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Actualités musicales

lundi 28 avril 2014

Stage de chant orthodoxe russe à Orléans du 28 avril au 4 mai 2014

Sergueï Tcherkassov chef de chœur russe animera pour la quatrième année consécutive un stage ouvert à tous de chant orthodoxe russe, pour voix mixtes, à Orléans 28 avril au 4 mai 2014, les œuvres travaillées dans l'exigence et la tradition sont en vieux slavon, ce stage est ouvert à tout choriste motivé. Il n'est pas indispensable de connaître le solfège ni de parler russe, ni de lire les caractères cyrilliques.

Le programme abordé vous fera chanter de grands compositeurs : Arkhanguélski, Degtiarev, Rachmaninov, Archibishop Jonathan, P. Tchaïkovski, Tourenkov, etc.

L''ambiance de ce stage est chaleureuse et studieuse. Un concert public clôturera ce stage comme chaque année et donnera lieu à l'enregistrement d'un CD de qualité tout à fait correct qui restera pour chacun un souvenir inoubliable ! pour tous renseignements téléphoner au choeur Bortnianski 37 rue de la foret 45570 Ouzouer-sur-Loire. 06 23 90 01 02. choralebortnianski@sfr.fr

Patricia Veron, Présidente du Chœur Bortnianski.

Dossier d'inscription sur simple demande.

2e Colloque international « Maria Szymanowska et son temps »

 

maria SzymanowskaLe 2e Colloque international « Maria Szymanowska et son temps », sous le Haut patronage du Président de l'Académie Polonaise des Sciences, se tiendra à Paris les 28 et 29 avril, au Centre parisien de cette même Académie (74, rue Lauriston, Paris 16e).

Il fait partie du projet « Maria Szymanowska (1789-1831), une femme d'Europe » présenté sur le site www.maria-szymanowska.eu.

Il est organisé par la Société Maria Szymanowska et le Centre Scientifique de l'APS à Paris en partenariat avec l'Académie Polonaise des Sciences (site en anglais), l'Institut Polonais de Paris, la Société Historique et Littéraire Polonaise / Bibliothèque Polonaise de Paris, Air  France & KLM Global Meeting, le Centre polonais d'Information Musicale POLMIC et musicologie.org

Prendront part au colloque :

Irena Poniatowska, Institut National Frédéric Chopin, Varsovie, Lumières et décadence de la musique de salon au XIXe siècle.

Karen Benedicte Busk-Jepsen, Musée Thorvaldsen à Copenhague, A for Amity, Admiration and Attachment. On the Neglected Contact between Maria Szymanowska and Bertel Thorvaldsen.

Małgorzata Celińska-Kluźniak, pianiste, Université Musicale Frédéric Chopin à Varsovie.

Halina Goldberg, Indiana University, Bloomington, The Topos of Memory in Maria Szymanowska's Albums.

Anna Kijas, University of Connecticut, Storrs, Szymanowska Scholarship: Ideas for Access and Discovery through Collaborative Research.

Maria Stolarzewicz, Institut für Musikwissenschaft, Weimar-Iena, Johann Wolfgang von Goethe's connections to Maria Szymanowska and her sister Kazimiera Wołowska.

Maja Trochimczyk, University of Southern California, Los Angeles, History in Song: Maria Szymanowska and Julian Ursyn Niemcewicz's Spiewy Historyczne.

Piotr Daszkiewicz, Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, Humboldt, Cuvier, Jarocki et les autres - les naturalistes et les salons artistiques au temps de Maria Szymanowska.

Adam Gałkowski, Université de Varsovie, Femmes de talent, femmes d'action au temps de Maria Szymanowska.

Hubert Kowalski, Université de Varsovie, Legacy of Thorvaldsen in nineteenth-century Warsaw.

Paweł Maciejko, The Hebrew University of Jerusalem, The Wolowskis/Shorrs and the Frankist disputations.

Jerzy Miziołek, Université de Varsovie, Artistic culture of Warsaw in the time of Maria Szymanowska and Frederic Chopin.

Benjamin Vogel, Swedish Society for Musicology, Lund, Piano – the main atraction of the Polish and Russian drawing rooms during the Maria Szymanowska time.

Jean-Marc Warszawski, Paris, Mutations, mouvements, évolution dans le monde de la musique au temps de Maria Szymanowska.

Modération : Elisabeth Zapolska Chapelle, Présidente de la Société Maria Szymanowska, artiste lyrique

Programme détaillé et Réservation :
societe.mariasz@laposte.net

Feuilleton (31). Le Voyage au Castenet. Les rêves du maréchal Magnard et de Napoléon Bonaparte devenus réalité.

