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jeudi 3 mars 2011

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« Ariane à Naxos » transposée à
Bordeaux dans l'univers de l'art
contemporain

L'Opéra national de Bordeaux présente jusqu'à jeudi une nouvelle production de l'œuvre de Richard Strauss « Ariane à Naxos », transposée par l'Américain Roy Rallo dans l'univers new-yorkais de l'art contemporain.

Sur la scène, façon galerie d'Andy Warhol, des artistes aux longues nattes, plumes sur la tête, côtoient d'austères chanteurs d'opéra. « Entre ordre et chaos, le lieu est conçu pour accueillir un mélange des genres, de différents types de personnes et de manières de penser », a déclaré à l'AFP Roy Rallo, qui signe là sa première production française.

Dans le loft de béton, autour d'un minotaure en carton pâte, les artistes s'observent, se moquent, en attendant de se produire pour une soirée privée quand tous apprennent avec stupeur la décision aberrante de leur mécène: la pièce comique et l'opéra tragique, prévus pour être joués l'une après l'autre, devront être intégrés dans un seul et même spectacle. Une opérette de la « vulgarité humaine » devra être fondue dans « une œuvre à dormir debout » incarnant « la solitude humaine », peut-on entendre sur scène, pour finir par réconcilier les genres.

Sous la direction musicale de Kwamé Ryan, « la pièce traite du processus universel de création et de cette notion de transformation par laquelle on doit passer dans la vie », a souligné le metteur en scène américain, dont l'objectif est de « laisser un sentiment » au spectateur.

L'opéra en deux parties, créé à Stuttgart en 1912, a provoqué « un mélange de plaisir et de déplaisir » dans le public, a ressenti Roy Rallo. Le spectateur découvre l'envers du décor, les préparatifs, avant d'assister au spectacle proprement dit où un long monologue est rompu par un ballet séduction, où les drapés noirs et blancs s'égayent de strass et de paillettes. Pour l'Américain, « ce mélange des gens et des manières de penser appartient à toutes les époques ».

jeudi 3 mars 2011

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Le secret d'un voix, la cyprotérone
et Michael Jackson

Un médecin marseillais féru d'opéra s'est pris de passion pour le phénomène Michael Jackson, au point d'écrire un livre sur cette voix hors norme qui pourrait, selon lui, avoir été modelée par des traitements hormonaux que le chanteur aurait pu prendre dans sa jeunesse.

« A sa mort, j'ai réalisé qu'il était un phénomène hors du commun », a expliqué à l'AFP Alain Branchereau, professeur de chirurgie vasculaire au Centre hospitalier universitaire de La Timone. « Je me suis dit : C'est une voix de castrat ! »

En discutant avec des confrères, notamment endocrinologues, le médecin aboutit à la thèse d'une « castration chimique », via un médicament, nouveau à l'époque, basé sur une anti-hormone mâle de synthèse, la cyprotérone.

« A 12 ans, Michael Jackson a de l'acné, on en est sûr, il en a parlé lui-même comme d'une tragédie. Ce que j'imagine qu'il a pu se passer est qu'on ait proposé à son entourage ce traitement miracle », dit-il, précisant ne pas avoir sollicité les proches du chanteur pour son ouvrage, « Michael Jackson, le secret d'une voix », à paraître le 9 mars.

Le traitement « bloque la puberté, la voix ne peut muer », ajoute-t-il, expliquant avoir basé ses recherches sur la lecture d'une vingtaine d'ouvrages, l'étude de photos, les avis de spécialistes de dermatologie, physiologie de la voix, chirurgie esthétique ou urologie et même d'un ancien petit chanteur à la Croix de bois.

Selon lui, le produit stoppe pilosité et larynx et fait que les os continuent de s'allonger sans se souder. Ce qui donne une fine constitution mais aussi un gros coffre de poitrine. Le traitement fini, le larynx reste comme il est. « Il garde toute sa vie un larynx d'enfant sur un corps d'homme », dit Alain Branchereau.

Habituellement, à l'adolescence, la mue fait que la voix devient pendant un temps incontrôlable. « Or Michael Jackson ne s'est jamais arrêté de chanter », note-t-il.

