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samedi 22 août 2015

 

« Lettres sur la musique », Concert pour les 250 ans de Michał Kleofas Ogiński

Les délégations permanentes auprès de l'UNESCO du Bélarus, de Lituanie et Pologne auprès de l'UNESCO, nous invitent à fêter les 250 ans de Michał Kleofas Ogiński, prince, diplomate et compositeur, propagateur d'un style qui fera le succès de Chopin.

Michał Kleofas Ogiński, né à Guzów en Pologne, 7 octobre 1765, mort à Florence 10 octobre 1833, est Conseiller du roi de Pologne Stanislas Auguste Poniatowski pendant la période de la Grande Diète (1788-1792), il occupe à partir de 1790 des postes diplomatiques, aux Pays-Bas, en France, en Turquie, puis, en 1793 devient trésorier du Grand-duché de Lithuanie. En 1794, il participe à l'insurrection de Kościuszko et s'exile après la défaite qui entraîne le dernier partage de la Pologne. Il s'installe en France. Il approuve la création par Napoléon du duché de Varsovie en 1807, déçu, il rejoint en 1810 le prince Adam Czartoryski, partisan de l'alliance avec le tsar Alexandre. Ogiński est nommé membre du Sénat de l'Empire russe. Déçu par l'action du tsar, il s'exile en 1815 et abandonne la vie politique.

Joueur de clavicorde et de la blalaika,il compose dans les années 1790 des chansons et des marches militaires populaires auprès des insurgés de 1794. Il est peut-être le compositeur de la mazurka « Jeszcze Polska nie zginęła » (la Pologne n'a pas encore péri) qui deviendra l'hymne national polonais. Il a composé de nombreuses pièces pour le piano : des polonaise (dont le célèbre Polonaise des adieux à la patrie), des romances, des mazurkas, des valses.

Le jeune Chopin s'inspirera de ses œuvres, et de celles de Maria Szymanowska, pour ses premières compositions.

Oginski

Lundi 7 septembre 2015, 19h30

Maison de L'Unesco, salle 1.

Quatuor Čiurlionis (Lituanie)
Jonas Tankevičius (violon)
Darius Dikšaitis (violon)
Gediminas Dačinskas (alto)
Saulius Lipčius (violoncelle)

Elisabeth Zapolska (mezzo-soprano, Pologne)

Ekaterina Glazovskaya (piano, Bélarus)

Joseph Wölfl (1773–1812)
Quatuor à cordes en do majeur, opus 4 no 1
I. Allegro

Joseph Haydn (1732–1809)
Quatuor à cordes en majeur no 5 « L'Alouette » Hob III : 63
Allegro moderato ; Adagio, Cantabile ; Menuetto, Allegretto ; Finale, Vivace

Michał Kleofas Ogiński (1765-1833)
Polonaise en si bémol majeur
Polonaise en do mineur « Les adieux »
Polonaise en fa mineur « Sérieuse »
Polonaise en fa majeur
Dafni, sur un poème d'Angela Veronese, pour voix et piano
Livrons-nous au tendre amour, (Wisława Szymborska), sur un poème anonyme, pour voix et piano

Maria Szymanowska (1789-1831)
Wilija, sur un poème d'Adam Mickiewicz, pour voix et piano
Peine et Plaisir, sur un poème de Serge Lvovitch Pouchkine, pour voix et piano

Giovanni Batista Viotti (1755–1824)
Quatuor à cordes en mi bémol majeur, opus W.II.11
Moderato, adagio, Allegro

Michał Kleofas Ogiński
Polonaise en la mineur, Les Adieux à la Patrie,
arrangée pour piano et quatuor à cordes par Jonas Tankevičius

Maison de l'UNESCO, 7 place Fontenoy, 75017, Paris. Sur réservation : 01 45 68 33 20 ; atstovybe.unesco@urm.lt

Musique de chambre à giverny, soirée suspendue dans le temps pour le second concert

Yoko KanekoYoko Kaneko

Seconde journée (21 août 2015), second concert tout Bach à musique de chambre à Giverny, dans l'admirable cadre bucolique de l'église de Notre-Dame de l'Isle.

