musicologie.org —— 27e année,
Vive les chemins de traverse Frédéric Léolla — algré ce qu’on a pu penser, les différents types de musiques ne sont pas des cases étanches où la contagion serait à craindre. De tout temps la musique savante a puisé dans la musique populaire et la musique populaire a fini par adopter des innovations nées dans l’ambitus savant. Et ce n’est que depuis la deuxième moitié du XXe siècle, avec Pierre Boulez et autres petits maîtres, que, drapés dans un élitisme sacro-saint, les musiciens dits savants auraient renié de tout contact avec les musiques populaires.
Pourtant, malgré les puristes de tout poil qui craignent les mélanges plus que tout et font de la musique crossover leur bête noire, l’expérimentation passe souvent par le mélange.
(Scèneweb) L’économie du spectacle vivant au bord du précipice
Le Prix Ernst von Siemens 2026, a été décerné à Jordi Savall, pour l’ensemble de son œuvre. Le Prix est doté de 250 000 euros.
Claire Landais, sur décision d'Emmanuel Macron, succède à la chorégraphe Blanca Li...
Alfred Caron
Alain Lambert
Frédéric Léolla
Frédéric Norac
Michel Rusquet
Michaël Sebaoun
Jean-Luc Vannier
Jean-Marc Warszawski
Lydia Jardon et Alexandra Matvievskaya : Florentine Mulsant à toutes mains Michaël Sebaoun — Comme précédemment, c’est un très bel objet du label Ar-re-se qui se présente aux yeux et aux oreilles, avec ce nouvel enregistrement d’œuvres pour piano à 4 mains de la compositrice Florentine Mulsant (née en 1962) : photos, notice, et a posteriori prise de son, s’avèrent particulièrement soignées.
Ce CD s’ouvre sur la sonate opus 123, qui date de 2023, et qui répond à une commande du Festival musiciennes à Ouessant. Le premier mouvement, construit sur deux thèmes, comme l’explique le musicologue
Alfred Caron —A près deux premiers volets très décriés, la suite de l’Anneau du Nibelung (le Ring, comme on dit) à Bastille risque fort d’irriter une fois de plus les wagnerolâtres. Calixto Bieito y a semé quelques touches d’humour qui regardent d’un œil dubitatif certaines scènes un rien bavardes et au fond aussi amphigouriques qu’inutiles dont Wagner, avec sa manie de la récapitulation, avait le secret. La plus redoutable est la rencontre entre Erda et Wotan au troisième acte où ils s’interrogent l’un l’autre sur des choses qu’ils connaissent parfaitement tous les deux et dont le public qui attend la suite se fiche royalement. Le metteur en scène en fait une scène de ménage où une Erda popote sert la soupe à son pseudo-époux et où
Trio Chakâm : trois musiciennes en liberté ! Alain Lambert — Le trio Chakâm était dans les foyers du théâtre de Caen ce samedi, où je suis arrivé légèrement en retard ayant participé un minimum au rassemblement en soutien au peuple iranien, massacré par des théocrates malveillants. Des foyers pleins à craquer et, là aussi, des mots ont été dits en ouverture pour parler de ce drame.
Sogol Mirzai en vient, elle a suivi des études de musicologie à Paris, et son instrument est le târ, un luth traditionnel d'origine persane. Rimonda Naanaa venue elle d'Espagne, est une virtuose du qanûn, une cithare très répandue en Syrie d'où elle est originaire. Marie
Sexe et opéra (xx. 3) : NormaFrédéric Léolla — Dans une Gaule en guerre larvée contre les Romains, Norma, prêtresse gauloise, aime Pollione, officier romain avec qui elle a eu deux enfants. Or Pollione la délaisse pour Adalgisa, jeune Gauloise qui a aussi prononcé des vœux religieux et avec laquelle il voudrait partir pour Rome. Lorsque Pollione est fait prisonnier par les Gaulois, Norma se dénonce elle-même comme sacrilège. Ainsi, elle montera au bûcher avec Pollione enfin réconciliés au moment de mourir.
(RTBF) Vadim Repin ne jouera pas en Allemagne, son concert a été annulé
(Cours des Comptes) L'Institut de recherche et de coordination acoustique / musique (Ircam)
(La Marseillaise), Fin de grève et un accord au conservatoire de Marseille
Unheard Legacies: Rethinking Early Recording Histories, 19 and 20 June 2026, Glasgow
Alain Lambert — Des musiciens en pantalons, robes et tee-shirts aux couleurs chaudes, debout sur scène, prêts à swinguer. Parmi eux, habillés presque pareil, quatre femmes et deux hommes prennent le tempo pendant le prologue, le premier mouvement de la Sinfonia de l’Olimpiade de Vivaldi.
