Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte.
La sonate pour piano D 557 de Franz Schubert

Retour en arrière avec cette autre sonate en trois mouvements, plutôt une sonatine en réalité. Dans cet exercice d’un archaïsme bon enfant, très réussi en son genre, on dirait, avec Harry Halbreich, qu’après s’être laissé emporter par son inspiration fantastique et nocturne, Schubert éprouve le besoin de repartir à zéro en reprenant la sonate au point où Haydn et Mozart l’avaient laissée. On y trouve bien quelques touches personnelles, mais surtout le souvenir des deux grands aînés viennois, et, en prime, dans l’andante médian, avec un brin d’ironie peut-être, un semblant de retour à J. S. Bach. On peut cependant apprécier cette « œuvre modeste, légère, bien équilibrée, salutaire exercice d’autodiscipline dont la contrainte classique n’exclut ni la séduction mélodique, ni la fraîcheur, tout en renonçant pour l’instant à toute expression profonde ou trop subjective. »9
Franz Schubert, Sonate pour piano D. 557, en la bémol majeur, I. Allegro moderato, II. Andante , III. Allegro, composée en 1817, puboiée en 1888 par Breitkopf und Härtel : II. Andante, par Michael Endres.
Michel Rusquet
20 février 2020
© musicologie.org.
Notes
Harry Halbreich, dans Tranchefort François-René (dir.), « Guide de la musique de piano et de clavecin », Fayard, Paris 1998, p. 661.


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