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Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte —— La musique instrumentale de Beethoven à Schubert.

La 6e symphonie de Franz Schubert

Symphonie no 6 en ut majeur, D 589

Symphonies nos 1 (D 82), 2 (D 125) et 3 (D 200) ; no 4, « Tragique », D 417 ; no 5, D 485 ; no 6, D 589 ; no 8, « Inachevée », D 759 : no 9, en ut majeur, D 944 : ébauches ; ouvertures.

Composée entre octobre 1817 et février 1818, voici la dernière des symphonies de jeunesse, et la première en ut majeur. Schubert la qualifia de « grande symphonie », mais on a pris l’habitude le l’appeler « la petite symphonie en ut majeur »pour mieux l’opposer à l’autre (« la grande ») qui allait voir le jour dix ans plus tard. Cet ut majeur est celui de la première symphonie de Beethoven, et de fait c’est à nouveau sous la bannière du grand sourd que Schubert se range à nouveau ici, en essayant de s’exprimer de façon plus large, plus soutenue, avec de nouvelles ambitions dans ses développements. Volonté qui se manifeste de façon éclatante à l’arrivée du troisième mouvement car, pour la première fois, celui-ci est un scherzo, et un cherzo conçu avec la dimension et la vigueur d’un grand scherzo beethovénien ; le modèle en est du reste aisément reconnaissable, c’est celui de la septième symphonie, et force est de reconnaître qu’à travers cette construction ambitieuse, comme par la grande introduction, grave et solennelle, qui ouvre la symphonie,  Schubert s’est donné quelques arguments pour justifier l’appellation de « grande symphonie ».

Dans l’ensemble,  l’œuvre témoigne d’un solide métier, et même d’un brio incontestable, un exemple parmi d’autres étant le remarquable travail  d’enrichissement auquel le compositeur se livre, à partir d’un thème très simple, tout au long de l’andante. Mais, comme la quatrième, cette sixième symphonie n’est pas exempte de faiblesses. Une nouvelle fois, Schubert ne parvient pas tout à fait à trouver un ton qui lui soit personnel, une impression renforcée par une singularité de l’œuvre : cédant visiblement à la mode du moment, le musicien s’est soumis, dans les deux mouvements extrêmes, à une autre influence qu’on n’attendait guère ici, celle de la musique italienne, de Rossini surtout, dont les opéras venaient de conquérir le public viennois. Ce n’est certes pas déplaisant, mais l’esprit de l’œuvre s’en trouve forcément perturbé.

Franz Schubert, Symphonie no 6 en ut majeur, D 589, I. Adagio, allegro, II. Andante, III, Scherzo, IV. Allegro moderato, par la Staatskapelle Dresden, sous la direction d'Herbert Blomstedt.

 

plumeMichel Rusquet
17 mai 2020

© musicologie.org


l'œuvre symphonique de Franz Schubert

Symphonies nos 1 (D 82), 2 (D 125) et 3 (D 200).

Symphonie no 4, en ut mineur, « Tragique », D 417.

Symphonie no 5, en si bémol majeur, D 485.

Symphonie no 6, en ut majeur, D 589.

Symphonie no 8, en si mineur, « Inachevée », D 759.

Symphonie no 9, en ut majeur, D 944.

Ébauches de symphonies

Ouvertures

 


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Dimanche 17 Mai, 2020 1:54