La Gazette musicale

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Il Trovatore à l’opéra de Monte-Carlo

Ovation pour la reprise d’Il Trovatore à l’opéra de Monte-Carlo

Jean-Luc Vannier —Crainte des foudres de la censure pour oser représenter une scène dans un couvent avec des religieuses en prière selon Pierre Milza ou bien refus de l’Opéra de San Carlo de Naples d’accéder aux conditions financières de Verdi si l’on en croit Piotr Kaminski, toujours est-il qu’Il Trovatore, finalement créé au Teatro Apollo de Rome le 19 janvier 1853, fut un immense succès.
C’est donc avec un intérêt non dissimulé que nous attendions, dimanche 22 mars salle Garnier, la reprise d’une production monégasque de 2017 qui déployait avec une rare inspiration scénique, cette atmosphère lugubre, peuplée de fantômes et de
(Drac hauts-de-France) 50 ans de musique en Hauts-de-France : l’extraordinaire épopée de l’Orchestre national de Lille

(Radio France) Les 50 ans de l'Orchestre National de Lille (2/4) : La mise en orbite

(France culture) Le pianiste de jazz Jacky Terrasson visé par une enquête du parquet de Bordeaux pour « viol sur mineur de 15 ans »

Les chroniques

Alfred Caron
Alain Lambert
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La pianiste Tania Cardillo interprète les œuvres de Luca Moscardi

La pianiste Tania Cardillo interprète les œuvres de Luca Moscardi

Michaël Sebaoun — Compositeur italien né en 1976, Luca Moscardi commence le piano à l’âge de sept ans, puis étudie au Conservatoire Rossini à Pesaro. Il se considère néanmoins comme un compositeur essentiellement autodidacte.
Il cumule de nombreuses œuvres de musique de chambre et pour piano ainsi qu’un concerto pour flûte et orchestre à cordes (2026) entre autres pièces orchestrales ; on peut écouter toutes ces œuvres sur sa riche chaîne YouTube, bien que certaines soient interprétées (de manière « satisfaisante ») par des instruments virtuels
Sexe et Opéra (xxii. 7) : Rigoletto

Sexe et Opéra (xxii. 7) : Rigoletto

Frédéric Léolla —Le jeune et séducteur Duc de Mantoue, habitué à faire selon son caprice — surtout avec les femmes —, a « deshonoré » le vieux Monterone en couchant avec sa fille. Lorsque celui-ci vient donc manifester sa douleur et sa colère, il est vertement raillé par Rigoletto, le bossu bouffon ducal que les courtisans haïssent sourdement à cause de ses blagues cruelles. Devant cette dernière injure, le vieux Monterone, père offensé, réagit en maudissant et le Duc et son bouffon. Or celui-ci, tout difforme et féroce qu’il est, a une fille, Gilda, jeune, innocente et très belle qu’il élève secrètement pour la soustraire justement à la méchanceté du Duc et de ses courtisans. Pourtant, le Duc l’a déjà dénichée — et même draguée — de son côté,
Les curiosités esthétiques

Les curiosités esthétiques revisitent les sonates pour clavecin et viole de gambe du J.-S. Bach

La plupart des compositeurs ont utilisé le même matériau musical pour différentes œuvres de leur catalogue, l’adaptant à l’idiome propre des voix ou des instruments auxquels ils le destinaient. C’est ainsi que la sonate WV 1027 pour viole de gambe et clavecin a été initialement pensée pour deux flûtes traversières et basse continue (BWV 1039). Les deux autres sonates, BWV 1028 et BWV 102 9, ont été écrites pour la viole de gambe et le clavecin. Le trio BWV 582 a quant à lui été conçu pour l’orgue.
Des originaux, le violoncelle d’épaule (da spalla) s’empare de la partie de viole de gambe, la flûte traversière joue la partie de main droite du clavier (clavecin ou orgue), tandis que la basse, confiée à la main gauche, et chiffrée par Vincent Bernhardt, donne lieu à une réalisation,
La Muette de Portici

