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La Guerre des Bouffons : bibliographie documentaire

Par Jean-Marc Warszawski ——

Sept mois après la publication de la Lettre sur Omphale de Grimm, en février 1752 — dernier sursaut littéraire dela Querelle des Lullistes et des Ramistes, l'installation de la Troupe des Italiens à Paris est prétexte à une violente polémique, cette fois entre les partisans de la musique italienne et de la musique française.

Giovanni Battista Pergolesi (1710-1736)Le 1er août 1752, la troupe italienne des Bouffons donne son premier spectacle : la Serva padrona (la Servante maîtresse) de Giovanni Battista Pergolesi (1710-1736). Cet opéra a été joué à Paris 6 ans auparavant sans avoir particulièrement marqué les esprits. Mais quelques mois avant la reprise de 1752, Rousseau a fortement vanté cette pièce dans un pamphlet (quelques mois après, il en fait imprimer le texte intègral). Premier de 12 spectacles que les Italiens donneront à Paris, la Serva Padrona est devenue une œuvre presque mythique, sans pourtant être exemplaire. Mais le succès est grand, comme pour Il Giacotore le 22 août et Il Maestro di musica le 19 septembre.

C'est Holbach qui ouvre les hostilités avec sa Lettre à une dame d'un certain âge sur l'état présent de l'opéra. Avec une ironie de second degré, il fait mine de s'offusquer du genre (p. 2):

et encore (p. 3):

Jusqu'au départ des Italiens le 7 mars 1754, une soixantaine de brochures sont publiées. A l'Opéra, les partisans de la musique française se regroupent sous la loge du roi, les autres sous celle de la reine.

Paul Heinrich Dietrich von Holbach (1723-1789)

Le 30 novembre 1752, les Italiens jouent la Finta Cameriera et le 19 décembre la Donna superba.

Au début de janvier 1753, paraît Le petit prophète (...) de Grimm qui est une critique de l'opéra français, des mauvais chef d'orchestres qui feraient mieux d'aller fendre du bois dans les forêts de Bohême, des chanteurs ridicules qui se gargarisent indécemment en public. Le 25 janvier, Fusée de Voineson publie sa Réponse du coin du roi... Auquel fait écho l'Arrêt rendu (...) attribué parfois Holbach ou à Diderot (mais on n'y reconnaît guère ni la magnifique souplesse du style ni l'esprit de Diderot) dont les 18 articles considèrent avec une bienveillance ironique le jeune avocat (Voineson) du coin du roi :

Jacques Cazotte (1719-1792)Jacques Cazotte (1719-1792), l'auteur du célèbre Diable amoureux, publie alors anonymement sa première contribution à la querelle avec LaGuerre de l'opéra (...), où prétendant n'être ni d'un coin ni d'un autre, fait la louange de Mondonville. Cazotte n'est pas, bien entendu, au-dessus de la mêlée, et les enjeux dépassent ceux des goûts musicaux affichés. Un Allemand avoit imaginé que nos Danseurs executoient de mauvaise grâce, que notre Chant ne rendoit point l'expression de notre Langue [...] Et trois Géomètres [Diderot, Rousseau, Holbach ou Grimm] avoient calculé que le tout joint ensemble ne pouvoit pas faire une somme complette de plaisir.

Caux de Cappeval n'est pas en reste : Jamais ils n'ont injurié la France avec tant de force & de courage [...] Le manteau de la Philosophie couvre souvent bien des vices, quoiqu'il ne soit fait que pour servir d'enseigne aux ridicules. «Ils», ce sont les philosophes.

Il n'est pas sans intérêt de remarquer que le nationalisme et le discrédit des idées par la nationalité des personnes sont actifs sous l'ancien régime.

 Denis Diderot (1713-1784)


Jean-Jacques Rousseau, Gravure de J. B. Michel, Mercure 1765

le 21 février c'est Diderot qui publie Le Petit Prophète (...) :

J'ai lu, Messieurs, tous vos petits écrits, et la seule chose qu'ils m'auraient apprise, si je l'avais ignorée, c'est que vous avez beaucoup d'esprit, et beaucoup plus de méchanceté.

