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Cirkus Cirkör « Knitting Peace » : époustouflant !

 

Cirkus Cirkör. Photographie © D.R.

Théâtre de Caen, samedi  28 novembre 2015, par Alain Lambert ——

Tricoter la paix. Sans doute avons-nous essayé d'y participer ce samedi, malgré la police, en manifestant en une longue chaîne solidaire à travers la ville de Caen. Pour les victimes des attentats. Mais aussi pour les victimes des dérèglements climatiques, en demandant, comme des milliers de gens dans le monde, que la Conférence de Paris ne soit pas un simple spectacle médiatique et hypocrite légitimant l'économisme débridé et aveugle. La sécurité, c'est bien la liberté de vivre en paix, contre tous les débordements, climatiques, fanatiques ou sécuritaires.

Le soir, au théâtre, on passe le contrôle en douceur, on en prend l'habitude, insensiblement, depuis quinze jours, et le programme prévient : « quelques bruitages qui pourraient paraître inquiétants font bien partie du spectacle ». Comment évoquer la paix sans évoquer la guerre, par le mime ou les bruitages.

Une  femme tricote sur la scène pendant qu'on s'installe, juste avec les mains, un tricot en grosse trame, qui, une fois la lumière éteinte, lui fait un châle en forme d'ailes d'ange, qui se défait d'un coup de poignet. Elle joue ensuite avec une poupée de laine blanche, la retroussant pour la métamorphoser, avant de lui arracher un bras de tricotin. Pendant que sa voisine, à l'accordéon, chante une complainte profonde.

La musique et la poésie, parfois cruelle (la même pendra sa poupée rouge dans une cage tricotée en direct ou en projettera une autre avec un énorme bazooka bruyant), sont indissociables de cette magnifique chorégraphie acrobatique comme seul le nouveau cirque peut en produire, ici sans esbroufe ni temps morts ni outrance. Le musicien principal, Olof Göthlin, juché dans le décor, joue à la fois des percussions électroniques, de la programmation, de la mandoline, du violon et des voix, dévidant les ambiances et les mélodies entre folktronica et électro-pop dans un concert qui pourrait largement se suffire à lui même. Accompagné parfois de l'acrobate accordéoniste qui a ouvert le spectacle, ou d'un autre, qui joue du violon, et bien.

Pourtant, le concert est aussi un spectacle somptueux, où ce violoniste voltigeur peut jouer dans toutes les situations, sur une boule, sur un fil, sur un monocycle, sur un monocycle sur un fil. Il se perd aussi dans une portée à six cordes lâches dans laquelle il s'embrouille avant de s'y faire pivoter. Pendant ce temps, ses quatre collègues évoluent en osmose musicale dans toutes les situations imaginées autour des écheveaux, des rideaux en macramé, des pelotes en petites ou grosses boules, pour une musique des sphères pelucheuse. En tricotant ou détricotant le décor de leurs évolutions dansantes, faisant même un instant apparaître les abysses avec un bathyscaphe en apnée. Sans oublier l'incroyable numéro de cerceau géant, parmi tant d'autres.

Un spectacle musical et circassien absolument époustouflant du début à la fin, tout en poésie et en virtuosité souple et légère. Il sera encore à Saint-Quentin en Yvelines puis à Vannes début décembre.

Quant au théâtre, à suivre en décembre : L'histoire du Soldat de Stravinski, M de Pourceaugnac de Molière et Lully, avec les arts florissants, et encore du nouveau cirque vietnamien  pour finir l'année. Toutes les infos sur le site.

 

 Alain Lambert
28 novembre 2015

 

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Lundi 30 Novembre, 2015 4:22

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