musicologie.org —— 27e année,
Alain Lambert —Un colloque sur Musique et cerveau se déroulait à Caen au Sillon toute la semaine passée, en particulier avec Hervé Platel, spécialiste caennais de la cognition musicale. Avec chaque soir un concert du Rolling String Quartet, plus une chanteuse, pour redire la complexité étonnante du ciboulot humain, et comment la musique le fait étinceler et l’humanise (sauf les marches militaires ?). Il faut préciser que le violoncelliste, Emmanuel Bigand, fondateur de l’ensemble et du projet, est lui-même scientifique et spécialiste en neurones harmoniques.
Les musiciens du quatuor sont donc à l’intérieur de l’organe schématisé en une grande structure métallique qui s’illumine par zones au cours de la présentation par Amélia Donnier, comédienne et chanteuse. Du moins dans la première partie où chaque étape est illustrée par une pièce contemporaine souvent issue du
Alfred Caron
Alain Lambert
Frédéric Léolla
Frédéric Norac
Michel Rusquet
Michaël Sebaoun
Jean-Luc Vannier
Jean-Marc Warszawski
Alfred Caron —Les 4 et 5 mai, l’Académie de l’Opéra-Comique accueillait deux élèves de la Juillard School accompagnés de leur chef de chant, Giancarlo Llerena, pour le premier volet d’une série d’échanges avec la célèbre institution new-yorkaise. Au programme, deux masterclasses publiques, une de Brian Zeger avec deux artistes de l’académie, la soprano Deborah Salazar et le baryton Pierre-Louis Barlet, et la seconde de Louis Langrée avec les deux chanteurs de l’école new-yorkaise, la soprano Fantine Douilly et le ténor Nathan Romporti, autour de la mélodie « française ». Les quatre chanteurs donnaient le soir même un récital dont le programme paraissait intéressant sur le papier, comportant de nombreuses mélodies en français de compositeurs américains, comme Samuel Barber (Mélodies passagères), Charles Ives ou Ned Rorem, à côté de grands classiques, comme les Histoires naturelles de Maurice Ravel ou La Bonne cuisine de Leonard Bernstein.
Frédéric Léolla — Opérerette en trois actes d'Henri Christiné, sur un livret de Albert Willemetz, créée le 10 novembre 1921, Paris, Théâtre des Bouffes Parisiens.
ette charmante opérette est l’objet de commentaire dans le chapître adultère, mais nous ne pouvions pas passer sous silence, à l’heure où l’on parle de voyeurisme, le très joli numéro où le public entend les conseils « Pour bien réussir dans la chaussure » : « porter tout simplement un corsage dont l’échancrure laisse voir des trésors charmants », que la « vendeuse soit capiteuse »… Conseils que les gens du marketing ont désormais su mettre à profit par ailleurs dans tous les domaines.
J’avais apporté de Paris le préjugé qu’on a dans ce pays là contre la musique italienne : mais j’avais aussi reçu de la nature cette sensibilité de tact contre laquelle les préjugés ne tiennent pas. J’eus bientôt pour cette musique la passion qu’elle inspire à ceux qui sont faits pour en juger […] et bientôt je m’engouai tellement de l’opéra, qu’ennuyé de babiller, manger et jouer dans les loges quand je n’aurais voulu qu’écouter, je me dérobais souvent à la compagnie pour aller
suite à ses relations avec Jeffrey Epstein, le chef d'orchestre Leon Botstein démissionne de son poste de président du Bard College à New Yok
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Superbe zarzuela de Ruperto Chapí, à la fois intéressé par le nationalisme le plus authentique (légende du premier acte, jota « No extrañéis lo que se escape »…) et par les influences wagnériennes, présentes dans le magnifique duo du deuxième acte, ce qui est plutôt rare pour l’Espagne de l’époque.
