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Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte : la musique instrumentale en Allemagne de Beethoven à Schubert.

Sonates pour violoncelle et piano opus 5 (nos 1-2), de Ludwig van Beethoven

La musique de chambre de Ludwig van Beethoven.

Sonates pour violoncelle et piano : opus 5 (nos 1-2) ; opus 69 (no 3) ; opus 102 (nos 4-5).

Écrites « pour clavecin ou pianoforte avec violoncelle obligé », et dédiées au roi de Prusse Frédéric-Guillaume II devant lequel Beethoven eut l’occasion de jouer lors de son voyage à Berlin en juin 1796, ces deux sonates font encore la part belle au piano qui conduit les débats dans une écriture éminemment virtuose. Pour autant, le violoncelle y tient une part expressive très  importante, exposant les thèmes les plus lyriques et y ajoutant de troublantes touches interrogatives et des accents parfois pathétiques.

D’un caractère le plus souvent heureux, l’opus 5 no 1 en fa majeur est bâtie en seulement deux  mouvements dont le premier, de très vastes proportions, enchaîne une longue introduction lente, de style rhapsodique, et l’allegro proprement dit. Celui-ci, d’une chaleureuse générosité mélodique, donne un premier aperçu de la liberté avec laquelle Beethoven prend la forme sonate, lorsque, avant de conclure par un bref presto, il interrompt le flux rapide du mouvement en y réinsérant quelques mesures de l’adagio introductif. Un procédé qu’on retrouvera dans l’allegro vivace final, juste avant la brillante coda de ce rondo alerte, très rythmique, qui ajoute à l’œuvre une dimension ludique bienvenue.

Ludwig van Beethoven, Sonate pour violoncelle et piano opus 5 no 1 en fa majeur, I. Adagio sostenuto - Allegro, par Pablo Casals et Rudolf Serkin

De caractère nettement plus dramatique, parfois même douloureux, l’opus 5 no 2 en sol mineur se présente dans une structure en trois mouvements où les deux allegros sont précédés d’un adagio réellement autonome. C’est celui-ci (marqué adagio sostenuto ed espressivo) qui donne le ton général de l’œuvre, avec notamment les chants profondément lyriques dévolus au violoncelle, ses sforzandi expressifs et les lourds silences précédant l’arrivée du premier allegro.

D’une construction très élaborée sur trois thèmes distincts, cet allegro médian, tantôt véhément, tantôt douloureusement lyrique, multiplie les contrastes dynamiques et expressifs, et les incessantes pauses interrogatives qui le parsèment ne font qu’ajouter à la lourdeur du climat psychologique qui est le sien. Le rondo final, dont la construction est nettement moins aboutie, apparaît beaucoup plus détendu, tout en témoignant par instants de la persistance d’une certaine agitation.

Ludwig van Beethoven, Sonate pour violoncelle et piano opus 5 no 2 en sol mineur, 1. Adagio sostenuto ed espressivo - Allegro molto piu tosto presto, 2. Rondo. Allegro, par Mischa Maisky et Martha Argerich.

 

plumeMichel Rusquet
25 novembre 2019

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