Il reçoit ses premiers cours de violon et de mandoline de son
père, Antonio Paganini, un docker et musicien amateur. Il prend par la suite des
leçons de violon à Gênes, avec Giovanni Cervetto, un violoniste professionnel,
et Giacomo Costa, le directeur de l'orchestre du Théâtre.
À partir des années 1794, il se produit dans les églises
locales et les salons privés. Il est remarqué par le marquis Giancarlo Dinegro,
dont il reçoit les encouragements. Il compose à cette époque Carmagnola,
un cahier de 14 variations pour violon et guitare, sur la « Caramagnole », chant
révolutionnaire français.
Il et se perfectionne auprès d'Alessandro Romma, directeur de
l'orchestre du théâtre ducal, à Parme. Il donne des concerts à bénéfice, pour
subvenir à ses besoins. Il est de retour à Gênes en 1795.
L'invasion de l'Italie par les troupes napoléoniennes, à la fin
des années 1790, provocant le blocus des ports, force Antonio Paganini, à déménager à
Livorno (Livourne), pour trouver du travail dans les docks. Il organise, avec
succès, avec l'aide du consul d'Angleterre, Archibald Mas Neil, des concerts
pour son fils.
En 1801, Paganini s'installe à Lucca (Lucques), où il a un
grand succès, et commence à affirmer son style inhabituel, tant dans le jeu du
violon, que dans l'attitude scénique.
En 1805, il est rémunéré comme premier violon de l'orchestre de
la République, où joue également son frère aîné Carlo est violoniste..
À l'arrivée du prince Felice Baciocchi et de son épouse Élisa
(la sœur de Napoléon), il est rétrogradé au second pupitre, et compense la perte
financière en donnant des cours de violon, dont au prince Felice, et conduit le
nouvel orchestre. Il doit par ailleurs porter l'uniforme de capitaine des
gardes, lors des cérémonies officielles.
Il développe son activité de compositeur, et travaille à sa
première œuvre d'importance, pour violon et orchestre, Napoléon (Sonata
Napoleone), utilisant un accord spécial (scordatura), destiné à l'anniversaire
de l'empereur.
À partir de 1810, quitte
le service de la cour et vit comme artiste indépendant. Il entreprend une tournée en Italie. Il a un grand
succès, mais on lui reproche de prend trop de libertés avec les partitions
originales, à quoi il répond qu'il joue à la manière italienne. Il triomphe à la
Scala de Milan, dirigée par Alessandro Rolla.
En 1814, il est à Gênes (Genoa), où il tombe amoureux
d'Angiolina Cavanna, avec laquelle il passe les quelques mois que dure leur
liaison à Parme, avant qu'il ne revienne dans sa ville natale.
En 1815, à la chute de l'empire, la République de Gènes est
dissoute, la Ligurie est rattachée au royaume de Sardaigne. Considéré comme
jacobin, il doit s'adapter au nouveau régime. Quand le roi Vittorio Emanuele est
de passage à Gènes, Paganini dirige un concert en son honneur et lui dédie trois
quatuors à cordes.
En 1816, il est de nouveau à Milan, où il joue avec le
violoniste Charles Philippe Lafont (1781-1829), le double concerto de Kreutzer.
Lafont lui reprochera de n'avoir pas suivi la partition avec exactitude. Il joue
également à Venise et Trieste, et achève la composition de son concerto pour
violon (opus 6).
Caricarture de Lafont,
par Xavier-Auguste Leprince, vers 1820
En 1818, il donne une série de concerts au centre de l'Italie,
qui le mène à Piacenza, où il rencontre le violoniste polonais Karol Lipiński (1790-1861), et à Bologne, où il rencontre
Rossini avec sa future épouse Isabella Colbran (1785-1845). Il fait la
connaissance de Marina Banti, avec laquelle il décide de se marier.
Isabella
Colbran, épouse de Rossini.
Jusqu'en 1821, il donne de nombreux concerts à Florence, Rome,
Naples et Palerme. Il y fait la connaissance d'Ingres qui réalise son portrait,
et le prince Metterchich, qui l'invite à jouer en Autriche. Il rencontre le
violoncelliste Gaetano Ciandelli, pour lequel il écrit des arrangements.
Paganini,
par Ingres
Malade de la Syphilis, il se rend à Milan, auprès de sa mère,
et se fait soigner à la clinique renommée de Siro Borda (1731-1824) à Pavie.
Puis il séjourne à Cernobbio, chez le général et musicien amateur Domenico Pino,
au bord du lac de Côme, avec lequel il joue des duos violon-guitare. Il y
rencontre peut-être (au début del'année 1824), la cantatrice Antonia
Bianchi (1800-1874) qui devient sa compagne pour plusieurs années.
