Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte.
Frédéric Chopin : deux nocturnes opus 32

Dans l’opus 32 no 1 en si majeur, on a l’impression que « Chopin s’imite en train d’imiter Field, et non point le thème, ni l’harmonie, à peine un peu l’accompagnement, mais tout à fait le caractère idyllique, l’effusion rêveuse, et ces grâces un peu désuètes de musique bien éduquée, rompue aux conventions du salon. »46 L’inspiration n’est guère au rendez-vous, et le musicien, sur la fin, semble avoir voulu donner le change à travers quelques audaces, notamment par l’introduction d’un récitatif dramatique assez inattendu.
Frédéric Chopin, Nocturne en si majeur, opus 32 no 1, par Brigitte Engerer.L’opus 32 no 2 en la bémol majeur, avec sa douce mélodie et son épisode central nettement démarqué de celui du cinquième nocturne de Field, doit lui-même beaucoup à l’Irlandais, mais ici le modèle est totalement transcendé, que ce soit par les ressources de l’harmonie ou la richesse des motifs décoratifs dont Chopin a le secret.
Frédéric Chopin, Nocturne en la bémol majeur, opus 32 no 2, par Kun-Woo Paik.Notes
Sacre Guy, La Musique de piano, Robert Laffont, Paris 1998, p. 686.
Michel Rusquet
11 octobre 2020
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