Jean-Marc Warszawski — L'ensemble Venerem imagine une musique assez inédite : des œuvres baroques, mais aussi
À Chloris de Reynaldo Hahn, réappropriées en un jazz soigné, ne manquant pas d’imagination.
Le quatuor est formé par la soprano Laureen Stoulig-Thinnes qui a solfié ses premières gammes au Conservatoire de Metz, passant du piano au chant, elle se distingue surtout dans le monde baroque. Par le pianiste Marlo Thinnes, Saarien ayant étudié à la haute école de musique de Saarbrücken, primé pour ses interprétations des sonates de Beethoven. Par le bassiste Simon Zauels, un peu plus à l’Est, un peu plus jazz qui a troqué le violoncelle pour la basse électrique, il a étudié à Saarbrücken, puis à la haute école des arts de la scène de Manheim, puis en Amérique avant de se mêler à de nombreux ensembles dans le
Frédéric Léolla — Zerlina, la fille des aubergistes, et le carabinier Lorenzo voudraient se marier, mais il n’est pas assez fortuné. Quand il met en déroute la fameuse bande de voleurs de Fra Diavolo, le carabinier reçoit une récompense et peut enfin prétendre à la main de Zerlina. C’est sans compter sur Fra Diavolo lui-même qui, ayant échappé aux carabiniers, veut se venger en volant l’auberge et en tuant les témoins. Surpris par Lorenzo lorsqu’il allait exécuter son plan avec la complicité de ses sbires Beppo et Giacomo, Fra Diavolo, déguisé en marquis, se venge en prétextant un rendez-vous galant avec Zerlina. Cette supposée infidélité de Zerlina rend impossible pour Lorenzo le mariage et fait le malheur des amoureux. Heureusement, le lendemain, une

Après un disque conacré à Johann Jacob Froberger (Son an ero 2015) puis à Louis Couperin (Seulétoile 2017), voici un troisième disque, pour lequel le Duo Coloquintes puise dans le répertoire virtuose des virginalistes anglais. Avec
Musicfor two, il propose des transcriptions inédites de pièces initialement écrites pour clavier.
Très populaire en Angleterre et en Flandres aux xvie et xviie siècles, le virginal est l'instrument incontournable plus grands claviéristes du règne d'Élisabeth Ier, Le Fitzwilliam Virginal Book, manuscrit contenant près de 300 pièces écrites pour cet instrument, est le plus important recueil de musique de clavier de cette ère élisabéthaine si foisonnante.
Jean-Marc Warszawski — Ils sont partout depuis leur toujours Cyrille Dubois et sa voix, il font le bonheur de l’opéra baroque et de celui du xixe siècle, visitent la comédie musicale, récitalisent, carburent à un cédé tous les deux mois dans des répertoires très divers, notamment en piano-voix, avec de préférence les pianistes Tristan Raës et, comme pour celui-ci, Anne le Bozec, avec des accompagnements plus originaux seuls ou mêlés de violon, alto, violoncelle ou hautbois. Ce n’est tout de même pas une grande nouveauté, les cantates de Johann Sebastian Bach, un exemple, étant souvent en duos voix- violon ou voix-hautbois. Nous pensons au Johann Sebastian que nous allons côtoyer dix jours au Bachfest de Leipzig en juin prochain, car Cyrille Dubois se lance aussi dans le rôle de l’Évangéliste de la Matthäus-Passion.
Frédéric Léolla — Dans peu d’opéras, le viol est aussi explicite. Et sur scène. La déchéance de Marie, commencée comme une simple badinerie, va d’humiliation en humiliation jusqu’à la terrible scène finale où, mendiante prostituée, elle demande l’aumône à son propre père qui ne la reconnaît pas.
La musique de tout cet opéra est glaçante et brutale, mais, dans la scène du viol, elle atteint des sommets de bestialité hallucinée, et placée presque dans la tête de la victime, le public confond passé présent et futur. Au fond, dépassant le simple argument moralisateur, l’opéra constitue une réflexion sur la condition féminine et sur la violence sournoise de la pression sociale.
Jean-Marc Warszawski — Un album où les instruments rares et les mixtures sonores peu usités créent des couleurs sonores inédites et de toute beauté.
L’Ensemble Capella Leonis est consistant avec six vocalistes, sept cordes, dont un violoncelle d’amour et ses cordes sympathiques, Philippe Foulon oblige, aussi une viole d’amour, des violons piccolos, un virginal et un virginal ottavine (octavine) qui ne joue que les aigus, pour faire un peu d’air, cinq instruments à vent, une belle collection de chalemie dont des instruments pas courants du tout.
Une superbe sonorité instrumentale, un excellent ensemble vocal, bien assorti, délié au bon prononcement, clair et disctinct dans la polyphonie, au service d’un répertoire de qualité et de l’amour, enfin de ce qu’on en chantait au xviie siècle, avec quelques pauses musicales pour reprendre des forces : Nicolas de Grigny, Henry du Mont (l'axe du programme)
Alain Lambert — Le pianiste Jean François Zygel est bien connu pour ses talents grand public d’initiateur à la musique classique. Et il est aussi l’un des rares improvisateurs dans ce genre musical. C’est-à-dire que, comme en jazz aujourd’hui, mais aussi comme à l’époque baroque ou romantique, le musicien joue dans l’instant, à partir des accords qu’il choisit et de la ligne mélodique qu’ils lui inspirent.
Depuis plusieurs années, il propose des balades musicales dans les villes qui l’accueillent, d’abord à l’étranger, puis en France ensuite. Il lui faut d’abord explorer la ville sur deux ou trois jours pour pouvoir la comprendre et la ressentir un minimum, avant d’en proposer une quinzaine de tableaux de quelques minutes,
Alain lambert —
Les mots d’Isild Le Besco,
Parfum d’azur du duo Jean Pierre Como-Javier Girotto,
Africa si du percussionniste Mansfarroll et
Povo Brasileiro, par un collectif brésilien Rua Das Pretas dirigé par Pierre Aderne.
es mots (Station Anvers 2026) est un ensemble de textes poétiques de l’actrice et réalisatrice Isild Le Besco, mis en musique par le compositeur et guitariste Andréel qui a su retrouver l’esprit d’une chanson française un brin jazzy. Un piano ou une guitare, une basse, une contrebasse ou un violoncelle, et éventuellement une flûte ou une clarinette, de quoi nuancer la palette instrumentale.

