musicologie.org —— 27e année,

Alain Lambert — Al Shifa du duo Carreras-Guérineau, Sillons du quartet de Jeran Luc Thomas, Listen Up de Kamil Rustam, Solar de Lalo Zanelli et Miles & John de Jultrane.
Al Shifa (Petit Label Free 2025) du batteur Tiri Carreras et du sax ténor Sylvain Guérineau, aussi à la clarinette basse. Du nom de l’hôpital de Gaza et en soutien aux victimes. Un album de free jazz qui s'ouvre sur ce titre avec un sax rageur et une batterie explosive. Al Awda est dédié à un autre hôpital et Beit Laya à une autre localité du pays massacré. Entre une longue méditation sur Lonely Woman, le beau thème d'Albert Ayler, dont l'esprit irradie le duo, et La colère de l'anche qui en dit long. L'album se clôt par Le temps des cerises, toujours et encore une utopie, avec sa batterie orageuse et sa clarinette implorante.
Le Conservatoire royal de musique de Toronto annonce le lancement d’une enquête indépendante sur des allégations d’agressions sexuelles remontant aux années 1970 et 1980
Alfred Caron
Alain Lambert
Frédéric Léolla
Frédéric Norac
Michel Rusquet
Michaël Sebaoun
Jean-Luc Vannier
Jean-Marc Warszawski

Jean-Luc Vannier — Passé par le Béjart Ballet Lausanne, le chorégraphe natif de Nouvelle-Calédonie a tiré des violences de 2024 une nouvelle étude qu’il présentera prochainement au Thomas Dixon Centre de Brisbane en Australie. Entretien sur son parcours, son « processus de deuil » et sa pulsion de vie au travers de la « création ».
Musicologie : Vous préparez une création chorégraphique qui représentera la Nouvelle-Calédonie en Australie et qui s'intitule « Le Cri (muet) des fleurs ». Que pouvez-vous nous dire de ce projet ? Comment l'avez-vous élaboré ?
Sthan Kabar-Louet : Les émeutes de mai 2024 nous ont rappelé que nous n’étions ni loin de tout ni protégés. Un an plus tard, j'ai eu besoin d'en parler, comme un processus de deuil. Le deuil d'avoir perdu l'espoir de vivre ensemble et sereinement dans mon pays, mais aussi le besoin
Alain Lambert —Un colloque sur Musique et cerveau se déroulait à Caen au Sillon toute la semaine passée, en particulier avec Hervé Platel, spécialiste caennais de la cognition musicale. Avec chaque soir un concert du Rolling String Quartet, plus une chanteuse, pour redire la complexité étonnante du ciboulot humain, et comment la musique le fait étinceler et l’humanise (sauf les marches militaires ?). Il faut préciser que le violoncelliste, Emmanuel Bigand, fondateur de l’ensemble et du projet, est lui-même scientifique et spécialiste en neurones harmoniques.
Les musiciens du quatuor sont donc à l’intérieur de l’organe schématisé en une grande structure métallique qui s’illumine par zones au cours de la présentation par Amélia Donnier, comédienne et chanteuse. Du moins dans la première partie où chaque étape est illustrée par une pièce contemporaine souvent issue du
Alfred Caron —Les 4 et 5 mai, l’Académie de l’Opéra-Comique accueillait deux élèves de la Juillard School accompagnés de leur chef de chant, Giancarlo Llerena, pour le premier volet d’une série d’échanges avec la célèbre institution new-yorkaise. Au programme, deux masterclasses publiques, une de Brian Zeger avec deux artistes de l’académie, la soprano Deborah Salazar et le baryton Pierre-Louis Barlet, et la seconde de Louis Langrée avec les deux chanteurs de l’école new-yorkaise, la soprano Fantine Douilly et le ténor Nathan Romporti, autour de la mélodie « française ». Les quatre chanteurs donnaient le soir même un récital dont le programme paraissait intéressant sur le papier, comportant de nombreuses mélodies en français de compositeurs américains, comme Samuel Barber (Mélodies passagères), Charles Ives ou Ned Rorem, à côté de grands classiques, comme les Histoires naturelles de Maurice Ravel ou La Bonne cuisine de Leonard Bernstein.
Frédéric Léolla — Opérerette en trois actes d'Henri Christiné, sur un livret de Albert Willemetz, créée le 10 novembre 1921, Paris, Théâtre des Bouffes Parisiens.
ette charmante opérette est l’objet de commentaire dans le chapître adultère, mais nous ne pouvions pas passer sous silence, à l’heure où l’on parle de voyeurisme, le très joli numéro où le public entend les conseils « Pour bien réussir dans la chaussure » : « porter tout simplement un corsage dont l’échancrure laisse voir des trésors charmants », que la « vendeuse soit capiteuse »… Conseils que les gens du marketing ont désormais su mettre à profit par ailleurs dans tous les domaines.