Soirée mémorable comme il y en a souvent dans ce festival à l'inspiration musicale survitaminée, auréolée d'une alchimie insaisissable qui touche autant l'équipe bénévole, l'administration que les musiciens. Ainsi, d'année après année, il y a les fidèles autochtones, mais aussi ceux viennent de Maastricht, ou spécialement d'Angleterre, parce que tout ici est musicalement superlatif en toute simplicité, sans esbroufe, quelque soit le programme et les musiciens qui s'y produisent.

Hier la pianofortiste Yoko Kaneko dans la 6e Partita BWV 830, puis avec Nikita Boriso-Klebsky, fabuleux violoniste, dans la sonate Bwv 1017, enfin la flûtiste Irina Stachinskaïa dans la suite en si mineur, menée avec autorité et souplesse virtuose, ont donné au festival une nouvelle soirée suspendue dans le temps.

Irina StachinskaïaIrina Stachinskaïa, église de Notre-Dame de l'Isle, 21 août 2015.

Partita no 6 en mi mineur, BWV 830, extraite du premier livre du Clavierübung (Toccata, Allemande, Corrente, Air, Sarabande, Tempo di gavotta, Gigue)

Yoko Kaneko (pianoforte).

Entre 1726 et 1730, Bach a publié séparément 6 suites, ou Partitas (BWV 825-830) pour clavecin (on a pu les appeler « allemandes »), qui ont été réunies en une seule édition l'année 1731, à Leipzig. Elles sont présentées comme opus premier avec comme titre « I. Teil der Clavier-Übung » (1re partie de l'exercice du clavier). Pièces virtuoses, elles sont destinées selon Bach « à la récréation de l'esprit des amateurs ».

Chacune de ces partitas est introduite par une vaste pièce à chaque fois différente, dans l'ordre : Praeludium, Sinfonia, Fantasia, Ouverture, Preambulum, et Toccata. Dans la suite de danses, l'allemande, la courante, la sarabande et la gigue conclusive sont intangibles, tandis que, selon le cas, menuet, rondeau, air, scherzo, passepied, burlesca, gavotte complètent les suites.

Un peu comme dans Les Nations de Couperin, il s'agit ici d'un d'exercice en différents styles, mais où le grand art savant des organistes d'Allemagne du nord, de Bach en particulier, domine et infiltre tout, comme il se doit pour le bon goût.

Avec les Partitas BWV 830, Johann Sebastian Bach est au sommet de son art, la sixième étant une cerise sur le sommet, avec sa magnifique sarabande ornée, et son étonnante gigue fuguée.

Sonate pour violon et clavier no 4 en do mineur, BWV 1017 (Largo, Allegro, Adagio, Allegro)

Nikita Boriso-Glebsky (violon), Yoko Kaneko (pianoforte).

Cette œuvre fait aussi partie d'un cycle : six sonates (BWV 1014-1019) composées par J. S. Bach au cours de son service à la cour de Köthen, entre 1717 et 1723, auquel on doit des fleurons de sa musique profane tels les Concertos brandebourgeois, le premier livre du Clavier bien tempéré, les Suites françaises, les Suites anglaises

Pendant cette période, son épouse Maria décède, il se remarie avec une  chanteuse de la cour, Anna Magdalena Wilcken, perd ses deux derniers frères : qui l'avait pris sous son aile, et Johann Jacob, hautboïste dans la Garde suédoise à Stockholm. Il brigue une place d'organiste à Hambourg, mais la décline une fois obtenue, car il lui faudrait acheter la charge.

En 1774 son fils Carl Philipp Emanuel pense que les six sonates, qui forment un tout, sont le meilleur travail de son père bien aimé, qu'elles sonnent encore fort bien et qu'elles lui donnent beaucoup de plaisir bien qu'elles aient plus de cinquante ans. Il ajoute qu'elles contiennent quelques adagios qu'on ne pourrait de nos jours faire mieux chantants.

