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Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte : la musique instrumentale en Allemagne de Beethoven à Schubert.

La sonate opus 57 (no 23), « Appassionata » de Ludwig van Beethoven

Les sonates pour piano : Opus 2, nos 1, 2, 3 - Opus 7 - Opus 10 - Opus 13 - Opus 14 - Opus 22 - Opus 26 - Opus 27 - Opus 28 - Opus 31 - Opus 49 - Opus 53 - Opus 54 - Opus 57 - Opus 79 - Opus 81a - Opus 90 - les cinq dernières sonates (opus 101, 106, 109, 110, 111).

Célèbre entre toutes, cette sonate en fa mineur opus 57, sous-titrée « Appassionata » par un éditeur bien inspiré, fut esquissée en 1804 et achevée un ou deux ans plus tard. Avec son atmosphère particulièrement tragique, allant parfois jusqu’à une insoutenable violence, « elle a fait couler beaucoup d’encre – Romain Rolland parle d’« un torrent de feu dans un lit de granit, mais c’est un chef-d’œuvre de musique pure, l’un des plus parfaits et impressionnants de son auteur, qui, [paraît-il], sur le tard, le préférait à toutes ses autres sonates. »69 On demeure en effet confondu devant la puissance de feu des premier et troisième mouvements, et admiratif au plus haut degré de la « gestion dramatique » d’un ensemble dans lequel Beethoven intercale un Andante à variations qui commence dans un climat de grave méditation, semble peu à peu s’élever vers des horizons plus lumineux, puis fait sourdre l’inquiétude avant les deux accords ouvrant la voie au tumultueux finale. Il faudrait bien sûr s’attarder sur chacune des pages de l’œuvre, à commencer par le formidable premier mouvement, en détailler les lignes de force, en expliquer les différents ressorts, parmi lesquels les changements de tempo ou d’intensités ou l’exploitation du pouvoir dramatique de la sonorité, bref, entrer plus avant dans une œuvre qui fait depuis toujours l’émerveillement des analystes. Mais cette grandiose sonate, on le sait, n’a guère besoin d’une argumentation laborieuse pour conquérir le cœur des foules… Contentons-nous d’observer avec Guy Sacre qu’après avoir mis un point final à cette œuvre à travers « une coda torrentielle, vertigineuse, comme arrachée de force au clavier », Beethoven va attendre plusieurs années, et en quelque sorte reprendre son souffle, avant d’écrire une nouvelle sonate.

Ludwig van Beethoven, sonate opus 57 (no 23), « Appassionata », 1. Allegro assai, 2. Andante con moto, 3. Allegro ma non troppo - Presto, par Paavali Jumppanen.

 

 

plumeMichel Rusquet
20 septembre
2019

 

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69. Szersnovicz Patrick, dans « Le Monde de la musique » (238), décembre 1999.

 

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bouquetin

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