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Le Principe de la flûte est simple : un souffle d'air, coupé et dévié par une arrête est projeté en partie dans une cavité. Ainsi dans le cas d'une flûte dite «à bec», on souffle l'air dans le conduit du bec (a). La lame d'air est coupée par le biseau. Un partie de l'air est projetée dans le tuyau, l'autre est déviée vers l'extérieur (c'est un sifflet) :

 

Flûte à bec alto Johann Wilhelm I Oberlender, xviiie siècle, Nürnberg.

On peut souffler directement au bout du tuyau, en se servant du bord comme arrête. L'instrumentiste a alors plus de liberté pour varier et adapter l'angle et la puissance du souffle. Le bout de la flûte peut être aménagé par différentes découpes :

          

         

On peut projeter l'air directement mais par une ouverture aménagée sur le corps de la flûte. Au lieu de la tenir droit devant soi, on la tient de travers, c'est la flûte traversière.

La flûte peut être fermée à un bout, comme la flûte de pan. La plupart des flûtes sont percées de trous que l'on bouche ou non pour faire varier le colonne d'air (les notes). On bouche les trous soit directement avec les doigts, soit avec des clefs actionnant des tampons. Les paramètres sonores sont la longueur et le diamètre, la forme de la perce.

Des flûtes ont des formes de bocal, comme l'ocarina, ou d'autres sud-américaines qui sont faites comme des cruches à eau (l'air passe alors à travers l'eau). Enfin, il existe aussi des flûtes jouées avec l'air pulsé par le nez.

Ocarina et sifflet à eau.

 

Ohe Hano Ihu, flûte à nez Hawaienne.

 

La fabrication de flûtes est attestée depuis des temps extrêmement reculées. Un des plus anciens specimen, sinon le plus ancien est le fragment taillé dans un fémur d'ours trouvé dans le grotte de Divje Babe en Slovénie. Les spécialistes l'ont daté de 43.000 ans (Homme de neandertal)

Flûte de Divje Babe.

Dans un article de «Pour la Science» (novembre 1998), l'archéologue Michel Dauvois écrit :

Quand un groupe de loups chasse à courre un cervidé, l'animal de tête tente de mordre les pattes arrière, le flanc et, d'un bond, de heurter brutalement de l'épaule l'animal poursuivi pour le faire trébucher. La mise à mort se fait alors en évitant les redoutables sabots aux bords tranchants. Quand une meute a tué une proie, elle s'acharne volontiers, afin d'en consommer jusqu'au moindre lambeau de chair. De la sorte, les os portent de graves lésions et sont éventuellement troués.

Les Néandertaliens et les Cro-Magnons, dépeçant des carcasses de rennes ainsi tués et plus ou moins dévorés par des loups, ont récupéré des phalanges mordues et trouées par les carnassiers. Après désarticulation et décarnisation, le trou est régularisé, éventuellement agrandi, la moelle occupant la cavité est extraite : le sifflet est prêt.

Une telle transformation requiert que le trou occupe une position précise, sur la face postérieure de la première phalange, proche de l'épiphyse supérieure (l'extrémité renflée de l'os). Quand cette zone est mordue par un loup, l'os peut y être troué alors qu'il ne porte autour que des traces profondes de morsures, à cause de la morphologie dentaire spécifique à cet animal et de la structure des phalanges de renne : elles sont naturellement creuses, et la paroi osseuse est moins épaisse à cet endroit. Quelques rares secondes phalanges de renne, possédant les mêmes caractéristiques, ont, de la même façon, été transformées en sifflets.

Cet «instrument à vent», pour primitif qu'il soit, présente un bon compromis entre les impératifs anatomiques et physiologiques de l'instrumentiste et un jeu potentiellement varié. La surface de l'épiphyse supérieure de la première phalange est en effet divisée par une dépression centrale dont le prolongement sur la face supérieure forme un canal qui facilite le positionnement correct des lèvres de l'instrumentiste et donne un confort de jeu en favorisant l'orientation du jet d'air vers l'arête du trou (l'air contenu dans la phalange est excité par l'insufflation d'un filet d'air qui oscille sur le bord du trou servant de biseau).

En Chine, on a trouvé des flûtes datées de 9000 et 7000 ans.

Dans l'Égypte antique, on jouait de la flûte droite (ou oblique comme le montre le bas-relief de Mastaba de Akkhétep, et une flûte droite de métal. Un instrument ressemble à la flûte à bec, mais est peut être un instrument à anches.

Joueur de flûte droite, bBas relief funéraire de Mastaba de Akkhétep (fragment), 2 450 avant notre ère.

Pour ce qui concerne l'antiquité grecque, on fait, à la suite d'une mauvaise tradition de traduction, une petite confusion qui conduit à confondre les flûtes et les clarinettes (en quelques sorte flûte à anche). Il semble que la flûte était un instrument très joué, et qu'on réservait les instruments à anche pour les cérémonies officielles.

