la création et la distribution de musique », a renchéri Jorg Mohaupt, directeur des médias chez Access Industries, la holding de M. Blavatnik.

Une fois le rachat finalisé, Warner Music Group sera retiré de la cote. Intégré à Access Industries, le label gardera son nom, son siège social et son PDG.

« Nous ne pensons pas qu'une nouvelle équipe de direction gèrerait cette entreprise mieux qu'Edgar Bronfman et son équipe actuelle, qui ont fait grossir la part de marché, réduit les coûts, et se sont lancés rapidement et aggressivement dans les modèles d'activité numériques », a commenté Deutsche Bank dans une note.

Pour le site d'analystes 24/7Wallst.Com, ce rachat « va marquer la fin des (grands) studios, sous pression à cause des labels indépendants lancés par des musiciens mais aussi à cause d'internet, où les artistes ont commencé à distributer directement leur musique aux consommateurs ou par l'intermédiaire de systèmes de distribution ».

Le Wall Street Journal indiquait récemment que les propriétaires de Warner Music souhaitaient finaliser la vente rapidement, avant la mise en vente de leur concurrent EMI Group.

dimanche 8 mai 2011

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« Tirez sur les keufs » : un rappeur
amateur jugé pour un clip
polémique

Un rappeur amateur de Sèvres (Hauts-de-Seine) a dû s'expliquer devant le tribunal correctionnel de Paris sur une compositions baptisée « Tirez sur les keufs », diffusée sur internet sous forme de vidéo-clip, qui lui vaut d'être poursuivi pour injure, provocation et apologie de crime.

Pascal Henry, 22 ans, dit « Abdul X », auteur de la chanson incriminée, a comparu vendredi devant la dix-septième chambre aux côtés du réalisateur du clip, une de ses connaissances âgée de 20 ans, auquel il est également reproché la mise en ligne du titre sur le site de partage YouTube.

Des poursuites ont été entamées cet été à leur encontre par le ministère de l'Intérieur pour « injure publique » envers la police, et par le parquet pour « apologie » de crime et « provocation à la commission d'un crime ».

Dans le clip diffusé à l'audience, Abdul X apparaît brandissant une arme, selon lui factice, et enchaînant des couplets qui promettent aux policiers, qualifiés de « tarba » (batard, NDLR) « une balle dans sa race ».

Face aux juges, Pascal Henry, sobrement vêtu d'un pantalon et d'un tee-shirt noir, a fait amende honorable, comme il l'avait déjà fait devant les enquêteurs. « Si ça a pu blesser, je m'en excuse », a-t-il déclaré, assurant qu'il n'avait pas envisagé que cette chanson soit « prise au premier degré » et qu'elle n'était destinée à être vue que par « un cercle d'ami ».

Le jeune homme, déjà condamné à deux reprises pour d'autres délits dont l'un lui a valu de passer six mois en prison, a admis qu'il avait pu avoir dans le passé « de la haine » pour les policiers. Mais ce sentiment lui a passé, a-t-il juré, et il souhaite désormais délivrer « un message de paix ».

« La liberté d'expression et la création artistique ne peuvent pas légitimer des appels à la violence aussi nets et aussi peu subtils », a critiqué la représentante du parquet soulignant « la violence » des commentaires associés à ce clip sur le site internet de diffusion.

Elle a réclamé une amende de 3.600 euros contre Abdul X sous la forme de 120 jours amende à 30 euros qui sont susceptibles d'être convertis en peine de prison s'ils ne sont pas payés. Une amende de 1.000 euros a été requise contre le réalisateur et diffuseur du clip.

Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 16 juin.

dimanche 8 mai 2011

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« Seules... en scène » , premier
festival de théâtre consacré à des
femmes

« Seules ... en scène »: les femmes ont désormais un festival de théatre qui leur est entièrement consacré, et qui se déroule du 6 au 25 mai en banlieue parisienne, avant une tournée dans toute la France.

