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Coutances, 27 août 2021 —— Alain Lambert.

Jazz sous les pommiers en été pour les 40 ans !

Retour à Coutances pour la quarantième édition et la balade annuelle, sauf l’an dernier où le week-end musical était un peu court et trop masqué. Une édition proche de la normale avec des cafés ouverts, mais pas celui du Magic Mirror, un espace restauration réduit près du théâtre, bref de quoi retrouver un peu l’ambiance en dehors des salles. 25 000 spectateurs en tout dans les concerts et les diverses animations pendant ces cinq jours du mercredi au dimanche.

Et la musique est bien là, avec ce vendredi, quatre groupes français en ouverture filmés en live au Magic Mirror en vue de l’exportation culturelle vers l’étranger. Quatre morceaux chacun, l’Orchestre national de jazz mené par Fred Maurin à la guitare, le trio de Théo Ceccaldi en grande forme et en résidence à JSLP, Ozma quintet très électrique et le trio de Mathias Levy, une autre approche du violon en trio.

Noir Lac à Coutances. Photographie © Alain Lambert.

Puis au théâtre, un vrai choc musical, Noir Lac, un groupe français mêlant le classique avec l’ensemble vocal Sequenza 9.3 dirigé par Catherine Simonpietri, la musique du monde avec le balafon de Lansiné Kouyaté, aussi au marimba basse, la voix soul de Krystle Warren, et les compositions de David Neerman, vibraphoniste de jazz initiateur du projet et compositeur de la plupart des textes et morceaux. Une scénographie impressionnante avec ses huit choristes, ses trois percussions mélodiques et la chanteuse, qui crée un espace musical insolite, d’autant que la chef de chœur, installée au premier rang de la salle ajoute de la profondeur, quand les voix obéissent à ses gestes. L’ensemble fonctionne en géométrie variable, d’abord le chœur, pour Lux d’Eric Whitacre, puis le balafon, rejoint par le vibraphone et les voix, avant l’arrivée de la soliste, rauque et grave, évoluant ainsi tout au long du concert, clôt par deux reprises superbement arrangées de Us and Them de Pink Floyd et de Friends de Led Zeppelin, apportant un plus à cette palette sonore déjà riche, et très cohérente. Un superbe spectacle visuel et musical que JSLP nous a fait découvrir.

Trio Kenny Barron à Coutances. Photographie © Gérard Boisnel.

Salle Marcel Hélie nous attendent Kenny Barron au piano, Kigashi Kitagawa à la contrebasse et Jonathan Blake à la batterie, venus d’Amérique pour deux concerts sur le continent européen, sinon il faut patienter jusqu'au 8 mars prochain pour aller les écouter à, Budapest. J’ai le souvenir d’avoir entendu Sphere à JSLP au milieu des années 80, le groupe de Barron avec Charlie Rousse en hommage à Monk disparu, puis un autre quartet à la nuit de jazz de Caen en 2011, où le saxophoniste semblait presque en trop. Le trio est ici totalement accompli, dans un jeu sonore triangulaire et équilatéral, un pianiste et un bassiste tout en musicalité mélodique et rythmique et un batteur tout en puissance. Des thèmes de Barron, New York Attitude, Calypso, Cook’s Bay, des standards intemporels, How Deep Is The Ocean, Memories Of You de son premier maître Eubie Black ou Skylark, et un thème de Charlie Haden, Nightfall. Plus un court rappel en forme de facétie pianistique, un ragtime à peine ébauché en comptine, et le pianiste tout content de sa bonne blague. Le jazz intemporel et éternel par un géant du siècle passé toujours en grande forme musicale.

Rymden à Coutances. Photographie © Gérard Boisnel.

Retour au théâtre pour Rymden, le trio suédo-norvégien en tournée pour son deuxième voyage spatial. Bugge Wesseltoft est au piano, souvent, et aux claviers, sautillant de l’un à l’autre, Dan Berglund à la contrebasse aux effets électriques et Magnus Oström à la batterie de combat. Un voyage qui reprend les grands thèmes de leur second opus et se termine en rappel par le final du premier. Le jazz scandinave et européen dans sa volonté de se réinventer et d’explorer d’autres territoires. Une alternance de ballades plutôt piano et de recherches sonores et rythmiques pendant lesquels le pianiste sage devient hyperactif sur ses multiples touches et boutons électroniques, les yeux agrandis par ses lunettes aux verres épais, le bassiste lui distord sa contrebasse et le batteur multiplie les effets percussifs, des gros tambours aux mini-cymbales. Une musique puissante et contrastée.

Retour du festival du 20 au 28 mai 2022 comme au bon vieux temps si tout va bien.

Alain Lambert
Coutances, 27 août 2021
© musicologie.org


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bouquetin

Mercredi 1 Septembre, 2021 15:34