Il propose de comparer le comparable, mesure par mesure : une scène d' Armide de Lully et une de Sestrostri de Terradellas

Dans la bataille de plume, on ne fait évidemment pas le poids face au talent et à la nouveauté d'esprit des philosophes. Avec sa Lettres sur la musique Française, en novembre 1753, Jean-Jacques Rousseau écrit un des plus beaux pamphlets de la littérature française, qui devient alors l'objet central de la querelle.

Il y a dans les « pauvres arguments musicaux » de Jean-Jacques Rousseau, un engagement social fort et déterminé.

Pour lui, la mélodie est liée à l'intonation de la langue dont la richesse expressive nourrit celle de la mélodie (on retrouve cette idée chez Moussorgski). Or, remarque-t-il, quand les tribuns doivent convaincre le peuple, ils travaillent le discours et enrichissent ainsi la musique, mais la cour a abandonné l'art de la persuasion au profit des gendarmes qu'on envoie chez les pauvres gens pour régler les problèmes (particulièrement pour réclamer les impôts). La force des fusils a remplacés l'art de la rhétorique. Ce qu'il faudrait, écrit Rousseau, ce sont quelques bons paysans sur scène :

Ces progrès [des langues] ne sont ni fortuits ni arbitraires ; ils tiennent aux vicissitudes des choses. Les langues se forment naturellement sur les besoins des hommes ; elles changent et s'altèrent selon les changements de ces mêmes besoins. Dans les anciens temps, où la persuasion tenait lieu de force publique, l'éloquence était nécessaire. A quoi servirait-elle aujourd'hui, que la force publique supplée à la persuasion ? L'on n'a besoin ni d'art ni de figure pour dire, "tel est mon plaisir". Quels discours restent donc à faire au peuple assemblé ? des sermons. Et qu'importe à ceux qui les font de persuader le peuple, puisque ce n'est pas lui qui nomme aux bénéfices ? Les langues populaires nous sont devenues aussi parfaitement inutiles que l'éloquence. Les sociétés ont pris leur dernière forme : on n'y change plus rien qu'avec du canon et des écus ; et comme on n'a plus rien à dire au peuple, sinon, donnez de l'argent, on le dit avec des placards au coin des rues, ou des soldats dans les maisons . Il ne faut assembler personne pour cela : au contraire, il faut tenir les sujets épars ; c'est la première maxime de la politique moderne. [extrait de l'Essai sur l'origine des langues (chapitre XX, «du rapport des langues aux gouvernements», p. 66 de l'édition posthume de 1781]

 

Illustration pour Le devin du village de Jean-Jacques Rousseau. Gravure de P. A. Maritni d'après J. M. Moreau (1779)

.

Le fond de la querelle est social, et derrière les italiens il y a l'idée qu'on peut se faire d'un art populaire et de qualité. On ironise surla préciosité des manières de la cour mais on critique aussi, non sans raison,la mauvaise qualité du chant lyrique français. On peut aussi apercevoir, chez les philosophes, de l'amusement, un plaisir de plume, un art du trait et de la polémique, la conscience qu'ils ont d'être les acteurs d'une pensées nouvelle, de posséder des outils conceptuels nouveaux et combien plus rationnels. Ils sont aussi solidaires dans ces manières modernes de penser et de dire dont certainement ils s'enivrent quelque peu.

Réduire la querelle au seul horizon de la critique musicale risquerait de rendre incompréhensible certains aspects, dont l'extraordinaire arrogance et la provocation de la Lettre sur la musique française de Rousseau. A travers la musique, c'est la cour décadente qui est visée, comme bien plus tard, avec les mêmes outrances on dénoncera l'art bourgeois et les «valets» de la bourgeoisie. La querelle marque la fin d'une tradition de cour française, celle de la tragédie en musique et l'émergence d'un genre nouveau, l'opéra comique, l'opéra du bourgeois.