Sexe et Opéra (xxii. 6) : La Muette de Portici

Frédéric Léolla — Masaniello (ténor) et sa sœur Fenella (danseuse) vivent à Naples, sous la domination espagnole. Or, Fenella s’est fait ravir, enfermer et abuser par Alphonse (ténor), le fils du Vice-roi de Naples. Cela crée des remords chez Alphonse (ce qui ne l’empêche pas de se marier avec Elvire), de la solidarité chez Elvire (soprano), et de la colère chez Masaniello. Il en résulte une révolte des Napolitains outrés contre les Espagnols. Mais les Espagnols finiront par mater la révolte, Masaniello sera tué, Fenella se jettera dans le Vésuve, et Alphonse et Elvire pourront continuer leur vie de couple.
Décidément, on dirait qu’Auber et Scribe essaient par tous les
(RTBF) Concours Reine Elisabeth 2026 : les compositeurs des œuvres imposées sont connus

(RTBF) Après cinq ans d’absence forcée, la soprano russe Anna Netrebko reviendra à l’Opéra de Munich en 2027

(Futura) Des chercheurs ont recréé des instruments de musique dont les sons avaient été perdus depuis plusieurs siècles

(Classicalpoint.net) L'éditeur de musique Peter Hanser-Strecker est décédé

L'Université de Rouen supprime son Master d'éducation musicale

Le chef Andris Neslon : pas assez stratégique ? Trop musicien ? Il doit quitter le Boston Symphony Orchestra

(Le Devoir) La maison de disques ATMA Classique change de mains

Le Red Desert Orchestra d’Eve Risser embrase les foyers !

Alain Alain Lambert — À neuf sur la petite scène des foyers du théâtre de Caen, dans la tradition de Carla Bley, et aussi du Liberation Music Orchestra, un nonette explosif qui déménage, entre arrangements singuliers, impros débridées et transes percussives. Eve Risser est aux compositions, au piano (préparé dans les graves), Grégoire Tirtiaux au sax baryton, Nils Ostendorf à la trompette, Matthias Muller au trombone, Alexandra Grimal au sax ténor, Ophélia Hié au balafon, Mélissa Hié au balafon et au djembé, Fanny Lafargues à la basse et Emmanuel Scarpa à la batterie.

Roland à Versailles : un Lully original, mais très approximatif

Alfred Caron — Avant-dernier opéra de Lully, Roland (1685) est une œuvre atypique. Inspirée du célèbre Roland Furieux de l’Arioste, elle semble rompre avec les codes de la tragédie en musique pour admettre une certaine ironie et un mélange des genres que le compositeur avait délaissés depuis Alceste. Après un incontournable prologue, plutôt expéditif, destiné à louer le monarque, le livret de Quinault développe sur les trois premiers actes les tourments d’Angélique, Reine de Cathay, prise entre son amour pour Médor, un soldat africain, son inférieur, et le « soin de sa gloire » - entendez la cour que lui fait Roland, le neveu de Charlemagne — et la nécessité de s’apparier avec un
Loris Barrucand

Loris Barrucand clavecinise Jacques Duphly

Jean-Marc WarszawskiJacques Duphly, qui a publié quatre livres d’œuvres pour clavecin (1744, 1748, 1756, 1768), est mort au moment où l’ancien régime agonisait, le 15 juillet 1789. Mis à part cinquante-deux pièces de musique et la renommée incontestable d’avoir été un excellent professeur de clavecin, on sait peu de choses de sa biographie. Après avoir été organiste aux cathédrales de Rouen et d’Évreux, il se fixe à Paris en 1742, il est alors âgé de vingt-sept ans. Il y vit dans entre les murs des salons aristocratiques et des revenus de son enseignement, il aurait été écuyer de la marquise de Juigné, dans l’hôtel de laquelle il louait un petit appartement.

Patrick Ayrton, Astrophil & Stella, Lauren Lodge-Campbell (soprano), Louise Ayrton (violon, direction). Voce8 2025.

