Les écrits sur la musique au XIIe siècle
Quelques dates, faits et
personnes
XIIe siècle : Le Graduel de Bellelay est un livre
liturgique et musical du XII
e siècle appartenant à l’ordre des Prémontrés.
Il est édité
par l'École des Chartes sous la direction d'Olivier Cullin.
vers 1112 —
Pos de Chantar. Guillaume d'Aquitaine ou de Poitiers
(1071-1126) [ Guilhem di Peitieus ; Guillaume comte de Poitiers et
duc d'Aquitaine] est le premier troubadour connu, et le second en date des
poètes écrivant en langue vulgaire. Il est l'ancêtre d'Aliénor de
Poitiers. Il est en Croisade en 1101-1002. Plusieurs fois excommunié pour
ses amour scandaleuses avec la « Maubergeonne » (ainsi nommée selon ses
écrits). En pénitence, il fait le pélerinage de Saint-Jacques de Compostel
et écrit à cette occasion un chant d'adieu.
Je prie mes amis, quand je mourrai
De venir tous me faire honneur
Car j'ai connu la joie et le plaisir
Loin et près d'ici, et dans ma demeure,
Ainsi je laisse joie et plaisir
Et vair et gris et zibeline.
On a cru que
>Pos de Chantar était sa seule œuvre notée qui nous était
parvenue. Il s'agit d'une contrefacture du XIVe siècle.
Pos de chantar m'es pres talenz
Pos de chantar m'es pres talenz,
farai un vers, don sui dolenz:
mai non serai obedienz
en Peitau ni en Lemozi.
Qu'era m'en irai en eisil;
en gran paor, en gran peril,
en guerra laisserai mon fil;
faran li mal siei vezi.
LLo departirs m'es aitan greus
del seignoratge de Peiteus!
En garda lais Folcon d'Angeus
tota la tera son cozi.
Si Folcos d'Angeus no·l socor,
e·l reis de cui ieu tenc m'onor,
faran li mal tut li plusor,
felon Gascon et Angevi.
Si ben non es savis ni pros,
cant ieu serai partitz de vos,
vias l'auran tornat en jos,
car lo veiran jove mesqui.
Par merce prec mon conpaignon:
s'anc li fi tort, qu'il m'o perdon;
et il prec En Jezu del tron
en romans et en son lati.
De proeza e de joi fui,
mais ara partem ambedui;
et ieu irai m'en a Cellui
on tut peccador troban fi.
Mout ai estat cuendes e gais,
mas Nostre Seigner no·l vol mais:
ar non puesc plus soffrir lo fais,
tant soi aprochatz de la fi.
Tot ai guerpit cant amar sueill:
cavalaria et orgueill;
e pos Dieu platz, tot o acueill,
e prec li que·m reteng'am si.
Toz mos amics prec a la mort
que·i vengan tut e m'onren fort;
qu'ieu ai agut joi e deport
loing e pres et e mon aizi.
Aissi guerpisc joi e deport,
e vair e gris e sembeli.
1137 — Le mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec le roi
Louis VII favorise les échanges entre le Sud et le Nord de la Loire. L'art
des troubadour se fait connaître au Nord de la Loire, grâce aux activités
de mécénat d'Aliénor. Celle-ci épousera plus tard Henri II Plantagenêt,
roi d'Angleterre.
vers 1140 — Marcabru :
Pax in nomine Domini (chanson de croisade).
1140 —
Jeu de Daniel. représenté à Beauvais par des étudiants. La mise en
scène en est très développée, et l'entrée de chaque personnage est
accompagnée d'un conductus (chant de procession, de conduite).
Vers 1140 : Codex
Calixtinus. Manuscrit jouant un rôle central dans le culte de saint
Jacques à Compostel
avant 1142. — Abélard : 6
planctus.
1150-1200 —
Jeu d'Adam. Considérée par les historiens de la littérature comme
la première pièce de théâtre. Le texte parlé est entrecoupé à intervalles
réguliers de répons grégoriens.
vers 1150 — Estampies. Danses instrumentales
monodiques, avec ou sans texte (vièle, tambourin, battements de pieds).
Elles sont est attestées à la fin du XIIIe siècle dans les écrits de Jean
de Grouchy
vers 1160 —
Antiphonarium ambrosianum (av. 397).
avant 1164 — Lucas (compositeur espagnol) :
magnus organista, à Tarragone.
vers 1170 — Le Minnesang en Allemagne
vers. 1175 —
Organa dupla à Saint-Martial de Limoges. Peut-être premier témoins
de chant à l'église à deux voix.
avant 1177 — Adam de Saint-Victor :
Proses (attribution douteuse, mais issues de l'acivité de l'abbaye
Saint-Victor de Paris)
1179 —
Ver pacis aperit, conductus à 2 voix, composé pour le sacre de
Philippe Auguste.
vers 1180 — Léonin :
Magnus liber organi. Léonin est des rares noms l' Ars antiqua
française. Il a composé un grand livre d'organa dupla.
1183 — Première attestation de l'existence de
compagnies de
laudesi à Florence
vers 1195 — Mort de Bernart de Ventadour.
1198 — Ordonnance de l'évêque Odon de Sully sur la
polyphonie
1199 — Gaucelm Faidit :
Fortz chausa es (planh sur la mort de Richard Coeur de Lion).
Fin XIIe : Premiers chants anglais notés :
Hymnes à saint Godric et
The prisoner's song
- Bernard Philippe,
Du chant romain au chant grégorien (IVe-XIIIe siècle). Éditions du
Cerf, Paris 1996 [986 p.]
- Golb N.,
Obadiah the Proselyte : Scribe of a unique 12th century Hebrew
manuscript containing Lombardic Neums. Dans «The Journal of Religion»
(45) 1965, p. 153-156
- Machabey Armand,
Essai sur les formules usuelles de la musique occidentale des origines
à la fin du 15e
siècle. Paris 1928
- —,
Histoire et évolution des formes musicales du Ier au
15e siècle. Paris 1928
- —,
La polyphonie occidentale du 9e
au 14e
siècle. Précis de musicologie Paris, 1958
- Munk-Olsen B.,
L'étude des auteurs classiques latins au 11e et 12e siècles. Paris
1890
- Speer Andreas,
Scientia quadruvii. Musica in den Timaios - Kommentaren des 12.
Jahrhunderts. Dans F. Hentschel (éd.), «Musik – und die Geschichte der
Philosophie und Naturwissenschaft im Mittelalter». Studien und Texte zur
Geistesgeschichtedes Mitterlalters (62), Leiden1998, p.99-123
La musique, avec
un carillon, une giga ou vièle en huit, et un psaltérion.
Portail royal de la Cathédrale de Chartres, XIIe siècle [
détail ]
Le roi
David et des musiciens. Cor, carillon, giga, tambour, harpe.
Psautier anglais de Saint-Alban (Hildesheim)XIIe siècle (E. G. Millars
English illuminated manuscripts) [détails
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6 ]
Guy d'Arezzo et
l'évêque Theobald devant un monocorde. Extrait d'un manuscrit de
théorie musicale du XIIe siècle. Ms. 51, Natonalbibliothek, Wien [
détail ]
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