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Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte

Le concerto pour violon opus 61, en majeur, de Ludwig van Beethoven

beethoven

Concerto pour violon opus 61, en ré majeur, I. Allegro ma non troppo, II. Larghetto, III. Rondo, allegro, composé en 1806, créé le 23 décembre 1806, au Theater an der Wien, par Franz Joseph Clement, dédicacé à Stephan von Breuning.

L’unique, l’irremplaçable, celui que les violonistes tiennent pour le plus parfait dans tout le répertoire. Il voit le jour, en un temps limité semble-t-il, en 1806, l’année de la quatrième symphonie et des quatuors « Razumowsky ».

Ce concerto, qui est presque un chant d’amour, est le reflet d’une des périodes les plus heureuses de la vie de Beethoven, et on est fondé à penser qu’un événement privé en a influencé l’inspiration : les fiançailles secrètes du musicien avec Thérèse de Brunswick, en mai de cette même année. C’est une « œuvre chaleureuse, pure de toute virtuosité gratuite. Dans le jeu thématique du premier mouvement s’insinue un motif rythmique de quatre accents qui constamment rappelle sa présence ; son expression la plus caractéristique est confiée aux timbales. Dans le larghetto qui précède le rondo aux rythmes bondissants, le dialogue du violon et de l'orchestre est comme improvisé, moment de poésie pure qui glisse entre rêve et réalité. »211 Trois mouvements, donc, dont « la caractéristique commune semble l’importance que revêt l’orchestre dont la densité, cependant, s’oppose rarement au soliste : celui-ci, au contraire, explicite le discours orchestral, paraît en renforcer l’expression qu’il subordonne en permanence à ses dons naturels de virtuose. Jamais encore cet instrument n’avait connu plus belle gloire dans son rôle concertant. »212

Ludwig van Beethoven, Concerto en majeur opus 61 par Leonid Kogan, l'Orchstre symphonique d'Union soviétique, sous la direction de Yevgeni Svetlanov.


Ludwig van Beethoven, Concerto en majeur opus 61, II. Larghetto, par David Oistrakh, Orchestre de la radio nationale française, sous la direction d'André Cluytens.

signature de Michel RusquetMichel Rusquet
18 décembre 2019
© musicologie.org.

Notes

211.  Boucourechliev André, Beethoven, « Solfèges », Éditions du Seuil, Paris 1963, p. 55.

212.  Tranchefort François-René, Guide de la musique symphonique, Fayard, Paris 2002, p. 76.


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