« Un élément fondamental de ma thèse est le caractère exceptionnel de cette voix, qui s'étend sur trois octaves. Or des voix d'hommes qui s'étendent sur trois octaves, je n'en ai pas trouvées », insiste Alain Branchereau, qui se dit « convaincu que c'est ça ». Tout en ajoutant : « Mais ce n'est qu'une hypothèse, c'est ma thèse« . Selon lui, il n'y aura « jamais de preuve », « sauf si l'entourage » s'exprime.

jeudi 3 mars 2011

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Exposition à New York de
costumes de scène et bijoux de
Maria Callas

Une exposition de costumes de scène, robes, bijoux et autres souvenirs de Maria Callas, « Une femme, une voix et une légende », ouvre ses portes mercredi à New York.

Organisée par l'Institut culturel italien en collaboration avec le Consulat général de Grèce et la Fondation Stavros Niarchos, elle permet de voir une partie de l'importante collection rassemblée par le président de l'Association Maria Callas, Bruno Tosi.

On peut ainsi admirer des costumes de scène célèbres, dont la robe portée par « la Divine » dans la « Tosca » mise en scène par Franco Zeffirelli en 1965, ou encore deux tenues de Violetta, l'héroïne de « La Traviata », chantée par Maria Callas à New York en 1956 et 1958.

Tous les costumes sont postérieurs à 1953 ou ont été retouchés après que la cantatrice, qui jeune pesait 108 kilos, eut perdu 40 kilos à la demande notamment du réalisateur de cinéma et metteur en scène de théâtre Luchino Visconti.

« Elle mesurait 1m73 et avait un tour de taille de 58 centimètres », raconte à l'AFP Bruno Tosi en parcourant les salles d'exposition. « Et en 1956 elle fut proclamée une des dix femmes les plus élégantes du monde. »

Parmi les autres objets présents, un chemisier et une jupe noirs d'Yves Saint-Laurent que Maria Callas portait souvent lorsqu'elle fut directrice de la prestigieuse Julliard School à New York en 1971-1972, et des colliers en cuivre doré dessinés par Pier Paolo Pasolini, avec qui elle tourna Médée, son seul rôle au cinéma.

Depuis la mort de la diva en septembre 1977 à 53 ans, M. Tosi a acheté à des ventes aux enchères ou à des particuliers une soixantaine de costumes de la légendaire soprano, plus de 70 lettres, des milliers de photos et les archives d'articles écrits sur elle et d'enregistrements divers.

Il s'apprête à offrir sa collection à la ville de Venise, qui devrait selon lui ouvrir en 2012 un musée dédié au monstre sacré du bel canto.

jeudi 3 mars 2011

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Groupe de rock japonais en
uniforme nazi : Sony Music
présente des excuses

Sony Music a présenté mercredi des excuses après qu'un de ses groupes de rock japonais s'est affiché en uniforme nazi lors d'une émission de la chaîne MTV, provoquant la fureur d'une association juive américaine.

Le Centre Simon Wiesenthal, basé à Los Angeles, a exprimé « sa surprise et sa consternation » en voyant les six membres du groupe de J-pop Kishidan vêtus d'uniformes noirs ressemblant à ceux des SS, avec des insignes nazis, comme la Croix de Fer, la tête de mort et l'aigle.

« Nous regrettons sincèrement et présentons des excuses pour le désarroi causé au Centre Simon Wiesenthal et à tous ceux qui se sont sentis concernés », a déclaré Sony Music Artists, dans un communiqué diffusé tôt mercredi matin à Tokyo.

« Les membres de Kishidan expriment eux aussi de profonds regrets et présentent des excuses », poursuit la déclaration signée par le président Kimikazu Harada et le directeur général Akira Takahashi.

La société a souligné que l'apparition en uniforme sur la chaîne MTV le 23 février « n'était pas destinée à envoyer un quelconque message idéologique » et a promis que « Kishidan n'utilisera plus à l'avenir ce costume qui va être immédiatement jeté ».

L'un des responsables du Centre Simon Wiesenthal, le rabin Abraham Cooper, a reproché mardi aux jeunes Japonais d'être « lamentablement informés des crimes contre l'humanité commis pendant la deuxième guerre mondiale » par le Japon impérial et l'Allemagne nazie.