An Moyen-Âge occidental, la flûte à bec était courante, mais on connaissait également la flûte traversière dite aussi flûte d'Allemagne (vers le XIIe siècle).

Église de Bourbon-l'Achambault (XIe siècle); Joueur de flûte à bec église abbatiale Saint-Vigor de Cerisy-la-forêt, XIV-XVe siècle.

Flûte trouvée à Dordrecht (milieu du XIVe siècle).

Flûte trouvée à Göttingen en 1987 (XIVe siècle), avec trou d'octave au dos.

 

Jésus exposé à la moquerie, fresque de l'église de Staro Nagoricvino (Kumanova, Macedoine), réalisée par les peintres de cour Michael et Eutychios, (détail, après 1315).

La renaissance est l'âge d'or de la flûte. L'artisanat de la lutherie de flûtes se développe en Italie, à Venise et dans le Région d'Anet dans l'Eure. On fabrique trois instruments de la famille des flûtes traversières, neuf dans celles des flûtes à bec qui vont de 10 cm de longueur à 2,6 m., des fifres (petite flûte traversière rudimentaire)

Flûte à bec ténor Hans Rauch von Schratt, xvie siècle.

Au début du XVIIe siècle, la recherche expressive en musique dédaignera quelques temps la flûte au profit des cordes et des instruments à anche. Mais dès la fin du XVIIIe siècle, la lutherie des  flûtes à bec et traversières est adaptée pour fournir des flûtes adaptées aux goûts nouveaux.

A la fin du XVIIIe siècle, la flûte à bec est moins prisée, mais on développe toujours la lutherie de la flûte traversière, qui gagne en souplesse chromatique, grâce à l'adjonction de clefs.

Theobald Boehm (1794-1881) Theobald Boehm (1794-1881).

En, 1832 Theobald Boehm (1794-1881) présente un renouvellement complet de la flûte traversière : perce conique, puis cylindrique à partir de 1847, mécanisme de plateaux, d'anneaux, d'axes longitudinaux, qui permettent d'obturer les treize principaux trous disposés le long de l'instrument (les quatorze demi-tons fondamentaux) ainsi que d'autres dispositifs qui permettent entres autres de jouer plus profond dans les graves.

Flûte Boejm 1848/1858.


Flûte Boehm 1832 ?

En chine on a inventé un merveilleux instrument : la flûte (ou sifflet) pour les pigeons. Ce sont de petits instruments qu'on fixe à l'arrière des ailes. Cela peut être de petits sifflets ronds mais aussi des montages de plusieurs tuyaux. C'est l'air déplacé par le battement des ailes qui fournit l'air à l'instrument.

Comment on fixe le sifflet au pigeon.

Deux flûtes de pigeon.

Discographie

She's sweetest when she's naked
Musique écossaise pour flûte au XVIIIe siècle

Alison Melville, flûte baroque et flûte à bec
Michael Jarvis, clavecin
Paul Jenkins, clavecin
Charlotte Nediger, clavecin
Kirk Elliott, harpe et guitare
Ben Grossman, bodhrán, tambourin et caisse claire

Cold Frostie Morning,  trad. arr. James Oswald (1711-1769) —  The Duck's Foot' from "The Seasons : Spring" Oswald  — Bannocks of Beer Meal trad., arr. Robert Bewick (1788-1849)  —   The Braes of Ewes Oswald  — The Braes of Ballandyne, trad., arr. Edward Miller — Busk ye, busk ye my bonny bride, trad., arr. Francesco Barsanti (1690-1772) — Sonata XII in b, Charles Macklean (c.1712-c.1765) —  Sweet May Morning  / Margaret MacDonald, trad., Collection of Capt. Simon Fraser (1773-1852) — The Heather Bells' from ‘The Seasons: Summer", Oswald — Lovely Nancy,  Trad., arr. Oswald — Lament for the Death of his Brother Nathaniel Gow (1763-1831) — Rowing from Isla to Uist / Fraser Collection — Jenny Nettles Neil Gow Sr. (1727-1807) — Fy Gar, rub her o'er with straw, Alexander Munro — Sonata X in G, Macklean — Ground after the Scotch Humour Nicola Matteis (d.1707) — She's sweetest when she¹s Naked Oswald — Mary Young and Fair Fraser Collection — Maggie Lauder Oswald — ‘The Sneez-Wort' from ‘The Seasons: Autumn" , Oswald — My aprone dearie,  Oswald — A rock and a wee pickle,  Jon Oswald — Greensleeves, Oswald — Goodnight and God be with you,  Anonymous

Enregistré à l'été 2002 et acheveé en février 2004 à l'Humbercrest United Church, Toronto, Canada.

Early music com EMCCD 7761

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Mercredi 18 Avril, 2018

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