Iva Bittovà enchante Luciano BerioIva Bittovà enchante Luciano Berio

Jean-Marc Warszawski — Iva Bittovà chantant les Folksongs de Luciano Berio est un projet assez inconcevable, mais si évident une fois réalisé. On dira que Katy Barberian, pour laquelle ils furent composés, chantait les faux vrais chants folkloriques de son mari et qu’Iva Bittovà chante les vrais faux chants folkloriques du mari de Katy Barberian.
La suite du programme consacré à Maurice Ravel l’Ibérique (Alborada del Gracioso, Rapsodie espagnole, Boléro) est une très belle réalisation, mais fait un peu retomber l’émerveillement étonné et l’originalité de la première partie. Pourquoi n'avoir pas produit un cédé totalement consacré à cette extraordinaire musicienne qu’est Iva Bittovà, peu connue dans l’hexagone.

conservatoire Rachmaninoff

Rachmaninoff tient salon quais de Seine

Le conservatoire Rachmaninoff de Paris programme des séries de concerts de jeunes, parfois moins jeunes, talents, proposées par des sommités musicales, avec le soutien du Groupe Dassault et de l’association « Jeunes et Innovants ».
À l’occasion de sa Carte Blanche, le pianiste russe Boris Berezovsky a choisi de parrainer Anastasia Safonova. Diplômée de l’Académie de musique Gnessine de Russie, la pianiste russo-néerlandaise est également titulaire d’un Master du Conservatoire royal de La Haye et lauréate des concours internationaux Yuri Egorov et Yamaha. Insufflant dans son jeu coloré et poétique une énergie captivante en soliste, Anastasia Safonova a souhaité partager ce concert avec un violoncelliste de 20 ans au talent très précoce, qui n’est autre que son fils.
L'Avare

L’Avare de Francesco Gasparini par le Poème harmonique : un bijou baroque réinventé

Alain Lambert — omposé treize ans avant la Servante maîtresse de Pergolèse qui alluma en France la Querelle des Bouffons, L’Avare de Francisco Gasparini, créé en 1720, est un de ces intermèdes interludant entre les longs opéras sérieux pour permettre aux spectateurs de souffler. Antonio Salvi, le librettiste, a adapté et raccourci l’intrigue de la pièce de Molière, en féminisant l’intrigue par le biais du personnage principal, Fiammetta, en conflit avec son pingre de voisin, Pancrazio.

Les cédés

Trio Musica humana : Martial Pauliat (ténor), Yann Rolland (contre-ténor), Igor Bouin (baryton) et Élisabeth Geiger (muselaar), From Byrd, messe à trois voix de Wiliam Byrd, interpolée de madrigaux et de pièces instrumentales de William Byrd, Thomas Weelkes, Thomas

J. S. Bach, Sonates en trio d’après BWV 1027,1028 & 1029, Les Curiosités esthétiques : Vincent Bernhardt (pianoforte), Jean-Pierre Pinet (traverso), Vincent Roth (violoncello da spalla), EnPhases 2026

Éclats et derniers feux, Jacques Duphly, Loris Barrucand (clavecin), extraits des quatre livres de clavecin, L'Encelade 2025 (ECL 2504).

Résonare, Sandra Chamoux (piano) 

Sandra Chamoux varie Brahms, Mendelssohn, Rachmaninov, et chaconne Busoni

Jean-Marc Warszawski —andra Chamoux justifie la cohérence de son programme par le fait que les œuvres qui le composent sont des variations, toutes dans la tonalité de ré mineur, dont les thèmes sont tous issus d’œuvres pour violon.
Johannes Brahms a dédié ses variations opus 18b à Clara Schumann, qui en assura la création et les garda par la suite à son répertoire de concerts. Il s’agit d’un arrangement du second mouvement de son premier sextuor à cordes, qui entretient un cousinage avec la Folia, des chansons populaires allemandes, voire du folklore hongrois et la musique ancienne.

