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vendredi 21 août 2015

 

Musique de chambre à Giverny, c'est parti

Hier soir le premier concert de Musique de chambre à Giverny a ouvert la 12e année de la résidence haut de gamme, par une originalité. Tout en Bach (pour la première fois du Bach en ce festival, on tape fort), et mélange d'instruments anciens et nouveaux. Le magnifique pianoforte de Yoko Kaneko et Yoko Kaneko au clavier, le traverso de Tami Krausz, et pour les modernes, le beau son de Cameron Crozman au violoncelle, complété des violons de Magdalena Geka et de Shin Sihan, pour une Offande musicale en ordre de bataille : Ricercare à 3, 7 canons, ricercare à 6, 2 canons, sonate en trio, et le canon perpétuel. C'est l'ordre adopté par Gustav Leonhardt. Le public a été enchanté, n'a rien lâche et obtenu un bis.

Il est vrai qu'il avait été magistralement chauffé par Irina Stachinskaïa (et sa belle flûte moderne en or), en première partie du programme avec la Partita en la mineur BWV 1013. Très belle interprétation virtuose et démonstrative, dansante, que l'artiste a su rendre touchante dans les épisodes lents.

Irina Stachinskaia Irina Stachinskaïa, auditorium du musée des impressionismes, Giverny, 20 août 2015.

La suite du programme

Partita en la mineur, pour flûte, BWV 1013 (Allemande, Courante, Sarabande, Bourrée anglaise)

Irina Stachinskaia (flûte).

Cette suite de danses a été composée au cours de la première vie de Johann Sebastian Bach (1685-1750), on pense avant 1723, quand musicien à la cour de Köthen depuis 1717, il compose une série de pièces pour instruments seuls.

Bach était depuis 1708 au service de la cour de Weimar. Une bonne place, mais il ne digère pas que le poste de maître de chapelle lui soit passé sous le nez. Il se fait alors engager à Köthen pour une très grosse poignée de thalers en plus. Le duc de Weimar n'accepte pas sa démission. Bien qu'encarté dans aucun syndicat, Bach résiste, trop tête de mule il passe le mois de novembre 1717 en prison avant d'être renvoyé.

Après le cinquième Concerto brandebourgeois de 1721, c'est la seconde fois que Bach fait appel à la flûte traversière. Avant cela, la flûte à bec régnait sans partage au sein de  son orchestre. C'est que depuis 1720, le traverso a été modernisé, il est totalement chromatique.

Adaptation d'une œuvre pour cordes ? Exploration sans complexe des nouvelles possibilités de l'instrument ? Contrairement à son écriture habituelle pour l'instrument, Bach ne ménage pas ici les poumons de l'interprète, particulièrement dans les rapides courante et allemande.

On ne possède pas le manuscrit autographe, mais la copie ne fait peser aucun doute sur l'authenticité du Solo pour la flûte traversière par J. S. Bach.

Dans cette suite, Bach a remplacé la gigue habituelle par une bourrée anglaise, la sarabande n'a pas le rythme traditionnel de sarabande. Comme dans ses autres œuvres solistes, les longues phrases sans respiration, les décrochages en grands intervalles le plus souvent descendants, les chromatismes, le système clos qui pourrait tourner sans fin, donnent l'impression d'une pièce à plusieurs voix.

L'Offrande musicale, BWV 1079 (flûte, 2 violons, pianoforte et violoncelle).

Yoko Kaneko (pianoforte), Tami Krausz (flûte baroque), Shin Sihan (violon), Magdalena Geka (violon),  Clara Strauss (violoncelle).

