musicologie.org —— 27e année,
Janvier en six soirées au Conservatoire Rachmaninoff de ParisIl semble que le Conservatoire Rachmaninoff Paris, dit aussi Conservatoire russe, a décidé de devenir un temple de la musique de chambre, comme il devrait y en avoir dans tous les coins et recoins du pays, et de promouvoir, sous la houlette des maîtres et avec elle, une jeunesse musicale cultivée et éblouissante de talent, propre à contenter les attentes mélomanes les plus exigeantes. Voici donc six concerts de janvier qui augurent d'une très belle année musicale au 26 avenue de New York.
Amplification and Everyday Life, June 4-5, 2026, Huddersfield
Compositeurs et compositrices dans les salons sous le Second Empire, 29-30 mai 2026, Paris
Musique et Droit : regards croisés, 9 et 10 avril 2026, Metz
Alfred Caron
Alain Lambert
Frédéric Léolla
Frédéric Norac
Michel Rusquet
Michaël Sebaoun
Jean-Luc Vannier
Jean-Marc Warszawski
Frédéric Léolla — Mercredi 17 décembre un public de mélomanes avertis remplissait la Salle Cortot, pour découvrir un répertoire mal connu en France, celui des « villancicos » (chants de Noël espagnols) du xviie siècle. Il venait attiré aussi par un jeune ensemble espagnol (et pourtant ils ont déjà dix ans d'existence…), Cantoria. Et ça a valu la peine !
Les œuvres interprétées surprenaient par leur diversité, par leurs formes souvent para-théâtrales, par leurs spécificités rythmiques où l'on peut déceler le début du nationalisme espagnol, par leur esprit à la fois cultuel et populaire où peuvent être présents autant le lyrisme que la joie ou le sens de l'humour… Un répertoire donc d'une très grande
Gypsy par Laurent Pelly et Gareth Valentine : une reprise réussie ?Alain Lambert — our finir l’année, le théâtre de Caen avait choisi la première reprise française de Gypsy donnée comme une des grandes comédies musicales de Broadway depuis 1959, sa date de création. Jule Styne est à la musique et Stephen Sondheim aux paroles et chansons. Un film en a été tiré, en 1962, par Melvin Leroy avec Nathalie Wood dans le rôle de Gypsy. Mais ce film n’a pas fait date comme d’autres, à commencer par West Side Story, du même parolier, ou Chantons sous la pluie…
Jean-Luc Vannier — « je n’ai jamais vu un danseur éblouissant sur scène qui ne l’ait pas été en coulisses. Celui qui ne l’est pas en studio ne le sera pas sur scène » expliquait à un petit groupe d’afficionados Jean-Christophe Maillot à l’issue de sa création, samedi 27 décembre au Grimaldi Forum, de Ma Bayadère. Et le directeur des Ballets de Monte-Carlo d’afficher sa conviction sur l’authenticité de la vie des danseurs en coulisses alors que la scène, plus soucieuse de conformité et de
Une Nit de Nadal au Palau de la Música Catalana de BarceloneJean-Marc Warszawski — Avec trois jours d’avance, Le Palau de la Música Catalana à Barcelone organisait une Veille de Noël autour de La Nit de Nadal de Joan Lamote de Grignon (1872-1949), préludée par L’aplec d’Agustí Borgunyó i Garriga (1894-1967) et en conclusion de la soirée, des chansons de John Williams composées pour le film Maman j’ai raté l’avion ! (1990, Chris Columbus). La magnifique architecture du Palau et ses extraordinaires décors, achevés en 1908 par l’architecte Lluís Domènech i Montaner, suscitent par eux-mêmes une forte envie d’y aller frotter les yeux et les oreilles, ce programme intrigant de compositeurs et d'œuvres totalement inconnus nous a décidé à y revenir, les attentes en alerte.
Dublin Music Analysis Conference (DubMAC 2026), 13-15 July 2026, Dublin
2026 Sempre PGR/ECR Conference, 16 April 2026, Cambridge
Sound, Interactivity and Immersion, 20 January 2026, Barcelona
(RFI) En Palestine, les enfants du choeur Amwaj s'essaient à la direction
(Radio Prague) L’Orchestre philharmonique tchèque a 130 ans
La pianiste Célimène Daudet se sera au Parc de Bagatelle à Paris, 30 mai, dans un programme « Haïti Mon Amour » (Lamothe, Élie et Saintonge)
De Schumann à Schumann : romantisme épistolaire et musical Jean-Marc Warszawski — Un des derniers concerts de l’an vingt-cinq de deux mille, au grand salon de l’hôtel des Invalides, un spectacle bien imaginé et intelligemment réalisé par Christian-Pierre La Marca, séduit, étonné par le souffle poétique des échanges épistolaires amoureux d'un siècle passé, un exercice aujourd’hui disparu.
