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30 décembre 2018 —— Jean-Marc Warszawski.

Ophélie Gaillard, son violoncelle et Richard Strauss

Richard Strauss, Don Quixote & œuvres pour violoncelle, Ophélie Gaillard (violoncelle), Alexandra Conunova (violon), Dov Scheindlin (alto), Vassili Varvaresos  (piano), Béatrice Uria Monzon (mezzo-soprano), l’Orchestre national symphonique de la République tchèque, sous la direction de Julien Masmondet. Aparté 2018 (AP 174).

Enregistré à Prague, CNSO Studios, par Little Tribeca, en juillet 2017.

 

Figure musicale nationale, Ophélie Gaillard a étudié le violoncelle et la musique de chambre au Conservatoire national supérieur de Paris, sous les directions de Maurice Bourgue, Philippe Muller et Christophe Coin.  En 1998, elle est lauréate du concours Bach de Leipzig, elle grave à la même époque ses premiers enregistrements au sein de l’ensemble baroque Amarillis, avec Héloïse Gaiilard, sa sœur flûtiste et hautboïste, elle grave en 2000 sa première intégrale des œuvres pour violoncelle de Johann Sebastian Bach. Trois ans plus tard, elle est distinguée aux Victoires de la musique, elle crée en 2005 son propre ensemble : Pulcinella. Son bel instrument Francesco Goffriller de 1737 l’accompagne dans tous les répertoires, de l’ancien, au contemporain en passant par le xixe siècle, et sort aussi des sentiers battus par l’académie en se produisant avec le Cirba Octet, en duo avec le danseur Ibrahim Sissoko, la oudiste et chanteuse Waed Bouhassoun, avec le guitariste et chanteur brésilien Toquinho, avec l’accordéoniste Pascal Contet, etc. Elle enseigne aux conservatoires de Versailles, d’Aulnay-sous-Bois et à la Haute École de Musique de Genève.

Mi-février de cette année 2018, elle a été braquée et dépouillée de son violoncelle (rapidement restitué) en rentrant chez elle. Toute la presse a fait ses titres sur la valeur extravagante de l’instrument, comme si l’intégrité de la musicienne était secondaire, son émoi, ou sa relation à l’instrument sans importance. La valeur spéculative de l’instrument ne joue pas un grand rôle là-dedans. Ce qui en dit long sur une époque, et sur la presse.

Son 17e cédé, est consacré à des œuvres de Richard Strauss, avec orchestre (Don Quixote, Romanze o. opus 65), avec piano (sonate opus 6), et avec piano et voix (Morgen des 4 Lieder, opus 27).

On retrouve autour de la violoncelliste, Alexandra Conunova (violon), Dov Scheindlin (alto), Vassili Varvaresos  (piano), Béatrice Uria Monzon (mezzo-soprano), l’Orchestre national symphonique de la République tchèque, sous la direction de Julien Masmondet.

Strauss a dix-huit ans en 1882 quant il compose sa sonate pour piano et violoncelle et ajoute avec elle un épisode ou une carte d'entrée au club romantique de Beethoven à Mendelssohn, sans les aventures chromatiques de Liszt, mais avec un métier assuré. Comme la romance pour violoncelle composée en 1883, créée à Baden-Baden l’année suivante, magnifique vocalise amoureuse. Au passage, cette œuvre, comme la plupart du compositeur, n’avait pas de numéro d’opus attribué de son vivant. La difficulté de dresser le catalogue a mobilisé plusieurs personnes au cours de longues années, la numérotation des opus a été étendue sous la numérotation « o Opus ». La Romance a reçu le numéro « o Opus 75 » et non pas « opus 13 », comme il est indiqué dans le livret. L’opus 13 (numéro d’origine) est un quatuor en do mineur de 1883-1884 également. Puis, une numérotation universelle a été donnée par Franz Trenner, continuant l’œuvre de son père : « trv », ici « trv 118 », comme il est justement indiqué.

Avec Don Quixote, poème symphonique en une introduction, thème et dix variations, plus finale, on est dans une autre époque ou lieu, entre Wagner et l’expressionnisme (parfois assez saisissant quand on tend un peu l’oreille), mais sans lâcher une pointe de romantisme remontant même à la fin beethovénienne. La narration du poème symphonique permettant des audaces expressives, le solo élégiaque à peine soutenu, le tragique, le péplum, voire à des bruitages, d’autant que le programme indique qu’il s’agit de « variations fantastiques sur un thème au caractère de cavalerie pour grand orchestre ». On, ne s’en prive pas, entre violence de la folie et romance amoureuse. Du cinéma épique sans les images. Même une procession de pénitents au son du Dies Irae ne nous est pas épargnée (variation 4). De gros moyens au service de l’invention et du récit qui font un orchestre fabuleux.

Quant à Morgen, le quatrième Lied des quatre de l’opus 27, sur un poème de John Henry Mackay (1864-1933), tout le monde connaît l’art de Richard Strauss dans le domaine : on s’y plonge sans retenue.

Jean-Marc Warszawski
30 décembre 2018

 

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