Il reprend ses tournées de concert en 1824, à Milan et Gènes,
puis voyage avec Antonia Bianchi à Venise et Trieste, où il séjourne avec le
marchand et mélomane génois, Agostino Samengo.
En 1825, il donne des concerts dans les théâtres de Rome,
séjourne à Naples et à Palerme, où naît Achille Cyrus Alexander, le fils de
Paganini et d'Antonia Bianchi.
En 1827, après des concerts à Naples, il se rend à Rome pour
être reçu par le pape Léon XII, dans l'ordre de l'Éperon d'or, il continue, dans
le courant de l'année une tournée de concerts à Livourne, Florence, Bologne,
Gênes, Milan et Turin
En 1828, il se rend à Vienne, et triomphe en Autriche. Antonia
chante à ses côtés. Il est admis parmi les virtuoses de la chambre de
l'empereur. Il se sépare d'Antonia Bianchi et obtient la garde de leur
enfant.
Il rencontre Julius Schottky à Prague, qu'il rémunère en tant
que biographe.
En 1830, il fait une tournée triomphale dans la plupart des
grandes villes allemandes, il y rencontre Robert Schumann et Clara Wieck (ils se
marient en 1840), Spontini et Meyerbeer. Il est rémunéré comme maître de
chapelle du roi de Prusse.
De passage en Pologne, il y rencontre Chopin et de nouveau
Karol Lipiński.
Il rencontre le critique musical, écrivain et artiste Ludwig
Peter August Burmeister, connu sous le nom de Lyser, qui fait de lui des
esquisses sur le vif, en concert et en privé.
Paganini s'installe à Frankfurt (Francfort) avec son fils. Il y rencontre
Karl Guhr, qui après l'avoir observé, écrit un traité sur sa technique du
violon. Cet ouvrage, traduit en plusieurs langues, à un grand succès. Son ami
Lazzaro Rebizzo le rejoint et devient son secrétaire.
Il se rend à Paris en février 1831, où il triomphe une fois
encore. Il rencontre de nouveau Rossini, Paër, Giuditta Pasta et Maria
Malibran. L'impresario Laporte l'engage pour une tournée en Grande-Bretagne, qui
le mène jusqu'en Irlande.
«
The Modern Orpheus », Opera House (Haymarket), 3 juin 1831
Au cours des années 1832-1833, il partage sa vie entre Paris et
Londres. Il rencontre Charlotte Watson, la fille de son accompagnateur, en
envisage de fuir avec elle en France. En 1833, il achète une villa à Gaione
(Parme), par l'intermédiaire de l'avocat Luigi Guglielmo Germi (1785-1870), son
administrateur et ami intime.
En 1834, il passe une commande à Berlioz, d'un concerto pour
viole et orchestre, projet qui tourne court. Il effectue une tournée en
Belgique, puis en Angleterre.
À la fin du mois de juin 1835, il se rend à Boulogne afin de
rencontrer en secret Charlotte Watson, mais le père s'interpose, ce qui est
prétexte à une campagne de presse.
Il retourne en Italie, pour prendre livraison de sa maison, à
Gaione. Il donne des concerts à Gênes, où il est récompensé par une médaille
d'or de la ville, Piacenza et Parme.
Yehudi Menuhin (violon) et Adolph Baller (piano), interprètent le
« Moto Perpetuo » (1947)
En raison de l'épidémie de Choléra de 1935 à Parmes, le bruit
court que pagano est mort. Son décès est annoncé par la presse parisienne, qui
publie d'importantes nécrologies, fin août-début septembre.
En 1835, la duchesse de Parme, Maria Luigia (veuve de
Napoléon), l'invite à prendre part au Conseil des arts du théâtre ducal. Il
donne des concerts à Parme, il est nommé surintendant à la cour.
Il quitte ce poste l'année suivante et se rend à Turin pour
faire légitimer sa paternité, ce qui lui est accordé par Carlo Alberto de
Savoye, le roi de Sardaigne.
Après une tournée à Nice et Marseille, il revient à Gêne, où il
rédige son testament. Il donne un concert de charité à Turin, en remerciement de
sa reconnaissance de paternité.
Il est en juin 1837, à Paris, pour superviser l'ouverture d'une
salle de concert portant son nom, le « Casino Paganini », où il devait jouer
deux fois par semaine. Le projet échoue, en grande partie à cause de la maladie.
Il a signé de nombreuses souscriptions sous le nom de son secrétaire et ami
Lazzaro Rebizzo.
En 1838, il essaie divers traitements pour sa maladie à Paris,
mais aucun n'a d'effet. Il assiste toutefois aux Concerts de Berlioz, et lui
apporte 20.0000 francs en décembre.