Les Variations sérieuses de Félix Mendelssohn sont une commande de l’éditeur viennois Pietro Mecchetti pour un recueil collectif dont les bénéfices étaient destinés à la réalisation d’un monument en hommage à Ludwig

Pelléas et Mélisande à Monte-Carlo

Jean-Louis Grinda signe un éblouissant Pelléas et Mélisande à Monte-Carlo

Jean-Luc Vannier — « Mon ambition première, en musique, est d’amener celle-ci à représenter d’aussi près que possible la vie même » écrivait Claude Debussy. Du moins la vie telle que le compositeur, dissimulé un temps sous le pseudonyme de Monsieur Croche, la conçoit : la beauté « qui ne pourrait avoir d’autres effets que le silence » et la communion avec la nature, recéleuse de la musique « qui n’est pas enfermée dans les livres et se trouve partout, dans les bois, dans les rivières et dans l’air ». Dans cet univers d’évanescence permanente, peindre l’humain et ses

Jeanne d’Arc

Un des grands oratorios du xxe : Jeanne d’Arc d'Arthur Honegger

Frédric Léolla — Pour pouvoir apprécier Jeanne d’Arc au bûcher, il faut faire l’effort de dépasser le symbolisme de pacotille et les images éculées du très sur-côté Paul Claudel, en se concentrant sur la très raffinée partition d’Arthur Honegger. Là on découvre des trésors d’invention musicale, mélangeant chants populaires, lyrisme de bon aloi et modernité savamment utilisée.
La Maison de la Radio et de la Musique avait eu la bonne idée de programmer cet oratorio, parmi les plus connus du xxe siècle, mais rarement à l’affiche.
Il était précédé de No !, une œuvre de la compositrice israëlienne Chaya Czernowin qui met en parallèle deux orchestres et deux sopranes. Il est possible de supposer un sens symbolique par rapport à la situation actuelle en Palestine. Chargée de bonnes intentions, ses procédés stylistiques ne surprennent pas. Le public lui a réservé un accueil poli.
softmachine

Quatre cédés jazzy pour espérer le printemps !

Alain Lambert — Andares de Sebastian Munoz, Lux II de Louis Billette, Anagnorisis de Dwiki Dharmawan et Thirteen de Soft Machine (à paraître le 13 mars).
Andares (Resolution Records 2026) est l’album latino du saxophoniste et composteur hondurien Sebastian Munoz, installé à Paris depuis ses dix-huit ans, avec le vibraphoniste argentin Lucas Dorado, la batteuse brésilienne Ananda Brandao, la vocaliste (chanteuse et parolière sur Hiraeth) Mona Faruel, le pianiste Thomas Salva-

N o u v e a u t é s
février-mars 2026

Petites  annonces


Manuel Cornejo (éditeur), Correspondance, écrits et entretiens de Maurice Ravel. « Tel », Gallimard, Paris 2025 [2v., 1488 + 1452 p. ; 32 €].

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Les livres

Delphine Vincent, Pauline Milani (direction), Les silences de la musique : écrire l’histoire des compositrices,

Delphine Vincent, Pauline Milani (direction), Les silences de la musique : écrire l’histoire des compositrices, « Érudition», Slatkine, Genève 2024.

Lalitte Philippe, Vocabulaire de l’interprétation musicale. « Musique ouverte », Minerve, Paris 2024 [240 p. ; ISBN 978-2-86931-180-0 ; 21,00 €].

Lalitte Philippe, Vocabulaire de l’interprétation musicale. « Musique ouverte », Minerve, Paris 2024 [240 p. ; ISBN 978-2-86931-180-0 ; 21,00 €].

Akira Mizubayashi, Âme brisée, « Collection Blanche », Gallimard, Paris 2019 ; « Folio » (6941), Gallimard, Paris 2021 [272 pages].

Akira Mizubayashi, Âme brisée, « Collection Blanche », Gallimard, Paris 2019 ; « Folio » (6941), Gallimard, Paris 2021 [272 pages].

 

 

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ISSN 2269-9910