Puis la musique s’emballe, c’est le Printemps, et les six danseurs s’épanouissent sur la scène, passant de figures collectives façon menuet « barhop » aux x démonstrations individuelles plus acrobatiques et décalées rythmiquement. Mais toujours en déployant un vocabulaire chorégraphique riche et dynamique, celui du chorégraphe et metteur en scène Mourad Merzouki, de la compagnie Käfig, qui ne se limite pas au seul hip-hop. Les musiciens aussi sont mis à contribution dans leurs
Maurice Ravel ; correspondance, écrits et entretiensMichael Sebaoun — Depuis les premiers conseils de Vincentd’Indy à Ravel en1899 à propos de Shéhérazade (« œuvre pas suffisamment construite ») ou les premiers jugements de la critique sur la même œuvre (Le Ménéstrel y voit « une œuvre curieuse », Henry Gauthier-Villars perçoit un compositeur « débutant médiocrement doué ») jusqu’au « grand musicien français Maurice Ravel (qui à l’étranger est considéré comme le plus grand musicien contemporain) » de Pierre Leroi des dernières années : c’est la somme la plus complète des écrits et entretiens du compositeur, jamais publiée, établie par Manuel Cornejo, que publient les Éditions Gallimard.
Le Barbier (SDF) de SévilleAlfred Caron — Avec ce Barbier de Séville, importé de l’Opéra du Rhin où il a été créé en 2018, l’Opéra de Marseille concluait l’année de son centenaire, en offrant à son public un spectacle festif et joyeux comme il se doit en cette période de fin et de début d’année. La production de Pierre-Emmanuel Rousseau se veut très couleur locale. Décor et costumes nous emmènent dans une Séville du xixe siècle plus typique que nature et, à vrai dire, bien trop surchargée pour être réaliste. À quoi bon cette procession au lever de rideau ou cette Vierge de la Macarena qui domine le plateau chez Bartolo ? L’élément religieux est à peine suggéré dans le livret d’origine, sinon dans le personnage de Basilio, apparaissant, allez savoir pourquoi !, ici en moine tandis que Don Alonso qui devrait être son clone est déguisé en petit abbé. La scénographie passe de la place du premier tableau à ce qui devrait être son envers, la maison de Bartolo, sans vraiment
12 cédés jazzy : Douze cédés jazzy : Letter to Bill du duo Nicaise-Soler, Casbah Qassioun du Shems Bensali 5tet, Baryon Acoustic Oscillation du Janis Fedotovs 4tet, Le temps d’écrire du Louis Bao Lao 4tet Jeux de mains du Lenni Torgue 5tet, Proximity Alert du Russ Lossing trio, Célébration du Texier-Marguet 4tet, Dopamine du Jean Charles Aquaviva
Janvier en six soirées au Conservatoire Rachmaninoff de ParisIl semble que le Conservatoire Rachmaninoff Paris, dit aussi Conservatoire russe, a décidé de devenir un temple de la musique de chambre, comme il devrait y en avoir dans tous les coins et recoins du pays, et de promouvoir, sous la houlette des maîtres et avec elle, une jeunesse musicale cultivée et éblouissante de talent, propre à contenter les attentes mélomanes les plus exigeantes. Voici donc six concerts de janvier qui augurent d'une très belle année musicale au 26 avenue de New York.
Frédéric Léolla — Mercredi 17 décembre un public de mélomanes avertis remplissait la Salle Cortot, pour découvrir un répertoire mal connu en France, celui des « villancicos » (chants de Noël espagnols) du xviie siècle. Il venait attiré aussi par un jeune ensemble espagnol (et pourtant ils ont déjà dix ans d'existence…), Cantoria. Et ça a valu la peine !
Les œuvres interprétées surprenaient par leur diversité, par leurs formes souvent para-théâtrales, par leurs spécificités rythmiques où l'on peut déceler le début du nationalisme espagnol, par leur esprit à la fois cultuel et populaire où peuvent être présents autant le lyrisme que la joie ou le sens de l'humour… Un répertoire donc d'une très grande richesse.
Quant aux interprètes, l'ensemble Cantoria fait preuve d'une très belle énergie et d'une grande souplesse qui permettait, en effet, de mettre en valeur les différentes nuances, la religiosité autant que le rire, sans jamais se départir du style baroque espagnol.
Gypsy par Laurent Pelly et Gareth Valentine : une reprise réussie ?Alain Lambert — our finir l’année, le théâtre de Caen avait choisi la première reprise française de Gypsy donnée comme une des grandes comédies musicales de Broadway depuis 1959, sa date de création. Jule Styne est à la musique et Stephen Sondheim aux paroles et chansons. Un film en a été tiré, en 1962, par Melvin Leroy avec Nathalie Wood dans le rôle de Gypsy. Mais ce film n’a pas fait date comme d’autres, à commencer par West Side Story, du même parolier, ou Chantons sous la pluie…
Amanda Favier (violon), Élodie Soulard (accordéon), Kreislermania, œuvres et arrangements de Fritz Kreisler : Granados, Albéniz, Chaminade, Tchaïkovski, Couperin, Francœur. Nomad Music 2025 (NMM 127). Enregistré en mars 2025, Studios de Meudon.