Épisode précédent

En remontant vers la maison de ses deux rêves — ne seraient-ils pas plutôt trois avec Ange ? — il relève les balances craquantes d'écrevisses. Et la vie coule ainsi, comme les ruisselets nichés, comme la Dormone.

Parfois il se rend à l'église. S'arrête sur le parvis, admire les magnifiques colonnades qui encadrent le portail. Il pense à ce curieux organiste qui fait se déplacer toute la région. On dit qu'il est un paysan un peu fou, surgi comme ça, tout fait, pieds nus, de son village, pour participer à un concours d'orgue. Magnard aime la musique. Moins souvent, il entre dans l'église. Il ne se signe pas, ne s'agenouille pas plus. Ne trempe pas les doigts dans l'eau bénite. Cela le dégoûte. Il se rend directement dans la chapelle où le pape Clément VI repose. Magnard s'assoit sur son tombeau de marbre noir et pense. Il pense à Cola di Rienzo, ce terroriste dont il connaît vaguement l'histoire. Il aurait soulevé Rome contre les nobles et prit le pouvoir. Il y aurait proclamé la République et la liberté Commu-nale. Pourquoi Clément VI fut-il son complice ? Il apparaît que Rienzo est un peu fêlé, il se prend pour un messie-empereur. Le pape finit par le faire poursuivre comme hérétique. Après, en Avignon, ils deviennent amis. Sans des incorruptibles comme Robespierre ou Saint-Just, une révolution n'est pas possible. Mais Magnard ne s'attarde pas sur cette anec-dote. Il n'a pas la fibre historienne. S'il est assis sur le tombeau en marbre noir de Clément VI, c'est pour admirer la fresque de la chapelle. Elle re-présente, en contre-jour et à la nuit tombée, une joyeuse farandole qui se découpe sur la ligne de crête d'une colline. Ce doit être la lune qui les éclaire, pense Magnard. On sait qu'il fait nuit à cause du contre-jour, mais encore par la forme des lanternes, des bougies et des flambeaux que l'on devine dans les mains des personnages. Ils sont joyeux. Le peintre a par-faitement représenté dans leur démarche et dans leur posture des pas de danse. Il y a des enfants que l'on reconnaît à leur taille, des femmes que l'on identifie à leur longue chevelure ou à la forme des vêtements. Il y a des hommes. Ce ne sont assurément pas des Lutins. On devine la colline couverte de forêts. Dans une trouée, on distingue, malgré la nuit, quelques pauvres bâtiments nichés sur une terrasse aménagée dans le ver-sant abrupt. Ce que Magnard aime le plus dans cette fresque est qu'au bout d'un bon moment, on finit par percevoir le scintillement des étoiles. Pas seulement leur luminescence dorée. Elles scintillent réellement. Une femme, aussi crépue que la citoyenne Louise Beausoleil conduit cette fa-randole de la main gauche. De la droite, elle tient solidement une faux, qui se découpe dans le ciel, maintenant étoilé sous l'œil de Magnard.

Cette vie est aussi celle d'un militaire.

En 1793, il retrouve Bonaparte au siège de Toulon. Ils boutent les An-glais et, chevauchant côte à côte, font une entrée triomphale dans la ville. La tête lui tourne. Il est grisé. Il n'y a plus d'eau qui dort, plus de champi-gnons, plus d'écrevisses. Il ne va pas bouffer le monde avec des idées au cul, mais porter jusqu'à l'infini de l'univers la liberté, la fraternité, l'égalité. Il pense vraiment que la musique de l'univers est une musique républi-caine. Il veut aider les peuples à ouvrir grand leurs oreilles. Toulon, c'est la fête. Avec Bonaparte, ils fêtent leurs étoiles de généraux de brigade. Ils sont ivres morts. Bonaparte s'endort. Lui, il écrit une longue lettre à Ange qui ne sait pas lire.

