En harmonie tonale, l'Emprunt est une modulation passagère qui n'altère pas
la perception de la tonalité principale.
Cela est souvent le cas dans les formules cadentielles (par exemple chez
Schumann), où on amène le Ve degré (dominante) en entrant dans sa tonalité.
Chez les analystes, dans la mesure où toute note étrangère à la tonalité doit
être qualifiée, des discussions, parfois pontifiantes, nécessairement oiseuses,
ont été ouvertes pour définir la durée de l'emprunt (avant d'être considéré
comme une franche modulation), pour savoir s'il ne s'agit pas plutôt d'une
broderie harmonique, etc.
Comme l'analyse musicale n'est ni une science, ni une rationalisation, mais
un descriptif technique et un outil à l'usage de la composition, ces discussions
n'ont pas grande utilité.
Dans le cas évoqué, qui est d'enter dans la tonalité des degrés recherchés,
l'idée d'emprunt nous semble tout à fait opératoire et bien imagée. Pour les
autres cas, la qualification des altérations doit dépendre du contexte et de la
cohérence du point de vue général, et de l'effet sonore.
En facture d'orgue (mais aussi les instruments à anches libres), l'emprunt
est une imperfection qui fait sonner une note qui n'a pas été jouée.
Il y a également emprunt à l'orgue, lorsqu’on attribue des jeux inhabituels
aux différents claviers ou au pédalier.
jmw
5 janvier 2012