Bibliographie historique

HOLBACH PAUL HENRI DIETRICH baron d' (12203-1789), Lettre a une dame d'un certain âge sur l'etat présent de l'opéra. En Arcadie [Paris] : Aux dépens de l'Academie Royale de Musique, 1752. [deux éditions, une de 11 pages, l'autre de 17 pages]

Parfois atrtribué à Holbach : Arrêt rendu a l'amphithéâtre de l'Opéra, Paris, 1752

HOLBACH PAUL HENRI DIETRICH (1723-1789), Philosophe. Participe à l'Encyclopédie (rédige près de 400 articles). Études à Leyde. Utilise sa fortune pour aider les encyclopédistes. Ami de Diderot, Hume, Sterne, Galiani.. Traduit de nombreux ouvrages scientifiques de l'allemand, mais encore Hobbes et Toland. 1761-1767, Le christianisme dévoilé ; 1768, La contagion sacrée ; 1770, Le Système de la nature ou des lois du monde physique et du monde moral, un des livres les plus lu au xviiie siècle. Il expose un matérialisme radical. 1772, Le bon sens ; 1776, L'ethocratie ; 1776, La morale universelle. Pour Holbach, l'univers est incréé et se meut selon ses propres lois immanentes à lui-même. Rien ne manifeste la présence divine.

FOLIOT, Madame (pseud.). Ce qu'on doit dire. Réponse de Madame Foliot à la lettre de Monsieur***. Paris, 1752

MARIN FRANCOIS-LOUIS CLAUDE (12201-1809), Ce qu'on a dit, ce qu'on a voulu dire. Lettre à Madame Foliot. Paris, 1752

Bibliographie complémentaire

GRIMM FRIEDRICH MELCHIOR (12203-1807), Le petit prophète de Boehmischbroda. Paris, s. n., 1753 ; s. l., 1753 [p. 49-56 : « Réponse du coin du roi au coin de la reine » de Pidansat de Mayrobert] ; Paris, 1753 [« Le petit prophète de Boehmischbroda  ; « Le Correcteur des Bouffons » de Jourdan ; « La guerre de l'Opéra » de Cazotte. Avec la « Réponse du coin du roi » de Pisandat de Mayrobert et anonyme, « Arrêt rendu à l'amphithéatre »] ; s. l., s. d. [réédition de sans lieu, 1753] ; s. l., 1774 [réédition de sans lieu, 1753] ; La Haye 1774 [Nouvelle édition]

Ici sont écrits les vingt-un chapitres de la prophètie de Gabriel Joannes Nepomucenus Franciscus de Paula Waldstorch, dit Waldstoerchel, natif de Bochmischbroda en Bohême ... il les a écrits de sa main, & il les appelle sa vision. Lat. Canticum Cygni bohemici. 17?

GRIMM FRIEDRICH MELCHIOR (12203-1807)
Écrivain et critique. En France, précepteur des fils du comte de Schomberg. Fréquente les encyclopédistes qu'il nomme l'Église des sages. 1754-1773, succède à l'abbé Raynal dans la rédaction d'une correspondance sur la vie parisienne, à l'origine pour la duchesse de Saxe-Gotha. Grimm rend cette correspondance célèbre dans différentes cours d'Europe, puis cède cette rédaction au Suisse Henri Meister (manuscrite jusqu'en 1813, n'avait que quelques princes pour abonnés)

VOISENON CLAUDE HENRI DE FUSÉE DE (1708-1775). Réponse du coin du roi au coin de la reine. Paris, 1753

Abbé, membre de l'Académie française, romancier, auteur dramatique

CAZOTTE JACQUES (1719-1792) [parfois attribué à L. de Cahusac], La guerre de l'Opéra. Lettre écrite à une Dame en province; par quelqu'un qui n'est ni d'un coin ni d'un autre. Paris ? 1753 [historique de la querelle des Bouffons]

Observations sur la lettre de J.J. Rousseau au sujet de la musique françoise... Paris, 1753

Localisations: B : Bruxelles, Bibliothèque du conservatoire royal de musique - Bruxelles, Bibliothèque Royale - CH : Genève, Bibliothèque publique et universitaire - F : Besançon, Bibliothèque municipale - Paris, Bibliothèque de l'Arsenal - Paris, bibliothèque de l'Institut - Paris, Bibliothèque de France - Paris, Bibliothèque de l'Opéra - Troyes, Bibliothèque municipale - GB: London, British Museum - I : Milano, Biblioteca nazionale di Brera - S : Stockholm, Kungl. Musikaliska Akademiens Bibl.- US: Boston, Mass., Boston Public Library - Chicago, Ill. Newberry library - New York, N. Y., Music Division, New York Public Library - Philadelphia, Pa., Library Company of Philadelphia - Washington, D.C., Music Division, Library of Congress].

