bandeau texte 840 bandeau musicologie 840

Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte.

Frédéric Chopin : les mazurkas opus 56 et opus 59 

Frédéric Chopin

Composés en 1843 et 1845 respectivement, ces deux cahiers (de trois mazurkas chacun) « sont les plus beaux peut-être de Chopin. Chaque pièce semble renchérir sur la précédente, reculer les bornes d’une invention qui s’exalte de l’espace même qu’elle s’invente. »25

Frédéric Chopin, Trois mazurkas opus 56, par Daniil Trifonov, enregistrement au Concours Chopin 2010.

Avec ses sections contrastées, et son « air de ne pas y toucher », l’opus 56 no 1 en si majeur est d’un exquis raffinement d’écriture. La suivante (en ut majeur) affiche au contraire une robuste rusticité, mais avec une verve et des trésors d’invention qui font que « c’est de la quintessence de folklore »26. Et, comme souvent, on atteint un sommet avec la dernière, l’opus 56 no 3 en ut mineur : amplement développée, habitée par des sentiments changeants, de l’amertume à la fierté, en passant par la plus profonde tristesse, cette pièce hautement méditative semble en permanence chercher son chemin, mais sa construction est minutieusement élaborée et on reste confondu devant  un tel foisonnement d’idées mélodiques et surtout harmoniques.

Frédéric Chopin, mazurkas opus 56, no 3, par Vladimir Ashkenazy.

Cette invention harmonique, source d’émerveillement perpétuellement renouvelé chez Chopin, est à son comble dans le second recueil, ceci dès l’opus 59 no 1 en la mineur qui, après un début d’une simplicité trompeuse, conduit de surprise en surprise. L’opus 59 n°2 en la bémol majeurn’est pas en reste, dont la douceur quelque peu engourdie s’accompagne de contrechants subtils et d’harmonies troublantes. Et un nouveau sommet est atteint dans la prodigieuse opus 59 no 3 en fa dièse mineur qui, de page en page, pousse encore plus loin l’éblouissement, concluant « glorieusement ce cahier sans prix »27.

Frederic Chopin, Trois Mazurkas opus 59, 1. en la mineur, 2. en la bémol majeur, 3. en fa dièse mineur, par Yulianna Avdeeva, Moscou, 22 2018.


signature de Michel RusquetMichel Rusquet
16 septembre 2020
© musicologie.org.

Notes

25. Ibid.,p. 675
26. Ibid.,p. 676
27. Ibid.,p. 677.


publicité section biographiespulicité section actualités publicité section textespublicité section encyclopédie

© musicologie.org.


logo marronÀ propos - contact |  S'abonner au bulletinBiographies de musiciens Encyclopédie musicaleArticles et études | La petite bibliothèque | Analyses musicales | Nouveaux livres | Nouveaux disques | Agenda | Petites annonces | Téléchargements | Presse internationale | Colloques & conférences |  Collaborations éditoriales.


Musicologie.org, 56 rue de la Fédération, 93100 Montreuil, icone téléphone 06 06 61 73 41.

ISSN 2269-9910.

imagette de bas de page

Vendredi 29 Mai, 2026 23:32