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musicologiejeudi 29 septembre 2016

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Trois récitals en deux programmes et un cédé pour le pianiste Joël Capbert

Joël Capbert. Photographie David Ferrière.

Après avoir enregistré pour le label Marcal Classics des œuvres de Schubert, Liszt, Chopin et Moussorgski, en février dernier, Joël Capbert entame la rentrée entre été et hiver breton avec trois récitals à Rennes (7 octobre), Saint-Brieuc (11 octobre), et Dinan (18 novembre).

Ils inaugureront la commercialisation du cédé avec le lyrique Klavierstück n2 (D 946) de Franz Schubert, le sonnet 123 de Pétrarque selon Franz Liszt des Années de pèlerinage, la 4e ballade opus 52 de Frédéric Chopin, et les Tableaux d'une exposition de Modest Moussorgsky.

Un répertoire varié, composé entre les années 1830 et 1870, qui appartient tout entier à un mouvement (ou à sa charnière) général d'appropriation culturelle. La musique sort des cours aristocratiques (qui s'éffondrent ou s'embourgeoisent), parfois des grands centres religieux, comme en France, qui n'ont plus les moyens de l'entretenir, gagne le monde bourgeois, participe à l'instauration de nouveaux environnements idéologiques (en remplacement de ceux de l'Ancien régime), dont on cherche les racines dans l'histoire (souvent fantasque), les pratiques et la langue locales, la littérature. On réduit terriblement le dynamisme des événements en rangeant ces musiques dans les tiroirs « romantisme » ou « musiques nationales ». Ces compositeurs sans exception doivent s'extraire de l'italianisme qui a envahi toutes les grandes cours princières dès le XVIIe siècle et triomphé avec la première école de Vienne (Haydn, Mozart, Beethoven), sinon le classicisme vénitien avec Vivaldi. Ils le font tous de manière différente, en puisant dans les patrimoines populaires (la Bohême est très inspirante) ou la littérature.

Les sonnets de Pétrarque, publiés à Venise en 1470, presque un siècle après la mort du poète, ont également inspiré Schubert avec les Trois sonnets d'après Pétrarque (D 628-630, sonnets 34, 35, 164), mais aussi Schönberg dans les Drei Gesänge.

Chopin arrive à Paris avec un style inouï, dont on attribue un peu abusivement l'origine à John Field, mais qui est déjà en usage en Pologne — avant Chopin —, notamment dans les œuvres de piano de Maria Szymanowska (également très influencée par les Viennois), ou du prince Osinski. Selon Schumann, la 4e ballade serait inspirée par un poème d'Adam Mickiewicz, grand ami de Maria Szymanowska, qui épousera l'une de ses filles. Chopin et Schubert sont typiquement des musiciens de salon. C'est aussi là un des changements qui s'opère à cette époque, le musicien n'est plus un serviteur de grande maison, aurait-il un haut rang, comme ce fut le cas de Haydn, mais devient l'égal de son auditoire, et une personne libre de se faire employer.

Pour Moussorgski, il s'agit clairement et explicitement, comme l'on fait les peintres une vingtaine d'années plus tôt, de rompre avec le monopole culturel français, italien et allemand de la bonne société, où l'on ne parle même pas le russe, mais le français. S'inspirer de ce qui nous entoure (et dans ce cas aussi de la langue), pour un public proche. Ici, cette musique veut décrire quelques œuvres de l'architecte Viktor Hartmann, un ami proche de Moussorgski et des compositeurs russophiles, dans une exposition organisée par ses amis après sa mort prématurée.

Tous ces compositeurs partent d'une culture musicale commune, et loin de faire table rase, vont donner à cette esthétique commune des évolutions ou des directions différentes et prolifères.

Un beau programme à la fois homogène et varié, d'œuvres de tout premier plan.

Franz Schubert
Klavierstück no 2 D 946

Franz Liszt
Sonnet 123 de Pétrarque

Frédéric Chopin
4e ballade opus 52

Modest Moussorgski
Les Tableaux d'une exposition

Chapelle du CRR, rue Hoche, Rennes, vendredi 7 octobre 2016, 20h00.

Auditorium du lycée Freyssinet, 32 rue Mansart, Saint-Brieuc, 11 octobre 2016, 20h00.

Le troisième récital à Dinan (18 novembre), sera quelque peu modifié Henri Kowalski et Johann Sebastian Bach (aussi une inspiration de Chopin) remplaçant Moussorgski.

Enfant de l'aristocratie polonaise exilée en France après l'insurrection de 1830, Henri Kowalski, né en 1841 à Paris, dont on fête cette année le centième anniversaire de la mort, a été une figure musicale de Dinan, malgré ses très nombreux et longs voyages dans le monde entier, liés à ses activités de pianiste concertiste.

Johann Sebastian Bach
1re partita BWV 825

Henri Kowalski
Trianon (caprice menuet)
3e mazurka
Nocturne Solitude
3e valse caprice

Franz Schubert
Klavierstück no 2 D 946

Franz Liszt
Sonnet 123 de Pétrarque

Frédéric Chopin
4e ballade opus 52

Bibliothèque municipale, 20 rue Waldeck Rousseau, Dinan, 18 novembre 2016, 18h00 (réservations 02.96.39.04.65).

Joël Capbert a fait ses études au CNSM de Paris. Premier prix de piano dans la classe de Pierre Sancan, il poursuit brillamment sa formation avec Pierre Lantier, Paule Maurice, Maurice Crut et Norbert Dufourcq. Titulaire du certificat d'aptitude de piano, il est nommé professeur de piano au CNR de Rennes en 1973. Sa passion pour l'enseignement ne l'empêche pas de continuer à donner des récitals comme soliste, des concerts avec orchestre, ou en musique de chambre.

En février 2016, Joël Capbert a enregistré un album sous le label français Marcal Classics. La sortie de cet enregistrement s'accompagne d'une tournée européenne pour présenter le disque.

Consacrés essentiellement à Schubert, Liszt, Chopin et Moussorgski, ces récitals sont un témoignage émouvant de ce que l'interprète a mûrement réfléchi durant sa carrière, mais aussi un désir de communiquer sa vision des oeuvres choisies.

 

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ISSN  2269-9910

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bouquetin

Vendredi 7 Octobre, 2016 0:05