Il s’agit d’un choix des lettres échangées par Clara et Robert Schumann, rayonnantes d’amour, de tendresse, d’intime complicité, d’une qualité littéraire remarquable, mêlées à un choix de leurs œuvres arrangées pour violoncelle et piano, avec une petite visite de Johannes
Gala pour les 50 ans de l’Académie Princesse Grace : pas une ride et bain de jouvence ! Jean-Luc Vannier — Dans son émission du 19 décembre 2025 sur France-Musique « Au cœur du ballet », Hippolyte Pérès posait à Karl Paquette, Professeur de danse au ballet de l’Opéra de Paris, la question de savoir si, selon la formule connue, « c’était mieux avant » ? autrement dit « que le niveau aurait baissé par rapport aux anciennes générations ». Et le danseur étoile de répondre sans hésiter par la négative : « les danseurs dansent mieux aujourd’hui » !
« Il y a des raisons à cela » nous a expliqué Luca Masala, le Directeur Artistique de l’Académie Princesse Grace à l’issue du superbe Gala destiné à célébrer, vendredi 19 décembre au Grimaldi Forum et en présence de S.A.R. La Princesse de Hanovre, les cinquante ans de la prestigieuse école de danse monégasque dont les diplômés sont régulièrement récompensés par le célèbre concours de Lausanne.
Contes musicaux, Marie Lemoine, Juliette Robine et Salomon : un beau trio ! Alain Lambert — Pour un samedi d’avant Noël dans les foyers du théâtre de Caen, saison musiques du monde, il y avait du monde pour écouter ce nouveau trio caennais, en fait la fusion de deux duos que la conteuse Marie Lemoine propose en compagnie d’un seul musicien. L’idée de les réunir tous les trois et de mêler les répertoires, contes normands et contes du monde est excellente.
Juliette Robine est au violon et à la kora, Salomon à la harpe et tous les deux chantent très bien, faisant varier les duos instrumentaux et vocaux. La conteuse a, elle aussi, une verve chantante, douce et forte à la fois, avec des intonations caressées, des pauses, des répétitions, car il ne s’agit pas de simplement raconter. Mais de faire naître un univers que ce soit autour d’un lavoir d’ici, un bal de fin de moisson, où
Le grand embrasement, Music for a madking, ensemble à vent Into the Winds, anonymes, Magister Grimace, Johannes Haucourt, Richard de Bellengues (Cardot), etc., Ricercar 2025 (RIC 476)
Allo Vinyles : une collection téléphonique ! Alain Lambert — Étrange objet que ce recueil de 30 cm sur 30 cm, le format des pochettes du siècle dernier quand le vinyle dominait le monde et que l’on décrochait le téléphone de sa base à cadran. Jean Pierre Knight fut musicien folk dans le groupe Xenion. Mais il est surtout collectionneur de vinyles, environ 90 000 dont 2 200 sur la thématique du téléphone.
C’est dans ce trésor que l’auteur a sélectionné 300 pièces, avec juste une intro de deux pages, précédée d’une préface un peu plus courte. Tout le reste du livre est consacré aux images sur 200 pages (certains disques sont présentés par quatre) avant le sommaire qui explicite titres, dates, chanteurs, groupes ou autre origine, publicitaire, éducative — prévention au suicide — théâtrale — La voix humaine de Cocteau, par exemple — ou Francis Blanche et ses canulars.
Mūza Rubackytė : Elle est ListzFrédéric Léolla — Nous sommes le 12 décembre 2025, Salle Gaveau à Paris. Mūza Rubackytė, superbe pianiste lituanienne, propose un récital à la Salle Gaveau. La soirée commence avec des œuvres de Mikalojus Konstantinas Čiurlionis, le compositeur et peintre lituanien qui vécut de 1875 à 1911 et dont l’œuvre n’a pas fini de nous étonner. Dans ses partitions pour piano on retrouve le même esprit de liberté, la même sensation de hors-école propre par exemple aux œuvres de Satie de la même période. Rubackytė les interprète avec naturel, avec fluidité, sans chichi. C’est le même naturel qu’on retrouvera dans ses interprétations des Arabesque no 1 et Clair de Lune de Claude Debussy et les trois pièces de Venezia e Napoli de Franz Listz — où les difficultés qui hérissent les pentagrammes ne font absolument pas peur à la pianiste.
