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Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte —— La musique instrumentale de Beethoven à Schubert.

Carl Maria von Weber  (1786-1826)

La musique pour piano ; la musique de chambre ; la musique concertante ; la musique symphonique.

Pour les mélomanes du dimanche, le nom de Weber évoque inévitablement une certaine Invitation à la valse, qui s’est taillée une belle popularité dans l’orchestration réalisée par Berlioz, mais le plus beau titre de gloire de ce parent éloigné de Mozart — il était le cousin germain de son épouse Constance — réside évidemment dans ses grandes oeuvres dramatiques (Der Freischütz, Euryanthe, Obéron). Pour la postérité, il est resté le génial créateur de l’opéra romantique allemand, à qui tous les plus grands, et notamment Wagner, ont voué une immense reconnaissance. On en oublierait presque que Weber, qui hésita longtemps entre deux spécialités (la musique et la lithographie), était d’abord un brillant pianiste et un remarquable chef d’orchestre, et qu’au milieu d’une production extrêmement abondante, il a laissé un beau catalogue d’œuvres de piano, de chambre et de musique symphonique.

Que sa vie ait été nettement orientée vers le théâtre, rien de plus naturel : son père était un violoniste devenu directeur d’une compagnie théâtrale, et conduisait sa famille de ville en ville au hasard des tournées. Le jeune Carl Maria, qui était né près de Lübeck, grandit donc dans les coulisses des théâtres, et reçut une éducation fragmentaire.

Il ne commença vraiment à étudier la musique qu’en 1796 avec Michael Haydn (à Salzbourg), puis compléta sa formation à Munich auprès de l’organiste de la cour, et enfin (1803) à Vienne avec l’abbé Vogler. C’est celui-ci qui, en 1804, lui obtint son premier poste officiel, celui de Kapellmeister du théâtre de Breslau, un poste dont il allait démissionner deux ans plus tard mais où, tout en perfectionnant sa technique pianistique, il put parfaire sa connaissance du théâtre, se découvrir un grand talent de chef d’orchestre, et même apprendre la guitare.

Ce fut ensuite une vie riche en péripéties (jusqu’à un séjour en prison…) et en rebondissements divers : on le retrouve ainsi en Silésie comme intendant du duc de Wurtemberg, à Stuttgart comme secrétaire privé du frère de celui-ci, puis à Mannheim, à Darmstadt et à Munich. De 1811 à 1813, c’est une vaste tournée de concerts qui le conduit dans la plupart des grandes villes allemandes, et qui se serait probablement poursuivie en France et en Italie s’il n’avait été engagé comme directeur de la musique du Théâtre de Prague. Il y passera trois années particulièrement actives et, en décembre 1816, sera nommé Kapellmeister de l’Opéra de Dresde, un poste à sa mesure où il restera jusqu’à sa mort et où, en particulier grâce au Freischütz (1821), il connaîtra une consécration triomphale. Il vivra son ultime succès public à Londres, en avril 1826, en dirigeant la création de son Obéron, mais, miné par la tuberculose, il succombera quelques semaines plus tard. Son corps, inhumé à Londres, allait être rapatrié à Dresde en 1844. A cette occasion, Wagner prononça en son honneur une vibrante oraison funèbre qui est restée dans les annales,  et dirigea une œuvre chorale spécialement composée pour la circonstance (Am Webers Grabe).

Autant il est légitime qu’on glorifie  Weber  pour sa contribution à l’opéra et à la scène, autant il serait parfaitement injuste d’ignorer sa production instrumentale. Même si, chez lui, le brio l’emporte trop nettement sur la profondeur, on lui reconnaîtra une grande spontanéité et un charme très personnel, voire une réelle originalité lorsque surgissent  discrètement ces suggestions « romantiques », nocturnes et mystérieuses, dont il a le secret. Mais, comme le dit Guy Sacre en présentant ses œuvres pour piano, Weber reste un « romantique d’avant la faute, il n’a pas vocation au tragique, et l’existence ne lui pèse pas… Sa veine est rarement morose, et jamais ténébreuse. […] Plus pittoresque que sentimental, plus intelligent que sensible, élégant mais non affecté, souvent teinté d’humour mais dépourvu d’arrière-pensées, cet art laisse toujours une impression de fraîcheur ; source de jouvence, que nos esprits chagrins et caducs gagneraient à redécouvrir. »1

La musique pour piano

La musique de chambre

La musiaue concertante

La musique symphonique

plumeMichel Rusquet
2020

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Notes

1. Sacre Guy, La Musique de piano, Robert Laffont, Paris 1998, p. 2936.

 

 


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bouquetin

Dimanche 19 Janvier, 2020 2:01