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2013 - 2021 —— Alain Lambert.

Quand le jazz (français) se la joue progressif

 

8 novembre 2021, on boucle la boucle sans que ce soit fini...

Notre dernière exploration du jazz progressif date de 2019, et avec la sortie de Pierre Jean Gaucher Zappe Satie, qui avait zappé Zappa dès 1997 et amorcé ainsi notre chronologie, on boucle la boucle sans que ce soit fini...

Jazz progressif non pas dans le sens d'un retour au jazz rock des années soixante-dix, puis jazz fusion, et ensuite électro jazz, jouant avec la lutherie électrique et électronique tout en créant son répertoire spécifique.

Retour plutôt aux musiques écoutées par les musiciens dans leurs jeunes années et la relecture, directe ou indirecte, de ce répertoire pop rock progressif, des années soixante-dix, par sa particularité d'emprunter aux jazz, classique, contemporain, extra européen pour s'ouvrir des horizons illimités. Ce  n'était pas rien pour nous, à l'époque, qui n'avions pas forcément tous accès aux autres univers sonores sur nos transistors et nos électrophones.

Soft Machine par exemple, dont  les prestations des anciens membres (Hugh Hopper, Elton Dean...) en France, au début du nouveau siècle, ont sans doute joué un rôle important dans ce renouveau. Et dont les membres de l'album Softs (1976) ont repris la route avec un nouveau saxophoniste et un nouvel album Hidden Details sur le label MoonJune qui compte d'autres musiciens progressifs, rock ou jazz.

Les grandes dates du jazz progressif du xxie siècle

1997, en préambule, Pierre Jean Gaucher  « zappe Zappa » à l'Espace Jacques Prévert d'Aulnay-sous-Bois, et sur cédé, avec Daniel Yvinec à la basse. Zappa dont le très beau King Kong, en 1969, pour Jean Luc Ponty, était aussi une expérience de jazz prog en son temps, en particulier avec l'étonnant Music for Electric Violin and Low Budget Orchestra.

2002,  Purple celebrating Jimi Hendrix de Ngûyen Lê, le premier de sa  trilogie.

2002, Polysoft, Tribute to Soft Machine avec Hugh Hopper, Elton Dean, Emmanuel Bex, François Merville... au Triton

2004, Soft Bounds au Triton encore où les deux musiciens anglais se retrouvent avec Sophia Domancich et Simon Goubert (qu'on retrouve sur le récent hommage à Henry Cow).

2004, Alain Blesing donne sa relecture jazz contemporaine du répertoire d'outre-Manche avec Songs from the biginning, des reprises de Led Zepelin, Jimi Hendrix, The Who, Henry Cow, Soft Machine, King Crimson, Hatfield and the North, et en invités Hugh Hopper et John Greaves.

2005, Sidji Moon, avec Nomades, puis Kontrast en 2010 revendique de nombreuses influences, dont Pink Floyd.

2006, Close To Haeven, Franck Tortiller, avec l'ONJ, s'y consacre à Led Zepelin , avant de s'attaquer à l'univers du jazz électrique l'année suivante.

2006, Aldo Romano joue Flower Power avec Baptiste Trotignon et Rémi Vignolo, dont une superbe « Sea Song » de Robert Wyatt, entre autres pépites.

2008, Pink Turtle commence à arranger en swing les standards de la pop music, mais en restant plutôt au raz des tubes.

2009, Le trio de Pierre Jean Gaucher, Mélody Makers en hommage à la british pop.

2009, l'ONJ de Daniel Yvinec tourne Around Robert Wyatt, partout dans le monde.

2009, He's looking at you, kid  de DPZ (voir chronique du concert de Caen en 2013).

2011, Songs Of Freedom de Nguyên Lê (dont la reprise de « In-a-Gadda-da-Vida  »).

2011, Le trio de cuivres Journal Intime sort un hommage à Hendrix intitulé Lips on Fire.

2012, Animal Pop, comme l'indique son titre, d'Olivier Louvel, qui joue aussi avec Sidji Moon.

2012, Janis the Pearl de Franck Tortiller.

2012, Mederic Collignon, après avoir rejoué Miles Davis en deux occasions, part à la recherche du roi frippé (Robert Fripp, leader de King Crimson) avec un quatuor à cordes, et son quartet Jus de Bocse.

2014, Celebrating Dark Side Of The Moon du Pink Floyd par  Nguyên Lê.

2015, A Feast of Friends, par le Sammy Thiébault quartet consacré aux Doors.

2015, Over The Hill, une relecture du « popera » de Carla Bley sous la direction artistique de Bruno Tocanne.

2016, Inhale/Exhale du quartet Watershed (Pierre Perchaud, Christophe Panzani, Tony Paeleman, Karl Jannuska) et Pocket Rhapsody de Frank Woeste, et Monolithes, par Monolithes (Louis Godart, Nathan Vandenbulke, Rémi Allain, Julien Ouvrard).

