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2021 —— Alain Lambert.

Cinq cédés jazzy pour attendre la piqûre de rappel

To Be Or Not pose The Question, le trio du saxophoniste Éric Seva cultive les Résonances, le trio Lioness Shape impose Impermanence, le duo de Simon Denizart se veut Nomad, et le quintet Panam Panic propose Love of Humanity.

Avec The Question (Diversion 2021) le quartet caennais To Be Or Not sort un joli album tout cartonné et coloré alternant morceaux vocaux et percussifs. Betty Jardin est au chant et aux paroles, Christian Lagache au piano, aux percussions et à la plupart des musiques, François Demichelis à la basse et contrebasse, Vincent L'Homme à la batterie. Insondable, le premier morceau, bien balancé, semble donner le ton d'un disque de jazz vocal, mais le premier intermède de percussions, Tout doux, amène à Brac et son explosion de voix sur fond de ritournelle, ensuite Eveil où le scat naît des tambours, avant le retour à Bric... Une succession subtile de morceaux courts mettant en valeur les musiciens en duo, trio ou quartet. A découvrir sur leur site tobeornot.bandcamp.com.

 

Résonances (Laborie Jazz 2021) du trio d'Éric Séva Triple Roots marque le retour du saxophoniste et compositeur au ténor associé alterné avec le soprano alors qu'il nous avait habitué depuis longtemps à la supergravité du baryton. Une approche passionnante du trio sans piano que Sonny Rollins avait magnifié en son temps dans sa Freedom Suite Plus. Un beau trio composé de Kevin Reveyrand à la basse et de Jean-Luc Di Fraya, à la batterie, aux percussions, au cajón, et à la voix. Sept compositions dont une du bassiste, Reason and Hearth, un joli duo introspectif  basse et soprano. Les autres explorent longuement les paysages du saxophoniste, Les Roots d'Alicante, Luz de Port Coton, Le Village d'Aoyha, Green Landscapes, Canopé aux multiples Résonances lyriques.

 

Impermanence (Laborie Jazz 2021 du trio Lioness Shape) est un bel album de jazz progressif électrique. La voix envoûtée de Manon Chevalier s'enroule autour de ses compositions complexes, passant de l'anglais à l'espagnol ou au français, fortement soutenue par la batterie d'Ophélie Luminati,  et les claviers de Maya Cross qui s'échappent parfois en longues impros chatoyantes. Avec sur un titre Fermin Mohan au sitar et sur un autre au saxophone Iscle Datzira. Un trio féminin dont l'album est dédié aux femmes, qu'elles « soient plus que beauté et tranquillité... et développent leur créativité. » Ce qui est bien le cas ici, dans cette recherche musicale vraiment aboutie où le chant se déploie en volutes mêlées de claviers et percussions.

 

Nomad (Laborie jazz 2021) du duo Simon Denizart - Elli Miller Maboungou met en jeu piano, claviers et percussions, dont la calebasse, dans un jazz entre pop mélodique et répétitive. Un jeune pianiste venu de France et qui a roulé sa bosse au Maroc et en Amérique du nord avant de s'installer au Québec où il a rencontré son percussif complice. Dans l'ensemble des titres, on découvre Oldfield 2.0 qui pourrait faire référence à un musicien de rock progressif dont on reconnaît l'influence dès les premières notes du thème éponyme avec ses phrases qui se poursuivent dans une rythmique affolée. Le second thème, Zoha, introduit une trame électro sur laquelle le piano devient oriental. Puis le voyage se poursuit, à la fois ailleurs et intérieur. Un beau duo nomade.

 

Love of Humanity (Melius Prod 2021) est l'album du nouveau Panam Panic conduit par Robin Notte aux claviers, avec Alexandre Herrichon à la trompette, Lucas St Crick au sax alto, à la flûte et aux platines, Pierre Elgrishi à la basse et Tao Ehrlich à la batterie. Et, chacun sur un morceau, What Is Necessary et Chaos, les rappeurs Yagomeans et Mattic, bien intégrés à l'ensemble. Sur le premier titre, éponyme et collectif, on entend le discours de Chaplin dans Le dictateur, samplé, scratché puis rejeté par la musique. Tout un programme. Dès le second, Takuya, on retrouve la trompette électrique d'Alexandre Hérichon. Stay Safe de Lucas St Crick  est bien une ballade et Fast and Furious de Robin Notte donne bien le ton de l'ensemble, funky et plein de trouvailles sonores..

 

Alain Lambert
12 juin 2021
© musicologie.org


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Samedi 12 Juin, 2021 1:44