Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte.
Frédéric Chopin : deux nocturnes opus 37

Des années 1838 et 1839, ces deux très beaux nocturnes se meuvent dans des climats très différents. L’opus 37 no 1 en sol mineur, avec ses syncopes et ses accents douloureux, est habité d’une mélancolie intense, presque poignante, même si l’épisode central, à l’écriture de choral à quatre parties, semble trouver l’apaisement dans une forme de prière.
Frédéric Chopin, nocturne opus 37, no 1, en sol mineur, par Nelson Freire, 2010.Tout en revanche est douceur dans l’opus 37 no 2 en sol majeur, riche d’harmonies sans cesse renouvelées. « Douceur ravissante et voluptueuse de son rythme de barcarolle, de son univers de rêverie nonchalante, et de sa mélodie moelleuse de tierces et de sixtes. Bientôt un chant se détache, pur et calme, sur une harmonie toujours en mouvement. Est-ce, comme on l’a dit, souvenir de la traversée de Majorque à Marseille, quelques mois plus tôt, vers la guérison espérée ? George Sand a noté : La nuit était chaude et sombre… Tout reposait à bord, à l’exception du timonier qui, pour se tenir éveillé, chanta toute la nuit… C’était une rêverie plutôt qu’un chant… »47
Frédéric Chopin, nocturne opus 37, no 2 en sol majeur, par Claudio Arrau.Notes
De Place Adélaïde, dans Tranchefort François-René (dir.), « Guide de la musique de piano et de clavecin », Fayard, Paris 1998.
Michel Rusquet
13 octobre 2020
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