Gagaku [musique raffinée]
n. m. : Musiques et danses traditionnelles
de cour, opposées au zokugaku (musique
populaire). Elle est jouée par les gakunin. C'est
une musique vocale et instrumentale, souvent accompagnée
de danses, qui a des fonctions profanes ou religieuses.
Le mikagura, désigne
la musique accompagant le culte shintoïste des
ancètres de la famille impériale
Le kangen, est une musique d'ensemble
instrumental profane.
Le bugaku, est une musique accompagnement
les danses.
L' utaimono ou utamono, est la musique
de cour chantée
Pratiquée d'abord
en Chine, la musique de cour apparaît au Japon
au Ve siècle, mais est institutionnalisée
officiellement en 701, avec la création d'un
« office du gagaku ».
Au début du IXe
siècle, le genre est réformé, quand
la cour s'installe à Kyōto. L'instrumentarium
est réduit, on adopte deux modes (transposables) :
le ryō le ritsu. On classe
les pièces selon leur provenance, le répertoire
est divisé en catégories.
Ainsi, Le kangen
et le bugaku (musique profane, et musique profane
dansée) sont divisés selon deux origines
: uhō et samai pour la danse (Corée
et Mandchourie) et sahō et umai
pour la danse (Chine et sud de l'Asie). Cette distinction
a aussi des conséquences sur les couleurs dominantes des
costumes, qui sont le vert et le jaune pour le uhō,
et rouge pour le sahō. L' utaimono,
est distingué selon la langue des poèsies
: les saibara pour le japonais et les rōei
pour le chinois.
Après la réforme
du IXe siècle, le Gagaku est très apprécié,
de nombreux compositeurs s'y adonnent. Il perd de ses
faveurs au XIIe siècle, avec l'arrivée
des militaires au pouvoir, et disparaît pratiquement
au milieu du XVIe siècle, hormis dans quelques
foyers aristocratiques et religieux, pour renaître sous
le règne du shogun Ieyasu Tokugawa (1543-1616).
Les instruments de
la musique de cour
Shō
Kakko, petit tambour, joué
avec des baguettes (bachi. ). Il
indique les tempis, il est l'instrument du chef
de chœur (sahō et samai)
San no tsuzumi, petittambour
en forme de sablier, utilisé pour marquer
les temps forts (uhō et umai)
Shakubyōshi, claquette en bois
Shōko ou shōgo, petit
gong en bronze, décliné en trois grandeurs (kangen
et le bugaku).
Taiko, grand tambour à maillet,
décliné en trois grandeurs (dadaiko,
tsuridaiko et ninaidaiko), pour marque
les temps forts des phrases (kangen et
bugaku).
Hichiriki, hautbois à neuf trous
au son strident (tous les genres du gagaku)
kagurabue ou yamatobue, flûte
(mikagura)
komabue, flûte d'origine coéenne
(mikagura, uhō et umai)
Ryûteki ou ōteki,
flûte traversière à sept trous, d'origine
chinoise (mikagura, sahō, utamono, samai)
Shō, orgue à bouche à
dix-sept tuyaux en bambou. (utamono, sahō,
bugaku)
Gakubiwa, luth à quatre cordes
(saibara et kangen)
Gaku-sōsō ou sō
no koto, cithare à treize cordes utilisée
(saibara et kangen).
Yamatogoto ou wagon, cithare à
six cordes ( mikaura )
Shō-myō (voix claire) n. m. : ensemble de chants
et cantilations bouddhiques, à l'unisson ou en
canon. Ils sont attestés au IIIe siècle,
en Chine. Au Ve siècle, ils sont importés
au Japon par des missionnaires. L'introduction officielle
du boudhisme au Japon s'opère à l'époque
du règne de l'empereur Kimmei (540-571),
sous la poussée du pouvoir coréen. Les
premiers grands centres de culte sont érigés
à la fin du VIIe siècle, on y cultive
la tradition chinoise et coréenne. En 606, la
récitation des soûtras accompagnée
de percussions est institutionnalisée.
Un
Shō-myō japonais, diversifié, prend forme, à
travers diverses sectes et écoles, éclosions,
décadences, réformes, recherches de la
tradition initiale.
