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Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte —— La musique instrumentale de Beethoven à Schubert.

La musique instrumentale de Johann Nepomuk Hummel

 

« Peut-on rêver personnage plus « historique » que le compositeur Johann Nepomuk Hummel, né à Bratislava en 1778, enfant prodige découvert très jeune par Mozart qui le prit en charge deux années durant pour parfaire son éducation musicale ; puis disciple de Joseph Haydn (qu’il rencontre en Angleterre) qui le fait entrer comme chef d’orchestre chez le prince Esterhazy (de 1804 à 1811) ; puis ensuite fixé à Weimar, où il lui arrivera de soigner Weber (depuis longtemps son ami et son rival en virtuosité pianistique), mortellement offensé par l’indifférence de Goethe à son égard ; l’ami fidèle de Beethoven enfin, qui se précipite à Vienne pour venir assister le malade dans ses derniers jours et qui, à cette occasion, découvre la grandeur d’un musicien inconnu et viennois, Franz Schubert ? »1

Ce n’est là qu’un raccourci de la riche biographie de ce fils de musicien qui s’établit à Vienne avec sa famille dès l’âge de huit ans et qui, très tôt, sillonna l’Europe comme jeune pianiste prodige. Au cours de sa longue et brillante carrière, il occupa d’éminentes fonctions de Kapellmeister, notamment à Stuttgart (1816-1818) et à Weimar où il allait rester en poste jusqu’à sa mort. Parallèlement, de 1814 à 1834, il multiplia les tournées à travers l’Europe, des tournées qui le conduisirent jusqu’en Pologne et en Russie et lui valurent de se créer  une immense réputation aussi bien comme compositeur que comme pianiste virtuose ou pédagogue. Chopin et Liszt, eux-mêmes, avaient le plus grand respect pour ce musicien dans lequel, dans les années 1830, l’Europe entière voyait un de ses plus grands compositeurs.

La postérité n’a pas entériné ce jugement, et, comme souvent en pareil cas, s’est montrée bien ingrate à l’égard d’une production dans laquelle on a tendance à ne retenir que quelques rares concertos (notamment celui pour trompette), un nombre très limité d’œuvres de chambre et, au mieux, une poignée d’œuvres pour piano, tout cela au sein d’un catalogue très vaste qui couvre à peu près tous les genres en dehors de la symphonie. Certes, Hummel n’a pas été un grand novateur, et les pages médiocres ne manquent pas dans sa production. « Mais les belles pages abondent [aussi] dans son œuvre, elles sont dignes non seulement de respect mais d’amitié ; et la postérité, qui n’a vu que les premières, a mal tranché, une fois de plus. En outre, ce faisant, elle nous a privés d’un important jalon historique. Car quelques grands réprouvés de la Musique, qui ne sont souvent que de grands musiciens, requièrent une attention particulière, en cela qu'ils constituent autant de chaînons indispensables dans l’histoire de notre art. […] Sans Dussek et Clementi, comment passez-vous de Haydn à Beethoven ? Et sans Hummel, de Mozart à Chopin ? »2

L'œuvre pour piano

Au sein d’un catalogue pianistique riche d’un grand nombre de variations, fantaisies, rondos, caprices, fugues, études et autres pots-pourris, on trouve seulement six sonates ; de l’âge de quatorze ans à la quarantaine bien sonnée, celles-ci reflètent de façon éclairante, y compris dans les hauts et les bas qui les caractérisent au plan de l’inspiration, le parcours d’un musicien qui resta durablement fidèle à une esthétique « classique » mais, en grand virtuose (et improvisateur) qu’il était, eut le mérite d’enrichir l’écriture pianistique de quantité de trouvailles dont les grands compositeurs romantiques de la spécialité, Chopin en tête, allaient tirer le meilleur profit.

Sonates, opus 2, no 3, et opus 13.

Sonate, opus 20, en fa mineur.

Sonate, opus 38, en ut majeur.

Sonate, opus 81, en fa dièse mineur.

Sonate opus 106 en majeur.

Virtuose adulé et grand improvisateur devant l’Eternel, Hummel se devait de laisser des œuvres répondant au goût des salons de l’époque, et il en a produit une multitude. On a vite fait de les passer par pertes et profits, mais il en est qui méritent un petit détour, ne serait-ce que par ce qu‘elles nous apprennent sur ce qu’était la (bonne) musique de consommation courante à Vienne au temps de Beethoven.

Variations.

Rondos.

Fantaisies et autres pièces.

Œuvres de chambre

Œuvres en duo avec piano

Trios avec piano.

Quintette, en mi bémol, opus 87.

Septuor, en mineur, opus 74.

Œuvres de chambre diverses.

Œuvres concertantes

Œuvres pour piano et orchestre.

Œuvres concertantes diverses.

 

plumeMichel Rusquet
23 mai 2020

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Bioghraphie détaillée de Johann Nepomuk Hummel.

Notes

1. Massin Brigitte, Histoire de la musique occidentale, Fayard, Paris 2003, p. 664.

2. Sacre Guy, La Musique de piano, Robert Laffont, Paris 1998, p. 1430.


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bouquetin

Vendredi 29 Mai, 2020 6:17