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Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte : la musique instrumentale en Allemagne de Beethoven à Schubert.

La sonate opus 22 (no 11)  de Ludwig van Beethoven

Les sonates pour piano : Opus 2, nos 1, 2, 3 - Opus 7 - Opus 10 - Opus 13 - Opus 14 - Opus 22 - Opus 26 - Opus 27 - Opus 28 - Opus 31 - Opus 49 - Opus 53 - Opus 54 - Opus 57 - Opus 79 - Opus 81a - Opus 90 - les cinq dernières sonates (opus 101, 106, 109, 110, 111).

Retour à la « grandeur », à un certain « héroïsme » et, jusqu’à l’excès, à la recherche du brio pianistique. De 1799-1800, donc contemporaine de la 1re symphonie, cette vaste sonate opus 22 en si bémol majeur ne justifie qu’imparfaitement l’opinion du compositeur qui pourtant la jugeait « particulièrement réussie ». « Intitulée grande sonate, comme chaque fois que Beethoven en publie une toute seule et en quatre mouvements, elle est curieusement dépourvue de réelle inspiration, si l’on excepte le milieu du mouvement lent. Elle ne manque pourtant ni de fermeté dans le trait, ni de rigueur dans la construction. Mais Beethoven s’y répète, s’y parodie ; on le sent à ce moment exact où il a suffisamment pris conscience de son style pour pouvoir, sans qu’il lui en coûte, fabriquer du Beethoven sur commande. Voilà pourquoi cette sonate ferme une époque ; les suivantes rompront d’un coup avec cette manière, où il courait le risque de tourner à vide. »48 Même si l’auditeur a de quoi rester admiratif, tout ou presque en effet risque de le laisser de marbre dans le solide premier mouvement comme dans les deux derniers. Heureusement, « le mouvement lent (en mi bémol majeur, adagio con molta espressione) a plus d’âme, et plus d’invention. Une longue cantilène s’y déploie, italianisante, sur de paisibles accords battus, où viennent pourtant se heurter (suavement, diront certains…) quelques longues appogiatures. Le milieu surtout nous retient, avec ces ondes de doubles croches aux deux mains, par-dessus lesquelles la droite marque un motif sanglotant ; harmonies troublantes, et un accent soudainement désespéré, qui est inoubliable. »49

Sonate opus 22 en si bémol majeur, par Sviatoslav Richter.

 

 

plumeMichel Rusquet
10 septembre
2019

 

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Notes

48.Sacre Guy, La Musique de piano, Robert Laffont, Paris 1998, p. 337.

49. Ibid., p. 338.

 

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Mardi 10 Septembre, 2019 5:49