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IAMBE, s. m. (Littér.) ïambus,
terme de prosodie greque & latine, pié de
vers composé d'une breve & d'une longue,
comme dans , D, ms. Syllaba longa brevi subjecta
vocatur iambus, comme le dit Horace, qui l'appelle
aussi un pié vîte, rapide, pes citus.
Ce mot, selon quelques-uns, tire son origine d'Iambe,
fils de Pan & de la nymphe Echo, qui inventa ce
pié, ou qui n'usa que de paroles choquantes &
de sanglantes railleries à l'égard de
Cerès affligée de la perte de Proserpine.
D'autres aiment mieux tirer ce mot du grec , venenum,
venin, ou de , maledico, je médis ; parce
que ces vers composés d'ïambes, furent d'abord
employés dans la satyre. Dict. de Trévoux.
Il semble qu'Archiloque, selon Horace, en ait été
l'inventeur, ou que ce vers ait été particulierement
propre à la satyre.
Archilochum proprio rabies armavit ïambo.
Art Poët. Voyez IAMBIQUE.

Supplement Panckoucke
IAMBE, (Musiq. des anc.) Pollux (Onomast.
liv. IV. chap. 9. met le iambe au nombre
des modes propres aux petits joueurs de cithare. Voyez
PYTHIQUE (Musique instr des anc.) Suppl.
Le iambe étoit aussi la troisieme partie du
nome Pythien, suivant le même auteur. Suivant
Strabon, le iambe composoit, avec le dactile,
la quatrieme partie de ce même nome. Voyez PYTHIEN
(Musiq. des anc.). Suppl. (F. D. C.)

IAMBIQUE, adj. (Littér.) espece
de vers composé entierement, ou, pour la plus
grande partie, d'un pié qu'on appelle ïambe.
Voyez IAMBE.
Les vers ïambiques peuvent être
considérés ou selon la diversité
des piés qu'ils reçoivent, ou selon le
nombre de leurs piés. Dans chacun de ce genre,
il y a trois especes qui ont des noms différens.
1°. Les purs ïambiques sont ceux
qui ne sont composés que d'ïambes, comme
la quatrieme piece de Catulle, faite à la louange
d'un vaisseau.
Phaselus ille, quem videtis hospites.
La seconde espece sont ceux qu'on appelle simplement
ïambes ou ïambiques. Ils n'ont
des ïambes qu'aux piés pairs, encore y met-on
quelquefois des tribraques, excepté au dernier
qui doit toûjours être un ïambe ; &
aux impairs des spondées, des anapestes, &
même un dactyle au premier. Tel est celui que
l'on cite de la Médée de Seneque.
Servare potui, perdere an possim rogas ?
La troisieme espece sont les vers ïambiques
libres, qui n'ont par nécessité d'ïambe
qu'au dernier pié, comme tous les vers de Phedre.
Amittit meritò proprium, qui alienum appetit.
Dans les comedies, on ne s'est pas plus gêné,
& peut-être moins encore, comme on le voit
dans Plaute & dans Térence, mais le sixieme
pié est toûjours indispensablement un ïambe.
Quant aux variétés qu'apporte le nombre
de syllabes, on appelle ïambe ou ïambique
dimetre celui qui n'a que quatre piés.
Queruntur in sylvis aves.
Ceux qui en ont six s'appellent trimetres, ce sont
les plus beaux, & ceux qu'on emploie pour le théatre,
sur-tout pour la tragédie ; ils sont infiniment
préférables aux vers de dix ou douze piés
en usage dans nos pieces modernes, parce qu'ils approchent
plus de la prose, & qu'ils sentent moins l'art &
l'affectation.
Dii conjugales, tuque genialis tori Lucina
custos, &c.
Ceux qui en ont huit, se nomment tétrametres,
& l'on n'en trouve que dans les comédies.
Pecuniam in loco negligere, maximum Interdum
est lucrum. Terent.
Quelques-uns ajoûtent un ïambe monometre,
qui n'a que deux piés.
Virtus beat.
On les appelle monometres, dimetres, trimetres
& tétrametres, c'est-à-dire, d'une,
de deux, de trois, & quatre mesures, parce qu'une
mesure étoit de deux piés, & que les
Grecs les mesuroient deux piés à deux
piés, ou par épitrices, & en joignant
l'ïambe & le spondée ensemble.
Tous ceux dont on a parlé jusqu'ici sont parfaits,
ils ont leur nombre de piés complets, sans qu'il
y manque rien, ou qu'il y ait rien de trop.
Les imparfaits sont de trois sortes ; les catalectiques
auxquels il manque une syllabe.
Musae jovem canebant.
Les brachycatalectiques auxquels il manque
un pié entier.
Musae jovis gnatae.
Les hypercatalectiques qui sont ceux qui ont
une syllabe ou un pié de trop.
Musae sorores sunt Minervae, Musae sorores
Palladis lugent.
La plûpart des hymnes de l'Eglise sont des
ïambiques dimetres, c'est-à-dire
de quatre piés. Dict. de Trévoux.
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