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Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte —— La musique instrumentale de Beethoven à Schubert.

Les sonates pour piano de Franz Schubert

D 157 ; D 279 ; D 459 ; D 164 ; D 537 ; D 557 ; D 566 ; D 567 ; D 568 ; D 571 ; D 575 ; D 613 ; D 625 ; D 664 ; D 784 ; D 840 ; D 845 ; D 850 ; D 894 ; D 958 ; D 959 ; D 960.

Avec une bonne vingtaine d’œuvres à son actif, Schubert a été le dernier grand compositeur à se consacrer aussi assidûment au genre de la sonate pour clavier. Même les grands maîtres du piano qui vont suivre, Mendelssohn, Schumann, Chopin, Liszt, Brahms, ne s’y intéresseront que de manière sporadique, et il n’en ira différemment que bien plus tard avec Scriabine et Prokofiev.

Sur les vingt-trois sonates pour piano solo officiellement recensées, deux (D 655 en ut dièse mineur et D 994 en mi mineur) n’existent qu’à l’état de brefs fragments, de sorte que le catalogue effectif se réduit à vingt-et-une œuvres, et encore en comptant pour deux les D 567 en bémol majeur et D 568 en mi bémol majeur qui sont en réalité deux versions d’une même œuvre. Sur ce total, treize sonates, plus ou moins complètes, datent des années 1815-1819 et sont donc encore des œuvres de jeunesse, alors que les huit dernières (1823-1828), qui concentrent les plus grandes réalisations de Schubert dans le genre, relèvent presque toutes de la haute maturité du musicien. Qu’on ne s’y trompe pas cependant : s’il s’en tient aux cadres formels hérités de ses grands modèles classiques, le Schubert de vingt ans affirme déjà un style assez personnel que les sonates de la fin ne feront qu’approfondir. Face à la sonate dramatique de Beethoven, et à ses prodigieuses conquêtes formelles, la spécialité de ce contemplatif qui semble avoir l’éternité pour lui sera la sonate lyrique, et sa force singulière va tenir avant tout à l’exceptionnelle nouveauté de l’harmonie. « D’essence à la fois audacieusement fonctionnelle, subtilement impressionniste, et profondément psychologique, cette harmonie constitue à elle seule un apport capital […]. Mais la nature originale du melos schubertien, le caractère essentiellement épique et contemplatif de son lyrisme, renouvellent la notion de thème et de développement. La dialectique dramatique et affective du dualisme thématique beethovénien cède la place à d'amples périodes qui trouvent leur fin en elles-mêmes. Il est donc faux de prétendre que Schubert développait mal car ses critères étaient diamétralement opposés à ceux de Beethoven. Moins mouvementé, moins actif, le développement schubertien procède essentiellement par oppositions d’éclairages, de timbre et d’harmonie, exprimant autant de fluctuations subtiles de la vie intérieure. »5

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plumeMichel Rusquet
11 février 2020

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Notes

5. Halbreich Harry, dans « Tranchefort François-René (dir.), Guide de la musique de piano et de clavecin », Fayard, Paris 1998, p. 656.


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