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Jack DeJohnette trio avec  Ravi Coltrane et Mathieu Garrison : 72 balais, et des baguettes

 

Garrison, Coltrane, DeJohnette. Photographie

Théâtre de Caen, 7 novembre 2015, par Alain Lambert ——

72 balais, et des baguettes, des toms, des tambours, des cymbales, sans oublier les percus électroniques dont il nous gratifie d'un étonnant solo en préambule, en complicité avec Mathieu Garrison à la programmation, et à la basse électrique. Jack DeJohnette, en chemise bleue, et encore vert, va déménager, ce samedi soir. Car il n'arrête pas. Revenu à la batterie classique, au grand soulagement de Ravi Coltrane, c'est un solo permanent, mais grand ouvert aux deux autres.

Chaque changement de rythme amène une nouvelle séquence, d'abord funky, puis swing, avant une envolée presque à la Weathear Report, entre la pulsation polyrythmique, le groove de la basse à la Jaco Pastorius, et le soprano en ascension modale. Les deux juniors (quinquas ou presque, mais les fils de leurs pères, John Coltrane et Jimmy Garrison, son contrebassiste) tout à fait en phase avec l'ancien qui les mène sans faiblir. Au piano aussi, après une petite intro bruitiste avec une balle sur les cordes et le porte-partition, en duo avec le sopranino,  un moment cool sans doute, mais où le clavier hésite entre arpèges et percussions.

Puis le jeu des séquences reprend au gré des variations rythmiques, le ténor revient parfois en longues phrases, aussitôt déconstruites. Sur Naïma, par exemple. Le bassiste s'amuse, avec sa cinq cordes, à jouer la ligne de basse grave en l'émaillant de suite d'accords dans l'aigu, comme s'il y avait une guitare en prime, puis il se lance dans un solo complexe, juste pulsé par la cymbale charleston.

L'heure est passée en accéléré. Les revoilà pour le rappel duquel surgit un thème pop rapide, joué ensemble par la basse et le sax, avant un immense dialogue époustouflant en « huit huit » puis en « quatre quatre » (non pas le véhicule snob, mais l'improvisation partagée toutes les huit ou quatre mesures avec la batterie), ici entre le batteur et le saxophoniste, chacun reprenant les idées de l'autre à la volée.

Un grand concert, avec un gros son mais bien calibré, et un vrai plaisir de jouer et de donner.

Prochain rendez-vous jazz dans les foyers du théâtre avec Lars Danielsson Quartet dans le cadre des Boréales le 17, puis du jazz électro, Antiloops, le 24 au jazz café. Avant Avishai Cohen en salle le 4 février. Toutes les infos sur le site.

 

 

 Alain Lambert
7 novembre 2015

 

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Dimanche 8 Novembre, 2015 21:24

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