Alfred Caron — Lucie de Lammermoor et non Lucia. Car c’est bien l’adaptation française en trois actes de son chef-d’œuvre napolitain, réalisée par Gaetano Donizetti en 1839 pour le Théâtre de la Renaissance, que propose l’Opéra-Comique. Soyons clairs, il ne s’agit pas que d’un changement de langue. En passant de l’italien au français, l’opéra y a « gagné » de longs récitatifs si explicites qu’ils en deviennent parfois un rien triviaux. Il y a perdu en revanche un rôle, Alisa, la confidente de Lucia et, d’une certaine façon, celui de Raimondo Bidebent, le chapelain de la famille Ashton, privé de ses deux airs et qui se trouve désormais réduit à son intervention dans le chœur de déploration qui suit le meurtre d’Arthur par Lucie et dans le célèbre sextuor.

Frédéric Léolla — Un ex-pirate honnête qui veut refaire sa vie tombe amoureux de la fille d’un général. Mais les autres pirates ne veulent pas laisser partir leur ex-camarade. Bien sûr, tout finira bien pour tout le monde.
Ce bijou de l’opérette, au livret toujours amusant aujourd’hui — un fleuron de l’absurde — et à la musique gracieuse et enjouée, compte une scène de « presque, mais finalement pas ».
Alors que la fille du général et ses amies sont en train de se déshabiller pour prendre un bain, l’ex-pirate, qui assiste par hasard au déshabillage, se présente devant les demoiselles en les priant d’arrêter pour éviter d’être un témoin indiscret.
J. S. Bach, Sonates en trio d’après BWV 1027,1028 & 1029, Les Curiosités esthétiques : Vincent Bernhardt (pianoforte), Jean-Pierre Pinet (traverso), Vincent Roth (violoncello da spalla), EnPhases 2026 (ENP 022).

Frédéric Léolla— Connue et reconnue de son vivant, Clémence de Grandval est aujourd’hui une compositrice dont seuls les plus férus aficionados ont entendu les œuvres. Et pourtant.
Pourtant, à l’écoute de ce Stabat Mater que proposait la Maison de la Radio et de la Musique en coproduction avec l’infatigable Palazzetto Bru-Zane, une question nous taraude : comment a-t-on pu reléguer ainsi cette formidable compositrice au rang des notes en bas de page ?
Dans son Stabat Mater Grandval montre non seulement une maîtrise de la tradition musicale, qu’elle utilise pour donner à son œuvre un parfum de musique sacrée, mais aussi sa connaissance des courants en
Frédéric Léolla — Il est des opéras dont les livrets aujourd’hui peuvent nous sembler le comble de l’innocence, voire de la niaiserie et de la « nunuchitude ». Pourtant, certains d’entre eux, de leur temps, éveillaient pas mal de fantasmes chez les auditeurs/trices.
C’est peut-être le cas de La sonnambula.
Proche par endroits du genre pastoral, avec ses ambiances villageoises aux allures de paradis perdu et ses mélodies éthérées, il y a néanmoins dans cet opéra deux scènes considérées comme « très érotiques » pour son époque.
La scène finale, où la soprano protagoniste chante son air en simple chemise de nuit (!), transformant ainsi le village et le théâtre en peep-show (la zarzuela El barbero de Sevilla [Jiménez y Nieto/Perrín y Palacios], œuvre qui n’a rien à voir avec l’homonyme italien de Rossini, fait
Éclats et derniers feux, Jacques Duphly, Loris Barrucand (clavecin), extraits des quatre livres de clavecin, L'Encelade 2025 (ECL 2504).
Wagner - Mahler, Carlos Païta, Richard Wagner, Le Crépuscule des dieux, extraits musicaux ; Gustav Mahler, Symphonie no 1 « Titan », Royal Symphonie Orchestra, sous la direction de Carlos Païta. Le Palais des dégustateurs 2026 (PDD 056).
Giovanni Battista Pergolesi, Stabat Mater, Elena Bertuzzi (soprano), Marie Pons (contralto), Musica Antica Mediterranea, sous la direction de Christian Mendoze. Indésens-Calliope 2025 (IC 103).
Alain Lambert — Un étonnant trio en fait qui avait peaufiné son projet toute la semaine à Logre à Caen, et le présentait au public ce dimanche après-midi. Nesta Mondelice et Khalifa Belouzaa se connaissent depuis longtemps, depuis le reggae de Positive Radical Sound à la fin du siècle dernier. Puis Nesta a pris le chemin du jazz et joué dans Hand Five ou Tetragone que nous avons relayés ici. Ils ne se sont pas perdus de vue, rejouant plus acoustique à l’occasion, et comme celle-ci fait le larron, ils viennent de s’adjoindre un jeune pianiste chanteur-compositeur de 80 ans installé dans la région, Ray Lema.
