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Lai

 

La littérature ancienne, notamment le cycle de Tristan, fait état d'une forme poétique et musicale : le lai. Peut-être d'origine celtique, dérivé des chansons en latin vulgaire, ce genre était répandu dans le nord de la France et les deux Bretagne (Angleterre-Irlande, Bretagne continentale). Art des harpistes, on peut supposer que le lai, était l'art de chanter ou déclamer les légendes, sur des mélodies monosyllabiques, en laisses de longueurs diverses.

Peut-être le mot veint-il de l'irlandais loid qui désigne le chant du merle (document du ixe siècle).

Au xiie siècle, les poètes s'en inspirent de deux manières. D'une part par le contenu narratif qui nourrit la mode de la chevalerie courtoise. Ainsi, Marie de France adapte les chants bretons en courts récits rimés, épiques ou féériques.

D'autre part, par le développement, en imitation, de maniérismes appliqués à des contenus narratifs étrangers à la tradition narrative des lais bretons.

À la fin du Moyen-Âge, les poètes nomment encore lai, de courtes poésies, profanes ou religieuses. On apelle style layé la succession de vers courts et longs.

 

Élodie, Les lais de Marie de France. Dans « Lettres et arts (.net) »

Vapereau Gustave (1819-1906), Dictionnaire universel des littératures. Hachette, 1876, p. 1168-1169.

LAI, mot qui signifiait, au moyen âge, chanson ou plutôt récit chanté et qui désigna successivement des genres de poésie assez différents. Au xiie siècle, le lai, en France, se rattache intimement au roman d'aventures, dont il diffère surtout par une moindre étendue. Il n'en est, à proprement parler, que la réduction. Tels sont le lai d'Haveloc, par Gaimar, le lai d'Ignaurès, par Renaut, les divers lais sur Tristan et Yseult, etc. ; ce sont les récits abrégés d'une légende amoureuse et dramatique ou d'un de ses épisodes. Le lai est alors à peu près synonyme de fabliau seulement il était empreint de sensibilité et de mélancolie, tandis que le fabliau s'ouvrait plus volontiers à la verve et à la licence gauloise. Sous cette forme de récit romanesque, le lai est surtout représenté, au xiiie siècle, par Marie de France. Le sujet des nombreux lais conservés sous son nom est presque toujours emprunté aux fables bretonnes, et elle a le soin de le rappeler elle-même. Ils plaisaient beaucoup, dit un auteur du temps, aux comtes, barons et chevaliers, et surtout aux dames, « dont ils flattaient les volontés. »

Le sentiment tendre et mélancolique imprimé par Marie de France au genre lui-même est parfaitement marqué dans ce passage du Lai du chèvrefeuille, à propos de Tristan et d'Yseult :

        D'euls deus fu il tut autresi,
        Cume del chevrefoil esteit,
        Ki à la codre se preneit :
        Quant il est si laciez et pris
        E tut entur la fust s'est mis,
        Ensemble poient bien durer.
        Mais ki puis les volt dcsevrer,
        Li codres muert hastivement
        Et chevrefoil enscmblement.
        — Bele amie, si est de nus :
        Ne vus sanz mei, ne moi sanz vus.

(D'eux il en fut ainsi que du chèvrefeuille qui s'était pris au coudrier. Lorsqu'il y est bien enlacé et roulé autour du bois, ensemble ils peuvent bien durer ; mais si on les sépare, le coudrier meurt bientôt et le chèvrefeuille également. — Belle amie, il en est de même de nous ni vous sans moi, ni moi sans vous.)

Comme on le voit par cet échantillon, les lais de Marie de France, comme ceux du même temps, sont en vers de huit syllabes et ne sont assujettis à aucune combinaison parliculière de rimes.

Bientôt, au lieu d'être un récit continu, le lai devient une chanson proprement dite, avec des stances distinctes, voire même avec refrain. Le Lai de la dame du Fael, du même siècle, remplit déjà cette double condition de la chanson. Au xive siècle, le lai est soumis à des règles fixes et précises. On lui impose tour à tour d'avoir douze ou vingt-quatre couplets et on détermine l'agrément des rimes et l'ordre des vers de rhythmes différents. Il finit par être confondu avec le virelai, qui en est la dernière transformation artificielle et savante.

L'origine du lai et de son nom a été l'objet de contestations oiseuses. Les récits chantés, héroïques comme les chansons de geste ou fantastiques comme les romans d'aventures, se retrouvent chez tous les peuples sortis de la fusion des races saxonnes et latines. Peut-être y sont-ils nés d'anciens souvenirs littéraires celtiques; toujours est-il que les vieilles légendes bretonnes y tiennent une grande place. On y trouve toutefois, à côté de la « matière de Bretagne », comme on dit pour les gestes, les deux autres « matières de France et de Rome la grant ». L'étymologie du mot ne peut guère éclairer sur l'origine de la chose. Quelquesuns font venir lai du mot allemand lied, qui aurait déjà produit en latin le mot leudus, employé dès le vie siècle par Fortunat :

    Hos tibi vcrsiculos, dent carmina barbara leudos.

Mais lied et leudus peuvent venir tous deux de langues de l'Europe plus anciennes (Kymri : llais ; gaétique ; laoith)

          

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