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7 janvier 2019 —— Jean-Marc Warszawski.

Karol Beffa en blanc et noir

Karol Beffa, En blanc et noir, (19 improvisations au piano). Indésens 2017 (INDE 115).

Enregistré le 27 février 2017 au studio Sequenza de Montreuil.

Voici un nouveau cédé d’un Karol Beffa égal à lui-même, bien enseigné du traité d’harmonie académique d’avant Liszt, ayant dans l’oreille et dans les doigts quelques traits stylistiques, un entre Schumann et Chopin, dans Mahler à Venise (plage 1), un petit bout de marche harmonique à la Michel Legrand dans Grand Hôtel, (plage 2), avec une ou deux blue-notes, des effluves de Johann Sebastian Bach dans Spleen de Leipzig (plage 3), La marche du cantor (plage 17), ou La philosophie dans le boudoir (plage 9) façon variété, ou encore An old Prayer (plage 13) et encore…, aussi la bonne idée du piano préparé avec Confession d’un masque (plage 7), çà et là des choses plus intéressantes, ainsi L’escalier du diable (plage 8), mais on est quand même très loin de celui, génial, de Ligeti, et beaucoup de tourner en rond d’enchaînements harmoniques.

En fait une succession de trucs d’improvisateur sans l’improvisation. Une série d’impromptus climatiques miniatures bien rodés, des pastiches, des emprunts, fort bien enregistrés par ailleurs. Ce n’est pas désagréable, c’est même sympathique, mais ne vaut pas vraiment le déplacement. Il y manque peut-être un peu d’humour, mais pas seulement.

Comme dans ses œuvres écrites ; comme souvent chez chez néo-tonaux actuels, on ressent une certaine pauvreté quant à l’art du développement, de la prolifération, de la menée des phrases, de leur enchaînement, tuilage, décomposition et recomposition, tout autant d’événements qui structurent dynamiquement l’énoncé sur la durée, ce qui doit également être le cas dans les miniatures, même si cela est moins préjudiciable que dans les grandes formes.

Il est vrai que là, il faut être extrêmement doué, pour ne pas faire entendre ce qui a déjà été entendu et ne pas tomber dans une réplique des compositeurs qui ont tant travaillé l’harmonie tonale.  Je ne connais que l'exemple de Camille Saint-Saëns, refusant les nouveautés de son temps, qui a a toutefois composé, grâce à sa virtuosité, une musique fraîche et moderne.

Certes, on improvise en général à partir d’un thème, ou d’un puits de notes, comme dans le blues, mais avec un style propre à l’improvisateur. L’emprunt, le pastiche ne sont pas exclus, ils sont alors en général des traits d’humour, comme avec Michel Legrand capable d'improviser tour à tour dans le style des grands jazzmen à partir d’un même thème.

Il y a une immense tradition d’improvisation, dans les musiques populaires, le jazz, le rock, chez les organistes. Ce que l’oreille retient de ses héros, c’est un style, un art de développer, que ce soit Jimi Hendrix ou Eric Clapton, Keith Emerson, Django Reinhardt, Keith Jarret, Thelonious Monk, Martial Solal ou Thierry Eschaich (etc., etc.), et non pas une juxtaposition de trucs (qui ne sont pas exclus), comme dans ce cédé.

Jean-Marc Warszawski
7 janvier 2019.

1. Malher à Venise, 2. Grand hôtel, 3. Spleen de Leipzig, 4. La cerisaie,
5. L'abbé Franz, 6. En blanc et noir, 7. Confessions d'un masque, 8. L'escalier du diable, 9. La philosophie dans le boudoir, 10. Moebius, 11. Des pas sur la glace, 12. Street Art, 13. An Old Prayer, 14. Der Wanderer, 15. Autoportrait sfumato, 16. Solesmes sous la pluie, 17. La marche du cantor, 18. Le sommeil de la raison, 19. Bérengère ou l'intégrité.

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