Quatre cédés jazzy pour espérer le printemps !
Andares de Sebastian Munoz, Lux II de Louis Billette, Anagnorisis de Dwiki Dharmawan et Thirteen de Soft Machine (à paraître le 13 mars).
Alfred Caron — Le spectacle de Florentina Holzinger a déjà fait couler beaucoup d’encre depuis sa création en Allemagne en 2024. Il arrivait sur la scène de l’Opéra Ballet Vlaanderen une réputation sulfureuse en pleine Semaine sainte et l’on peut se demander si ce choix était une pure coïncidence ou une volonté de provocation de la part des programmateurs.
De fait, la metteuse en scène et chorégraphe autrichienne n’y va pas de main morte dans sa vision de l’opéra en un acte de
Paul Hindemith,
Sancta Susanna (qui avait déjà fait scandale à sa création en 1922), à laquelle elle associe une messe féministe d’un peu plus de deux heures dont célébrantes et assemblée sont toutes des femmes,
Jean-Luc Vannier — Présentée mercredi 1
er avril 2026, la nouvelle saison lyrique de l’opéra de Monte-Carlo affiche sans retenue ses ambitions : outre les grandes œuvres du répertoire, de Carmen à Siegfried, de Porgy and Bess à Rigoletto, en passant par Fidelio en version de concert par la Wiener Staatsoper, Cécilia Bartoli a annoncé des récitals et des concerts avec des artistes de premier plan, parmi lesquels Jonathan Tetelman, Asmik Grigorian, Anna Netrebko, Franco Fagioli, Brian Jagde et George Petean. La directrice de l’opéra se produira elle-même à deux reprises. La diversité fait également place à des propositions singulières, à l’image d’Il ritorno d’Ulisse in patria en version marionnettes, ainsi qu’à la présence du Chœur de l’Opéra de Cape Town.
Alfred Caron — Dans sa note d’intention, Eugénie Lefèbvre dit avoir éprouvé une véritable fascination pour le personnage de Médée, et senti la « nécessité de l’incarner ». Pour en raconter l’histoire en un seul « mélodrame » d’une heure et quart, elle a réuni la musique de six compositeurs, allant de la fin du xviie au début du xviiie siècle, et leur a associé des textes de liaison venus de l’Antiquité grecque (Les Argonautiques d’Apollonios de Rhodes et la tragédie éponyme d’Euripide) ainsi bien sûr que celle de Pierre Corneille et même de la pièce de Jean Anouilh de 1953, montrant que le mythe est toujours aussi vivant au xxe. Les auteurs français font pendant ici aux trois compositeurs du Grand Siècle, Pascal Colasse et son

Fanny Mendelssohn, Das Jahr, Marie Vermeulin (piano). Présence des compositrices 2026 (PC 006).

