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Haydn Franz Joseph

1732 - 1809

1. - Biographie

|| Catalogue des oeuvres || bibliographie || liens || documents || galerie || discographie ||

Né le 31 mars (1er avril ?) 1732 à Rohrau an der Leitha (frontière austro-hongroise) ; mort le 31 mai 1809 à Vienne.

Il est le second de 12 enfants, dont 6 survivent. Son père, Mathias Haydn, né à Hainburg à 40 kilomètres de Vienne (1699–1763) est   charron. Il sera élu juge cantonal à Rohrau. Sa mère,  Anna Maria Koller (1707-1754) est avant le mariage (24 novembre 1728) cuisinière chez le comte Karl Anton Harrach, seigneur de Rohrau. Après la mort de son épouse Mathias se remarie le 19 juillet 1755 avec sa servante Maria Anna Seeder (1736-1798) (elle se remarie en 1764 avec un F. M. Ponnath).

La maison natale de Haydn. Huile de W. Kröpsch, 1829.

... et aujourd'hui

Jusqu'à 1761, les événements de la vie de Haydn sont peu connus. Lui-même a écrit une lettre contenant une esquisse autobiographique en 1776. Ses premiers biographes, qui l'ont connu et qui ont recueilli ses souvenirs, divergent sur de nombreux points. Il s'agit de la biographie écrite par le diplomate Georg August Griesinger (1769-1845) parue à Leipzig en 1810, celle du peintre et compositeur à ses heures d'Albert Christoph Dies (1755-1822), publiée à Vienne en 1810, et celle de l'écrivain italien Giuseppe Carpani (1752-1825), Le Haydine, paru à Milan en 1812. Sigismund Neukomm, un des élèves les plus importants de Haydn, écrira sous le titre Bemerkungen, une série de remarques pour préciser et surtout corriger la biographie de Dies.

La cour de la maison natale de Haydn

L'une des pièces aujourd'hui

Joseph Haydn, esquisse autobiographique de 1776

Je suis né le dernier jour de mars 1733 [sic] , dans le bourg de Rohrau, Basse-Autriche, près de Prugg-sur-la-Leythâ. Mon père, Dieu ait son âme, était charron de profession et sujet du comte Harrach. Par nature grand amateur de musique, il jouait de la harpe sans connaître ses notes, et enfant de cinq ans, je l'imitais consciencieusement en chantant ses airs courts et simples, ce qui conduisit mon père à me confier à un parent, directeur d'école à Hainburg, pour y apprendre les rudiments de la musique ainsi que d'autres matières nécessaires à la jeunesse. Le dieu tout-puissant (à Lui seul je rends grâces pour tant de bienfaits) m'a doté, particulièrement en musique, de tant de facilité que, dès ma sixième année, je chantais quelques messes dans le choeur et jouais aussi diverses choses au clavecin et au violon. Dans ma septième année, feu le Capellmeister Reutter, passant par Hainburg, entendit par hasard ma voix, faible mais agréable. Il m'emmena aussitôt dans la chapelle où, tout en faisant mes études, j'ai appris d'excellents maîtres l'art du chant, du clavecin et du violon. J'ai ainsi chanté comme soprano avec grand succès, tant à Saint-Étienne qu'à la cour, jusqu'à ma dix-huitième année

 Stephansdom. Dessin de Salomon Kleiner.

Georg Reutter (1708-1772). Huile.
Gesellschaft der Musikfreunde, Wien.

Vers 1740 ( Dans ma septième année) il est donc recruté comme enfant de chœur à l'occasion d'un voyage à Hainburg de Georg Reutter (1708-1772), maître de chapelle de la cathédrale de Vienne (Stephansdom) depuis 1738 (il le sera plus tard à la cour). Par nécessité, les maîtrises délivraient une formation scolaire et musicale aux enfants. La cathédrale est un important lieu de cérémonies et pompes princières. Elle est le second centre musical après la chapelle de la cour.