Dans un communiqué transmis mardi soir à l'AFP, la direction de MTV Japan a déclaré qu'elle « n'avait jamais eu l'intention d'offenser qui que ce soit » et a annoncé qu'elle avait retiré de son site internet les images et photos du groupe nippon.

jeudi 3 mars 2011

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Institut Néerlandais de Paris : «  Un
cri pour la culture », table ronde
le jeudi 10 mars à 19 h

A l'automne dernier, on a manifesté aux Pays-Bas contre les coupes budgétaires dans la culture prévues par le nouveau gouvernement : « Un cri pour la culture ». C'est sous ce titre que l'Institut Néerlandais entame un débat franco-néerlandais : culture élitiste ou culture populaire ? Quel rôle pour l'Etat dans le financement de la culture ? Quel position pour les intellectuels, quel avenir pour les institutions ? Avec Frédéric Martel, écrivain, journaliste, Rob Riemen, essyaiste, Harry de Winter, entrepreneur culturel et Marc Restellini, directeur de la Pinacothèque (sous réserve). Modérateur : Fouad Laroui, scientifique et auteur. Entrée gratuite, réservation recommendée.

Institut Néerlandais de Paris, 121 rue de Lille 75007.  01 53 59 12 40. info@institutneerlandais.com  ; https://www.institutneerlandais.com

jeudi 3 mars 2011

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Pas de procès pour les
organisateurs de l'exposition
« Présumés innocents

Les organisateurs de l'exposition bordelaise « Présumés innocents » n'auront pas à subir un procès pour diffusion d'images pornographiques de mineurs, a tranché mercredi la Cour de cassation, en confirmant une décision rendue il y a un an par la cour d'appel de Bordeaux.

Intitulée « Présumés innocents. L'art contemporain et l'enfance », l'exposition controversée remonte à l'année 2000. Organisée par le musée d'art contemporain de Bordeaux, le CAPC, elle présentait 200 œuvres, photographies, vidéos et autres installations de 80 artistes internationaux reconnus dont Christian Boltanski, Annette Messager ou Garry Gross.

Certaines œuvres quelque peu transgressives ou représentant des enfants nus avaient choqué l'association catholique de protection de l'enfance La Mouette, qui n'admettait pas que de tels clichés, selon elle pornographiques, puissent être accessibles à des mineurs.

L'association avait alors porté plainte contre le directeur des musées de Bordeaux, Henry-Claude Cousseau (aujourd'hui directeur de l'Ecole nationale supérieure des Beaux Arts de Paris) et les deux commissaires de l'exposition, pour « diffusion de message violent, pornographique ou contraire à la dignité accessible à un mineur » et « diffusion de l'image d'un mineur présentant un caractère pornographique ».

A l'issue d'une longue enquête, un juge d'instruction bordelais avait renvoyé les trois hommes en juin 2009 devant le tribunal correctionnel afin qu'ils y soient jugés.

Mais en mars 2010, la cour d'appel de Bordeaux avait infirmé ce renvoi et prononcé un non-lieu.

La Mouette s'était alors pourvue en cassation. Mais mercredi, la chambre criminelle de la Cour de cassation a rejeté ce pourvoi, rendant définitif le non-lieu.

« Pour Henry-Claude Cousseau, c'est l'épilogue de dix années de cauchemar », s'est réjoui son avocat, Me Richard Malka, avant d'ajouter: « c'est une défaite salutaire des ligues de vertu, qui avaient malheureusement trouvé un écho auprès d'un juge d'instruction et qui ont tenté d'imposer leur vision névrotique de la sexualité à une société dans son ensemble, en assimilant art et pornographie. »

« S'il fallait retirer tous les nus des musées pour plaire à quelques talibans névrosés, on devrait fermer la moitié du Louvre », a ajouté l'avocat.

jeudi 3 mars 2011

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Les secrets de fabrication des
séries US: une mécanique bien huilée

Armée de scénaristes sous la houlette d'un « show-runner », univers originaux et sans tabou: le succès des séries américaines, qui essaiment sur les écrans du monde entier, répond à une mécanique bien rodée, dont les Français commencent à s'inspirer.