Giuseppe Verdi, Simon Boccanegra, Ludovic Tézier, Marina Rebeka, Francesco Meli, Michele Pertusi, Mattia Olivieri, Andrea Pellegrini, Vasco Maria Vagnoli, Silvia Cialli. Coro e Orquesta dal Teatro San Carlo di Napoli, sous la direction de Michele Spotti. Prima Classic 2024.

Venerem, Strike, Laureen Stoulig-Thinnes (soprano), Mario Thines (piano), Simon Zauels (basse), Michel Meis (percussions), œuvres d'Henry Purcell, Francesco Bartolomeo Conti, Reynaldo Hahn, Mario Thinnes, Antonio Vivaldi, Jean-Baptiste Lully, Orlando Records 2025.
Frédéric Léolla — Quel dommage que souvent les opéras de Britten soient basés sur de si médiocres livrets !
Les allusions au christianisme, qui n’ont pas grand-chose à faire dans cette histoire classique, sont pourtant omniprésentes, et il est presque préférable pour l’auditeur de ne pas comprendre ce que disent les chœurs masculin et féminin dans leurs très belles particelle.
L’opéra tourne autour du viol que Tarquinius veut commettre, puis va commettre, puis finalement commet. Et même si, encore une fois, le livret peut sonner faux et tarabiscoté, la musique est empreinte de toutes les nuances des différentes situations, on entend le désir brutal de Tarquinius, l’acidité des commentaires entre hommes, pour lesquels, en effet, la « fidélité » de la femme est un enjeu social majeur, on entend l’ennui patient des femmes, et surtout, la violence de la situation, la violence du viol et le désespoir de la femme violée. Il y a de la « vérité » dans la musique de Britten.
Jean-Luc Vannier — « Sold out ! » affichait un panneau à l’entrée de l’auditorium Rainier III. Et pour cause : en clôture de sa saison lyrique,
par ailleurs dédiée « à la femme », l’opéra de Monte-Carlo proposait mardi 31 mars un « Concert lyrique » d’Elīna Garanča accompagnée par l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo et les Chœurs de l’opéra placés sous la direction d’Henrik Nánási. Concert lyrique d’autant plus exceptionnel que le programme permettait à la
diva — mais qui ne se prend pas pour telle — de déployer, outre d’indéniables talents de tragédienne qui ne nous étonnent plus depuis
son interprétation de Kundry à la Wiener Staatsoper en 2021
Alain Lambert — Tout commence avec une grande voilure multiple qui faseye sur la scène pendant que les spectateurs s’installent. Elle va rester le temps d’une tempête avant de tomber et disparaître. La pièce continue avec une évocation de Prospero à sa fille Miranda sur ce qui s’est passé jadis, sa destitution du trône de Milan et son abandon sur une île déserte, pleine d’esprits qu’il a délivrés et pris à son service. De quoi jouer sur le côté magique, les effets de lumière et de pyrotechnie qu’affectionne Omar Porras, les apparitions de la harpie ou des marionnettes fantômes. Sinon, l’ensemble oscille entre commedia dell’arte, avec ses bouffons masqués, et comédie musicale (un peu) quand Miranda chante. Sans oublier, pour la musique, l’entrée caracolant dans la salle des comédiens-musiciens, avec clarinette, flûte, cornemuse, accordéon et tambours, pour une gigue à
Frédéric Léolla — Les Chœurs et Orchestre de l’Opéra de Zurich, sous la baguette de Gianandrea Noseda, donnaient une des œuvres les plus appréciées du répertoire religieux du xixe siècle, le Requiem de Verdi. Ils étaient accompagnés d’un quatuor vocal de premier ordre (Marina Rebeka, Joseph Calleja, Agnieszka Rehlis et David Leigh). Salle comble à la