Instrument à cordes pincées à
l'aide d'un plectre. D'origine perse, il est attesté
en Chine au VIe siècle et au Japon au VIIIe siècle.
Il est utilisé, dans des factures différentes,
dans tous les genres de musique, profanes, religieuses,
populaires ou savantes.
Gagaku biwa ou gakubiwa : biwa à quatre cordes
et quatre frettes, utilisé dans la musique de
cour.
Gaku
biwa
Mōsō biwa : est également un biwa à quatre cordes, avec
quatre à six frettes. C'est dès les IX-Xe siècles, l'instrument des moines
aveugles. Jusqu'au XVIe siècle, il s'agissait d'un instrument au manche droit,
avec cinq cordes et cinq frettes, d'origine indienne. Il accompagne la
récitation des soûtras pour apaiser les esprits telluriques et obtenir de bons
augures dans les activités (récoltes, construction).
Heike biwa, à quatre cordes et cinq frettes accompagne,
dès le XIIe siècle, la récitation de l'épopée Heike Monogatari, récit du
XIIe siècle opposant les clans Minamoto et Taira
Satsuma biwa, à quatre cordes et quatre
frettes, répandu dans la région de Satsuma
(Kagoshima), utilisé pour accompagner les narrations
épiques.
Le shamisen [ trois cordes du goût
] est un instrument à cordes, au manche long,
fin et sans frettes, dont la caisse de résonance,
carrée, et construite traditionnellement, en bois
de santal. La table d'harmonie est en peau de chat,
de chien, de serpent (on le nomme alors jabisen). Il
comporte trois cordes en soie ou en nylon. Il est joué
avec un plectre en ivoire.
En
japonais, mais les images sont explicites
D'origine chinoise, il apparaît dans l'île d'Okinawa au milieu
du XVIe siècle, dans les musiques populaires, et se répand dans tout le Japon à
partir du XVIIe siècle. Instrument des geishas, il est aussi joué avec les voix,
en solo, ou en ensemble. On le trouve dans les musiques kumiuta, jiuta, kouta
( musique de tradition des geishas ), les minyō ( chansons populaires
), le théâtre
kabuki ( nagauta, chants longs ) et bunraku.
Le Kabuki est une forme théâtrale
qui apparaît au début du XVIIe siècle,
à l'apoque Edo. Il se paticularise par sa musique
(schamisen et percussions), ses costumes, son maquillage,
les dispositifs scèniques (passerelle avançant
dans le public, décors rotatifs, trappes), les
poses fixes codifiées. Tous les rōles (contrairement
aux débuts du genre) sont tenus pas des
hommes, qui déclament sur un ton monotone. On
distingue les acteurs spécialisés dans
les rôles de femmes, les onnagata,
ceux spécialisés dans le jeu violent (
aragoto ), et dans le jeux doux ( wagoto
). Le répertoire est basé sur des événements
historiques.
Une
salle de théâtre kabuki
La shamisen est tardivement introduit dans le théâtre
kabuki, vers 1740, pour accompagner, avec des percussions,
les longs chants ( nagauta ).
Tamasaburō,
Sagi Musume 坂東玉三郎 「鷺娘」 (La femme Héron)
(début)
Musiciennes
japonaises à la fin du XIXe siècle Taiko,
san no tsuzumi, shamisen
Dans le théâtre
bunraku ou
ningyō jōruri (théâtre de marionettes),
le shamisen accompagne le récitant qui fait
les voix des personnages. Ce genre de théâtre
de grandes marionettes manipulées à vue
date du XVIIe siècle.
Reportage
en Espagnol, mais les images, de mauvaise qualité,
sont explicites
Le jiuta-mai est une danse intimiste, de la région
de Kyoto
et d’Osaka, à l’époque Edo. C’est un art de professionnels
et de geishas, qui n'était pas public, mais pratiqué
en privé, chez les courtisanes ou les bourgeois.
La Shamisen se joint parfois au Koto, parfois le
remplace, dans les suites kumiuta, poèmes chantées,
d'une longueur fixe, avec des parties instrumentales
intercalées. Ce genre est attesté au XVIe
siècle, laisse place par la suite à des
parties musicales virtuoses auxquelles peut s'adjoindre
une vièle à trois ou quatre cordes ( kokyu
), remplacée au
XIXe siècle, par une une flûte ( shakuhachi
)
Ce terme, traduit d l'Occident est un concept adopté
au XXe siècme par la langue japonaises. On parlai
plutōt de chant de la campagne, chansons
rurales, outou simplement « chanson ». Leur
facture diffère d'une région à
l'autre.