« Ce qui distingue les séries US des séries françaises, c'est surtout l'écriture, avec un vrai pool d'une dizaine de scénaristes, sous la direction d'un chef d'orchestre, le show-runner », décrypte Sheily Lemon, consultante audiovisuelle chez le cabinet IMCA, interrogée par l'AFP.

« Cette figure du show-runner, c'est à la fois le créateur de la série, un scénariste et un auteur. En plus, il a la casquette de producteur. A ce titre, c'est lui qui choisit les réalisateurs et les comédiens, est présent sur le plateau et fait le montage », détaille Fabrice de La Patellière, directeur de la fiction de Canal +. Un homme-orchestre qui donne la couleur de la série.

Un système industriel rodé depuis des années qui tranche avec les méthodes artisanales françaises.

Mais la différence de moyens financiers n'explique pas tout. En France, relève Pierre Sérisier, créateur d'un blog reconnu sur « Le Monde des séries », « il y a de multiples intervenants et tous ces parasitages pèsent sur la qualité du produit fini ».

Avec la série culte « Mad Men », qui a raflé de multiples récompenses aux Etats-Unis, l'Américain Matthew Weiner a gagné ses galons de show-runner.

De passage à Paris récemment, il a expliqué lors d'une masterclass avoir commencé à écrire le pilote de « Mad Men », portrait acide du milieu de la pub dans le New York des années 60, avant de faire ses classes sur une autre série culte « Les Soprano ».

Entre Tony Soprano, anti-héros mafieux, et les publicitaires de « Mad Men », phénomène culturel, un trait commun: l'exploration d'un univers original.

Pour s'assurer que les gestes et les dialogues sont bien ficelés, pas d'amateurisme. « Pour la série Urgences, l'auteur est médecin, pour la série judiciaire Ally McBeal c'est un avocat et pour The West Wing (La Maison Blanche), les auteurs sont d'anciens conseillers de Bill Clinton », souligne Sheily Lemon.

Mafia, guerre des gangs, drogue, homosexualité, tensions intercommunautaires: pas de tabous pour les séries américaines ou anglo-saxonnes, moins frileuses que leurs homologues françaises. Avec un réalisme parfois cru, comme dans la série « Dexter ».

A défaut de copier les méthodes américaines, « on peut s'en inspirer », estime Fabrice de La Patellière.

Canal + qui a assis sa réputation avec des séries « maison », comme « Engrenages » ou « Mafiosa », joue les pionniers.

Pour la série policière « Engrenages », vendue dans plus d'une soixantaine de pays, l'auteur a aussi coiffé la casquette de réalisateur avec des auteurs qui ont collaboré aux différents épisodes.

Mais pour Fabrice de La Patellière, l'un des freins en France à la « writing room », la fameuse chambre d'écriture, reste les droits d'auteur.

« Le copyright à l'américaine se prête mieux à l'écriture collective que le régime français des droits d'auteurs », explique-t-il. « Avec le copyright, un auteur écrit, est payé et ensuite il n'a plus de droits sur son scénario ».

Une différence de taille avec la France où le droit d'auteur est inaliénable et donne à l'auteur un droit sur ce qu'il a écrit, à vie. Un système qui devient plus complexe lorsque plusieurs auteurs écrivent ensemble des scénarios de plusieurs épisodes.

jeudi 3 mars 2011

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Lettre ouvert de La pensée de
midi à la Région PACA

( En réponse au communiqué de presse publié par la Région du 23/02/2011)

Il fut un temps où cette Région était fière de défendre une revue littéraire et de débats d'idées. C'était, il est vrai, il y a un peu plus de dix ans, lorsque Toulon, Vitrolles, Marignane, Orange, étaient aux mains du Front National...

Il fut un temps où cette Région se préoccupait de culture, de réflexion, où elle encourageait les débats, comme ce fut par exemple le cas durant au moins cinq ans avec le Festival d'Avignon où elle demandait à La pensée de midi de les concevoir et de les animer...

Il fut un temps où cette Région défendait une réelle ambition en Méditerranée, où elle ne se contentait pas de vagues incantations. Manifestement cette époque est révolue...