Georg Reutter, élève de Johann Joseph Fux (1660-1740) est un compositeur fécond, on connaît de lui près de 700 oeuvres. Il est anobli en 1740 et cumule un grand nombre de charges. Il y avait en fait deux chapelles. Une chapelle secondaire, dite «chapelle mariale» et une chapelle principale. Reutter y était secondé par le violoniste Adam Gegenbauer. Elle comprenait un premier organiste, onze cordes, un cornet, un basson, neuf à 12 vocalistes et six petits chanteurs. En cas de besoin, on faisait appel à des trombones, trompettes, timbales de la chapelle de la cour.

On y joue essentiellement des compositeurs viennois et italiens, pratiquement tous au service de la chapelle impériale. Le dernier grand compositeur baroque, Johann Joseph Fux , auteur d'un traité qui fit autorité, Gradus ad Parnassum ; Georg Reutter (père, 1656-1738) ; Georg Reutter ; Caldara (1670-1736)  ; Matteo Palotta (1688-1758) ; Antonio Ziani (à Vienne vers 1700) ; Franz Ignace Anton Tuma (1704-1774) ; Giuseppe Bonno (1711-1788)

 

Antonio Caldara. Portrait à l'huile anonyme.
Liceo musicale Bologna

Franz Ignaz Anton Tuma

Vers 1745 son jeune frère Michael rejoint la maîtrise de la cathédrale. Il fera une brillante carrière de compositeur, plus précoce que celle de Joseph.

Johann Michael Haydn. dessin de C. F. Stölzel.

Vers 1750, Haydn dont la voix a mué doit quitter la maîtrise.

 

Joseph Haydn, esquisse autobiographique de 1776 :

Finalement j'ai perdu ma voix, et dû passer huit pénibles années à instruire la jeunesse (N. B .: beaucoup de génies se détruisent à devoir gagner ainsi leur pain quotidien, car ils n'ont plus le temps d'étudier). J'en ai fait moi-même l'expérience, et jamais je n'aurais acquis le peu que j'ai appris si, dans mon zèle pour la composition, je n'y avais consacré mes nuits ; j'ai écrit avec diligence, mais pas très bien, jusqu'au moment où j'eus la chance d'apprendre du célèbre Porpora (qui était alors à Vienne) les vrais fondements de la composition.

On ne sait pas grand chose sur ces huit années. Dans sa biographie, Griesinger écrit : Haydn fut chassé de la maîtrise dans sa seizième année parce que sa voix avait mué ; de ses pauvres parents, il ne pouvait rien attendre.  On trouve ce créneau romantique plus ou moins (lourdement) romancé chez les autres biographes. La famille de Haydn n'était pas pauvre. Il est possible (selon Ignaz Pleyel cité par Pohl)  qu'au moment de son départ de la maîtrise, il ait été logé par Johann Michael Spangler (v. 1721-1794) et son épouse Maria Thesesia Kürner. Spangler est en 1749 ténor à l'église de la cour (Saint Michael) et éducateur, il sera en 1764 ténor dans le chœur du théâtre de la cour, en 1775 il obtiendra la régie du chœur de Saint-Michael. En 1768, Haydn fera entrer sa fille Maria Magdalena âgée de 18 ans à la chapelle esterhazy.

Haydn tire ses revenus de leçons de musique et en jouant le violon ou l'orgue. Il reçoit des héritages de sa grand-mère maternelle (Susanna Koller décédée en 1756), et de sa mère une centaine florins. Il est aussi aidé par un Johann Wilhelm Buchholz (1685-1769), un juge de paix, dont la petite-fille est nommée à l'article 58 de son testament À la jeune Anna Buchholz 100 florins, car dans ma jeunesse, quand j'étais d'un extrême misère, son grand-père me prêta 150 gouldens sans intérêts, somme que d'ailleurs j'ai déjà remboursée il y a plus de 50 ans.

Metastasio. Gravure de G. A. Sasso d'après G. B. Bosio.

Niccolo porpora. Huile.