Patrick Ayrton, Astrophil & Stella, Lauren Lodge-Campbell (soprano), Louise Ayrton (violon, direction). Voce8 2025.
Trio Musica humana : Martial Pauliat (ténor), Yann Rolland (contre-ténor), Igor Bouin (baryton) et Élisabeth Geiger (muselaar), From Byrd, messe à trois voix de Wiliam Byrd, interpolée de madrigaux et de pièces instrumentales de William Byrd, Thomas Weelkes, Thomas Tomkins, Giles Farnaby, Thomas Morley, John Johnson. Seulétoile 2025 (SE 12).
Jean-Luc Vannier — « je n’ai jamais vu un danseur éblouissant sur scène qui ne l’ait pas été en coulisses. Celui qui ne l’est pas en studio ne le sera pas sur scène » expliquait à un petit groupe d’afficionados Jean-Christophe Maillot à l’issue de sa création, samedi 27 décembre au Grimaldi Forum, de Ma Bayadère. Et le directeur des Ballets de Monte-Carlo d’afficher sa conviction sur l’authenticité de la vie des danseurs en coulisses alors que la scène, plus soucieuse de conformité et de synthèse aurait, selon lui, tendance à la neutraliser : en témoigne peut-être cet instant où, au deuxième tableau, Ige Cornelis passe des coulisses à l’espace du temple indou et où, en une fraction de seconde, de danseur révolté il se métamorphose en parfait partenaire. Et Jean-Christophe Maillot de conclure : « ma vie, c’est le studio ».
Une Nit de Nadal au Palau de la Música Catalana de BarceloneJean-Marc Warszawski — Avec trois jours d’avance, Le Palau de la Música Catalana à Barcelone organisait une Veille de Noël autour de La Nit de Nadal de Joan Lamote de Grignon (1872-1949), préludée par L’aplec d’Agustí Borgunyó i Garriga (1894-1967) et en conclusion de la soirée, des chansons de John Williams composées pour le film Maman j’ai raté l’avion ! (1990, Chris Columbus). La magnifique architecture du Palau et ses extraordinaires décors, achevés en 1908 par l’architecte Lluís Domènech i Montaner, suscitent par eux-mêmes une forte envie d’y aller frotter les yeux et les oreilles, ce programme intrigant de compositeurs et d'œuvres totalement inconnus nous a décidé à y revenir, les attentes en alerte.
De Schumann à Schumann : romantisme épistolaire et musical Jean-Marc Warszawski — Un des derniers concerts de l’an vingt-cinq de deux mille, au grand salon de l’hôtel des Invalides, un spectacle bien imaginé et intelligemment réalisé par Christian-Pierre La Marca, séduit, étonné par le souffle poétique des échanges épistolaires amoureux d'un siècle passé, un exercice aujourd’hui disparu.
Il s’agit d’un choix des lettres échangées par Clara et Robert Schumann, rayonnantes d’amour, de tendresse, d’intime complicité, d’une qualité littéraire remarquable, mêlées à un choix de leurs œuvres arrangées pour violoncelle et piano, avec une petite visite de Johannes
Gala pour les 50 ans de l’Académie Princesse Grace : pas une ride et bain de jouvence !Jean-Luc Vannier — Dans son émission du 19 décembre 2025 sur France-Musique « Au cœur du ballet », Hippolyte Pérès posait à Karl Paquette, Professeur de danse au ballet de l’Opéra de Paris, la question de savoir si, selon la formule connue, « c’était mieux avant » ? autrement dit « que le niveau aurait baissé par rapport aux anciennes générations ». Et le danseur étoile de
Lalitte Philippe, Vocabulaire de l’interprétation musicale. « Musique ouverte », Minerve, Paris 2024 [240 p. ; ISBN 978-2-86931-180-0 ; 21,00 €].
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Akira Mizubayashi, Âme brisée, « Collection Blanche », Gallimard, Paris 2019 ; « Folio » (6941), Gallimard, Paris 2021 [272 pages].
Wald Elijah, Bob Dylan Électrique : Newport 1965, du folk au rock : histoire d'un coup d'État (traduction d'Émilien Bernard). Rivage Rouge, Paris 2025 [544 pages ; ISBN 978-2-7436-3940-2 ; 11 €].
Wasselin Christian, Erik Satie, « Folio biographies », Gallimard, Paris 2025 [352 p. ; ISBN 978-2-07-299389-3 ; 10,50 €].
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