Alors que penser de ce retrait brutal de subventions ? Etonnant, non, de vouloir faire disparaître une revue telle que La pensée de midi à un moment où survient le printemps arabe et alors que cette revue a construit durant les dix dernières années des relations privilégiées avec les écrivains, les artistes et les penseurs de cette région du monde. Saviez-vous, par exemple, que l'auteur de L'immeuble Yacoubian, Alaa al Aswany, succès mondial, qui vient de passer ses dernières semaines au Caire sur la place Tahrir, a été publié pour la première fois en France dans La pensée de midi ?

Manifestement, les responsables de cette Région ne le savent pas ou ils n'en ont cure !

Quelle bonne idée de couper entièrement les crédits accordés à cette revue, sans l'ombre d'une discussion ou d'une concertation, alors que depuis huit mois les courriers de l'association éditrice sont restés sans réponse.

Après dix ans de travail, 31 numéros publiés, qui le plus souvent font référence, des centaines de rencontres littéraires et de débats d'idées, nous avons appris, oralement, que le dossier était tout simplement retiré, sans aucune autre forme d'explication. Le fait du prince, circulez, il n'y a plus rien à voir !

Etonnant, non, comme manière de faire... Il est vrai que des conseillers mal avisés et des élus peu inspirés étaient depuis un moment déjà à la manœuvre. Ils auraient bien aimé que la revue soit « un instrument de la politique de communication de la Région ». Oui, oui, vous avez bien lu !

Une revue littéraire et de débats d'idées telle que La pensée de midi, qui s'est inspirée du grand et bel exemple des Cahiers du Sud, transformée en organe de communication, ou en « média », ce qu'elle n'a jamais été et ne sera jamais...

Curieuse façon de penser, au XXIe siècle, surtout à un moment où gronde la révolte et où s'exprime avec force l'indignation.

Ces dix dernières années de chemin commun n'ont-elles été qu'un grand malentendu ? Une collectivité locale a-t-elle vocation à retrouver le programme de ses activités dans une publication qu'elle finance au titre d'une forme de narcissisme institutionnel ? Mais financer, par exemple, les Rencontres photographiques d'Arles ne lui donne pas, pour autant, le pouvoir de choisir les photographes exposés... Au nom de quoi devrait-elle intervenir dans le contenu éditorial d'une revue littéraire et de débats d'idées telle que La pensée de midi ?

Parce qu'elle en est le partenaire principal, il faudrait parler dans la revue de ses initiatives institutionnelles de coopération décentralisée ? Curieuse confusion des genres et bien inquiétante tentation !

Le projet éditorial de La pensée de midi n'a jamais été négocié et il n'a aucune vocation à l'être. La liberté de penser, de publier, d'écrire n'a pas de prix, n'en déplaise à ceux qui au sein de cette Région aimeraient la contrôler. Jean-Claude Izzo, Emile Temime et Bruno Etienne, personnalités culturelles éminentes de notre comité de rédaction ne sont malheureusement plus là pour tempêter contre de tels égarements. Ils avaient dû, il est vrai, déjà intervenir à plusieurs reprises auprès de la Région, par le passé, pour préserver l'autonomie de notre espace éditorial face à de pseudo-intellectuels institutionnels qui ne supportent guère qu'une telle revue puisse exister en dehors de leur magistère.

Grâce soit rendue à la Région et à son président d'avoir soutenu cette revue durant dix ans. L'effort financier est réel, près de 700 000 euros. Cet argent public a été employé avec un grand discernement et en toute rigueur. La pensée de midi a fait ce à quoi elle s'était engagée par convention : publier trois numéros par an, soit 31 numéros en un peu plus de dix ans, organiser des rencontres littéraires et de débats d'idées [1], diffuser largement la revue sur le web (plus de 210 000 consultations de textes de la revue sur le site CAIRN en 2010). La diffusion papier a toujours été, il est vrai, relativement limitée, autour de 1000 exemplaires, abonnés compris. C'est certes insuffisant mais cela correspond, et même un peu au-delà, à la diffusion d'une revue de ce type, qui justement ne relève pas du champ commercial. C'est d'ailleurs pourquoi elle a besoin de mécénat et de financements publics.

