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 Empfindsamkeit

 

Le terme Empfindsamkeit (sensibilité, sentiment) désigne un mouvement, artistique, ou des modifications dans les approches esthétiques des pratiques artistiques, au cours de la seconde moitié du xviiie siècle. Plus évident dans les pays allemands, ce mouvement, cette vague touche tous les centres artistiques européens.

Le terme Empfindsamkeit est repris de Gotthold Ephraïm Lessing (1729-1781) pour sa traduction, en 1768, de A Sentimental Journey Through France and Italy du romancier anglais Laurence Sterne (1713-1768).

On note en général, que le nouvel intérêt pour analyser, décrire, représenter les sentiments, les « affections de l'âme » et les mécanismes psychologiques, dont La princesse de Clèves de Madame de Lafayette (publiée en 1778) est un bon exemple, serait une réaction contre le rationalisme des Lumières ou de l'Aufklärung.

En réalité, l'art s'est toujours soucié d'expression, s'est toujours réformé en son nom, que ce soit la seconda prattica de Monteverdi, la réforme de l'opéra de Gluck ou le credo du romantisme.

L'Empfindsamkeit est le mouvement esthétique dans lequel la bourgeoisie, nouvelle classe dominante, forge son identité. La bibliothèque, le scène artistique se déplace des cours princières vers les salons bourgeois, avec des échanges complexes d'embourgeoisement des cours princières et d'aristocratisation des salons bourgeois, dans l'ascension puis domination de l'esthétique bourgeoise.

En musique, ce mouvement se traduit par des libertés quant à la forme, à l'harmonie, aux rythmes, le goût pour les fantaisies, les tons mineurs, les audaces harmoniques, les effets de timbres instrumentaux, les chromatismes, plus propices à émouvoir le public de manière directe, qu'à travers les dogmes de la bonne facture, bon goût et étiquette aristocrate. La musique doit émouvoir, comme cela a toujours été le cas, mais cette émotion à nourrir est dorénavant celle de la bourgeoisie.

Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788), dit « Bach de Berlin et de Hambourg », est un représentant idéal de ce mouvement, d'autant qu'on peut naturellement le comparer à l'« austérité » musicale de son père.

Les facilités expressives, les effets brillants destinés à frapper l'auditoire, employés par les musiciens de la cour de Mannheim — qui impressionnèrent à leur époque — participent à ce mouvement.

jmw
5 janvier 2012

          

© musicologie.org 2011

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