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19 octobre 2021 —— Alain Lambert.

Cinq cédés jazzy pour regarder les feuilles tomber.

C'est justement le sujet du duo Léa Castro-Antoine Delprat, Fall, consacré à l'automne sous toutes ses facettes enchantées. Alors que le Doux Paris de Mellis et des Swing Lovers est plus estival et moins mélancolique. Un duo de pianos, Histoire de Gilles Erhart et Benjamin Faugloire. Enfin deux albums de guitaristes, Au croisement des mondes de Kevin Braci et Zappe Satie de Pierre Jean Gaucher.

Dans Fall (Jazz Family 2021)de Léa Castro au chant et Antoine Delprat au piano, compositeur pour les textes sans musique d'Emily Bronté (Fall Leaves Fall) ou Anna de Noailles (L'automne), et le sien (Autumn Rain). Brassens (Saturne), Prévert-Gainsbourg (avec Lois Le Van), Sting (Dienda), Fauré (Automne), Verlaine (Chanson d'automne), Joni Mitchell (Urge for Going), Vernon Duke (Autumn in Ney York) sont convoqués dans cet album thématique aux couleurs des feuilles d'automne. Plus deux Haiku (Pluie d'automne – Le corbeau) dits par Lois Le Van. Un disque tout en nuances avec une voix envoûtante et un piano scintillant comme la rosée du matin.

À écouter au Sunside le 21 octobre à Paris dans le cadre de Jazz sur Seine.

 

Doux Paris (EPM 2021) est tout en swing, sexe et soleil. Mellis est au chant, et a ajouté trois textes  à des thèmes comme J'aime Paris de Cole Porter. Elle est accompagnée par les Swing Lovers, Rares Morarescu au violon, Philippe Lambrechts à la clarinette, César Pastre au piano, Pierre Richeux à la guitare, Leigh Barker à la contrebasse et Stéphane Roger à la batterie. On y croise aussi Django (Coucou)  Enzo Enzo (Les yeux ouverts) Nino Rota-Boris Bergman (Parle plus bas) Charles Trenet (Ménilmontant- Ah dis, ah bonjour) ou Édith Piaf (La vie en rose) aux mots ou à la musique. Un album joyeux tout en chant et en solos lumineux.

Aux éditions EPM qui défendent depuis 35 ans la chanson française, et le jazz, sont parus récemment les derniers opus de Romain Didier, Michel Bulher ou Julos Beaucarne et des coffrets anthologiques consacrés à Jean Vasca, Anna Prucnal ou Michel Bulher.

 

Histoire (Jazz Family 2021) est la réunion de deux pianistes, Gilles Erhart et Benjamin Faugloire, autour des compositions de celui qui fut il y a vingt ans le professeur du second, ayant aujourd'hui son propre trio. Quant au premier, il a accompagné tous les styles, chanson, pop, afrojazz. Sa musique ici est sobre, parfois presque classique, avec des éclats de blues (Jojo et Ninine ou Nan'blues) ou de jazz quand l'un ou l'autre s'amuse fugitivement autour des accords d'autour de minuit. Les deux pianistes se répondent en écho ou se rejoignent dans ces portraits souvenirs qui sont autant d'épisodes de cette histoire à deux claviers, quatre mains et près de deux cents touches.

 

Au croisement des mondes (Déluge 2021) du guitariste compositeur Kevin Braci accompagné de Auxane Cartigny au piano, Maxime Berton au sax soprano, Pierre Elgrishi à la basse et Léo Danais à la batterie. Dès la fin de Marcher sur la tête, le son bien rock et rauque de la guitare contraste avec le piano limpide et le soprano aérien. S'ensuivent Liberté, Danse macabre, Nuit, Tempête, Shiva, 05h40 avant le titre éponyme final. Tout un programme un peu inquiétant à la lecture de la pochette, mais réjouissant pour les oreilles, où les musiciens se croisent et improvisent avec une belle complicité sur des rythmes bien chaloupés.

Zappe Satie (Musiclip 2021). Presque vingt-cinq ans après Zappe Zappa (voir notre chronique sur le jazz progressif souvent français) le guitariste Pierre Jean Gaucher remet ça avec Erik Satie sur des compositions inspirées du mage Satierik (et de Zappa aussi) avec toute une bande de jeunes musiciens, Thibault Gomez au piano Fender Rhodes, Alexandre Perrot à la contrebasse, Ariel Tessier à la batterie, plus Quentin Ghomari aux trompettes ou Julien Soro aux saxs et clarinette... Des morceaux courts façon musique d'ameublement alternent avec des thèmes collages plus longs et improvisés où l'on retrouve des airs biscornus, des morceaux en forme de « pomme » ou des fanfares de Parade. Un bel hommage remarquable et toujours  aussi actuel. 

Alain Lambert
19 octobre 2021
© musicologie.org


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Mardi 19 Octobre, 2021 12:34