Beaucoup sont des chants de métier, qui étaient
à l'origine des chants a cappella, solistes ou
en chœur, parfois en « repons », des chants
de divertissement ou de danse, ou pareticipant à
des rituels.
À l'époque Edo, et plus tard,
on a pris l'habitude d'accompagner ces chants au shamisen
ou au shakuhachi, aussi des percussions. Ces accompaganements,
en devenant indépendants, sont devenus des genres
instrumentaux nouveaux.
Au cours du XXe, une partie du répertoire
est devenenu virtuose.
Le shakuhachi est une flûte droite en bambou.
Son nom signifie « 1,8 pieds », désigne
sa longueur. Il possède 5 trous dont un à
l' arrière. Elle est accordée en pentatonique
Ré,
Fa, Sol, La, Do, ré. La perce est généralement
enduite d'une couche épaisse
de laque rouge. Elle ne composrte pas de sifflet, mais
une pièce de corne de buffle est insérée
dans l'embouchure, entourée d'une feuille de métal précieux
pour sur les flûtes de grande qualité.
La forme de l'embouchure diffère selon les écoles.
Elle faisait partie de
l'instrumentarium de la musique de cour, jusqu'à
la réforme du IXe siècle. Au XIIIe siècle,
ce sont les moines boudhistes zen, inspirés
par l'ancienne secte Fuke, conduits par le maître
Muhon Kakushin ( plus tard Hottō Kokushiqui ),
qui la réintroduisent depuis la Chine, sous une
forme plus longue et plus fine. Ils la jouent pour soutenir
leur méditation. On les identifiait à
cet instrument, avec lequel ils mendiaient également..
On les appelait komosō (moines aux nattes de
paille). Ils portaient un chapeau de paille couvrant
leur visage.
Au début de l'ère Edo, sous le règne
de Tokugawa, après la défaite des clans
qu'ils protégeaient, beaucoup de samouraïs,
désœuvrés, sont devenus des moines boudhistes
errants, ils deviennent les moines komusō ( moines
du vide).
Pour contrōler et se servir de cette importante
population, le pouvoir les regroupe autour des temples
boudhistes zen de la secte Fuke, qui est ainsi officialisée.
On leur octroie la permission de voyager librement (ce
qui est normalement interdit), et l'exclusivité
de l'usage du shakuhachi, dont on dit que, taillé
dans des roseaux solides, il est aussi une arme ( les
anciens samouraïs n'ont pas le droit de porter
des armes ). En réalité, parmi ces moines
se cachent des agents du pouvoir, notamment des espions.
Ronnie Nyogetsu Reishin Seldin
Au début de l'ère Meiji (1868), la
secte Fuke, en raison de son implication dans le pouvoir
précédent, est dissoute, ainsi que la
pratique du shakuhachi pendant quelques années.
Le répertoire des honkyoku (mélodies des
moines fuke) est en grande partie perdue.
De nouveau autorisé, sans exclusivité,
d'abord en ensemble, puis de nouveau soliste,
il devient un instrument profane, qui gagne une grande
popularité, notamment en musique de chambre Sankyoku
(à trois) : shamisen, koto, shakuhachi.
Attesté dès le XIVe siècle,
le nō est un théâtre dramatique, à
la fois très stylisé et hautement sophistiqué
et symbolisé. Le répertoire, fixé
au XVe-XVIe siècles, est toujours joué
de nos jours.
Salle
traditionnelle de théâtre nō
La théâtre nō se caractérise
par la concentration du drame autour d'un seul personnage,
une scène de jeu particulière, l'emploi
de masques, la danse comme moyen d'expression, dont
les gestes sont codifés, une déclamation
particulière. L'orchestre se compose d'un grand
tambourin ( ō-tsuzumi ), d'un petit tambourin
( ko-tsuzumi ), d'une flûte traversière
( fue ) et parfois d'un grand tambour ( taiko ).