Puis il part pour l'Italie. Il est à Florence quand il apprend la fin tragique de son ami Robespierre. C'est pour lui la disgrâce. Il est à nouveau cantonné à la Chaise-Dieu. Bonaparte est aussi disgracié, mais Barras in-tervient en sa faveur. Le treize Vendémiaire, le Corse réprime sauvage-ment les royalistes. Magnard pense que c'est un prix qu'il n'aurait pas aimé payer. Il convient de mettre les royalistes hors d'état d'agir, c'est-à dire de nuire à la République. Mais ce serait peut-être possible avec des moyens nouveaux. La répression au fusil c'est la méthode de l'ancien régime. Bonaparte lui écrit souvent. Son ami se couvre de gloire au commandement de l'armée d'Italie, puis de l'armée d'Angleterre. En 1797, une longue lettre le plonge dans une profonde tristesse. Bonaparte part combattre l'anglais en Égypte. Il veut couper la route des Indes aux Anglais. Il sent son rêve lui échapper. D'autant que l'imprévisible Kleber commande en second. Celui-là est capable de tout. C'est encore pire quand il apprend que les troupes françaises occupent Malte et Alexandrie. Il reprend espoir avec l'échec de Saint-Jean d'Acre. Puis c'est presque le désespoir quand Bonaparte revient précipitamment en France, laissant le commandement à Kleber et que celui-ci s'empare d'Héliopolis.

Un matin de juin 1801, une estafette force la porte de mademoiselle la citoyenne Louise Beausoleil. Bonaparte est à la tête de la République, Kleber a été assassiné au Caire. Magnard reçoit l'ordre faire route vers l'Égypte avec des troupes fraîches. Une lettre privée du général Bonaparte l'informe que la garnison de la Chaise-Dieu est abandonnée. Si le maréchal Magnard le veut bien, le conseil des Beaux-Arts est prêt à lui céder les biens en nature de sols et de bâtiments qui étaient réservés au casernement des officiers. Le double rêve de Magnard devient réalité. Le jour du départ Ange est à son côté. Ainsi commence la plus étrange des aventures militaires.
Magnard arrive donc Caire en 1801. Il se sent libre. Il est clair que le Corse, à Paris, pousse la République dans des voies particulières et inattendues. D'ailleurs, Bonaparte a changé depuis l'exécution de Robes-pierre. Il est devenu plus brutal, impérieux, voire quelque peu hautain. Lui qui voulait devenir un second Saint-Just a peu à peu quitté le peuple. Il n'y croit plus et pourtant Magnard sait qu'il y croit encore. Mais il pense que l'on va trop vite. Le peuple a besoin d'un pouvoir fort, autoritaire. Si on n'y prend garde, la monarchie se réinstallera. Peut-être veut-il faire la République sans la République ? En tout cas, là-bas, ils ont d'autres chats à fouetter. Dès son arrivée, il sent que les troupes françaises, même renouvelées, ne sont pas les bienvenues. Kleber a rendu les comptes de sa sauvagerie, mais sa disparition n'a rien effacé des mémoires. Magnard donne des consignes strictes à ses troupes. Dans le calme il rencontre Méhémet Ali. Puis le père Martial, l'aumônier au lourd accent cévenol l'unit devant Dieu à Louise qui devient Madame la maréchale Angelique Magnard. Peu après, les troupes françaises évacuent la ville.

Magnard n'a pas l'intention d'affronter les anglais. Il veut ouvrir la route de la Chine, provoquer des flux fructueux et pacifiques. Il veut s'enrichir dans la paix. Si une telle chose pouvait se mettre en route, au-cune troupe ne pourrait s'y opposer. Les troupes gardent les places fortes. Les hommes d'affaire circulent au gré des fortunes. Les anglais ne font pas exception. Pour Magnard, le danger réside avant tout dans son armée même. Depuis l'état majors jusqu'aux grognards. Tant qu'il pourra justifier ses ordres par le but de couper la route des Indes aux anglais, tout ira bien. Mais après ? Après, tout s'est merveilleusement bien enchaîné pour lui.

Car couper la route des Indes aux anglais est une opération impossible. Il faudrait, pour ce faire, quadriller toutes les mers. Mais il saisit l'occasion de se débarrasser de ses lieutenants et du gros des troupes, qu'il répartit en de nombreuses places fortes. Bien entendu, il bloque Gibraltar, Malte, Alexandrie. Occupe toutes les routes de Port-Saïd jusqu'au Caire. Il piège la mer Rouge jusqu'à Aden. Il renforce la surveillance de la côte Ouest de l'Afrique. En 1802, quand Bonaparte devient consul à vie, seules les troupes de la Chaise-Dieu sont encore disponibles. Il a désarticulé l'armée. Ici pense-t-il, on ne peut imaginer des batailles en ligne, avec des gros de troupes. Il faut de petites unités polyvalentes, rapides, relativement autonomes. Il ne peut nommer ce nouveau type d'intervention. Le consul approuve la nouvelle organisation. Il comprend l'impossibilité d'un blocus total. Mais ses informateurs lui disent les difficultés des anglais. La réticence des marins à trop s'éloigner des côtes, les pertes, et les énormes frais. Quand je serai empereur, écrit-il, je te nommerai connétable.