Ces sonates sont chacune en quatre mouvements (lent, vif, lent, vif, comme les sonates d'église italiennes), et en trio, le clavecin assurant la seconde voix concertante et le continuo, se libérant ainsi du simple accompagnement, prenant même le devant de la scène. Ce qui demande aux interprètes un soin particulier quant à l'équilibre sonore.

Suite no 2 en si mineur, pour flûte, BWV 1067, pour flûte traversière, 2 violons, alto, basse continue (clavecin, violoncelle, contrebasse). Ouverture, Rondeau, Sarabande, Bourrées I et II, Polonaise, Double, Menuet, Badinerie.

Irina Stachinskaia (flûte), Shuichi Okada (violon), Irène Duval (violon),  Hannah Shaw (alto), Cameron Crozman (violoncelle), Emmanuel Arakélian (clavecin), Matthias Bensmana (contrebasse).

Bach a composé 4 suites orchestrales « à la française » (BWV 1066-1069), intitulées « Ouvertures » d'après la première de leurs pièces. Les parties d'orchestre conservées de la Suite en si datent des années 1738-1739, alors que Bach reprend la direction des concerts du Collegium Musicum en octobre 1739, après en avoir été écarté deux années. Cette œuvre leur était peut-être destinée.

À Leipzig Bach est face à une énorme somme de travail. Il est cantor de la Thomaskirche et a la charge de son école maîtrisienne. Il est directeur des musiques de la ville, de l'université, et de quatre églises, responsable de l'entretien des orgues de deux églises, il est souvent réclamé pour en expertiser d'autres. Il ne tolère pas qu'on marche sur ses plates-bandes. Il a des faiblesses : il ne possède ni diplôme universitaire ni la maîtrise du latin, choses normalement exigées pour son emploi (il doit payer de sa poche un professeur de latin pour l'école). Sa légitimité peut être mise en cause, d'autant que le nouveau recteur de l'université nommé en 1736 n'aime pas sa musique.

La suite orchestrale en si mineur est un succès planétaire, surtout pour sa « Badinerie » conclusive, que le public patient attend avec impatience

Mais l'ensemble de l'œuvre est une réussite d'unité thématique, d'invention, de maîtrise dans l'art de la variation, de grâce et d'élégance.  Le goût français sans aucun doute.

La somptueuse ouverture « française », qui représente un tiers de l'œuvre, était une forme très prisée pour introduire les opéras les ballets ou les suites : 1. Mouvement lent à quatre temps,   avec des valeurs  pointées, 2. Mouvement vif à trois temps, en imitation ou fugué, 3. Retour ou non d'un mouvement lent.

Il y a des danses françaises comme le rondeau, la bourrée, le menuet, mais aussi une polonaise (dont le double ici est un beau solo de flûte en arabesques), danse d'origine nordique, plutôt utilisée dans les suites allemandes, et une sarabande originaire d'Espagne ou du Nouveau-Monde, ayant conquis aussi bien la France que l'Italie, l'Allemagne que l'Angleterre.

Quant à la si célèbre badinerie (au rythme de gavotte), il s'agit soit d'une danse imaginée par Bach, soit un titre caractéristique, comme cela se pratique dans la musique française pour clavecin du xviiie siècle, notamment chez François Couperin, dont Bach, son contemporain, connaissait bien l'œuvre.

Dans une de ses suites orchestrales de 1733, Telemann nomme « Badinage » une gavotte, parmi d'autres danses françaises. Une des cantates de Montéclair (ouverte par un rythme de gavotte) se nomme « La Badine ». On peut trouver d'autres « Badines » et « Badinages » musicaux, mais de « Badinerie », en danse ou en titre, il n'est que celle de Bach au temps de Bach, tout comme la « Réjouissance » qui conclut la 4e suite. Des moments musicaux festifs, récréatifs, que les Allemands nommaient des « galanteries ».

Ces danses stylisées, aspirées par la musique n'ont plus grand souci de chorégraphie.

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