Marc Minkowski nommé directeur musical du Boston Baroque
Conservatoire de musique et danse de Caen : la mise à pied d'un professeur a été confirmée au tribunal
Alain Lambert — Dans Les Confessions [Livre VII], Jean Jacques Rousseau évoque les quelques mois passés à Venise entre 1743 et 1744 alors qu’il y était secrétaire d’ambassade. Voici les quelques lignes où il décrit sa découverte de la musique italienne, et surtout des musiciennes des Scuole [Entretien sur la musique avec Monsieur Rousseau à l’occasion du tricentenaire de sa naissance].
J’avais apporté de Paris le préjugé qu’on a dans ce pays là contre la musique italienne : mais j’avais aussi reçu de la nature cette sensibilité de tact contre laquelle les préjugés ne tiennent pas. J’eus bientôt pour cette musique la passion qu’elle inspire à ceux qui sont faits pour en juger […] et bientôt je m’engouai tellement de l’opéra, qu’ennuyé de babiller, manger et jouer dans les loges quand je n’aurais voulu qu’écouter, je me dérobais souvent à la compagnie pour aller
Alfred Caron — De tous les opéras de Francesco Cavalli redécouverts depuis les années 1970, La Calisto reste le plus aimé et le plus souvent monté. Encore que Paris ne l’ait pas vue (ni entendue ?) depuis la production de Macha Makeieff et Christophe Rousset déjà au Théâtre des Champs-Élysées en 2010. Ce succès est sans aucun doute dû autant qu’à la richesse et à la beauté de la partition, à un livret étonnant qui mêle subtilement mythologie et satire sociale, grivoiserie et lyrisme et dont la construction dramatique et le propos sont restés d’une incroyable modernité. Là où la production précédente jouait à fond la carte de l’ironie, dans celle que présente le TCE, venue d’Aix-en-Provence où elle a rencontré un grand succès l’été dernier, Jetske Mijnssen a choisi une approche nettement plus « grave » qui met en avant la cruauté de cette histoire où les humains paient de nombreuses souffrances, voire de leur vie, l’amour que leur portent les Dieux.
Frédéric Léolla — Le ténor est tombé amoureux d’une superbe fille qu’il a vue nue, mais dont il ne connaît rien par ailleurs, ce qui le fait douter de sa vraie existence. Nous découvrirons que c’est la sorcière du village (d’où le nom de la zarzuela), en fait une belle fille noble obligée à se déguiser en vieille magicienne pour se défendre. Malgré des déboires avec l’Inquisition, tout finira bien pour les deux amoureux.
Superbe zarzuela de Ruperto Chapí, à la fois intéressé par le nationalisme le plus authentique (légende du premier acte, jota « No extrañéis lo que se escape »…) et par les influences wagnériennes, présentes dans le magnifique duo du deuxième acte, ce qui est plutôt rare pour l’Espagne de l’époque.
Éclats et derniers feux, Jacques Duphly, Loris Barrucand (clavecin), extraits des quatre livres de clavecin, L'Encelade 2025 (ECL 2504).
Alfred Caron — Lucie de Lammermoor et non Lucia. Car c’est bien l’adaptation française en trois actes de son chef-d’œuvre napolitain, réalisée par Gaetano Donizetti en 1839 pour le Théâtre de la Renaissance, que propose l’Opéra-Comique. Soyons clairs, il ne s’agit pas que d’un changement de langue. En passant de l’italien au français, l’opéra y a « gagné » de longs récitatifs si explicites qu’ils en deviennent parfois un rien triviaux. Il y a perdu en revanche un rôle, Alisa, la confidente de Lucia et, d’une certaine façon, celui de Raimondo Bidebent, le chapelain de la famille Ashton, privé de ses deux airs et qui se trouve désormais réduit à son intervention dans le chœur de déploration qui suit le meurtre d’Arthur par Lucie et dans le célèbre sextuor.

Frédéric Léolla — Un ex-pirate honnête qui veut refaire sa vie tombe amoureux de la fille d’un général. Mais les autres pirates ne veulent pas laisser partir leur ex-camarade. Bien sûr, tout finira bien pour tout le monde.
Ce bijou de l’opérette, au livret toujours amusant aujourd’hui — un fleuron de l’absurde — et à la musique gracieuse et enjouée, compte une scène de « presque, mais finalement pas ».
Alors que la fille du général et ses amies sont en train de se déshabiller pour prendre un bain, l’ex-pirate, qui assiste par hasard au déshabillage, se présente devant les demoiselles en les priant d’arrêter pour éviter d’être un témoin indiscret.