CAZOTTE JACQUES (1719-1792) —— Écrivain, connu pour ses contes. Opposé aux philosophes, illuministe. Collège jésuite des Godrans-de-Dijon. Amitié avec Antoine Bret et Jean-François Rameau (Le neveu de J. P. Rameau). 1739, bachelier en droit. 1740, avocat à la cour. Présenté au comte de Maurepas, ministre de la Marine. Admis à suivre un stage pour devenir officier civil. 1741, La patte du chat ; 1742, Les mille et une fadaises. En 1743, il est écrivain ordinaire de la Marine (comptabilité et surveillance des travaux). Le Havre, Brest, Rochefort. 1747, contrôleur de la Marine aux îles du Vent, embarque pour la Martinique. 1752, retour à Paris. 1754, rembarquement pour la Martinique. 1759, retour à Paris après avoir été accusé de corruption. Il avait amassé une fortune aux sources obscures. Mémoire sur la Martinique. À Paris, la Compagnie de Jésus refuse la lettre de change émise par les jésuites de la Martinique pour l'achat de ses biens. 1760, hérite d'un vaste domaine à Pierry, vers Epernay. Amitié avec Restif de la Bretonne, Sedaine, Piron. 1763, Olivier d'après le Roland Furieux de l'Arioste. 1771, Lord Impromptu. 1772, Le Diable amoureux. 1778, Rachel ou la belle juive. 1789, attaque violemment la Révolution française. 1792, sa correspondance est découverte, il est condamné à mort et exécuté.

Bibliographie complémentaire

BARTHELEMY MAURICE, Les deux interventions de Jacques Cazotte dans la Querelle des Bouffons. Dans «Recherches sur la musique française» (8) Paris, éditions A. et J. Picard, 1968.

ANONYME (parfois attribué à Holbach), Arrêt rendu à l'amphithéâtre de l'Opéra sur la plainte du milieu du parterre, intervenant dans la querelle des deux coins

ANONYME, Déclaration du public au sujet des contestations qui se sont élevées sur la musique. Paris v. 1753

CAUX DE CAPPEVAL, N. DE (v. 1709-1774), L'anti-scurra, ou Préservatif contre les Bouffons italiens. s. l., 6 février 1753

La Réforme de l'Opéra. Paris, 1753

Épître aux bouffonistes. Paris, février 1753

Apologie du goût françois, relativement à l'opéra : poeme, avec un Discours apologétique, et des Adieux aux Bouffons. s. l., 1754

Originaire de Rouen, écrivain et poète, au service de l'électeur palatin à Manheim

MAIROBERT MATHIEU FRANCOIS PIDANZAT DE († 1779), Les prophéties du grand prophète Monet. Paris, 1753

Réponse du coin du roi au coin de la reine. Seconde édition. Paris, 1753 [Attribué à tort à Fusée de Voisenon. Pour la première édition, voir Grimm,« Le petit prophète..»]

DIDEROT DENIS. (1713-1784), Au petit prophète de Boesmischbroda, au Grand Prophète Monet. Paris, 1753

DIDEROT DENIS. (1713-1784) - 1726, ordonné prêtre. Abandonne la vie ecclésiastique, amitié avec Rousseau, Buffon, d'Alembert. 1746, Pensées philosophiques. Condamné par le parlement. 1747, Les bijoux indiscrets, son unique ouvrage libertin. 1749, Lettre sur les aveugles. Prison de Vincennes, libéré grâce à l'intervention des libraires qui veulent lui confier la rédaction d'un dictionnaire raisonné des sciences des arts et des métiers. 1750, premier tome de l'Encyclopédie. 1753, De l'interprétation de la nature. 1754, voyage à Langres. 1757, Le fils naturel. 1758, Le père de famille. 1759, voyage à Langres. 1760, La religieuse (édité en 1796). 1765, collabore à l'Histoire des deux Indes de l'abbé Raynal. 1766, il a 4 600 livres de rente (Voltaire en a alors 28 000). 1769, Le rêve de d'Alembert. 1770, Conte moral. Voyage à Langres. Voyage en Bourgogne et à Langres. 1770, supplément au voyage de Bougainville. Achèvement de l'Encyclopédie. 1773, Paradoxe sur le comédien. Jacques le Fataliste. Réfutation d'Helvetius. 7 mois à la cour de Catherine II en Russie. 1778, Essai sur la vie de Sénèque. 1782, Essai sur les règnes de Claude et de Néron

ANONYME (parfois attribué à Louis Bertrand Castel), Réponse critique d'un académicien de Rouen, à l'académicien de Bordeaux, sur le plus profond de la musique. Paris 1754 (?)