Il est à Marseille en 1839, quand il apprend que la justice a
examiné l'affaire du casino, et le condamne à une très lourde amende. Il fait
appel du jugement.
Il fait une cure à Balaruc et à Vernet. Ne pouvant plus se
produire en public, il commence à vendre ses instruments, par l'intermédiaire du
violoncelliste milanais Vincenzo Merighi..
En 1840, après un court séjour à Gênes, il se rend à Nice, où
son état de santé se détériore subitement. Il meurt le 27 mai.
Plaque
apposée sur la maison de Nice
Déclaré « sans dieu » par l'évêque
de Nice, il ne peut être enterré dans un cimetière. Son
corps, embaumé, est laissé dans sa maison de Nice pendant deux
mois, après lesquels les autorités exigent qu'il en soit retiré.
Ses amis Germi et Rebizzo, tentent sans effet d'obtenir un assouplissement de
la loi. Après avroi été à Cap Ferrat, le corps est
gardé à la villa Romairone à San Biagio.
Il est définitivement inhumé en 1876 au cimetière
de Parme.
Jascha Heifetz interprète le 24e Capriccio
Catalogue des œuvres
M.S. = Catalogue de Maria Rosa Moretti et Anna Sorento
M.S. 1, Carmagnola con variazioni, 14 Variations sur le
chant révolutionnaire français « La Carmagnole »,
pour violon et guitare
M.S. 21, op. 6, Concerto n° 1, en ré majeur, pour violon
et orchestre [Version piano
et violon ;
M.S. 22, op. 12, Non più mesta, varations sur le rondo «
Non più mesta
accanto al fuoco » de l'opéra « Cenerentola » de Giacomo Rossini, en
mi bémol majeu, pour violon et orchestre [version
violon et piano]
M.S. 23, Sonata a Preghiera, « Mose Fantasia », ), variations
sur le thème « Dal tuo stellato » de l'opéra «
Mose », de Giacomo
Rossini, en fa majeur, pour violon et orchestre [version
pour violon et piano ;
partie de violon]
M.S. 43, 1818-1819, 43 Ghiribizzi, pour guitare seule
M.S. 44, 1820-1821, Nel cor piu non mi sento, Introduction et variations, en
sol majeur, sur l'air « Nel cor piu non mi sento » de
l'opéra « La bella molinara » de Giovanni Paisiello,
pour violon seul [autre
gravure annotée ; autre
gravure]
M.S. 45, 1823, op. 19, Cantabile e Valtz, en mi majeur, ,pour violon
et guitare
M.S. 47, 1827, Sonata con variazioni, en mi majeur, sur le thème
« Pria
ch'io l'impegno » de l'opéra « L'amor marinaro »
de Joseph Weigl, pour violon et orchestre [version
violon et piano]
M.S. 57, Sonata Varsavia, variations sur une mazurka de J. Elsner,
pour violon et orchestre
M.S. 59, 1929-1930, op. 10, Il Carnevale di Venezia, variations en
la majeur, sur le chant napolitain «O mamma, mamma cara »
en la majeur, pour violon et orchestre [version
pour violon et piano]
M.S. 77, 1819, op. 13, Il Palpiti, variations en la majeur, sur le thème
« Di tanti palpiti » de l'opéra « Tancredi
» de Giacomo Rossini, pour violon et orchestre [version
violon et piano ; partie
de violon]
M.S. 79, Marie Luisa, sonate avec variations, en mi majeur, pour quatuor
à cordes (aussi pour pour violon et orchestre)
M.S. 80, Valse
M.S. 81, Inno patriottico, en la majeur, pour violon seul
M.S. 82, Tema variato, en la majeur, pour violon seul
M.S. 83, Sonate pour violon seul
M.S. 84-97, 22 pièces pour guitare seule (5 Sonatines, Allegretto en la majeur, Sonate en
mi majeur, Andantino en sol majeur, Andantino en do majeur,
Allegretto en la majeur, Allegretto en la mineur, Valse en
do majeur, Rondoncino en mi majeur, valse en mi majeur, Andantino
en do majeur, Sinfonia della Lodovisia en ré majeur pour guitare
seule, Andantino en sol majeur, Valse en do majeur, Trio en fa
majeur, Andantino en fa majeur, Marcia en la majeur, Sonata en la majeur, pour
guitare seule, Marziale (con Trio), en mi majeur)
M.S. 106, Menueto, en mi majeur, pour mandoline seule
M.S. 107, 3 Duos concertants, pour violon et violoncelle
M.S. 109, op. 17, Cantabile en ré majeur, pour violon et piano
M.S. 110, 6 duos pour violon et guitare
M.S. 111, Duetto amoroso, en do majeur, pour violon et guitare
M.S. 112, après 1828, 18 Centone di sonate, pour violon et
guitare
En 1833, Paganini doit faire réparer son violon préféré,
le Guarneri « Del Gesù », dit le « Cannone ».