Frédéric Léolla— Connue et reconnue de son vivant, Clémence de Grandval est aujourd’hui une compositrice dont seuls les plus férus aficionados ont entendu les œuvres. Et pourtant.
Pourtant, à l’écoute de ce Stabat Mater que proposait la Maison de la Radio et de la Musique en coproduction avec l’infatigable Palazzetto Bru-Zane, une question nous taraude : comment a-t-on pu reléguer ainsi cette formidable compositrice au rang des notes en bas de page ?
Dans son Stabat Mater Grandval montre non seulement une maîtrise de la tradition musicale, qu’elle utilise pour donner à son œuvre un parfum de musique sacrée, mais aussi sa connaissance des courants en
Wagner - Mahler, Carlos Païta, Richard Wagner, Le Crépuscule des dieux, extraits musicaux ; Gustav Mahler, Symphonie no 1 « Titan », Royal Symphonie Orchestra, sous la direction de Carlos Païta. Le Palais des dégustateurs 2026 (PDD 056).
Giovanni Battista Pergolesi, Stabat Mater, Elena Bertuzzi (soprano), Marie Pons (contralto), Musica Antica Mediterranea, sous la direction de Christian Mendoze. Indésens-Calliope 2025 (IC 103).
Irina Chukovskaya, Chopin, complete mazurkas, Calioppe-Indésens 2025 (IC 104).
Frédéric Léolla — Il est des opéras dont les livrets aujourd’hui peuvent nous sembler le comble de l’innocence, voire de la niaiserie et de la « nunuchitude ». Pourtant, certains d’entre eux, de leur temps, éveillaient pas mal de fantasmes chez les auditeurs/trices.
C’est peut-être le cas de La sonnambula.
Proche par endroits du genre pastoral, avec ses ambiances villageoises aux allures de paradis perdu et ses mélodies éthérées, il y a néanmoins dans cet opéra deux scènes considérées comme « très érotiques » pour son époque.
La scène finale, où la soprano protagoniste chante son air en simple chemise de nuit (!), transformant ainsi le village et le théâtre en peep-show (la zarzuela El barbero de Sevilla [Jiménez y Nieto/Perrín y Palacios], œuvre qui n’a rien à voir avec l’homonyme italien de Rossini, fait
Alain Lambert — Un étonnant trio en fait qui avait peaufiné son projet toute la semaine à Logre à Caen, et le présentait au public ce dimanche après-midi. Nesta Mondelice et Khalifa Belouzaa se connaissent depuis longtemps, depuis le reggae de Positive Radical Sound à la fin du siècle dernier. Puis Nesta a pris le chemin du jazz et joué dans Hand Five ou Tetragone que nous avons relayés ici. Ils ne se sont pas perdus de vue, rejouant plus acoustique à l’occasion, et comme celle-ci fait le larron, ils viennent de s’adjoindre un jeune pianiste chanteur-compositeur de 80 ans installé dans la région, Ray Lema.
Et de créer un spectacle Nous debout dans lequel ils réfléchissent à leur identité, à leurs cultures multiples, avec des chants traditionnels africains ou créoles, et des textes d’auteurs martiniquais, algériens ou congolais, sur la dialectique et le double jeu dominant dominé. Mais aussi à travers leur propre cheminement. Quand le normano-guadeloupéen découvre grâce à un prof de la fac de socio de Caen le concept de créolité que son oncle va lui expliquer par l’exemple. Quand le jeune papa franco-algérien ne peut que répondre « je ne sais pas » à une question existentielle de sa petite fille un jour de manège,
Alfred Caron —Le baryton Huw Montague Rendall que le public a pu découvrir en Pelleas l’année dernière à l’Opéra Bastille donnait son premier récital parisien aux Lundis musicaux de l’Athénée. En bon britannique, il fait montre d’un penchant marqué pour le répertoire français et ouvrait ce concert avec deux cycles francophones, Les Histoires naturelles
N o u v e a u t é s
mars-avril 2026
Martinez Yseult, Händel et ses héroïnes : un imaginaire de la puissance des femmes. « Lire le xviie siècle » (88), Classiques Garnier. Paris 2025 [651 pages].
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Volta Ornella, Erik Satie en notes et en mots (préféce par Jean-Pierre Armengaud). « L'écart absolu », Les presses du réel, Dijon 2025 [624 p. ; ISBN 978-2-84066-753-7 ; 35 €].
Knight Jean Pierre, Allo Vinyles. Genève, Slaktine 2025 [212 p.].
Manuel Cornejo (éditeur), Correspondance, écrits et entretiens de Maurice Ravel. « Tel », Gallimard, Paris 2025 [2v., 1488 + 1452 p. ; 32 €].
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