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Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte : la musique instrumentale en Allemagne de Beethoven à Schubert.

La sonate opus 28 (no 15 « pastorale » de Ludwig van Beethoven

Les sonates pour piano : Opus 2, nos 1, 2, 3 - Opus 7 - Opus 10 - Opus 13 - Opus 14 - Opus 22 - Opus 26 - Opus 27 - Opus 28 - Opus 31 - Opus 49 - Opus 53 - Opus 54 - Opus 57 - Opus 79 - Opus 81a - Opus 90 - les cinq dernières sonates (opus 101, 106, 109, 110, 111).

Dernière née de la floraison de quatre sonates (avec les opus 26et 27) de l’année 1801, cette vaste et paisible sonate opus 28 en majeurabandonne momentanément les tentatives de renouvellement de la forme. « Sous-titrée Pastorale par l’éditeur hambourgeois Cranz – le même qui baptisa l’opus 57 Appassionata, cette sonate justifie son qualificatif pour une fois judicieux par le climat et la couleur de ses mouvements extrêmes. Toute passion semble absente de cette œuvre de communion panthéiste, transparente et simple en dépit de ses dimensions imposantes. »59  Tout y semble en effet si limpide qu’on a peine à croire qu’à l’époque ses premier et troisième mouvements aient pu être qualifiés par la critique « d’originaux jusqu’à l’étrangeté et l’extravagance. »

Sœur aînée de la sixième symphonie, cette autre « Pastorale », composée par un homme qui écrivait « Aucun homme ne pourra aimer la nature autant que moi », véhicule, tout au long de ses quatre mouvements,  la même impression de calme et de joie idyllique. C’est dire qu’à défaut d’y trouver les marques du musicien en lutte avec le destin, on y apprécie sans retenue la fraîcheur agreste de l’Allegro initial, le climat mélancolique de l’Andante (morceau que, paraît-il, Beethoven aimait beaucoup jouer pour lui-même), l’humeur fantasque du Scherzo, et bien sûr le caractère effectivement « pastoral » du final, avec ses thèmes bucoliques et ensoleillés que viennent juste troubler quelques passages plus « orageux ».

Ludwig van Beethoven, Sonate opus 28 en majeur « Pastorale », 1. Allegro, 2. Andante, 3. Scherzo : Allegro vivace, 4. Rondo: Allegro ma non troppo, par Richard Goode.

 

 

plumeMichel Rusquet
14 septembre
2019

 

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Notes

59. Szersnovicz Patrick, dans « Le Monde de la musique » (238), décembre 1999.

 

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bouquetin

Samedi 14 Septembre, 2019 3:35