Et de créer un spectacle Nous debout dans lequel ils réfléchissent à leur identité, à leurs cultures multiples, avec des chants traditionnels africains ou créoles, et des textes d’auteurs martiniquais, algériens ou congolais, sur la dialectique et le double jeu dominant dominé. Mais aussi à travers leur propre cheminement. Quand le normano-guadeloupéen découvre grâce à un prof de la fac de socio de Caen le concept de créolité que son oncle va lui expliquer par l’exemple. Quand le jeune papa franco-algérien ne peut que répondre « je ne sais pas » à une question existentielle de sa petite fille un jour de manège,
Alfred Caron —Le baryton Huw Montague Rendall que le public a pu découvrir en Pelleas l’année dernière à l’Opéra Bastille donnait son premier récital parisien aux Lundis musicaux de l’Athénée. En bon britannique, il fait montre d’un penchant marqué pour le répertoire français et ouvrait ce concert avec deux cycles francophones, Les Histoires naturelles de Francis Poulenc et La bonne chanson de Gabriel Fauré. Dans le premier, sa sobriété expressive et son français châtié font merveille, lui permettant de donner à ces haïkus de Guillaume Apollinaire et à leur tonalité moderniste quelque peu surréaliste cette fausse gravité pleine de componction qui leur convient. Dans La bonne chanson, la maîtrise n’est pas moindre et il y fait entendre de subtils mezza voce et un usage de la voix mixte raffiné. Mais le registre mystico-sentimental de la poésie de Paul Verlaine, appellerait peut-être un peu plus de simplicité, en tout cas un certain « naturel » qui lui fait défaut. Le chanteur éviterait ainsi cette impression d’une interprétation un peu trop affectée pour être tout à fait sincère. Car si la vocalité est d’un total raffinement,
Alfred Caron — Avec ce Siegfried, troisième volet de sa Tétralogie commencée en 2022, Yannick Nézet-Séguin renouvelait le petit miracle que nous avait semblé alors son Or du Rhin. Sa direction diligente et inspirée transforme l’orchestre sur le plateau en un somptueux décor sonore qu’une esquisse de « jeu scénique » des chanteurs, familiers de leurs rôles, contribue à animer, l’ensemble réussissant une fois de plus le tour de force de faire exister l’œuvre dans cette version de concert de façon aussi vivante, sinon plus, qu’une mise en scène sophistiquée. Le Philharmonique de Rotterdam n’est peut-être pas le meilleur orchestre du monde, comme on l’entend beaucoup dire autour de nous avec une nuance de regret, mais sa complicité avec le chef est patente et lui permet de le faire briller dans toutes ses parties et singulièrement du côté des vents, avec des cuivres et des bois particulièrement affutés. Le chef canadien toujours aussi engagé et attentif en fait le moteur et le narrateur
Michaël Sebaoun — Le Stabat Mater est la dernière œuvre composée par Giovanni Battista Pergolèse (1710-1736). Il est écrit pour deux voix féminines (ou castrats) solistes et cordes. Ses versets, attribués à Jacopone da Todi, datent du début du xiiie siècle et expriment les douleurs de la Vierge au pied de la croix près de son fils.
N o u v e a u t é s
mars-avril 2026
Volta Ornella, Erik Satie en notes et en mots (préféce par Jean-Pierre Armengaud). « L'écart absolu », Les presses du réel, Dijon 2025 [624 p. ; ISBN 978-2-84066-753-7 ; 35 €].
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Knight Jean Pierre, Allo Vinyles. Genève, Slaktine 2025 [212 p.].
Manuel Cornejo (éditeur), Correspondance, écrits et entretiens de Maurice Ravel. « Tel », Gallimard, Paris 2025 [2v., 1488 + 1452 p. ; 32 €].
Delphine Vincent, Pauline Milani (direction), Les silences de la musique : écrire l’histoire des compositrices, « Érudition», Slatkine, Genève 2024.
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