Il peut payer le loyer « d'une mansarde » dans une maison côtoyant l'église Saint-Michel, sur le Kohlmarkt, la Michaelerhaus. Pietro Metastasio (1698-1782) occupe le troisième étage. Le premier étage est depuis 1745 occupé par le princesse Marie Octavia Esterhazy (1698-1762), mère de Paul Anton et de Nicolas le magnifique qui seront les employeurs de Haydn. C'est par Metastasio que Haydn aurait fait la connaissance de Nicolo Porpora (1686-1768)

Vers les années 1753-1754, il est engagé quelques mois comme valet de chambre et assistant par Porpora installé à Vienne. Il aurait trouvé en Porpora les conseils décisifs pour ce qui concerne les techniques de composition, connu des personnes utiles à sa carrière, bénéficié d'encouragements, et fait connaître ses compositions.

L'établissement du catalogue des oeuvres de Haydn pose de nombreux problèmes, en raison de son volume, de la négligence du compositeur, de la perte des documents, particulièrement lors des deux incendies de sa maison, d'attributions incertaines, et du manque de scrupules des éditeurs qui pour vendre, ont édité sous son nom un invraisemblable nombre d'oeuvres d'autre compositeurs. Pour les années 1750-1760, on compte «de la musique de scène» pour une comédie à succès, Der krumme Teufel de l'acteur comique et impresario F. Kurz-Bernardon qui est jouée à Vienne en  1751, 1753 et révisée en 1758 (la musique est perdue) ; une Messe brève en fa majeure, datée de 1749-1750 ; une sonate pour piano en do majeur, datée au plus tard de 1760 ; les 6 quatuors à cordes de l'opus 1, datés de 1755-1760 ; un concerto pour piano (décrit aussi pour orgue ou pour clavecin).

Joseph Haydn, esquisse autobiographique de 1776 :

Finalement, grâce à la recommandation du défunt Herr von Fürnberg (qui m'a prodigué de nombreuses marques de faveur), j'ai été engagé comme directeur par le comte von Morzin, et de là comme maître de chapelle chez son altesse le Prince [Esterházy] au service de qui je souhaite vivre et mourir.

 

Château de Weinzierl du baron Fürnberg, où Haydn aurait fait connaissance de von Morzin

Le Baron Carl Joseph Fürnberg (1720–1767) avait aussi engagé Haydn comme maître de musique de ses enfants et commissionné les premiers quatuors à cordes.

En 1759 (1757 ?) il prend ses fonctions chez le comte Karl Joseph Franz von Morzin (1717-1783) comme directeur de la musique (pour un salaire de 200 gouldens, le logement et la table de l'office). Il passe l'hiver à Vienne et les mois d'été à Lukaveç (Dolní Lukavice) en Bohème. Au cours de ce service, il compose sa première Symphonie en ré majeur en 1758 (?), et une quinzaine d'autres par la suite, des sonates pour clavier, des concertos, trios à cordes, des partitas pour fanfares, des divertissements, peut-être les quatuors à cordes opus 2.

Dès 1758, certaines de ses oeuvres sont copiés, comme sa symphonie n° 37 en ut mineur, trouvée dans les archives du château de Krumau (Krumlov) des princes Schwarzenberg.

Le 26 novembre 1760, il épouse Maria Anna Aloysia Apollonia Keller (1929-1800), la fille  de Johann Peter Keller, un perruquier viennois qui aurait aidé Haydn dans les années difficiles. Il semble qu'il était amoureux de Thérèse, la jeune sœur de Maria Anna entrée dans un couvent de Clarisses en 1755 ; elle figure sur le testament de Haydn comme «ex nonne». La tradition présente l'épouse de Haydn comme une harpie. Nous n'avons sur cette question l'opinion d'une seule des parties.

Dans les années 1760, Haydn compose environ 25 oeuvres, la plupart des symphonies dont la n° 22 en mi bémol majeur, Der Philosoph ; la n° 30 en do majeur, Alleluja ; La 31 en ré majeur Hornsignal ; plusieurs concertos pour différents instruments.