Le futur connétable d'empire Magnard évite tout affrontement avec les anglais. Il se plie autant qu'il peut aux coutumes des pays qu'il traverse. Il met ses hommes à la disposition des nombreux savants que Bonaparte avait embarqués dans sa première expédition. Il faut occuper les hommes de troupe. Ceux-ci apprécient la ligne de paix et les travaux civils. Ils sont pour la plupart des paysans et des artisans. Peu à peu, ils coopèrent avec les habitants. Certains disparaissent. Ce sont surtout des célibataires. Magnard pense qu'il faut accélérer l'exécution de ses projets. Les célibataires disparaissent, bientôt ce seront ceux qui sont mariés à des mégères, puis ceux qui ont des enfants insupportables. Magnard a raison. Au point qu'il ne mesure pas l'ampleur du danger. Il ne sait pas qu'un petit groupe organise déjà en grand secret l'expatriation de leur famille. Il ne sait pas qu'en France, la police s'inquiète de disparitions pour le moins troublantes. Le père Martial est inquiet. Tout le monde ici appelle la maréchale du nom de Vierge Noire. Les signes d'impiété se multiplient, et ceux qui se confessent encore lui chuchotent des paroles qui le font frémir. Il sait qu'on se soumettra indolent aux pénitences, il sait aussi qu'il n'y aura pas l'ombre d'un repentir.

Jean-René Létyclite Magnard, maréchal de France et futur connétable d'empire, embarque avec ses troupes à Aden, et fait voile sans incident notable vers Bombay. Ils ont couvert les trois milles kilomètres en un peu moins d'une semaine. Le 18 janvier 1802, il est à Nagpur. Le 6 février à Dschabaipur d'où il remonte le cours du Schun jusqu'à Paina qu'il atteint le 23 mars. Le 15 mai, après avoir descendu le Ganges, il est à Dakka. Il hésite à franchir la haute barrière montagneuse qui le sépare de la Birmanie. Il se dirige vers le sud, vers la mer. Le 6 juillet, il entre dans Rangun. Pendant plus de deux mois il progresse difficilement dans des régions escarpées. Le 12 septembre, Hanoi est en vue. Le 8 novembre, il est à Canton. Il lui faudra encore quatre mois pour arriver enfin à Pékin. Nous sommes en janvier 1803.

Son fils, Charles-Fidèle Magnard est déjà âgé de six mois. Il est né à Rangun. Il ressemble étonnement à sa mère avec laquelle tout le monde est aux petits soins. Enfin tout le monde est beaucoup dire. L'armée du maréchal se délite. Cela a commencé dès Bombay. Depuis à chaque appel, il manque des hommes. Au début, ils disparaissaient purement et simplement, comme en Afrique. Maintenant, ils prennent le temps de faire des adieux à leurs camarades, et bien sûr aux Magnard. On assiste à des scènes touchantes. Mais on se reprend vite. Ils ne savent pas et ne sauront jamais qu'on pourra pendant des décennies suive la trace de leurs diverses implantations. Ils sont républicains. Avec eux, les idées nouvelles pénètrent dans ces régions. Tous ces lieux où ils se seront installés deviendront à un moment ou un autre des centres de rébellion. Pour le moment, ils sont tout au bonheur de leur propre renaissance.

Ils sont partout relativement bien accueillis parce qu'ils se comportent relativement bien, comme des voyageurs curieux et désireux de se lier. En général, les notables viennent à leur rencontre. Les savants mènent une grande activité, et ont de fructueux échanges avec leurs collègues autochtones. Mais les rêves de richesse que Magnard caressait restent jusqu'à Pékin accrochés au balcon des espérances.

