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15 mai 2026 — Frédéric Léolla

Sexe et opéra (xxv. 1) : Orphée aux Enfers

Orphée aux enfers, Bouffes Parisiens, affiche de Jules Chéret, 1860. Orphée aux enfers, Bouffes Parisiens, affiche de Jules Chéret, 1860.

Opéra bouffe en deux actes de Jacques Offenbach, sur un livret d'Hector Crémieux et Ludovic Halévy, créé le 21 octobre 1858 à paris, Théâtre des Bouffes Parisiens.

Orphée, violoniste qui vit de ses cours de musique, a une amante. La femme d’Orphée, Eurydice, a aussi un amant. Mais celui-ci n’est autre que Pluton, le dieu des enfers. Pour pouvoir partir avec son amant, Eurydice meurt donc, non sans avoir laissé une note à son mari lui informant de son départ.

En apprenant cela, Orphée est content. Mais c'est sans compter avec L’Opinion Publique, un personnage qui menace le musicien de lui faire perdre ses cours s’il ne descend pas aux enfers pour récupérer son épouse.

Orphée, sous la menace, s’exécute. Entre-temps, chez les dieux de l’Olympe, le bruit a couru sur les aventures de Pluton. Jupiter décide de les faire tous descendre dans le royaume des morts pour y faire la fête et connaître la nouvelle conquête de son frère Pluton. Et dans le royaume de Pluton, Jupiter tombe amoureux de la jolie Eurydice. Pour la séduire il a recours à une de ses fameuses métamorphoses, il se transforme en mouche. Avec succès.

Jupiter et Pluton se disputent donc la belle lorsqu’Orphée arrive toujours accompagné de l’Opinion Publique. Jupiter écoute la plainte de l’époux et lui accorde de récupérer Eurydice tant qu’il ne se retournera pas pour la regarder pendant leur chemin vers le monde des vivants. Voyant qu’Orphée ne fait pas mine de se retourner, Jupiter lui met un coup de pied aux fesses. Là oui, Orphée se retourne et perd donc Eurydice. Jupiter en fera une bacchante et tout finit dans la joie générale.

Jacques Offenbach, Orphée aux Enfers, « duo de la mouche », Natalie Dessay, Laurent Naouri, Orchestre de l’Opéra National de Lyon, sous la direction de Marc Minkowski, Lyon 1999.

Et oui, le duo de la mouche. Les mythologies en général et la mythologie gréco-romaine en particulier ne sont pas avares de figures zoophiles. L’opéra, qui puise fréquemment dans la culture classique, offre cependant des exemples comptés d’amours entre humains et animaux. Et c’est à Offenbach et à ses librettistes (encore une fois !) que revient le mérite de s’en être inspirés pour tirer un des duos les plus charmants et les plus drôles de l’histoire du théâtre musical. Que Jupiter et Eurydice s’élancent dans des vocalises, imitation à la fois des grands duos d’amour et du bourdonnement de la mouche, voilà qui relève du génie.

signature de Frédéric Léolla
Frédéric Léolla
15 mai 2026

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ISSN 2269-9910.

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