2016, Winterreise Fragments où Laurence Malherbe avec son groupe Excursus (Laurent David, Faroi, Eric Groleau, Antoine Delacroix) reprend Schubert façon rock progressif et transgressif.

2017, In the Court of Crimson King de Superdog, un trompette ou bugle, un trombone, un sax baryton et un batteur pour relire King Crimson.

2017, Sea Song(e)s autour du thème culte de Robert Wyatt, par Bruno Tocanne, Sophie Domancich, Antoine Lang, Remi Gaudillat.

2018, Naissance de l'horizon du Romain Barret trio, La légende de Daidarabotchi du groupe Daïda, Broken Land, d'Initiative H, Demeter Non Acces de Marjolaine Raymond, Theory Of Joy de Thomas Julienne poursuivent leur exploration hors relectures.

Aussi le cédé de Vincent Peirani, Living Being II Night Walker (ACT 2018) avec une longue suite en trois mouvements consacrée à relire Led Zeppelin.

2019, Pearl Diver d'Himiko Paganotti, avec Emmanuel Borghi, Bernard et Antoine Paganotti, Nguyên Lê, Illy Amar.

2019, Echoes Of Henry de Michel Edelin, avec Sophie Domancich, Simon Goubert, Sylvain Kassap, Stéphane Ferecki. Autour des musiques d'Henry Cow.

2019, Shut Up'n Sing Yer Zappa de l'Orchestre Franck Tortiller (chronique du concert de Coutances et du cédé).

2019, Ça de Pulcinella et son étrange orgue Elka.

2020, Les albums intrigants d'Enzo Carniel, Walls Down et de Merakkaazan, Veines

2020, Fragments d'Yves Rousseau dont la pochette raconte sa découverte émerveillée du rock progressif au lycée et ce retour musical aux sources.

2020, Noir Lac de David Neerman qui mêle classique, contemporain, musique du monde, rock et jazz à merveille (voir la chronique du concert de Coutances en 2021)

2021,  Olivier Laisney et Yantras Monks of Nothingness entre expérimental et jazz progressif.

2021, Impermanence de  Lioness Shape, un trio jazz progressif féminin.

2021, Space Ship One des Vooluntered Slaves, une autre exploration cosmique, parallèle à celle du groupe nordique Rymden.

2021, Zappe Satie de Pierre Jean Gaucher, sans doute une des meilleures relectures.

Une histoire musicale à suivre, donc.

16 mai 2019, deux nouveaux cédés, on refait le point

Franck Tortiller joue Zappa en cédé et à Coutances.

Notre dernière exploration du jazz progressif date de 2015, et avec la sortie du cédé de Michel Edelin consacré à Henry Cow et celui de Franck Tortiller consacré à Zappa en ce printemps 2019 (avec un concert à JSLP à Coutances le 25 mai), on peut refaire le point à partir des cédés chroniqués (au titre souligné) ici ces dernières années et depuis 2012 ou d'autres découverts par le jeu du hasard objectif, par exemple en fouillant dans le catalogue du Triton.

4 février 2015, Deux nouveautés ...

Deux nouveautés,  Celebrating Dark Side  Of The Moon de Nguyên Lê [voir notre chronique], joué en nonette ce jeudi au New Morning, et la sortie du disque de Sammy Thiébault consacré aux Doors, A Feast of Friends. Plus quatre oublis rajoutés à cette exploration du jazz prog français, et deux  exceptions qui confirment la règle bien sûr.

16 février 2013, à propos du concert de DPZ

Cette chronique est autant un compte-rendu de concert qu'une proposition de florilège d'un courant souterrain du jazz français du xxie siècle.

DPZ (de Pourquery / Zimmermann) était donc dans les foyers du Théâtre de Caen le samedi 16 février, et après une superbe introduction sax alto / trombone, la batterie, binaire à souhait, claque fort, la basse vrombit, ma voisine en face se bouche les oreilles. Partira, partira pas ? La qualité musicale, l'invention, l'énergie, et l'humour décalé feront que peu de monde s'esquivera, même si l'on a oublié ses bouchons de cire [+ ... lire la suite]

Alain Lambert
16 février 2013 — 9 novembre 2021
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Rhoda Scott, l’organiste « vintage » à Jazz dans les prés —– Cinq cédés jazzy pour résister à la froidureBlack Pantone en super formeStacey Kent en trio et en chansons intimistesLe Bourgeois gentilhomme : Jérôme Deschamps et les Musiciens du LouvreCinq cédés jazzy pour regarder les feuilles tomber.

alain@musicologie.org ; Alain Lambert, tous ses articles.

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bouquetin

Mardi 16 Novembre, 2021 1:20