« Ce rendez-vous est nécessaire en ce moment, car les femmes n'ont pas exactement la place qu'elles devraient avoir », a expliqué à l'AFP le directeur du Théâtre de l'Ouest parisien de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), Olivier Meyer, à l'origine de cette programmation.

Les comédiennes, seules à habiter le plateau, avec parfois la musique pour accompagnement, sont « les messagères soit de leurs propres mots, soit d'auteurs essentiellement féminins », indique-t-il.

Sept spectacles, dont une création et deux nouvelles productions, sont présentées dans le cadre de ce festival.

Donnée en ouverture, la nouvelle production « Vivre le feu », interprétée avec puissance par l'actrice belge Natacha Régnier, reprend les écrits des carnets et poèmes de la poétesse russe Marina Tsvetaeva, dans une mise en scène sobre et imaginative de Bérangère Jannelle.

Lumineuse figure de l'insoumission, Marina Tsvetaeva dont l'existence, marquée par deux guerres mondiales et deux régimes totalitaires, se conclut par un suicide, brûle de toutes les passions. « Je ne peux pas faire autrement que parler, disait-elle non sans évoquer dans ses écrits le grand anonymat féminin ». Elle, genre féminin, et si longtemps muet », écrit-elle.

Autre nouvelle production, « Pieds nus, traverser mon cœur » où l'actrice Michèle Guigon dévide le fil du temps, puisant dans son expérience personnelle marquée par l'épreuve d'un cancer.

Le festival propose aussi « la dernière conférence de presse de Vivien Leigh », l'éternelle Scarlett O'Hara jouée par Caroline Silhol, et ou encore d'explorer l'amitié entre Marguerite Duras et Michèle Manceaux évoquée par l'actrice Nathalie Grauwin.

dimanche 8 mai 2011

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Un film de Jafar Panahi en
sélection officielle à Cannes

Un film du cinéaste iranien Jafar Panahi, condamné à six ans de prison et interdit de quitter son pays, sera présenté en sélection officielle le 20 mai au Festival de Cannes, ont annoncé samedi les organisateurs.

« In Film Nist (Ceci n'est pas un film) de Jafar Panahi et Mojtaba Mirtahsmab est sélectionné en séance spéciale et sera présenté le vendredi 20 mai », précise un communiqué.

Le film « réalisé dans des conditions semi-clandestines » est parvenu « au Festival ces derniers jours », poursuit le texte.

Un film d'un autre jeune réalisateur iranien, Mohammad Rasoulof, qui s'est aussi vu infliger six ans de prison, sera lui sélectionné dans Un Certain Regard.

Appelé à siéger au jury de Cannes l'an dernier, Jafar Panahi avait été privé de fête. Cette année, ayant fait appel de sa condamnation, il attend la décision de la justice assigné à résidence, chez lui à Téhéran.

dimanche 8 mai 2011

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La Révolution tunisienne invitée
à Cannes avec le film « Plus
jamais peur »

La Révolution tunisienne invitée à Cannes avec le film « Plus jamais peur »

Auteur de plusieurs courts métrages dont « le Pâtre des étoiles » (2003), Mourad Cheikh exerce sa profession entre la Tunisie et l'Italie, et n'en revient toujours pas d'aller à Cannes.« C'était inattendu, on avait envoyé une copie du film à Cannes, on avait travaillé comme des fous, ils avaient d'abord répondu qu'on n'était pas sélectionnés puis un soir un des assistants (du festival) nous a annoncé qu'on l'était ».

Tirs de lacrymogènes, hymne national scandé à la face des policiers de Ben Ali, images d'un peuple se libérant de 23 ans de régime autoritaire: les moments forts de la révolution tunisienne vont être projetés au festival de Cannes, rompant avec onze ans d'absence du cinéma tunisien sur la Croisette.