Cats à l’opéra de Monte-Carlo : une comédie musicale qui a du chien !Jean-Luc Vannier — Cats, ce sont des matous très attachants : créée au New London Theater le 11 mai 1981 — une date symbolique pour celui qui dira plus tard : « rentrées ou sorties les griffes du chat sont toujours là » — sur une musique d’Andrew Lloyd Webber et un livret qui s’inspire d’Old Possum’s Book Of the Practical Cats et autres poèmes de T.S. Eliot, cette comédie musicale « culte » que le Théâtre Mogador avait fait découvrir aux Français en octobre 2015, vient de s’installer à l’opéra de Monte-Carlo qu’il convient de féliciter pour cette excellente initiative. Cats agrémentera, notamment pour les plus petits — un succès à entendre leurs commentaires aussi intarissables que réjouis à l’issue de la première représentation dimanche 14 décembre — les fêtes de Noël et du Nouvel An en Principauté et ce, jusqu’au 31 du mois.
Charles Valentin Alkan, Grande sonate opus 33, « es quatre âges de la vie », Sonatine opus 61, Pierre Réach (piano). Anima 2025 (ANM 250301).
The Silk Roads, œuvres de Sheng Song, Shady Hanna, Camal Abdelz Rahim, Maurice Ravel, Florentine Mulzan, Lodovico Beretta, Ensemble instrumental sous la direction de Mostafa Fahmy, Indésens Calliope 2025 (IC 091).
Folksongs : tour du monde, Maîtrise de Toulouse, sous la direction de Mark Opstad, 21 chants populaires du monde entier. Anima Nostra 2024 (AN 0008).
Vive les bonnes surprises à Radio-FranceFrédéric Léolla — 9l n’est pas fréquent d’avoir des œuvres de Gabriel Pierné au programme, et c’est bien malheureux : Pierné sut comme personne combiner les changements de son époque (rappelons qu’il fut contemporain, condisciple et ami de Claude Debussy) avec un sens mélodique de premier ordre, et ses partitions regorgent de charme et d’émotion. C’est aussi le cas de la Suite no 2 tirée de son ballet Cydalise et le chèvre-pied. Fabien Gabel aux commandes du National de France entame le concert avec cette suite et beaucoup d’énergie (« énergie » sera sans doute le maître-mot du concert). Au
L’échelle du Commandeur : Don Giovanni vu par Tom GoosensAlfred Caron — Le Don Giovanni de Tom Goossens commence comme il finira — par les saluts. Est-ce une façon de dire qu’avant que ne commence la représentation, chacun sait comment elle s’achèvera ou que l’histoire se reproduit en boucle ? Solistes et chœur bien alignés les miment sur fond de l’ouverture. Simplement, ils sont en sous-vêtements et ce n’est qu’au fil de l’action qu’ils se vêtiront pour être identifiés. Le parti-pris se passe de décor. Sur le plateau nu, un simple praticable où défileront pendant toute la représentation les choristes devenus figurants, illustrant de façon discrète l’action principale ; en fond de scène, un ciel noir où s’accumulent de
Mahler, Britten, Werner et Berio ont rendez-vous au bar de Radio-France Frédéric Léolla — La Maison de la Radio à Paris propose une série de concerts autour de Luciano Berio. Nous avons assisté à celui consacré à son Laborintus II, précédée à cette occasion par une œuvre de Mahler-Britten et une autre d’Héloïse Werner.
What the wild flowers tell me (Ce que les fleurs sauvages me racontent) est une preuve de comment une réorchestration peut changer l’esprit d’une œuvre. Il s’agit d’une réduction faite par Benjamin Britten du second mouvement de la Troisième Symphonie de Gustav Mahler. Et s’il est vrai qu’on retrouve la pâte mahlerienne, l’œuvre acquiert dans l’arrangement de Britten des résonances bucoliques, aimables, presque charmantes comme un pique-nique à l’anglaise… Au podium, Marzena Diakun se montre attentive, presque méticuleuse avec les professeurs du Philar de Radio France qui ont un plaisir évident à jouer cette partition.
Les Égarés : dernier concert, et quel concert !Alain Lambert — Eh oui vous avez bien lu, l’accordéoniste Vincent Peirani nous l’a annoncé au début, après le premier morceau Les Égarés, après avoir passé une triade à peaufiner leur répertoire commun, arrêtent leur tour-
Cahiers Maria Szymanowska (7) : Parler du corps. Société Maria Szymanowska, Paris 2025 [212 p. ; ISBN 978-2-48764-602-5 ; 20 / 14 €]
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Martinez Yseult, Händel et ses héroïnes : un imaginaire de la puissance des femmes. « Lire le xviie siècle » (88), Classiques Garnier. Paris 2025 [651 pages].
Volta Ornella, Erik Satie en notes et en mots (préféce par Jean-Pierre Armengaud). « L'écart absolu », Les presses du réel, Dijon 2025 [624 p. ; ISBN 978-2-84066-753-7 ; 35 €].
Knight Jean Pierre, Allo Vinyles. Genève, Slaktine 2025 [212 p.].
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