Il semble que des problèmes financiers obligent le comte Morzin à dissoudre son orchestre. Haydn est engagé par le prince Paul-Anton Esterházy, chef de la plus riche aristocratie hongroise, comme second maître de chapelle (le premier est Gregor Joseph Werner). Le prince restructure sa chapelle, sensible au changement de mode. Les revenus sont confortables (400 gouldens plus avantages en nature). Le contrat est signé le 1er mai 1761 [ le texte du contrat ]

Les premières compositions pour la cour d'Eisenstadt sont les symphonies n° 6 à 8, Le matin,  Le midi, Le soir en 1761

Nivcolas le magnifiqueNicolas «Le Magnifique»
Nikolaus der Prachtliebende

Le 18 mars 1762 le prince Paul-Anton décède. Son frère, Nicolaus « le magnifique » lui succède. Il augmente le traitement de Haydn qui s'élève à 600 gouldens, lui offre des primes après ses succès et pour les ouvres écrites pour son instrument, le baryton (de la famille de la viole, avec un système supplémentaire de cordes, qui par vibrations sympathiques peuvent accompagner). Au cours des années il augmente les effectifs de l'orchestre qui de 13-15 musiciens passe à 22-24 musiciens, parmi lesquels les meilleurs instrumentistes de l'époque : le violoniste Luigi Tomasini,  le violoncelliste Joseph Weigl remplacé par Anton Kraft, le corniste Carl Franz. La troupe d'opéra compte 12 personnes.

Vers 1762, des copies manuscrites des oeuvres de Haydn sont acquises ou effectuées par les riches abbayes autrichiennes. En 1763, plusieurs de ses oeuvres entrent au catalogue Breitkopf. En 1764, trois éditeurs parisiens éditent des oeuvres de Haydn.

Le 3 mars 1766, le premier maître de chapelle Werner meurt. Haydn devient premier maître de chapelle, et reprend, sans augmentation de salaire, les responsabilités que Werner avait conservées, notamment  la musique religieuse. Il peut quitter son logement, et prendre une maison en ville (qui est aujourd'hui le musée Haydn).

La maison de Haydn à Eisensdadt. Elle est détruite par des incendies en 1768 et en 1776.  Le Prince la fait reconstruire à ses frais.

C'est aussi l'époque des débuts fastueux d'Eszterháza, le nouveau château du prince Nicolaus Eszterháza, qui devait selon lui faire écho aux splendeurs légendaires de Versailles qu'il ne connut qu'en 1767. La cour, avec une partie des musiciens y séjourne l'été. Haydn commence à composer de grandes oeuvres vocales et religieuses ainsi que des opéras dans le goût italiens donnés dans la salle de spectacle de 400 places ou au théâtre de marionnettes, curiosité unique du lieu.

Schloss Eszterház, depuis le jardin

 

Théâtre du château EsterhazLa façade du théâtre en 1784

opéra haydnCertainement le représentation de la scène finale de l'Incontro improviso (1775). Haydn est au clavecin. Gouache.

  La salle de spectacle aujourd'hui

 

Une des façades du château aujourd'hui

C'est aussi en 1766 que le nom de Haydn apparaît dans les journaux autrichiens, naturellement sur fond de polémique autour de la musique nouvelle.

Esquisse autobiographique de 1776

Dans le style de chambre, j'ai eu le bonheur de plaire à presque toutes les nations à l'exception des Berlinois, comme le montrent les journaux et des lettres qui me sont parvenues. Je m'étonne simplement de l'incapacité de ces messieurs de Berlin, d'ordinaire si raisonnables, à critiquer ma musique en termes pondérés : ils me portent aux nues dans tel hebdomadaire pour ensuite, dans tel autre, me traîner plus bas que terre, et tout cela sans jamais dire pourquoi. Moi, je sais très bien pourquoi : parce qu'ils sont incapables de jouer certaines de mes oeuvres, et trop vaniteux pour prendre la peine de les étudier comme il faut, ainsi que pour d'autres raisons auxquelles avec l'aide de Dieu je répondrai en temps voulu. Monsieur le Capell Meister v. Dittersdorf, de Silésie, m'a écrit récemment en me demandant de répliquer à leurs attaques, mais je lui ai répondu qu'une hirondelle ne faisait pas le printemps, peut-être un de ces jours quelqu'un d'impartial leur clouera-t-il le bec, comme cela leur est déjà arrivé quand ils m'accusaient de monotonie. Ils n'en font pas moins tout ce qu'ils peuvent pour avoir toutes mes oeuvres, comme me l'a assuré l'hiver dernier, à Vienne où il séjournait, Monsieur le baron v. Sviten [Swieten] , ambassadeur impérial et royal à Berlin. Assez sur ce sujet.

