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Par flûte droite, on classe ici les flûtes que l'on
joue à partir d'une extrémité, mais qui ne sont pas munies de bec. C'est
la plus ancienne des flûtes. On peut affiner la classification en parlant
de flûte droites ou oblique, selon la façon dont on les tient, classer par
le nombre de trous ou par d'autres particularités, comme la façon de
tailler les arrêtes sur lesquelles on pose les lèvres :

Une idée assez répandue et quelque peu bucolique
acrédite l'idée d'une première flûte en roseau : le vent souffle
dans les roseaux, l'homme est charmé et veut reproduire ce joli chant. Le
problème est qu'il faut déjà avoir un sens musical pour reconnaître une
musicalité dans ce phénomène. Pour qui a entendu le vent souffller sur des
roseaux, on peut dire qu'il y a loin de l'idée romanesque à la chose
physique ou alors il faut avoir une belle imagination qu'on semble
justement ne pas accorder aux premiers fabricateurs de flûtes qui auraient
dû copier sur la nature ! En d'autres termes cette idée apparemment
naturaliste fait appel à un sens abstrait très développé.
En second lieu, la question de l'invention unique qui
se serait développée et ramifiée est sans intérêt. D'abord parce qu'on
invente tous les jours, le plus souvent par hasard, et que le mystère
réside plutôt dans le pourquoi on prend des habitudes où qu'on les
abandonne. Ensuite, il y a beau temps que les archéologues se sont rendu
compte qu'un même groupe pouvait fabriquer des objets différents et que
des groupes étrangers pouvaient en faire d'identiques.
Il n'y a donc pas quelque chose qui s'inscrits dans la
longue durée comme une histoire de la musique, encore moins comme une
histoire des instruments, encore qu'encore moins comme une histoire de la
flûte. Il y a des situations extrêmements diverses, enchevêtrées dans la
durée et l'étendue, dans lesquelles on a adopté des choix tout aussi
divers et en même temps ressemblant.
La plus vieille flûte connue, on insiste sur le
singulier, d'autant que c'est un fragment taillé dans un fémur d'ours, a
été découverte dans la grotte de Divje Babe en Slovénie. Les spécialistes
l'ont daté de 43.000 ans (Homme de neandertal)

Là encore on avance des explications naturalistes,
comme si l'homme de néandertal n'était pas capable d'invention et de
fantaisie. On a remarqué que beaucoup d'os, particulièrement ceux des
membres arrières d'animaux portaient des blessures de crocs, provoquées
par les morsures de loups (?) en chasse. Certains os sont même
traversés, troués. Les chasseurs se seraient servi de ces os pour en
faire des sifflets. Mais, cette explication pour inutile qu'elle est a un
avantage sur celle du vent dans les roseaux : elle est étroitement liée à
la pratique des hommes. Cela nous paraît plus logique : on invente avec
les objets qu'on touche et qu'on manipule.
Voici quelques années, des archéologues ont découvert
en Chine des flûtes, toujours en os, datées de 7000 à 9000 ans :

On notera les sept trous aux espacements réguliers. La
seconde flûte à partir du bas est encore jouable. Pourquoi pas huit trous,
car on a huit doigts de libre ? Impératifs religieux ? Magiques ? Problème
de facture ? Par exemple on perce les deux trous extrêmes, puis celui du
milieu, ou le contraire, le trou central puis les extrême de manière
équidistante. Il est plus facile de répartir régulièrment les trous.
Proportionnellement, l'antiquité égyptienne c'est
presque hier. Le Bas relief funéraire de Mastaba de Akkhétep (ici un
fragment) date de 2450 avant. Il montre un joueur de flûte oblique, le
ney

Ou bien encore ce bas relief taillé dans du calcaire, à
Sakkara, datant de la cinquième dynastie


Ujusini en bambou de Bolivie

Flûte en bois de berger, Hongrie

Très longue flûte en métal, Hongrie

Flûte en bois des Nouvelles Hybrides

Flûte en bois africaine

Antique quena en os du Pérou

Flûte en os datant de l'âge de pierre, Danemark

Shakuhachi japonais
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