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Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte —— Les œuvres de Frédéric Chopin

introduction ; Piano : polonaises ; mazurkas ; valses ; Scherzos ; impromptus ; nocturnes ; ballades ; préludes ; études ; diverses œuvres pour piano ; musique de chambre ; musique symphonique.

Frédéric Chopin : deux polonaises opus 26

sans no d’opus ; opus 71 ; opus 22 ; opus 26 ; opus 40 ; opus 44 et 53 ; opus 61.

Plus qu’aucune autre œuvre de Chopin, ces deux Polonaises et celles qui vont suivre sont « des canons cachés sous les fleurs », des sursauts d’indignation, des actes de résistance, en même temps que le chant pathétique, parfois désespéré, de l’exilé qui s’identifie à sa chère Pologne martyre. À partir de cet opus 26, le musicien « renouvelle de fond en comble une forme qui n’a inspiré à ses prédécesseurs que des vertiges de salon. Lui, c’est de visions qu’il la charge, accédant d’un coup à l’épopée, transformant la danse nationale en vivant symbole d’un peuple opprimé. Le petit dactyle obstiné ne rythmera plus une brillante parade mondaine, mais les coups de canon, la fièvre des combats, les triomphes et les écroulements ; il scandera les chants de victoire, les déplorations, les sanglots. Chopin, si bien fait pour exprimer l’individu, le singulier, chante ici le pluriel ; lui si réservé, il s’engage… »12

L’opus 26 no 1 en ut dièse mineur donne le ton. « Emplie tour à tour d’explosions de colère et d’élans de tendresse »13 , elle a la puissance de feu et la force de sentiment d’un vrai poème symphonique. L’opus 26 no 2 en mi bémol mineur va plus loin encore. « Les lourds et graves unissons de l’introduction laissent présager la colère et l’énergie de l’ensemble. Après une longue montée de petites notes con forza, la Polonaise prend son élan vers un thème plein de vivacité, et des traits énergiques d’octaves et de grands accords. »14  D’une atmosphère étrange, « le trio, en si majeur (meno mosso), est le cœur mystérieux de l’œuvre […]. On dirait une veillée funèbre, avec au loin des appels étouffés, des roulements de tambours. La reprise de la première partie n’en est que plus dramatique. »15

Frédéric Chopin, Polonaise opus 26, no 1, en ut dièse mineur, par Samson François.

 

Frédéric Chopin, Polonaise opus 26, no 2 en mi bémol mineur, par Maurizio Pollini.

 

plumeMichel Rusquet
7 septembre 2020
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Notes

12. Sacre Guy, La Musique de piano, Robert Laffont, Paris 1998, p. 695.

13. Ibid., p. 696.

14. De Place Adélaïde, dans Tranchefort François-René (dir.), « Guide de la musique de piano et de clavecin », Fayard, Paris 1998, p. 212.

15. Sacre Guy, op. cit., p. 696.


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