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Jean-Luc Vannier, Monaco, le 1er avril 2026.

Elīna Garanča clôt en beauté la saison lyrique monégasque

Elīna Garanča. Photographie © OMC - Marco Borrelli.Elīna Garanča. Photographie © OMC - Marco Borrelli.

« Sold out ! » affichait un panneau à l’entrée de l’auditorium Rainier III. Et pour cause : en clôture de sa saison lyrique, par ailleurs dédiée « à la femme », l’opéra de Monte-Carlo proposait mardi 31 mars un « Concert lyrique » d’Elīna Garanča accompagnée par l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo et les Chœurs de l’opéra placés sous la direction d’Henrik Nánási. Concert lyrique d’autant plus exceptionnel que le programme permettait à la diva — mais qui ne se prend pas pour telle — de déployer, outre d’indéniables talents de tragédienne qui ne nous étonnent plus depuis son interprétation de Kundry à la Wiener Staatsoper en 2021, toute l’amplitude, ductile et harmonieuse, de sa tessiture. Si la mezzo-soprano lettone nous subjugue par son « grain de voix » mêlant charisme et intense séduction, elle nous fascine également par une justesse de ton structurée par une technique vocale tellement maîtrisée qu’elle ne craint pas d’accueillir, de se laisser envahir même par un embrasement affectif.

Quel saisissant contraste, en effet, entre son air d’entrée, bouleversant « Adieu » extrait de La Pucelle d’Orléans de Piotr Ilitch Tchaïkovski et son enjôleuse « Habanera » de Carmen de Georges Bizet ! Et que dire encore de cette grave mais néanmoins suave intériorité de « Mon cœur s’ouvre à ta voix », écho vocal au présage néfaste de la « Bacchanale » de Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns où l’affrontement larvé entre ponctuations rythmiques orientales et doux bercement d’une romance nous est admirablement restitué par les pupitres de l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo.

Henrik Nánási (chef d'orchestre). Photographie © OMC - Marco Borrelli.Henrik Nánási (chef d'orchestre). Photographie © OMC - Marco Borrelli.

Un orchestre qui nous remplit d’aise dès l’exécution de l’« Ouverture » de Ruslan et Ludmila de Mikhaïl Glinka et reçoit une ovation encore plus enthousiaste après celle de la « Sinfonia » dans La forza del destino de Giuseppe Verdi. Déjà aux commandes d’un Chevalier à la rose entendu par un collègue au TCE en 2025, le maestro hongrois insuffle, par une précision millimétrée des attaques, une énergie électrique avec sa baguette qui fouette, cisaille ou éperonne nerveusement les pupitres ainsi « sommés » — mais Henrik Nánási ne rechigne pas à remercier ostensiblement la phalange monégasque pour sa virtuosité — de nous offrir le bonheur, dans cet admirable trafic orchestral, de sonorités, ici éclatantes, là plus majestueuses. Tout comme le maestro, saluons avec un dithyrambe les Chœurs de l’Opéra de Monte-Carlo (Chef de chœur Stefano Visconti) dans « Feste, pane ! » de La Gioconda d’Amilcare Ponchielli (1834-1886) ou bien encore, en duo avec Elīna Garanča, dans un somptueux « Regina Coeli…Inneggiamo, Il Signor », extrait de Cavalleria rusticana de Pietro Mascagni (1863-1945).

Inoubliable soirée qu’un fan club composé de jeunes lettonnes dissipées et assises devant nous, aura filmée sans retenue. Visite pontificale oblige : Ego te absolvo ! 

Jean-Luc Vannier
Monaco, le 1er avril 2026.


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ISSN 2269-9910

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