À Pékin, ils sont reçus par l'empereur Kien-Long. Il veut entendre des choses sur les bouleversements intervenus en France. Les missionnaires, installés de longue date en Chine lui ont raconté de si terrifiantes histoires qu'il a du mal à y croire. Magnard lui raconte donc la République, et Kien-Long est enthousiasmé. Ce vieil empereur ne perd pas le Nord. Il rêve d'être un président de Chine légitimé à la fois par les dieux, les notables, le peuple et les érudits. En quelque sorte, la puissance absolue. Il calcule les économies qu'il pourrait faire en limogeant une partie de son armée qui serait devenue inutile. Il prélève sur ces économies une partie d'avenir pour l'offrir au maréchal français. Le temps passe vite. Nous sommes en 1804. Bonaparte est depuis peu empereur. Magnard ne le sait pas. Il s'inquiète. Il risque de passer pour un déserteur. Ne l'est-il pas ? Plus il en raconte sur la République, plus Kien-Long le récompense. Plusieurs copistes participent aux entretiens. Il faut tout noter scrupuleusement. La maréchale à une idée. Elle lui dit qu'elle entre au pays, à la maison de la Chaise-Dieu avec Charles-Fidèle qui marche à présent. Elle ira voir l'empereur et lui expliquera tout ce qu'il doit savoir. C'est-à dire très peu de la vérité. Toi Magnard, tu restes auprès de la poule aux œufs d'or. Elle s'en retourne donc au pays, accompagnée d'une bonne escorte. Elle n'oublie pas d'emporter les présents reçus de l'empereur Kien-Long. Angela et Jean-René Létyclite ne se reverront qu'après plusieurs années.

En 1805, à Paris, Angela doit attendre le retour de l'empereur Napoléon qui est en Italie pour s'y faire sacrer roi. A son retour, il accorde facilement une audience à la maréchale Magnard dont il tombe amoureux sur le champ. Elle n'a pas besoin de mentir. Elle lui offre quelques beaux objets, dont un magnifique tableau de Tamilagumi qu'on peut encore de nos jours admirer dans la petite rotonde verte du château de Malmaison. Elle partage sa vie entre la Chaise Dieu et le lit de l'empereur auquel elle se donne avec plaisir. Napoléon n'est pas très vaillant au lit, pas comme le maréchal, qu'elle aime plus que jamais et qui lui manque. Mais elle sèche ses larmes en imaginant la fortune qu'il est en train d'amasser. Son plaisir est de penser aux aventures d'une petite fille au nom imprononçable, battue et violée pendant des années par un marquis dont elle ne dira, pas plus que le sien propre, jamais le nom ; libérée grâce à l'arrestation de son bourreau ; placée en guise de dédommagement dans un bordel à soldats et devenue en même temps que dame maréchale, la quasi impératrice du plus beau pays du monde. Tout de même, Jean-René lui manque. Elle souhaite qu'il soit plus fidèle qu'elle ne l'est. Mais dans le fond, elle n'est pas jalouse.

C'est un fils. Elle le nomme Jean-René. Naturellement son Altesse ne veut pas le reconnaître. Cela est conforme à son code civil qui dit la loi depuis peu. Il est surtout déçu parce que le nouveauné ressemble beaucoup à sa mère. Il aurait aimé croire les pouvoirs d'un empereur plus puissants que ceux d'une pute. Même dans ces choses-là. C'est pour lui la manifestation précoce d'un doute qui le rongera jusqu'à la fin de sa vie. Il ne reconnaît pas son fils, mais lui assure l'avenir. Jean-René II régnera sous le nom de Napoléon l'Africain sur le Tumbuktu. C'est une des rares aventures de coucherie qui influença le cours de l'histoire. Ceci n'affectera pas les relations de Jean-René le maréchal et d'Angela. On ne peut pas en dire autant pour les générations futures. Notamment avec cette curieuse politique qu'on nomme très pudiquement colonisation, qui fera surgir des princes africains réclamant leur part d'honneur et de territoire d'empire français à juste titre, et des français hurlant leur africanité à juste raison. Cela est normalement dans la nature des choses. Mais comment expliquer les dramatiques conflits qui en surgiront ?

Jean-René Magnard n'est pas plus fidèle que son épouse. Il ne lui fait pas savoir. Il ne sait pas qu'elle se pose la question. Il assure le départ régulier de convois à destination de la Chaise-Dieu. Il a organisé une maison de commerce qui prospère déjà. Les voies commerciales sont ouvertes. Il donne l'ordre de repli à toutes les unités éparpillées sur les territoires d'Afrique et des Indes. Il quitte Pékin en 1811, sur les conseils de Kien-Long, reprend sa marche par le Nord. Il entrera en France par la Russie. À vrai dire, il ne reste plus grand monde. C'est ainsi qu'en 1812, en Russie, une poignée de soldats venus de Pékin faisant route vers la France, conduits par le maréchal Magnard, rencontrèrent par le plus grand des hasards la garde impériale française entourant son chef en déroute.

 

À suivre...

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Lundi 5 Mai, 2014 13:12

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