« Plus jamais peur », documentaire de 74 minutes, a été tourné en HVD (disque holographique) « dans l'urgence des moments » qui ont entouré l'effondrement du régime du président Zine El Abidine Ben Ali, le 14 janvier, explique à l'AFP le réalisateur du film Mourad Cheikh.

Auteur de plusieurs courts métrages dont « le Pâtre des étoiles » (2003), Mourad Cheikh exerce sa profession entre la Tunisie et l'Italie, et n'en revient toujours pas d'aller à Cannes.

« C'était inattendu, on avait envoyé une copie du film à Cannes, on avait travaillé comme des fous, ils avaient d'abord répondu qu'on n'était pas sélectionnés puis un soir un des assistants (du festival) nous a annoncé qu'on l'était ».

Multipliant les préparatifs de dernière minute avant la projection de « Plus jamais peur » dans la série film-documentaire le 20 mai sur la Croisette, Mourad explique avoir choisi ce titre car c'est « un slogan qui a surgi sur les murs de Tunis pendant la révolution ».

« Ce slogan colle à ce qui s'est passé car c'est le mur de la peur qui s'est effondré », ajoute-t-il, soulignant à quel point « le pouvoir de Ben Ali avait peur de toute manifestation, y compris pendant les matchs de foot ».

Le tournage du film a démarré sur l'avenue Habib Bourguiba à Tunis, épicentre de la révolte des Tunisiens. « J'avais des snipers dans l'immeuble, c'était une urgence pour moi, il fallait tourner, la police, les gens qui couraient après des tirs lacrymogènes ».

Trois personnages emblématiques traversent le film: l'avocate réputée Radhia Nasraoui, la blogueuse Lina Ben Mhenni et un Tunisien ordinaire qui incarne selon Mourad Cheikh, l'homme du quartier qui « comme d'autres ont défendu leurs quartiers contre les pilleurs et les snipers ».

Un des personnages qui dit être « malade de sa Tunisie » lance la réplique phare du film: « Cette révolution n'est pas le fruit de la misère, mais plutôt le cri de désespoir d'une génération de diplômés. Ce n'est, ni la révolution du pain, ni celle du jasmin... Le jasmin ne sied pas aux morts, il ne sied pas aux martyrs. Cette révolution est celle du dévouement d'un peuple... Plus jamais on n'aura peur! ».

Cette réflexion, selon le réalisateur, incarne l'état d'esprit « des jeunes qui ont fait la première révolution de l'ère virtuelle et celui des plus âgés qui n'ont jamais cessé de braver la peur pour résister » à la dictature.

Pour le producteur du film, Habib Attia, la projection du film à Cannes ouvre l'espoir d'une « distribution sur le marché européen et des pays du Golfe », ajoutant que le film tourné en arabe a été sous-titré en français et en anglais.

Mourad, lui, évoque deux images fortes qui « restent gravées dans sa mémoire ».

La première, « deux jeunes policiers devant le cordon qui devait interdire l'accès de l'avenue Bourguiba aux manifestants ».

« Devant la foule qui chantait l'hymne national, ces deux jeunes ont commencé à pleurer, ils ont compris que leur place était avec les manifestants. Cette image je la vis à tout instant, leurs larmes ont déclenché les miennes ».

Ensuite, « j'ai vraiment pleuré », dit-il, quand « une amie m'a rapporté les dernières paroles d'un jeune blessé par balle Je ne vais pas mourir et si je meurs je ne vais pas partir avant qu'il (Ben Ali) ne parte ».

Le jeune homme est mort et Ben Ali a fui en Arabie Saoudite.

dimanche 8 mai 2011

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Il faut sauver le soldat Maximilien !
Par Pierre Serna, Président de
l'IHRF

Il faut sauver le soldat Maximilien ! A chacun ses combats ! Celui-là en vaut la peine ! De quoi s'agit-il ? Le mercredi 18 mai à 14 h 30 chez Sotheby's, seront mis en vente deux lots de manuscrits datant de l'époque de la Révolution française. Le premier (estimé entre 30 000 et 40 000 euros) contient une série de lettres d'Augustin Robespierre à son frère, mais surtout quelques missives du député Le Bas, le même qui demanda à être arrêté avec les deux frères, le 9 thermidor, et préféra se suicider le 10 thermidor, plutôt que de subir le couteau de la guillotine.