En 2009, le budget de La pensée de midi était d'un montant de 169 000 euros, la Région apportant un peu moins de la moitié du financement. Est-ce trop demander pour une revue qui a acquis une réelle reconnaissance, à l'échelle nationale et internationale et qui a ouvert un espace éditorial qui compte ?

Il fut un temps où cette Région le pensait. Ce n'est manifestement plus le cas aujourd'hui.

Face à la grave crise de financement des collectivités locales et territoriales, la revue avait anticipé les restrictions budgétaires en cours et avait déposé, pour 2011, une demande de financement de 40 % de moins que les financements précédents.

Ce n'est manifestement pas la question budgétaire qui a compté dans la décision prise par la Région. C'est un choix arbitraire et infondé, inspiré par des conseillers à la courte-vue, surtout à un moment où s'annonce Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la culture, et où il aurait fallu renforcer les liens avec les acteurs culturels et intellectuels de l'autre côté de la Méditerranée. Un tel aveuglement est confondant !

Sur le fond comme sur la forme, le comportement de la Région PACA est indigne. Il aurait été tout à fait possible d'en parler et non de retirer brutalement une subvention à une revue qui existe depuis plus de dix ans !

La revue La pensée de midi n'a pas changé de cap. Elle reste fidèlement orientée vers le monde méditerranéen. Elle n'a pas non plus changé de rédacteur en chef. Elle a juste proposé de changer de formule. Publier une revue annuelle, sous une forme singulière, en renforçant la dimension artistique et en étoffant la pagination, tout en développant, grâce aux financements demandés, sa version numérique et sa présence sur le web, ce qui est le nouvel horizon des revues aujourd'hui.

La Région PACA a décidé de ne plus nous suivre. C'est sa liberté et son choix. Les voyages, le protocole et autres réceptions, qui doivent s'élever, en une année, au financement de dix ans d'une revue telle que La pensée de midi, ont été privilégiés. Ce n'est manifestement pas un choix culturel. La Région n'est certes en aucun cas prisonnière des engagements du passé. Attribuer ou non une subvention, renouveler ou non une aide, demeure entièrement de sa responsabilité politique. Avec La pensée de midi, elle a fait un choix clair... tout en se justifiant de manière obscure. Car c'est bien la question du contenu qui pose problème, c'est bien la fonction occupée par la revue dans la sphère culturelle et intellectuelle qui est en question, c'est bien la confusion entre culture et communication qui est au cœur de cette décision.

Il est vrai qu'il est toujours plus simple de démolir plutôt que de construire, surtout pour de mauvaises raisons, ou de calamiteux règlements de compte.

La pensée de midi a ouvert un espace éditorial qui ne va cependant pas se refermer de si tôt. La Région se retire, unilatéralement, nous inventerons donc autre chose sans elle. Elle met certes en péril une structure, supprime un emploi et fragilise un lieu de pensée critique, mais nous saurons rebondir.

A l'heure du printemps arabe, au moment où s'accomplit sous nos yeux une véritable reconfiguration du monde méditerranéen qui a tant besoin d'être pensé, nous pouvons déjà annoncer à la Région le titre du prochain numéro de La pensée de midi qui devrait paraître à l'automne 2011 : Le temps des utopies concrètes...

Qui sait, cela pourra peut-être l'inspirer !

L'association éditrice de La pensée de midi

[1] Rappelons notamment qu'une convention triennale établie entre notre association éditrice et la Région, pour la période de 2008 à 2010, portait sur deux axes, notifiés ainsi dans cette convention :

« Axe 1 : publication de  »La pensée de midi« , revue littéraire et de débats d'idées qui apporte des éclairages sur les grands débats contemporains et donne la parole aux acteurs des deux rives de la Méditerranée.

Axe 2 : conception et organisation régulière de manifestations littéraires et de débats d'idées (rencontres, animations littéraires, conférences, émissions radiophoniques...) avec des acteurs culturels, artistes, chercheurs, écrivains... de la Méditerranée. Ces manifestations auront lieu dans l'ensemble de la région PACA, en partenariat avec des librairies ou d'autres professions du livre. »


musicologie.org 2011