C'est une des très rares œuvres que Bach a publiées de son vivant. Éditée en 1747, L'Offrande est ainsi dédicacée au roi Frédéric le Grand :

Sire, je prends la liberté de vous présenter, dans la plus profonde soumission, une Offrande musicale dont la partie la plus noble est de la main de Votre Majesté. C'est avec un respectueux plaisir que je me souviens encore de la grâce toute royale que voulut bien me faire, il y a quelque temps, Votre Majesté, en daignant me jouer, lors de ma présence à Potsdam, un sujet de fugue et en daignant me demander de le traiter en son auguste présence. C'était mon devoir le plus humble d'obéir à Votre Majesté, mais je remarquai bientôt que, faute de la préparation nécessaire, il ne m'était point possible de traiter un sujet aussi excellent de la façon qu'il méritait. Je me décidai alors à travailler ce sujet vraiment royal en toute perfection et à le faire ensuite connaître au monde.

Cette dédicace et la genèse de la composition sont à l'origine de quelques supputations (ironie ? Second degré ? Insolence ?), d'autant que la partition porte des indications qui peuvent sembler étonnantes. Dans le ricercare à 6 voix, le mot « ricercare » donne lieu à l'acrostiche « Regis Iussu Cantio Et Reliqua Canonica Arte Resoluta »réalisé par ordre du roi, et autres morceaux résolus selon l'art du canon). Il y a des rébus : « Notulis Crescentibus Crescat Fortuna Regis »(qu'avec les notes qui s'élèvent, s'élève la fortune du roi), ou « que la gloire du roi s'élève comme les modulations »... Les canons 9 et 10 sont sous-titrés, « Quaerendo Invenietis » (en cherchant, vous trouverez)… en fait, comment chanter la voix donnée à plusieurs en canon.

Il est difficile d'admettre qu'un tel génie, qui plus est tête de mule, objet de dévotion contemporaine, puisse flagorner à ce point. Mais sous l'ancien régime, cette notion de génie humain n'existait pas, le grand Bach, tout grand Bach qu'il est aujourd'hui était un petit sujet dans la hiérarchie sociale, un petit sujet devant le roi.

Cette dédicace, au style par ailleurs stéréotypé, n'est pas étonnante. Cet exercice à la fois de mise en valeur personnelle et de soumission à l'autorité se nomme aujourd'hui « lettre motivation ». Bach y brigue les bonnes grâces du prince, pour lui ou pour sa progéniture Carl Philipp Emanuel, claveciniste à la cour.

En 1641, Johann Sebastian s'était déjà rendu auprès de  son fils à Potsdam. Cette fois, six ans plus tard, il est demandé à la cour, certainement à l'initiative du comte Keyserlingk. Le maître de l'art de la fugue put ainsi en profiter pour cultiver celui d'être grand-père en rencontrant son premier petit-fils, Johann Adam né deux ans plus tôt. Il évalua le beau grand piano Silberman que le roi venait d'acquérir et aussi plusieurs orgues de la région, visita le tout nouvel Opéra, donna un récital d'orgue à la Heiliggeistkirche de Potsdam.

Le 7 mai 1747, au cours de la soirée quotidienne de musique de chambre à la cour, Johann Sebastian improvisa à merveille au piano une fugue à trois voix, sur un thème donné par le roi (thème qui est peut-être de Carl Philipp Emanuel Bach lui-même) : huit mesures qui comportent 10 des 12 notes du total chromatique.

La légende dit que le roi, flûtiste et compositeur à ses heures, en demanda de plus en plus haut de plus en plus fort si bien que Bach se serait empiergé sur la fugue à 6 voix.

De retour à Leipzig au milieu du mois de mai, Bach mit le thème royal sur le métier et y travailla intensivement. Son intention de publier la fugue à trois voix se mua en un plus vaste projet de plusieurs mouvements, qui fut en partie imprimé à la fin septembre 1747. Pour l'ensemble, l'instrumentation partiellement indiquée : deux ricercari (fugues) à trois et six voix (clavier), une sonate en trio pour flûte, violon et continuo, 10 canons (no 3, 2 violons à l'unisson ; no 11, flûte, violon, basse continue), sans ordre d'interprétation.