Une série de lettres détaille son action politique et permet de le situer dans un contexte familial précis et des plus intéressants à étudier pour comprendre le culte et la mémoire des héros républicains après leur disparition. Le second lot, beaucoup plus important et donc bien plus cher (200 000 à 300 000 euros), contient des documents encore plus précieux, puisque rédigés de la main même de celui qui fut appelé "l'Incorruptible".

Ce sont des discours, des projets d'articles de journaux, des brouillons de rapports devant être lus à la Convention, et le fragment d'un discours écrit à la veille de son arrestation, l'avant-veille de sa mort, discours contre la conspiration en train de se préparer contre lui et ses proches. Une lettre sur la vertu et le bonheur termine cette série de documents exceptionnels qui manquent aux collections de manuscrits aussi bien des Archives nationales que de la Bibliothèque nationale de France (BNF). Ce serait une grande perte si ces deux lots devaient terminer dans des fonds privés à l'étranger ou, plus humiliant, s'ils venaient à être acquis par une bibliothèque hors de France.

Pour le moment, aucune institution ne s'est déclarée intéressée ou prête à acheter les deux lots. Mais il n'est pas trop tard et une décision politique au niveau élevé du ministère de la culture - ou encore plus haut - peut encore intervenir pour que ces documents uniques restent en France et soient consultables gratuitement par tout un chacun.

Il ne s'agit pas ici, malgré la haute dimension symbolique de la main qui tint la plume, de verser dans des considérations partisanes qui n'ont que trop pollué le débat sur l'interprétation de la Terreur. Il ne s'agit ni d'imaginer que l'achat des lots constituerait un acte relevant d'une ultime marque de déférence pour le concepteur de la Terreur (ce qu'il ne put être seul d'ailleurs), ni une façon d'enrichir la légende noire qui depuis deux cents ans n'a pas manqué de s'acharner sur le personnage.

Au coeur de la machine

Rien de ces deux postures n'est en jeu ici. Seulement la connaissance précise des conditions d'écriture de discours fondateurs dans les sciences politiques de la France contemporaine, puisqu'il s'agit de pages rédigées sur la guerre, la politique sociale, les valeurs de la République. Il faut ajouter une réflexion, rédigée en forme de lettre inédite sur le rapport complexe entre la liberté, le bonheur et la vertu.

Autant de documents qui font partie intégrante de l'Histoire de France, qui permettraient de compléter le travail d'édition auquel se livre depuis des décennies la Société des études robespierristes, livrant au public les oeuvres complètes du député. Ces documents rédigés de la main de Robespierre diraient aussi la façon de travailler, de penser, de raturer de réécrire du député, et plongeraient le lecteur au coeur de la machine du gouvernement révolutionnaire.

Il n'est pas trop tard encore ! Il faut conserver ces manuscrits, au moyen d'une souscription, au moyen d'une décision politique, au moyen d'un choix courageux d'une institution culturelle de grand renom. Encore un effort pour un achat vertueux, qui donnerait à comprendre ce que peut être le bonheur dans la République ; nous en avons besoin ! Et encore plus des manuscrits de Robespierre.

Pierre Serna
directeur de l'Institut d'histoire de la Révolution française, professeur à l'université Paris-I

Les chèques sont à adresser à la société des études robespierristes avec mention au dos du chèque : " Pour les manuscrits de Robespierre" et à l'ordre de la société des études robespierristes. Adresse : 17 rue de la Sorbonne 75231 Paris cedex 05. Chacun recevra un reçu dont il pourra faire déduire 66.66 % de leur impôt sur le revenu 2011.


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