musicologie
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Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte.

I.Renaissance-premier xviie siècle : Italie — Angleterre —Espagne & Portugal — Allemagne & Pays-BasFrance

 

La musique instrumentale en Italie de la Renaissance au premier xviie siècle

Les Italiens ne furent pas particulièrement des pionniers : curieusement, eux qui furent les étoiles que l'on sait dans tous les domaines des beaux-arts, restèrent longtemps à la traîne en musique à l'époque de la Renaissance, la péninsule s'étant trouvée durablement colonisée par les musiciens français ou flamands, tel un Willaert qui fut longuement attaché à Saint-Marc de Venise.

Mais c'était pour mieux se distinguer, à la fin de la période qui nous intéresse ici, à travers quelques personnalités qui donnèrent une forte impulsion à l'essor de la musique instrumentale, que ce soit dans le registre de la musique pour clavier (Frescobaldi, Merulo, Trabaci) ou dans celui des œuvres destinées à des ensembles (Gabrieli, Castello, Fontana), alors que la grande spécialité italienne à venir – le répertoire pour violon - ne connaissait que ses premiers balbutiements.

Avant de les passer en revue, citons pour mémoire trois grands absents, tous coupables (?) à nos yeux de s'être trop exclusivement consacrés à l'art vocal :

Claudio Monteverdi (1567-1643) : grand parmi les grands, ce musicien qui a établi un pont magistral entre les derniers feux de la Renaissance et les débuts de l'ère baroque s'est en totalité investi dans des œuvres où la voix tient le premier rôle. On peut d'autant plus le regretter que, dans les sinfonie et autres intermèdes instrumentaux inclus dans ces œuvres, telle la brève Sinfonia du Retour d'Ulysse, comme dans la parure instrumentale de ses pièces vocales, il nous éblouit souvent par les couleurs ou par les audaces harmoniques et rythmiques dont il a le secret. Ce devrait être une raison de plus d'aller à la rencontre de ses chefs-d'œuvre qui vont d'Orfeo au Couronnement de Poppée, des Vêpres de la Sainte Vierge au Selva morale e spirituale, en passant par d'innombrables et merveilleux madrigaux, sans oublier bien sûr le célébrissime Lamento d'Ariane.

Carlo Gesualdo (v.1560-1613) : prince de son état, il se serait volontiers passé de la publicité posthume que lui a valu un « casier judiciaire » lourdement chargé. Rappelons en effet qu'il fit passer de vie à trépas son épouse, l'amant de celle-ci, tous deux surpris en flagrant délit, et – pour faire bonne mesure - un fils dont il doutait de la légitimité. Comme le souligne Jean-Pierre Ouvrard , « de retraite en scandale et de scandale en repentir, malgré un second mariage, il resta profondément marqué par la mort et la folie, sa musique en porte des traces évidentes ». 1 Ceci nous vaut des œuvres torturées et souvent poignantes, qui, comme celles de Monteverdi, portent l'art madrigaliste à ses sommets. Ses œuvres instrumentales ne constituent hélas qu'une part extrêmement modeste de sa production.

Giovanni Pierluigi da Palestrina (v.1525-1594) : il effectua toute sa carrière dans la Rome pontificale et signa d'innombrables messes, motets et madrigaux, portant la musique vocale de son temps à son niveau le plus élevé. Pour reprendre les termes d'Emile Vuillermoz, « sa musique n'est que pureté, quiétude et extatique apaisement ». S'il s'est livré – à travers une dizaine de ricercari - à quelques expériences de polyphonie instrumentale, ces pièces fort sérieuses se révèlent assez austères à l'écoute, malgré leurs évidentes qualités d'écriture.

Nous nous intéresserons donc ici aux compositeurs suivants :

Girolamo Frescobaldi (1583-1643)

Giovanni Gabrieli (1557-1612)

Claudio Merulo (1533-1604)

Dario Castello (1re moitié xviie)

Giovanni Battista Fontana (v. 1589 – v.1630)

Giovanni Maria Trabaci (1575-1647)

Bellerofonte Castaldi (1580-1649)

et, secondairement, à :

Vincenzo Capirola (1474-1548)

Francesco Canova Da Milano (1497-1543)

Albert de Rippe, ou da Ripa(v.1500-1551)

Alessandro Piccini (1566-v.1638)

Vincenzo Ruffo (v.1508-1587)

Ercole Pasquini (v.1550-v.1610)

Girolamo Cavazzoni (v.1520-v.1577)

Giovanni Paolo Cima (v.1570-v.1622)

Note

1. Ouvrard Jean-Pierre, dans Jean & Brigitte(dir.), Histoire de la musique occidentale, Fayard, Paris 2003, p. 289

 

 

 

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Vendredi 1 Février, 2019