Bibliographie complémentaire

CASTEL LOUIS-BERTRAND, Lettres d'un academicien de Bordeaux sur le fonds de la musique, a l'occasion de la lettre de m. R * * * contre la musique françoise ... Tome premier. A Londres, et se trouvent à Paris, chez Claude Fosse, 1754

AUBERT JEAN-LOUIS (2201-1814), Réfutation suivie et détaillée des principes de M. Rousseau de Genève, touchant la musique françoise. Paris, Chaubert, Hochereau, 1754

AUBERT JEAN-LOUIS (1731-1814) - Écrivain, auteur dramatique, poète et journaliste. Fils du violoniste et compositeur Jacques Aubert (1686-1753). Études au Collège de Navarre. Entre dans les ordres. 1751, entre à la rédaction des Affiches annonces et avis divers où il inaugure un libelle de critique littéraire. 1752, crée Affiches et annonces de province. 1751, Sur la naissance de Mgr le duc de Bourgogne (Poème). Fait paraître des fables dans le Mercure de France. Amsterdam, 1756, Fables nouvelles, avec un discours sur la manière de les dire. S'oppose aux encyclopédistes. Grimm juge ses fables comme «étant juste bonnes pour les enfants n'ayant pas le droit d'être trop difficiles». Voltaire au contraire l'encourage (dans un premier temps, puis oubliera ses louanges). Paris, 1761-1763, Contes moraux sur les tableaux de Greuze. 1765, Mort d'Abel et le Vœu de Jephté. Protégé par Vergennes. 1766, rédacteur au Journal de Trévoux en remplacement de l'abbé Mercier. Il lui donne le nom de « Journal des sciences ». 1773, chaire de littérature française au Collège Royal. 1774, remplace Marin à la direction de la Gazette de France. Essuie les critiques de Voltaire. Paris, 1774, Ode aux poètes du tems sur les louanges ridicules dont ils fatiguent Louis XVI. Paris, 1788, Parallèle de l'importance des opinions religieuses de Necker et de la religion considérée de Mme de Genlis. Paris, an VIII, Mon échatillon (poèmes). Traits de l'histoire universelle, Amsterdam, 1760-1762 (texte sur des gravures de Le Maire). Il fut la cible des sarcasmes et injures de Grimm, La Harpe, Marmontel.

Bibliographie complémentaire

Lettre à l'abbé Aubert, rédacteur des Petites affiches, sur un moyen certain de donner successivement plus de vogue à son journal par un citoyen breton. Paris, 1790.

BLAINVILLE CHARLES HENRI (1711-1769), L'esprit de l'art musical : ou réflexion sur la musique et ses différentes parties, Genève, 1754

Éditions modernes : Genève, Minkoff Reprint 1974

BLAINVILLE CHARLES HENRI (1711-1769)
Compositeur protégé par la marquise de Villeroy. Invente un troisième mode et fait exécuter une symphonie dans ce mode. Encouragé par Jean-Jacques Rousseau, il entretient une polémique avec J.-A. Serre (1704-1788) dans le Mercure (1751-1752)

CASTEL LOUIS-BERTRAND (2208 -1757), Lettres d'un academicien de Bordeaux sur le fonds de la musique, a l'occasion de la lettre de m. R * * * contre la musique françoise ... Tome premier. A Londres, et se trouvent à Paris, chez Claude Fosse, 1754