En 1772 il compose la Symphonie des adieux (n° 45 en fa # mineur)

Quand Nicolas le Magnifique décide de donner chaque année une saison d'opéra à Eszterháza, Haydn est connu dans toute l'Europe. Et c'est le 6 juillet 1776, à la demande d'Ignaz de Luca qu'il rédige son esquisse autobiographique.

Le 27 octobre 1778, Haydn vend sa maison d'Eisenstadt. C'est aussi l'année des débuts des frères Carlo (1747-1808) et Francesco (1744-1808) Artaria comme éditeurs de musique à Vienne (ils éditeront environ 300 oeuvres de Haydn).

En, 1779 le contrat entre Haydn et Nicolas le Magnifique est modifié. Il en disparaît les clauses le plus contraignantes (qui n'ont jamais été appliquées), particulièrement celles tenant à la propriété des oeuvres. Conscient de sa célébrité en Europe, Haydn veut peut-être préserver ses intérêts [ le texte du contrat de 1779 ].

La même année il dirige à Vienne son opéra bouffe Lo Speziale (l'apothicaire), et la chanteuse Luiga Polzelli est engagée. Il a avec elle la seule liaison amoureuse attestée par sa correspondance.

Toujours en 1779,  la Tonkünstler-Societät, société de concerts dont une part des bénéfices était destinée à la solidarité matérielle pour les veuves et les orphelins de la commnauté des musiciens, conditionne son adhésion à des clauses, et une intrigue qu'il n'accepte pas. Le 4 février, il adresse une lettre de démission au secrétaire de la Société, Thaddäus Hubert dans laquelle il écrit :

Cher ami ! Je suis un homme trop sensible pour vivre dans la crainte perpétuelle de voir mon admission annulée. Les arts, et en particulier une science aussi merveilleuse que celle de la composition, ne sauraient souffrir aucune entrave sur le plan artisanal. [ le texte de la lettre du 4 février 1779 ]

En 1780, le prince écourte la saison, cela permet à Haydn d'organiser les premières éditions de ses oeuvres par les frères Artaria. La même année, il est 1780 il est élu membre de la Société Philharmonique de Modène. 

En 1782, Haydn projette de se rendre à Londres, sa venue est annoncée dans les journaux anglais, mais en 1783, seule la musique est au rendez-vous, Nicolas le magnifique n'autorise pas Haydn à quitter son poste pour quelques mois.

Maria Josafa de la Soledad  (1732-1834), par Goya (1785)

En 1783 il signe un contrat avec  Carlos Alejandro de Lelis pour le compte de Maris Josefa de la Soledad, duchesse d'Osuna. et comtesse-duchesse de Banavente. En 1785 Haydn précise le contrat par 6 points, et semble avoir livrer le musique à la première Dame d'honneur de la cour de Madrid pendant 6 ans.

Haydn est un homme d'affaires avisé dans ses relations avec les éditeurs ou les commanditaires de d'Europe.

La première rencontre de Haydn avec Mozart date de 1784 ; elle marque le début d'une amitié réciproquement admirative. Cette année là Mozart adhère à la Franc-Maçonnerie, et Haydn en fait la demande. Il est admis dans la plus importante des loges de Vienne en 1785.

C'est aussi en 1785 qu'il compose pour La cathédrale de Cadix lui l'oratorio Les Sept dernières paroles du Christ (créé en 1796).