L'instrument est confié au luthier Jean-Baptiste Vuillaume (1798-1875).
Vuillaume répare le « Cannone » et en
réalise une copie, que Paganini, désire acheter. En fait, Vuillaume le
lui offre, en témoignage de son admiration.
En 1840, alors que Paganini, trop malade pour pouvoir encore
se produire, vend ses instruments, son avocat et ami,
Luigi Guglielmo Germi, propose de vendre le « Vuillaume »
à son élève Camillo Sivori (1815-1894).
Paganini se range à cette idée et fait envoyer
les 500 francs de la vente à Vuillaume.
Peu après la mort de Sivori, en 1894, ses héritiers
offrent l'instrument à la Ville de Gênes
qui le conserve depuis au Palazzo Tursi aux côtés
du violon de Paganini. Il ne put être joué qu'à partir de
1992, après sa restauration par le luthier Renato Scrollavezza, le
soin de le restaurer.
Bibliographie
Berri Di Pietro,
Paganini : documenti e testimonianze. Genova 1962
Codignola M.,
Arte e magia di Nicolò Paganini. Milano 1960
Condat Jean-Bernard,
Nicolo Paganini, musicien magicien ou mutan de marfan ? Honoré Champion
de Courcy Géraldine I. C.,
Nicolo Paganini, Chronologie seines Lebens. 1962
Neill Edward.,
Paganini Il cavaliere filarmonico. Genova 1990
—,
Nicolo Paganini. Fayard, Paris
Prod'homm Jacques-Gabriel, Paganini, Paris, Henri Laurens
Rey Xavier,Paganini, le romantique italien. L'Harmattan, Paris 1999 [préface de Gérard Poulet]
Saussine Renée. de,
Paganini, le magicien. Gallimard, Paris
Discographie
Paganini 24
Caprices (version avec accompagneùmen de piano de Robert Schumann) Ingolf
Turban, violon ; Giovanni Bria, piano Enregistré de novembre
1993 à juillet 1994, Tonstudio van Geest, Heidelberg. Claces Records
1994, CD 50-9416
Paganini «
Played on Paganini's violin » The 6 Violin Concertos Unpublished
Adagio Massimo Quarta, violon et direction Orchestra del Teatro Carlo
Felice di Genova Dynamic CDS 450/1-4 (4 volumes) avec enregisterment vidéo
des répétitions et histoire des violons de Paganini
Paganini Violin
Concerto n° 1 Spohr Violin Concerto n° 8 Hulary
Hahhn violon Swedish Radio Symphony Orchestra Eiki Oue, direction Enregistré
et mastériser à Berlin, Deutsche Grammophon 2006
Paganini Violin
Concerto n° 4 Sonata Varsovia Gidon Kremer, violon Wiener Philharmoniker Riccardo
Muti, direction Philips 446 718-2
Paganini Centone
di sonate per violino e chitarra (II) Luigi Alberto Bianchi, violon Maurizio
Preda, guitare Dynamic CDS 84 sonates 1-6
Nicolo
Paganini 30 Sonate per violino e chitarra (Lucca 1805-0808) Luigi
Alberto Bianchi, violon Maurizio Preda, guitare Dynamic 43/2 (2
volumes)
Paganini Concerto
pour violon n° 6 Le Streghe. Non piu mesta. Sonata & Variazioni Salvatore
Accardo, violon London Philharmonic Orchestra Charles Dutoit, direction Deutsche
Grammophon, 1974, 4230717-2
Paganini Concertos
pour violon 1 & 2 Yehudi Menuhin, violon Royal Philharmonic Orchestra Alnerto
Erede, direction Enregistré en octobre et novembre 1960, Kingsway
Hall, London. Numérisé en 1987. EMI CDC 7 47088 2.
Paganini Integrale
per Amandorlino & chitarra francese Sandro Volta, guitare à
la française Carlo Aonzo, mandoline génoise Arion 1998,
ARN 68420
Paganini 24
Caprices Eliot Fisk Guitare Enregistré en août et septembre
1991 Musicmasters, 1992
John
Williams « Guitar Recital » Nicolò Paganini Caprice
n° 24 Grand Sonata for Guitar Domenico Scarlatti Sonatas
for Keyboard Nos. 1-555 Heitor Villa-Lobos Five Preludes Mauro
Giuliani Variations on a Theme by Handel John Williams, guitare Enregistrements
entre 1964 et 1974 Sony Classical
Une
version pop rock latino, du 24e Caprice par Vanessa Mae En public au Royal Albert Hall
Jean-Marc
Warszawski Refonte de la page 31 décembre 2009