musicologie

Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte.

I. De la Renaissance au premier xviie siècle

Allemagne et Pays-Bas

La musique instrumentale de Hans Leo Hassler (1564-1612)

Hassler

Fils et frère d'organistes, il devint lui-même organiste et devait le rester toute sa vie. Il fut en poste successivement à la cathédrale d'Augsbourg, à la Frauenkirche de Nuremberg et auprès de l'Electeur de Saxe à Dresde. Et il s'acquit rapidement une telle réputation d'excellence en tant que musicien qu'il fut anobli par l'empereur, un privilège des plus rares en ces temps où, serviteurs d'une cour, les musiciens se trouvaient souvent tenus d'endosser la livrée comme les autres domestiques.

Autre particularité de ce musicien : il fut un des premiers Allemands à aller se perfectionner en Italie, séjournant ainsi un an et demi à Venise auprès d'Andrea Gabrieli, ce qui ne devait pas manquer d'influencer son style.

Sa production, relativement abondante pour quelqu'un qui avait consacré une part importante de son activité à la construction d'instruments de musique mécanique, fait la part belle au répertoire vocal, profane ou sacré, mais ses pièces instrumentales - toutes destinées au clavier - constituent, du moins pour certaines d'entre elles, un corpus de tout premier intérêt.

Variations sur « Ich gieng einmal spatieren »

Commençons par ce joyau absolu : trente et une variations sur un thème qui n'est autre que celui de la Monica, un « tube » italien de l'époque, et plus de trente minutes de musique qui exige de l'interprète (claveciniste ou éventuellement organiste) une belle endurance. Les proportions gigantesques du morceau « excèdent largement les rares œuvres contemporaines auxquelles on pourrait le comparer, les Cento Partite de Frescobaldi ou le Passamezzo varié de Scheidt. Une invention et une inspiration débordantes révèlent un homme de clavier qui dut être un fameux improvisateur. Et si quelques formules paraissent convenues ou systématiques, il faut se souvenir, pour être juste, que Hassler en use avec la fraîcheur du pionnier. L'auteur alterne avec un art consommé de l'effet les « micro-climats » de ces variations ; en particulier, il joue avec adresse des diverses tessitures du clavier pour les fondre ou les contraster. »1

On l'aura compris : on a affaire ici à des pages de tout premier plan, et il est frappant de voir à quel point les commentateurs sont unanimes à déplorer qu'elles soient à ce point méconnues.

Variations sur Ich gieng einmal spatieren et Variations sur Passamezzo de Scheid, par Waldemar Doling, clavecin.

Autres pièces pour clavier

On en compte une bonne centaine, dont une messe d'orgue, des Magnificat, des introïts, des ricercari, des toccatas, des fugues, des canzone et diverses autres pièces. Certains pourront y trouver parfois une filiation trop voyante par rapport aux Gabrieli, et cela ne saurait surprendre. Mais les qualités musicales et techniques de ces pièces font que généralement elles soutiennent réellement l'intérêt.

Canzon, Gustav Leonhardt (claviorganum)

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Notes

1. Georges Guillard, dans Gilles Cantagrel (dir.), Le guide de la musique d'orgue , Fayard, Paris 2003, p. 442.

 


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