En 1786, il livre pour la loge (maçonnique) Olympique à Paris (où le chevalier de Saint-Georges est chef d'orchestre) ses six symphonies parisiennes.

En 1787 Haydn le «Shakespeare de la musique» est toujours attendu à Londres ou on lui offre 400 livres sterling. La même année, 98 représentations d'opéra sont données à Eszterháza.

Le 28 septembre 1790, Nicolas le Magnifique meurt. C'est la fin d'Eszterháza. Son fils Anton lui succède,  fait à nouveau d'Eisenstadt le séjour de la cour, congédie la musique, à l'exception de Haydn et de Tomasini, de la musique militaire et du chœur d'Eisenstadt. Payés jusqu'à fin septembre, les musiciens s'éparpillent en Europe. Haydn qui doit conserver le titre de Maître de chapelle des Eszterhàzy, perçoit une pension annuelle de 1000 florins (en cas de décès, sa veuve percevrait 500 florins) et 400 florins de salaire mensuel, il est libre de tout service. Sans soucis pour l'avenir, il s'installe au plus vite à Vienne, laissant ses affaires à Eszterháza, pensant les récupérer plus tard. Il reçoit des offres de maître de chapelle de cours princières, dont celle du roi de Naples, il les refuse. Le 15 décembre, après une dernière visite de Mozart, il entreprend le premier voyage de Londres en compagnie de Johan Peter Salomon (compositeur, violoniste et impresario, 1745-1815). Il est accueilli par Charles Burney, l'un des plus actifs artisans de cette première tournée en Angleterre qui est un immense succès. Il quitte Londres en juillet 1792 après avoir été honoré du titre de Doctor of Music honoris causa à Oxford où il a présenté sa Symphonie n° 92 en sol majeur, Oxford. Sur le chemin du retour il fait étape à Bonn. S'il y rencontre Beethoven, cela n'est pas significatif. Mais la même année, il lui donnera des leçons à Vienne. Pour des raisons assez obscures, les rapports de Beethoven et de Haydn ne seront jamais bons.

Le second séjour à Londres, de début 1794 à la mi-août 1795 est un triomphe. Il compose pour l'occasion les 12 symphonies Londoniennes. Il est de retour à Vienne au début de septembre. Le nouveau prince, Nicolas II qui succède à Anton le 22 janvier 1794 délaisse lui aussi Eszterháza pour séjourner de juillet à octobre à Eisenstadt. Haydn suit la cour jusqu'en 1803, mais ensuite sa santé ne lui permet plus d'activité, il ne quitte plus Vienne ou sa maison de Gumpendorf.

Nicolas II est un amateur de beaux livres, d'arts plastiques et de peinture (sa collection constitue le premier fonds du musée des beaux-arts de Budapest). Il n'apprécie ni la musique ni la personne de Haydn, et ne s'intéresse qu'au style religieux. De 1796 à 1802, il commande 6 Messes à Haydn pour la fête de la princesse Maria Hermenegild, qu'on célèbre à Eisenstadt en septembre. Occupé par Les Saisons, Haydn ne livre pas de messe en 1800 (Heiligemesse (1796) ; Nelsonmesse (1798) ; Theresienmesse (1799) ; Harmonie-messe (1799)

En 1796, il compose le Concerto en mi bémol majeur pour trompette, qui reste un classique du genre. En 1797, il compose l'hymne national pour l'Autriche et achève son oratorio Les Saisons en 1801.

En 1805, le Conservatoire de Paris lui offre une médaille d'or par l'entremise de Cherubini.

Il apparaît une dernière fois en public le 27 mars 1808 pour la représentation de La Création dirigée par Salieri. Il meurt le 31 mai 1809.

 

Jean-Marc Warszawski
20 juin 2003
21 décembre 2012 : remise en page, révision de l'iconographie, ajout du document de 1805 (Conservatoire de Paris)

 

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Références / musicologie.org 2014

Jeudi 11 Décembre, 2014 22:40

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