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Ballet Angelin Preljocaj « Les Nuits »

Théâtre de Caen le 25  mai 2013

Par Alain Lambert

 

Une commande de Marseille 2013 autour de la Méditerranée et le prétexte des mille et une nuits ont conduit Anjelin Preljocaj à nous présenter ces variations chorégraphiques, et calligraphiques, écrit-il, autour de la nuit, de chaque côté de cette mer entre orient et occident.

angelin preljocaj

Tout commence avec une évocation du bain turc d'Ingres, au ralenti symétrique, jusqu'à ce qu'une  musique électro-hypnotique pousse les danseurs dans la décomposition stroboscopique de leurs mouvements, quand des Tordus Ninja viennent bousculer les baigneuses, tout de noir cagoulés, et avant qu'elles ne reprennent le dessus.

S' il y a  lutte entre l'ombre et la  lumière, l'homme et la femme, des réconciliations sont possibles, sensuelles et mêmes suggestives, érotiques, entre sexes opposés, ou non. Comme nous le montrent,  souvent très beaux et rythmés par les pulsions de mort et de vie, les différents pas de deux, bien dans l'air du temps, n'en déplaise à certains. Et que seraient les ombres chinoises sans réconciliation avec la lumière ?

Pavillon noir

Des ballets d'ensemble aussi, style Bollywood, et même des girls du Shéhérazade Night, qui claquent du talon en nous faisant un doigt d'honneur... Elles n'iront pas plus loin, contrairement à leurs collègues virils qui se trémoussent devant leurs miroirs, spectacles « vulgaires » sans doute, mais qui  participent pourtant de la mythologie nocturne .

Une danse des jambes derrière des tapis tenus verticalement, qui serviront ensuite de ring à d'envoûtants quadrilles, des jarres d'Ali Baba, des narguilés, une danse du dos, des moucharabiehs qui se laissent traverser, l'orient des contes n'est pas loin, mais il est souvent rattrapé par la modernité, comme les belles mélodies chantées par Natacha Atlas le sont par les ambiances électro de 79D que Preljocaj choisit toujours avec soin, pour les développer le plus  visuellement possible.

pavillon noir

De nombreuses trouvailles rythmiques et chorégraphiques donc, dans cette succession de tableaux engendrés par le premier d'entre eux, même si le lien n'est pas toujours très évident. Et une magnifique troupe de jeunes danseurs, dont la vitalité est communicative.

pavillon noir

Le Grand Théâtre de Caen

 

Alain Lambert

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