CASTEL LOUIS-BERTRAND (1688-1757) —— Mathématicien. Son père est chirurgien à Montpellier. Élève chez les jésuites de Toulouse. 1703, intègre l'ordre des jésuites. Fait ses humanités de mathématiques et de philosophie. 1707, enseigne à Toulouse ; 1711, à Clermont ; 1714, à Aubenas ; 1716, à Pamiers ; 1719, à Cahors. Désire être envoyé en mission en Chine, mais Fontenelle et le père Tournemire l'appellent à Paris, où il enseigne au collège Louis-le-Grand. 1724, traité de la pesanteur universelle, qu'il prétend être le «clef du système de l'univers». Il pense que la gravité des corps les pousse au repos, tendis que les esprits rétablissent sans arrêt le mouvement. 1727, Plan de mathématique abrégé, puis Mathématique universelle abrégée à l'usage de tout le monde, dont Saurin dit qu'il est «confusion, chaos et mal dé-brouillé». Succès en Allemagne et en Angleterre, qui lui vaut d'être admis à l'Académie royale de Londres. 1746, admis à l'Académie de Bordeaux. 1748, admis à l'Académie de Rouen, et à la Société royale de Lyon. 1758, version augmentée de sa Mathématique universelle. Dans la livraison de novembre 1725 du Mercure de France, Castel propose de réaliser un clavecin fait pour les yeux qui rende les sons sensibles et présents aux yeux, comme ils le sont aux oreilles, de manière qu'un sourd puisse jouir et juger de la beauté d'une musique aussi bien que celui qui entend.

Bibliographie complémentaire

JOURDAN JEAN-BAPTISTE (1711-1793), Lettre critique et historique sur la musique françoise, la musique italienne, & sur les Bouffons. Paris, 1753

Le correcteur des bouffons à l'écolier de Prague. Paris, s. l., s. d., v. 1753

Seconde lettre du Correcteur des Bouffons a l'ecolier de Prague. Contenant quelques observations sur l'opera de Titon, Le jaloux corrigé, & Le devin du village. Paris, 1753

RAGUENET FRANCOIS (v.1660 -1722), Paralèle des italiens et des françois, en ce qui regarde la musique et les opéra. Paris, Jean Moreau, 1702) ; Amsterdam, Estienne Roger, [1708] (2 p. à la fin : Addition qui n'est pas de l'autheur) ; Nouvelle édition corrigée. Amsterdam, Pierre Mortier, [c. 1710] (3 ex.) ; La paix de l'Opéra, ou parallèle impartial de la musique françoise et de la musique italienne. Amsterdam, 1753 (18 ex.)

1798, voyage en Italie avec le cardinal de Bouillon. S'enthousiasme pour la musique italienne. Il ouvre ainsi une polémique avec Le Cerf de la Viéville, qui sera une sorte de prélude à la guerre des bouffons. Voir : Le Cerf de la Viéville; Mattheson. (notice)

 

ROBBÉ DE BEAUVESET PIERRE HONORÉ (1714-1792). Satire a Monsieur le marquis D ... s. l., 17- [attribution]

ROUSSEAU JEAN JACQUES (1712-1778), Lettre sur la musique françoise. s. l. 1753 ; Paris, 1753 [deuxième édition] ; Dans «Théâtre poésies et musique», Genève, 1781 ; Dans «Théâtre et poésies», Genève, 1781 ; Dans «Théâtre et poésies diverses» T. I. London, 1782 ; Voir collection des oeuvres

Édition moderne : Écrits sur la musique, Paris, Stock-Musique, 1979, Préface de Catherine Kintzler (1838, édition Pourrat)

1730-1732, enseigne la musique à Neuchâtel et Lausanne. 1741, Paris. 1742, présentation de son projet concernant de nouveaux signes pour la musique à l'Académie. 1743, Venise, secrétaire du comte de Montaigu. 1745, retour à Paris, présente une partie de son ballet Les muses galantes. 1749, articles musicaux pour l'Encyclopédie (Rameau: Erreurs sur la musique dans l'encyclopédie, 1755). 1750, Examen de deux principes. 1750, Discours sur les sciences et les arts. 1752, succès du Devin du Village (reste au répertoire de l'opéra de Paris jusqu'en 1828). 1753, Lettre sur la musique françoise (pendu en effigie par les musiciens de l'Opéra). 1753, Lettre d'un symphoniste de l'Académie Royale de Musique à ses camarades de l'orchestre. 1767, Dictionnaire de musique. 1770, Pygmalion, représenté à Lyon (notice)

