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Théâtre des Champs-Élysées, 20 février 2019 —— Frédéric Norac.

Baryton Bach : Michael Volle et l’Akademie für Alte Musik Berlin

Michael wolle

Les cantates de Bach ont beau ne pas avoir été écrites pour de grands solistes, elles ont tout même leurs exigences. C’est particulièrement vrai avec les célèbres cantates : Ich habe genug et Ich will den Kreuzstab  gerne tragen, destinées toutes deux à la voix de basse. Une basse sûrement à l’époque de Bach de format modeste, plutôt chantante que profonde, mais une basse tout de même. Michael Volle, grand interprète lyrique (familier de Mozart, Wagner et Strauss) possède une grande voix d’opéra, une superbe technique, la souplesse nécessaire à la vocalise, une articulation hors pair qui fait merveille dans le récitatif, il n‘en reste pas moins essentiellement un baryton. Le démontre amplement un registre supérieur brillant et d‘une grande aisance. Toutefois certains passages  le trouvent un peu court dans le grave, avec des sons atones et sans profondeur. Ce n‘est pas rédhibitoire certes mais sensible, notamment dans la célèbre berceuse « Schlummert ein » de la cantate BWV 82 qui laisse à l’auditeur une légère impression d’inconfort et un déficit de musicalité. Le chanteur le compense largement par une expressivité et une intensité qui lui viennent de sa connaissance des textes et de sa proximité avec la spiritualité au cœur de la musique de Bach. (Il est fils de pasteur). Du reste, les limites sont moins sensibles dans Die Friede seid mit dir, BWV 58 et surtout dans Ich will den Kreuzstab gene tragen, BWV 56 qui conclut le programme où la voix est parfaitement bien chauffée et dont la tessiture est plus haute.

L‘Akademie für Alte Musik Berlin qui l‘accompagne est un petit miracle de précision, de couleur et d‘expressivité. Soyeux des cordes, 12 en tout, volubilité du positif qui allié au violoncelle fait merveille dans l’accompagnement des récitatifs et dans la Sinfonia de la cantate BWV 169, une pièce très jubilatoire qui est presque un petit concerto en elle-même. Le hautbois d‘amour solo de  Xenia Löffler joue à parts égales avec le baryton et vient soutenir ou enjoliver le chant de sa volute tendre et mélancolique, et tous deux emmènent l’auditeur dans les hauteurs de la piété luthérienne.

Ce programme que le chanteur promène actuellement à travers l’Allemagne est à retrouver avec une petite variante sur le disque que les mêmes interprètes viennent de faire paraître sous label Accentus.

Frédéric Norac
20 fvrier 2019

 

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