Avec l'édition de cette œuvre, Bach annonce au monde qu'il a été reçu par le roi, qu'il est son partenaire en musique, et donne une magistrale démonstration d'un art passant de mode, mais qui est encore la marque de l'habileté des musiciens savants. C'est une carte de visite.

Biographie de Johann Sebastian bach

Deux festivals pour finir l'été en beauté, dans le Cotentin, les Traversées Tatihou, puis PAN ! à Caen

Traversées de TahitouRetour avant la marée. Photographie © Patricia Segretinat.

21 août 2015, par Alain Lambert ——

À peine Jazz en Baie se termine dans le sud Manche que les musiques du monde traversent à Tatihou, tout à l'opposé dans le nord du département, près de Saint Vaast la Hougue, avec des animations, stages  et concerts à terre jusqu'à jeudi prochain, quand les grandes marées permettront les concerts sur l'île jusqu'à la fin du week-end, et sur le quai toujours. Car il faut la mériter parfois la musique, en passant par le chemin des ostréiculteurs.

Venue d'Irlande ou  d'Angleterre (The Rowing Crows, les Danceperados...), d'Italie (Kalascima), de Suède (Ode), d'Argentine (Chango Spaciuk), de Croatie (Veja), du Portugal (Toques Do Caramulo), de Pologne (Volosi), de Louisiane (Hell Raising Hayride), du Mali (Rivière Noire),du Quebec (Vent du Nord avec l'Orchestre Régional de Normandie), de Bretagne (Carré Manchot), de la Provence gitane, de Normandie aussi avec la scène folk locale le vendredi et le samedi au village du festival...

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La nouvelle Philharmonie de Westphalie victime des restrictions

La main mise de l'Allemagne sur l'Europe, dont la colonisation de la Grèce ne rapporte rien aux Allemands. Pour garder leur travail, les musiciens de la plus grosse des trois formations de Rhénanie du Nord- Westphalie ont dû accepter des réductions de salaire et la suppression de 10 postes. Ainsi, les politiques peuvent faire passer le message docilement repris par les médias allemands : la nouvelle philharmonie de Westphalie est sauvée... Jusqu'en 2021. Après (ou avant ?), un groupe financier ou une banque les rachètera peut-être ? Du coup, comme pour la Grèce, les pourvoyeurs de l'anéantissement culturel, les municipalités de Gelsenkirchen, Recklinghausen, et l'agglomération de Unna augmentent les subventions allouées à l'orchestre. Logique, non ?

The Music of German Emigrants Outside Europe in the 18th and 19th Centuries

Call for Papers
4-6 mai 2016, Florianópolis, Brésil

0International Conference
Universidade do Estado de Santa Catarina (UDESC)
Centro de Artes (CEART)
Programa de Pos-Graduação em Música (PPGMUS)
CFP Deadline: 30 Sep 2015

The conference will invite researchers to an interdisciplinary exchange on the conference topic. The possible thematic priorities are:

German settlement colonies as places of emigrated musical practice: foundations (with reference to the settlements in the USA, Brazil, Argentina, Chile, Australia, China, and the German political colonies)

The music practice of German emigrants in the 18th and 19th centuries: protagonists and networks

Works, styles, genres, instruments: transfer and transformation

Musical culture as a factor for integration and acculturation: processes and events

Musical culture between segregation and pan-germanism

The German political colonies and dependencies: special forms of politically controlled immigration and music practice?

Church music in the parish service and in the practice of evangelization

Please send abstracts of circa 250 words (in Word-Format) and a short biography before September 30, 2015, to the following e-mail addresses: christian.storch[at]udesc.br and marcosholler[at]gmail.com. Notification of acceptance will be made by October 15, 2015. The conference language is English. Selected papers will be published.

Organisation: Dr. Christian Storch (UDESC Florianópolis / Johannes Gutenberg-Universität Mainz); Prof. Dr. Marcos Holler (UDESC Florianópolis)

A detailed Call for Papers can be found here: https://www.ceart.udesc.br/ppgmus/apresentacao.htm

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