BONNEVAL RENÉ DE [le Chevalier d'Ogrinville ; l'Hermite de Charonne] (1700 - 1760), Apologie de la musique et des musiciens françois, contre les assertions peu mélodieuses, peu mesurées et mal fondées du Sieur Jean-Jacques Rousseau, ci-devant citoyen de Genève. Paris 1754

1717, on le trouve dans l'entourage d'Adrienne Lecouvreur. Il assiste à sa mort en 1730. Fait connaissance de Voltaire, et se brouille avec lui. Précepteur des enfants de Paris de Montmartel. Voltaire obtient qu'il soit congédié (1738)

 

FRÉRON ÉLIE-CATHERINE (1718 - 1776), Lettres sur la musique françoise. En réponse à celle de Jean Jacques Rousseau. Genève 1754

Suite des lettres sur la musique françoise en réponse à celle de Jean-Jacques Rousseau. Genève 1754

Publiciste et critique littéraire. 1754, fonde la revue l'Année Littéraire (paraît jusqu'en 1790, actif organe de lutte contre les encyclopédistes). Lutte contre les philosophes (La secte des encyclopédistes). Il est le sujet de plusieurs épigrammes de Voltaire et de sa Satire du Pauvre diable

RULHIÈRE CLAUDE CARLOMAN DE (2204-1791). Jugement de l'orchestre de l'Opéra. Paris 1753

Localisations: B : Bruxelles, Bibliothèque Royale - Liège, Bibliothèque du conservatoire - D : München, Bibliothek des Theatermu-seums (Clara-Ziegler-Stiftung) - F : Paris, Bibliothèque de l'Arsenal - F : Paris, Bibliothèque de l'Arsenal - Paris, bibliothèque de la Comédie Française - Paris, Bibliothèque nationale - Paris, Bibliothèque de l'Opéra - GB : London, British Museum - US : Chicago, Ill. Newberry library - Chicago, Ill., University of Chicago Library - New York, N. Y., Music Division, New York Public Library - Rochester, N.Y., Sibley Music Library, Eastman School of Music - Urbana, Ill., University of Illinois Lirary - Washington, D.C., Music Division, Library of Congress

TRAVENOL LOUIS (mort en 1783) Arrest du conseil d'etat d'Apollon, rendu en faveur de l'orchestre de l'Opéra. Paris, 1753

—, La galerie de l'Académie royale de musique, Paris, 1754

Œuvres mêlées du sieur * * *, ouvrage en vers et en prose. Amsterdam [Paris], 1775

Travenol Louis —— Date de naissance controversée : 1698 (Fétis) ou 1708. Violoniste au service du roi de Pologne. Vers 1739, violoniste à l'Opéra (exclu en 1758). Polémiques (Rousseau et Voltaire).1746-1747, procès avec Voltaire. Participe à la rédaction de L'Histoire de l'Opéra de Durey de Noinville. Voir: Durey de Noinville (1683-1768)

 

MORAND PIERRE DE (1701-1757), Justification de la musique françoise. Contre la querelle qui lui a été faite par un Allemand & un Allobroge. Den Haag [Paris] 1754*

ROCHEMONT DE (v. 1715). Réflexions d'un patriote sur l'opéra françois, et sur l'opéra italien, qui présentent le parallèle du goût des deux nations dans les beaux arts. Lausanne, 1754

ANONYME, Lettre sur la musique à Monsieur le comte de Caylus (Parfois attribué à d'Alembert ou à l'abbé Arnaud). Sans lieu 1754 ; dans Laborde, Essai sur la musique. Paris, Eugène Onfroy 1780. (III), pages 551-567)

LAUGIER MARC-ANTOINE (1713 - 1769), Apologie de la musique françoise contre M. Rousseau. Paris, 1754

LAUGIER MARC-ANTOINE (1713 - 1769) —— Abbé, prédicateur du roi. Jésuite de 1756 à 1757. Voir: Labbet A. J.; Leris A. de

Bibliographie méta-historique

Jean-Marc Warszawski
Révision 5 mai 2003

 

 

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Mardi 26 Décembre, 2017 1:04